09 janvier 2015

Paol Keineg (1944 - ) : Kerzaniel / Kerouzac'h / Penn ar menez

    Kerzaniel        Je serre contre moi les petites fermes tristes pressées de chardons et d’herbes coupantes,      les petites fermes éteintes à l’heure où grandit l’haleine des hiboux et les étoiles,      à l’heure où brûle l’eau des étoiles, quand les marécages s’embroussaillent de blaireaux et de sangliers,      les hommes assis sous le noyer ploient sous le poids du silence,      les veaux échappés... [Lire la suite]
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08 janvier 2015

Gunter Radtke (1925 -) : Epigrammes, I

Epigrammes I   Personne d’autre ne pourrait aimer le monde comme nous l’aimerions si nous n’étions pas le monde que nous sommes   Traduit de l’allemand par Madeleine Ce In, Radtke « Tu ne t’en sortiras pas », Editions Jacques Brémond 1978,  
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07 janvier 2015

Kazimierz Brakoniecki (1952 - ) : Fugacités

Fugacités   1 La véritable substance du monde est la fugacité du monde le brin d’herbe glissé entre les pouces qui servait de sifflet est aujourd’hui un cube de planète tombé au plus profond de l’écho le soleil qui transperçait les collines denses et le ciel est aujourd’hui une boule de silence au milieu de la vitre ancestrale paysage d’une enfance pétrifiée demi-cercle traité par une luge sur un vieux lac gelé et toi nuage étincelant aplati dans le ciel au-dessus du vallon où chantait le ruisseau la main brisée sur... [Lire la suite]
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06 janvier 2015

Patrice de La Tour du Pin (1911 – 1975) : Prélude

    Prélude    Tous les pays qui n'ont plus de légende Seront condamnés à mourir de froid...   Loin de l'âme, les solitudes s'étendent Sous le soleil mort de l'amour de soi. A l'aube on voit monter dans la torpeur Du marais, des bancs de brouillard immenses Qu'emploient les poètes, par impuissance, Pour donner le vague à l'âme et la peur. Il faut les respirer quand ils s'élèvent Et jouir de ce frisson inconnu Que l'on découvre à peine dans les rêves, Dans les paradis parfois entrevus ; ... [Lire la suite]
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05 janvier 2015

Louise Labé (1526 – 1566) : « Je vis, je meurs… »

  Je vis, je meurs : je me brûle et me noie. J'ai chaud extrême en endurant froidure ; La vie m'est et trop molle et trop dure. J'ai grands ennuis entremêlés de joie ; Tout à un coup je ris et je larmoie, Et en plaisir maint grief tourment j'endure ; Mon bien s'en va, et à jamais il dure ; Tout en un coup je sèche et je verdoie.   Ainsi Amour inconstamment me mène ; Et, quand je pense avoir plus de douleur, Sans y penser je me trouve hors de peine.   Puis,... [Lire la suite]
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04 janvier 2015

Boris Vian (1920 – 1959) : Le temps de vivre

 Le temps de vivre   Il a dévalé la colline Ses pas faisaient rouler les pierres Là-haut entre les quatre murs La sirène chantait sans joie     Il respirait l’odeur des arbres Avec son corps comme une forge La lumière l’accompagnait Et lui faisait danser son ombre     Pourvu qu’ils me laissent le temps Il sautait à travers les herbes Il a cueilli deux feuilles jaunes Gorgées de sève et de soleil     Les canons d’acier bleu crachaient De courtes flammes de feu sec Pourvu... [Lire la suite]
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03 janvier 2015

Saint-John Perse (1887 -1975) : « Nous n’habiterons pas toujours ces terres jaunes… »

              Nous n’habiterons pas toujours ces terres jaunes, notre délice…      L’Eté plus vaste que l’Empire suspend aux tables de l’espace plusieurs étages de climats. La terre vaste sur son aire roule à plein bords sa braise pâle sous les cendres - couleur de souffre, de miel, couleur de choses immortelles, toute la terre aux herbes s’allumant aux pailles de l’autre hiver – et de l’éponge verte d’un seul arbre le ciel tire son suc violet. ... [Lire la suite]
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02 janvier 2015

Patrice Kayo (1942 - ) : En attendant l’aurore

En attendant l’aurore   La nuit étend encore son champ de larmes. Nos yeux se lassent de guetter l’aurore, et l’avenir hésitant comme l’océan, moutonne d’incessants frissons.   Le tunnel s’élance on dirait infini. Et dès qu’on croit en entrevoir le bout, on réalise que le chemin reste entier et qu’il est aussi long que le premier matin.   Pourtant nous marchons  nuit et jour sur ce chemin gorgé du sang de nos martyrs, et des ronces qui lacèrent  nos chairs, nous tissons des bouquets... [Lire la suite]
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01 janvier 2015

Raymond Farina (1940 -) : « ce matin méthodique… »

IV   ce matin méthodique traçant haies et chemins sous le gris scrupuleux   je reste incrédule devant ce pays amical et paisible qui cherche à me persuader que les mouettes sont terrestres   Pays, Editions Folle Avoine ,1984
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30 décembre 2014

Giacomo Leopardi (1798 – 1837): A Sylvia / A Silvia

    A Sylvia Sylvia, te souvient-il encore De ce temps de ta vie mortelle, Où la beauté resplendissait Dans tes regards rieurs, furtifs, Et que tu t’élevais, heureuse et sage Aux bords de ta jeunesse?   Les chambres calmes résonnaient, Et les rues à l’entour, De  ta chanson perpétuelle. Assise aux travaux féminins Tu souriais à l’avenir rêveur Que tu portais en toi ; Ainsi dans les senteurs de mai S’écoulaient tes journées   Quittant parfois les études charmeuses, Les pages ensuées ... [Lire la suite]
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