06 juillet 2015

Yorgos Markopoulos / Γιώργος Μαρκόπουλος (1951 - ) : L’étranger

L’Etranger   Car l’étranger dans la journée ne connaît pas la ville.   L’étranger la connaît le soir, quand elle dort.   Il repart au matin, l’air dur de qui a cherché en vain.   Toi qui l’aimas un jour quand tu le verras passer devant ta porte, donne-lui un peu de l’ancienne tendresse.   Et pense après des années que par ta vie un jour Ulysse est passé   Traduction de Michel Volkovitch In, "Les Poètes de la Méditerranée, Anthologie." Editions Gallimard (Poésie), 2010  Du même... [Lire la suite]
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05 juillet 2015

René Daumal (1908 - 1944) : Nénie

Nénie    Ne parlez plus des plaines avec cette tendresse ne parlez plus des neiges, ne parlez plus du cœur laissez s'échauffer les vins vénéneux entre les paumes de la vie, ne parlez plus des mers en remuant le cœur, ne parlez plus des fleuves, laissez sécher vos lèvres et laissez se glacer le sang des vieux désirs entre vos mâchoires de mort, ne parlez plus du ciel en palpitant des lèvres, ne parlez plus du vent, laissez la nuit grossir, laissez la nuit s'engraisser de vos souffles auprès des trous de vos... [Lire la suite]
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04 juillet 2015

Anna Akhmatova /Анна Ахматова (1889 – 1966) : Epilogue, I / эпилог, I

      Epilogue, 1   J’ai vu comment les visages se défont, Comment on voit la terreur sous les paupières, Comment des pages d’écritures au poinçon Font ressortir sur les joues la douleur, Comment les boucles noires et cendrées Ressemblent soudain à du métal blanc. Le sourire s’éteint sur les lèvres dociles Et la peur tremble dans un petit rire sec. Si je prie, ce n’est pas pour moi seule, Mais pour tous ceux qui ont avec moi attendu, Dans le froid féroce, ou sous la canicule, Au pied du mur rouge,... [Lire la suite]
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03 juillet 2015

Hubert Juin (1926 - 1987 ) : L’Aube brève

  L’Aube brève    Ils passaient au-delà de la ligne des eaux si loin que l’horizon courbe perdait le sens se retournait se détournait se couvrait de corail plongeait dans la profondeur opaque se dissimulait aux regards Nous devenions multiples chacun un océan une épopée la guerre insidieuse du sang porté aux tempes par les    servantes attentives Cependant nous vivions hors de vue dans l’oubli feuillu, à la chair tendre   Venaient les libations des fêtes impériales les défilés entre les rocs... [Lire la suite]
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02 juillet 2015

Gaspard Hons (1937 - ) : « celui qui aime… »

  celui qui aime volets clos pierre du pays ce langage que ceux-là ne parlent pas – ne parlent jamais ils disent volets pierres pays, en murmurant mais se comprennent – comprennent abeille cendre gel vol d’oiseaux cloche du soir du labeur cloche brisée le petit garçon est mort, le vieux s’en va la vie : continue le champ attend   celui qui aime parle à voix basse : ciel gris nuit de veille fuite grive lièvre et fougère cachent celui et forêt et rivière. Ils se comprennent celui est roi en terre... [Lire la suite]
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01 juillet 2015

Pierre – Albert Jourdan (1924 – 1981) : Prière

  Prière      Que l’innocence demeure      qu’il lui soit donné de pouvoir se perdre dans l’inutilité de ce monde      qu’elle soit suffisamment forte pour oublier de le clamer      que dans son silence où elle éclaire il n’y ait pas d’obstacle à son silence      qu’elle soulève ce monde las et danse dans sa poussière      que son sourire de fleur soit à jamais inscrit sur mes lèvres lorsqu’elles ... [Lire la suite]
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29 juin 2015

Jean Métellus (1937 – 2014) : Au pipirite chantant

  Au pipirite chantant   Au pipirite chantant le paysan haïtien a foulé le seuil du jour et    dessine dans l’air, sur les pas du soleil, une image d’homme en    croix étreignant la vie    Puis bénissant la terre du vent pur de ses vœux, après avoir    salué l’azur trempé de lumière, il arrose  d’oraison la montagne    oubliée, sans faveurs, sans engrais  Au pipirite chantant  pèse la menace d’un retour des larmes  Au pipirite chantant les... [Lire la suite]
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27 juin 2015

Jacques Dupin (1927 – 2012) : Grand vent

Grand vent    Nous n’appartenons qu’au sentier de montagne Qui serpente au soleil entre la sauge et le lichen Et s’élance à la nuit, chemin de crête, À la rencontre des constellations. Nous avons rapproché des sommets La limite des terres arables. Les graines éclatent dans nos poings. Les flammes rentrent dans nos os. Que le fumier monte à dos d’hommes jusqu’à nous ! Que la vigne et le seigle répliquent À la vieillesse du volcan ! Les fruits de l’orgueil, les fruits du basalte Mûriront sous les... [Lire la suite]
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27 juin 2015

Philippe Jaccottet (1925 - ) : « Toute fleur n’est que de la nuit…. »

  Toute fleur n’est que de la nuit qui feint de s’être rapprochée   Mais là d’où son parfum s’élève je ne puis espérer entrer c’est pourquoi tant il me trouble et me fait si longtemps veiller devant cette porte fermée   Toute couleur, toute vie naît d’où le regard s’arrête   Ce monde n’est que la crête d’un invisible incendie   Airs, poèmes (1961 – 1964) Editions Gallimard,1967   Du même auteur : « … qu’est-ce qu’un lieu ? » (27/06/2014) Oiseaux invisibles... [Lire la suite]
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26 juin 2015

André Pieyre de Mandiargues (1909 - 1991) : Somewhere in the world

Somewhere in the world   Une enfant s’est couchée à l’ombre d’un aveugle Devant le mur chaulé où l’on tua naguère,   La poussière est paisible aussi bien que les mouches Sous le ciel assoiffé d’un peu de sang encore,   Le sacré-cœur des assassins est en vacances,   Les figures des saints Ignace et Dominique S’acoquinent aux gueules des gardes civils Un pus lunaire enfle une charogne à bajoues Et rien n’allègera l’ignoble ignominie Qui étend sur le rêve une nuit vermineuse Rien ne lavera l’or qui... [Lire la suite]
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