10 décembre 2014

Françoise Hàn (1928 - ) : Notes en marge

Notes en marge   De l'ouvert on ne parle pas   Les peintres chinois devant l'ouvert tracent d'un pinceau léger une calligraphie   La nuit parfois dans l'absence de couleurs (mais c'est une image grossière)   L'impossible n'est pas l'ouvert   ce qui reflue des rives de l'été quand la lumière vacille n'est pas l'ouvert ce qui paraît au-delà de la musique de l'amour des grands pavots silencieux n'est pas l'ouvert   car dans la musique dans l'amour dans les fleurs circule... [Lire la suite]
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09 décembre 2014

Pier Paolo Pasolini (1922-1975) : « Il suffit d’un instant de paix …» / « Un po’ di pace basta… »

  Il suffit d’un instant de paix pour révéler, au fond du cœur, l’angoisse, limpide comme le fond de la mer   par un jour de soleil. Tu en reconnais, sans la ressentir, la souffrance, là, dans ton lit, poitrine, cuisses   et pieds relâchés, tel un crucifié – ou tel Noé qui rêve en son ivresse, et, naïf, ignore   la joie de ses fils, tandis que ceux-ci, si puissants, si purs, se moquent de lui… le jour est désormais sur toi,   dans la pièce, comme un lion dormant.   Par quels chemins... [Lire la suite]
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08 décembre 2014

Charles Ngandé (1934-) : Indépendance.

Indépendance   Nous avons pleuré toute la nuit Jusqu’au chant de la perdrix Jusqu’au chant du coq Nous avons pleuré toute la nuit O Njambé tu étais pourtant là Quand on coupait les oreilles Quand on coupait le cordon ombilical de notre clan Quand on fracassait le crâne de notre Ancêtre Quand on brûlait le chasse mouche de notre aïeul Ina ô ô ô  ô ! Où retrouver la tombe de l’Ancêtre Perdus nous étions comme un mouton qui casse sa corde. Ina ô ô ô  ô ! Dans quelle source repimenter notre... [Lire la suite]
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07 décembre 2014

Francis Jammes (1868 -1938) : j’aime dans le temps

J’aime dans le temps   J’aime dans le temps Clara d’Ellébeuse,  l’écolière des anciens pensionnats,  qui allait, les soirs chauds, sous les tilleuls  lire les magazines d’autrefois.     Je n’aime qu’elle, et je sens sur mon cœur  la lumière bleue de sa gorge blanche.  Où est-elle ? Où était donc ce bonheur ?  Dans sa chambre claire il entrait des branches.     Elle n’est peut-être pas encore morte  — ou peut-être que... [Lire la suite]
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06 décembre 2014

Maurice Roche (1924 – 1997) : « Je vis la mort à chaque instant… »

  Je vis la mort à chaque instant. J’ai le sentiment d’être venu au monde avec elle dans le crâne. Cela est déterminé sans doute par mon patrimoine génétique et dû aussi peut-être à l’influence de mon milieu. Dans ma famille, depuis la plus haute Antiquité, on a rendu l’âme tant et tant de fois que çà a fini par devenir héréditaire.     Jour après jour, je rêvais mes ténèbres; au fur  de mes nuits blanches,j'imaginais le grand sommeil - la camarde ayant eu le dernier mot de la... [Lire la suite]
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05 décembre 2014

Jacques Roubaud (1932 - ) : « puisque je pense… »

                           140   utsutsu wo mo           utsusu to sara ni                        omowaneba      yume wo mo yume to               nani ka omowamu   ... [Lire la suite]
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04 décembre 2014

Yi Ho-U / 이호우 (1912 – 1970) : Un souvenir

Un souvenir   C’était un jour glacial. Je prenais café sur café.   Tu ne faisais sans un mot que casser des allumettes.   Les chemins de nos vies bifurquaient.   Traduit du coréen par Henri-Charles Alleaume et Choé Joo-Young In, Revue « Europe, N° 936, Avril 2007 »    
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03 décembre 2014

Joao Garcia de Guilhade (XIIIème siècle) : « Il se meurt d’amour, mon ami… » / « Morr'o meu amigo d'amor… »

Il se meurt d’amour, mon ami, et moi je ne le crois guère ; il me dit qu’il s’en vient pour mourir, près de moi ;      je souhaite de tout cœur      voir s’il meurt, oui ou non.   Par message il me demande de lui permettre de mourir ici, par amour pour moi, que je le vois, quand il mourra ;      je souhaite de tout cœur      voir s’il meurt, oui ou non.   Qu’aucune femme jamais ne croit qu’on meurt ainsi, pour... [Lire la suite]
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02 décembre 2014

Vincent Voiture (1597 – 1648) : « Je me meurs tous les jours…

    Je me meurs tous les jours en adorant Sylvie,  Mais dans les maux dont je me sens périr,  Je suis si content de mourir,  Que ce plaisir me redonne la vie.       Quand je songe aux beautés, par qui je suis la proie  De tant d’ennuis qui me vont tourmentant,  Ma tristesse me rend content  Et fait en moi les effets de la joie.       Les plus beaux yeux du monde ont jeté dans mon âme  Le feu divin qui me rend bienheureux ;  ... [Lire la suite]
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01 décembre 2014

Paul Celan (1920 -1970) : Fugue de mort / Todesfuge

  Fugue de mort     Lait noir de l’aube nous le buvons le soir nous le buvons midi et matin nous le buvons la nuit nous buvons nous buvons nous creusons une tombe dans les airs on n’y est pas couché à l’étroit Un homme habite la maison il joue avec les serpents il écrit il écrit quand vient le sombre crépuscule en Allemagne tes cheveux d’or Margarete il écrit cela et va à sa porte et les étoiles fulminent il siffle ses dogues il siffle pour appeler ses Juifs et fait creuser une tombe dans la terre il... [Lire la suite]
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