19 avril 2015

Jude Stéfan (1930 - ) : « les Vieux… »

                               les Vieux les vieillards punais plus ne regardent dans le présent leurs yeux ne reflètent que feuilles mortes longuement ils siègent dans leur privé mains noueuses en prière ils songent aux beaux seins de leur jeunesse                bleus étés sur la plage               ... [Lire la suite]
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18 avril 2015

Edmond Humeau (1907 - 1998) : Pavane de l’autre nature

    Pavane de l’autre nature   Aux paroles qui reviennent de l’herbe Avec des globes de rosée scintillants D’herbe fraîche à la veine pâture Comme l’odeur du foin au petit jour Toute la verdure passée en paroles Fanés à coups de fourche qui l’égaillent Sur le revers où la sauge raidit Dans la sécheresse aux faces d’épreuve Je demande aujourd’hui de m’accueillir   Aux paroles qui vont sur le feu Bouillir parmi les viandes à sauce Dans la marmite aux sorcières fétides Par la riche confusion des... [Lire la suite]
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17 avril 2015

Jaime Sabines (1926 - 1999) : « ce n’est qu’en rêve... / sólo en sueños … »

  Ce n’est qu’en rêve, ce n’est que dans l’autre monde du rêve que je te rejoins, à certaines heures, quand je ferme les portes derrière moi. Moi qui ai tant méprisé ceux qui rêvent, me voici à mon tour ensorcelé, pris au filet. Avec quelles délices morbides je te fais entrer dans la maison abandonnée pour t’aimer mille fois d’une même façon différente ! Ces endroits que nous connaissons tous deux chaque nuit nous attendent comme un vieux lit et dans l’obscurité il y a des choses qui nous sourient. J’aime te... [Lire la suite]
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16 avril 2015

Peter Huchel (1903 – 1981) : Exil

Exil   Le soir, les amis s’ approchent, les ombres des collines. Ils passent lentement le seuil, assombrissent le sel, assombrissent le pain et conversent avec mon silence.   Dehors dans l’érable s’agite le vent : ma sœur, l’eau de pluie dans l’auge chaulée, prisonnière elle suit les nuages du regard.   Va avec le vent, disent les ombres. L’été pose la faux de fer sur ton cœur. Va-t-en, avant que dans la feuille d’érable ne brûle le stigmate de l’automne.   Sois fidèle, dit la... [Lire la suite]
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15 avril 2015

Philippe Camby (1952 – 2012) : « Tu as tellement aimé ces visages… »

      Tu as tellement aimé ces visages, ces lèvres, Ces parfums qui s’éloignent, Et les batailles de nuages Entre les peupliers, Que ta vie reste leur otage docile. Au moment de mourir, Une brume, un crachin, Une tache d’ombre ou de lumière, Un souvenir oublié, te retiennent Par la manche - vivant passé qui se débat Sous les pelles de terre Que le présent lui jette…-   Poèmes du vent d’Ouest suivi de Tombeau d’un père Edition Artus, 56200 La Gacilly, 1982   Du même auteur :... [Lire la suite]
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14 avril 2015

Anacréon / Ἀνακρέων (vers550 –vers 464 av. J. C.) : le souhait

    Le souhait   Du roi Phrygien la fille rebelle Fut en noir rocher changée autrefois ; La fière Prokné devint hirondelle, Et d’un vol léger s’enfuit dans les bois. Pour moi, que ne suis-je, ô chère maîtresse, Le miroir heureux de te contempler, Le lin qui te voile et te caresse, L’eau que sur ton corps le bain fait couler, Le réseau charmant qui contient et presse Le ferme contour de ton jeune sein, La perle, ornement de ton col que j’aime, Ton parfum choisi, ta sandale même, Pour être foulé par... [Lire la suite]
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13 avril 2015

Saphô / Σαπφώ (vers 630 –vers 580 av. J.C.) : « Je t’ai possédée, ô fille de Kuprôs !... »

      Je t’ai possédée, ô fille de Kuprôs ! Pâle, je servis ta volupté cruelle… Je pris, aux lueurs du flambeau d’Hespérôs, Ton corps d’immortelle.   Et ma chair connut le soleil de ta chair… J’étreignis la flamme et l’ombre et la rosée, Ton gémissement mourait comme la mer Lascive et brisée.   Mortelle, je bus dans la coupe des Dieux, J’écartai l’azur ondoyant de tes voiles… Ma caresse fit agoniser tes yeux Sur ton lit d’étoiles…   Depuis, c’et en vain que la nuit de Lesbos ... [Lire la suite]
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12 avril 2015

Abdellatif Laâbi (1942 - ) : « Emmurée… »

    Emmurée Ton cœur continue à battre au fond des ténèbres Dans ton cœur un œil s’est ouvert Il voit ce que nous ne savons plus voir : le rictus du bourreau tapi en chacun de nous le visage de l’innocence piétiné par la horde l’étincelle de la compassion qui seule peut nous illuminer de l’intérieur la main qui s’ouvre pour que la tendresse jaillisse comme de source le signe de reconnaissance avant la fonte des métaux humains dans l’acte prodigieux de l’amour la bouche sans fard d’où vont couler ... [Lire la suite]
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11 avril 2015

Claude Michel Cluny (1930 - 2015 ) : La mémoire du sel

  La mémoire du sel   Altiplano   Là où tu écoutes le silence la violence du bleu sans limite là où chantent les pierres démentes à mi-voix – sous tes pas – légères privées de mémoire les Fils du Soleil se nourrissent de vent.   -------------------------------------------------------------------   Uxmal   Les Mayas magnifiques ont appelé les astres or sacré du maïs dispersé par le vent dans la nuit verte d’Uxmal et de Chichén Itza pour la faim avide d’un faux dieu venu mort les... [Lire la suite]
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10 avril 2015

Jacques Réda (1929 - ) : Elégie de la petite gare

Elégie de la petite gare   Même quand je serai plus vieux, ou si la mort me pince, Je t’attendrai dans ces quartiers des gares de province Qui sont identiques partout : des villas, des jardins Avec des haricots, des lis et des tas de rondins Autour de hangars dispersés dans la plate étendue Où n’apparaît jamais au loin que la flèche perdue De Sainte-Quelque-chose dont le retable est fameux, Ou souvent rien : le proche est nul, les lointains sont fumeux, Le nom de la localité suppose une rivière, Mais où... [Lire la suite]
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