11 juillet 2015

Issa Makhlouf (1955 - ) / عيسى مخلوف : Planète

  Planète      La terre est belle      Beau le nuage qui s’en va seul dans le ciel, semblable à un oiseau perdu et désorienté dans son vol. Beaux les astres, aux étranges, aux inquiètes lumières. Gardiens de l’espace infini, ils t’observent de loin, te connaissent mais tu ne les connaît pas. Auraient-ils donc de la compassion pour toi qui ignores ce qui t’attend dès le seuil ? A moins que ces étoiles n’oublient que leur sort est aussi le tien.    Tendre est la... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 09:39 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

10 juillet 2015

Luc Bérimont (1915 – 1983) : « Je ne suis pas d’ici,… »

    Je ne suis pas d’ici, je partirai demain Je laisserai les bois éblouis par l’aurore La Loire, qui mangeait dans le creux de ma main Le sang blessé des fruits sur les bols de faïence.   Je ne suis pas d’ici. Je laisserai la terre Charbonner comme un cœur usé par son trésor ; Je n’écouterai plus le cri des taureaux vers Le vent d’aube, éveillé par les voix des fermières.   Je ne suis pas d’ici, je suis déjà parti Je sommeille à pleins yeux le pays des prairies, Les perdreaux dépliés dans la... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 08:42 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
09 juillet 2015

Gilles Baudry (1948 - ) : Coda

Coda   Epelé l’alphabet du silence   reste la note ultime si épurée   ce sol suraigu d’Alban Berg intensément tenu   la vie en fin de partitions   « Lulu »   Odes à la musique In, Revue « Hopala, N°40, Septembre-Novembre 2012 », Quimper   Du même auteur : « Du monde tu ne vois… » (09/07/2014) Le poète et son double (09/07/2016) « Nul ne sait… » (19/08/2017)   « Le cœur fait les cent pas... » (19/08/2018)  
Posté par bernard22 à 10:46 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
07 juillet 2015

Pierre Autin –Grenier (1947 – 2014) : Saboter l’aube

  Saboter l’aube   Faire parler les choses. Le jour tremblera alors. Les heures en mouvement compteront leurs minutes. Comme un oiseau blessé dira la chute du Temps, l’inutilité de chaque seconde. Passé, présent, ni demain, n’existent ; tout ne fait qu’Un au creux de ta main. Sache longuement méditer le minuscule et le détail ; acquiers l’intelligence de l’œil. Dans ton jardin ne coupe plus l’herbe et dans ton cœur reprends confiance en la poussière. Toujours se répéter que tout transpire la terreur... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 19:04 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
07 juillet 2015

Xavier Grall (1930 -1981) : Allez dire à la ville

      Allez dire à la ville Terre dure de dunes et de pluies c'est ici que je loge cherchez, vous ne me trouverez pas c'est ici, c'est ici que les lézards réinventent les menhirs c'est ici que je m'invente j'ai l'âge des légendes j'ai deux mille ans vous ne pouvez pas me connaître je demeure dans la voix des bardes O rebelles, mes frères dans les mares les méduses assassinent les algues on ne s'invente jamais qu'au fond des querelles Allez dire à la ville que je ne reviendrai pas ... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 09:14 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
06 juillet 2015

Yorgos Markopoulos / Γιώργος Μαρκόπουλος (1951 - ) : L’étranger

L’Etranger   Car l’étranger dans la journée ne connaît pas la ville.   L’étranger la connaît le soir, quand elle dort.   Il repart au matin, l’air dur de qui a cherché en vain.   Toi qui l’aimas un jour quand tu le verras passer devant ta porte, donne-lui un peu de l’ancienne tendresse.   Et pense après des années que par ta vie un jour Ulysse est passé   Traduction de Michel Volkovitch In, "Les Poètes de la Méditerranée, Anthologie." Editions Gallimard (Poésie), 2010  Du même... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 11:08 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

05 juillet 2015

René Daumal (1908 - 1944) : Nénie

Nénie    Ne parlez plus des plaines avec cette tendresse ne parlez plus des neiges, ne parlez plus du cœur laissez s'échauffer les vins vénéneux entre les paumes de la vie, ne parlez plus des mers en remuant le cœur, ne parlez plus des fleuves, laissez sécher vos lèvres et laissez se glacer le sang des vieux désirs entre vos mâchoires de mort, ne parlez plus du ciel en palpitant des lèvres, ne parlez plus du vent, laissez la nuit grossir, laissez la nuit s'engraisser de vos souffles auprès des trous de vos... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 09:06 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
04 juillet 2015

Anna Akhmatova /Анна Ахматова (1889 – 1966) : Epilogue, I / эпилог, I

      Epilogue, 1   J’ai vu comment les visages se défont, Comment on voit la terreur sous les paupières, Comment des pages d’écritures au poinçon Font ressortir sur les joues la douleur, Comment les boucles noires et cendrées Ressemblent soudain à du métal blanc. Le sourire s’éteint sur les lèvres dociles Et la peur tremble dans un petit rire sec. Si je prie, ce n’est pas pour moi seule, Mais pour tous ceux qui ont avec moi attendu, Dans le froid féroce, ou sous la canicule, Au pied du mur rouge,... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 08:19 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
03 juillet 2015

Hubert Juin (1926 - 1987 ) : L’Aube brève

  L’Aube brève    Ils passaient au-delà de la ligne des eaux si loin que l’horizon courbe perdait le sens se retournait se détournait se couvrait de corail plongeait dans la profondeur opaque se dissimulait aux regards Nous devenions multiples chacun un océan une épopée la guerre insidieuse du sang porté aux tempes par les    servantes attentives Cependant nous vivions hors de vue dans l’oubli feuillu, à la chair tendre   Venaient les libations des fêtes impériales les défilés entre les rocs... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 08:43 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
02 juillet 2015

Gaspard Hons (1937 - ) : « celui qui aime… »

  celui qui aime volets clos pierre du pays ce langage que ceux-là ne parlent pas – ne parlent jamais ils disent volets pierres pays, en murmurant mais se comprennent – comprennent abeille cendre gel vol d’oiseaux cloche du soir du labeur cloche brisée le petit garçon est mort, le vieux s’en va la vie : continue le champ attend   celui qui aime parle à voix basse : ciel gris nuit de veille fuite grive lièvre et fougère cachent celui et forêt et rivière. Ils se comprennent celui est roi en terre... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 08:26 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :