05 novembre 2014

Claire Genoux (1971 - ) : " Ne rien dire de mon corps..."

    Ne rien dire de mon corps que les sommeils colportent d’une nuit à l’autre comme un cavalier nu ne rien dire des veines décousues par les doigts des hommes ni de cette poitrine sur laquelle marchent les oiseaux ne pas parler non plus des fées féroces que le travail a penchées sur leur rouet surtout ne pas citer les mots qui ouvriraient mon ventre comme une voile   in, Jean Orizet « La poésie française contemporaine », Le Cherche-midi éditeur, 2004   Du même auteur : ... [Lire la suite]
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04 novembre 2014

Federico Garcia Lorca (1898 – 1936) : La guitare / la guittara

La guitare Commence le pleur De la guitare. De la prime aube Les coupes se brisent. Commence le pleur De la guitare. Il est inutile de la faire taire. Il est impossible De la faire taire. C’est un pleur monotone, Comme le pleur de l’eau, Comme le pleur du vent Sur la neige tombée. Il est impossible De la faire taire. Elle pleure sur des choses Lointaines. Sable du Sud brûlant Qui veut de blancs camélias. Elle pleure la flèche sans but, Le soir sans lendemain, Et le premier oiseau mort Sur... [Lire la suite]
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03 novembre 2014

Matthias Vincenot (1981 - ) : Le temps, un soir

Le temps, un soir   C’est le temps qui n’existe plus que sur nos montres La lumière est étrange, éclairant la pénombre D’une autre obscurité Vraiment le temps n’a plus l’apparence du temps Et la nuit n’a plus l’air d’être vraiment la nuit Peut-être que parfois le temps n’existe pas En tout cas ce soir-là, on ne l’avait pas remarqué Pas vu, pas pris   C’est une heure étrangère où l’on se tient absent A soi-même et au monde, pas vraiment en dehors Simplement autre part On repère souvent le regard d’une absente ... [Lire la suite]
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02 novembre 2014

Pablo Neruda (1904 – 1973) : Dernières volontés / Disposiciones

    Dernières volontés      Mes compagnons, enterrez-moi à l’Ile Noire,    face à la mer que je connais, face aux âpres surfaces    de pierre et de vague que mes yeux perdus    ne reverront jamais.                                     Chaque journée de l’océan    m’apportait le brouillard... [Lire la suite]
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01 novembre 2014

Salvatore Quasimodo (1901 – 1968) : Et c’est bientôt le soir / Ed è subito sera

Et c’est bientôt le soir   Chacun se tient seul sur le cœur de la terre Transpercé d’un rayon de soleil Et c’est bientôt le soir   Traduit de l’italien par Gérard Genot, in « Anthologie bilingue de la poésie italienne » Editions Gallimard (Bibliothèque de la Pléiade), 1994   Et c'est d'un coup le soir   Chacun est seul sur le coeur de la terre Traversé d'un rayon de soleil et c'est, d'un coup, le soir   Tradiut de l'italien par Jean Orizet in, Revue "Poésie 1, N° 33, Mars 2003" ... [Lire la suite]
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30 octobre 2014

Dominique Sampiero (1954 - ) : « On ne peut pas s’empêcher de mourir »

      On ne peut pas s’empêcher de mourir   -------------------      Là où plus rien ne bouge, j’attends qu’un fleuve se réveille et déborde à nouveau comme parfois le visage des autres. Pourquoi les gens les plus humbles, les  êtres les plus cloués à leur décor, s’absentent tout à coup au cœur d’un regard qui les plonge dans le vide ?       Pourquoi la patronne du Café du Commerce a-t-elle hier laissé ses yeux virer au noir, personne ne s’est... [Lire la suite]
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29 octobre 2014

Tristan Cabral (1944 - ) : Requiescat in pace

Requiescat in pace   Amis si je n’ai pas la chance de tomber contre un mur ou assis au soleil en regardant la mer si je meurs d’un meurtre ou d’un éblouissement si ma corde du cœur tarde un peu à casser et s’il faut me conduire dans un mouroir public retenez simplement ces derniers mots d’amour :   quand je commencerai à n’être plus qu’un corps ne vous inquiétez pas et laissez - moi partir j’ai depuis très longtemps tout ce qu’il faut sur moi ou quelqu’un m’aimera assez pour me finir mais qu’on attende... [Lire la suite]
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28 octobre 2014

Gu Cheng / 顾城 ou 顧城 (1957 – 1993) : Le proche et le lointain

    Le proche et le lointain   Toi qui tour à tour me regarde, regarde les nuages,   je te sens, quand tu me regardes, si lointain, quand tu regardes les nuages, si proche 1980   Traduit du chinois par Hsiung Pingming In, « le ciel en fuite, anthologie de la nouvelle poésie chinoise », Editions Circé, 2004         Du même auteur : Fantaisie de la vie (28/10/2015) Je suis un enfant capricieux et fantasque (28/10/16) La terre est courbe (28/10/2017) ... [Lire la suite]
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27 octobre 2014

Nicolás Guillén (1901 - 1990) : West Indies Ltd

  West Indies Ltd   -------------------- IV La faim s’avance sous les arcades remplies de têtes jaunes et de corps de fantômes ; elle séjourne sur les chaises des squares municipaux ou elle grouille en plein soleil, en pleine lune, cherchant l’alcool problématique qui aveugle et fait oublier, mais que ne vend nulle taverne. Faim des Antilles, douleur des Indes Occidentales ingénues !   Nuits que hantent les prostituées bars ou s’entassent les marins ; ô carrefour de cent chemins ... [Lire la suite]
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26 octobre 2014

Moncho Azuaga (1952 - ) : Ce chant / Este canto

Ce Chant   Ce chant-là, monsieur, a les ongles sales de tant chercher les mots dans la terre, et la bouche presque édentée et il mort, monsieur, les vers dont rêvent dans leurs baisers les prostituées à minuit. --------------- Ce chant-là, monsieur, a le cœur rouge de l’impuissance, mais ne se tait pas : même défectueuse la langue crie dans les paroles impures, le mot inexact, chargé de sueur et l’humiliation intacte.   La langue crie, monsieur, au beau milieu de la terre âpre et silencieuse, ... [Lire la suite]
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