22 mai 2014

Henri Michaux (1889 - 1984) : "Mais Toi, quand viendras - tu?"

    Mais Toi, quand viendras-tu ? Un jour, étendant Ta main Sur le quartier où j’habite, Au moment mûr où je désespère vraiment ; Dans une seconde de tonnerre, M’arrachant avec terreur et souveraineté De mon corps et du corps croûteux De mes pensées-images, ridicule univers ; Lâchant en moi ton épouvantable sonde, L’effroyable fraiseuse de Ta présence, Elevant en un instant sur ma diarrhée Ta droite et insurmontable cathédrale ; Me projetant non comme homme Mais comme obus dans la voie verticale, TU... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 21:18 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

21 mai 2014

Raymond Queneau (1903 - 1976) : "Quand nous pénétrerons la gueule de travers..."

            Quand nous pénétrerons la gueule de travers dans l’empire des morts   avecque nos verrues nos poux et nos cancers comme en ont tous les morts   lorsque narine close on ira dans la terre rejoindre tous les morts   après dégustation de pompe funéraire qui asperge les morts   quand la canine molle on mordra la poussière que font les os des morts   des bouchons dans l’oreille et le bec dans la bière abreuvoir... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 22:55 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
20 mai 2014

Pierre de Ronsard (1524 - 1585) : "Mignonne allons voir si la rose"

                                                                                                                       A Cassandre Mignonne, allons voir si la rose Qui ce matin avoit desclose Sa robe de pourpre au Soleil, A point... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 18:25 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
19 mai 2014

Paul Eluard (1895- 1952) : l' Aventure

      L’AVENTURE   Prends garde c’est l’instant où se rompent les digues C’est l’instant échappé aux processions du temps Où l’on joue une aurore contre une naissance   Bats la campagne Comme un éclair Répands tes mains Sur un visage sans raison Connais ce qui n’est pas à ton image Doute de toi Connais la terre de ton cœur Que germe le feu qui te brûle   Que fleurisse ton œil Lumière.   Paul Eluard, Man Ray, Les Mains libres, chez Jeanne Bûcher,1937   Du même... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 23:13 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
16 mai 2014

Yvon Le Men (1953 - ) : "Seule la mer éclaire ton visage..."

         Seule la mer éclaire ton visage. Ton corps est dans un pull noir, un pantalon noir.      Tes mains sont nues. Je suis près de toi, et tu ne bouges pas. Le matin est loin.      La nuit est noire, si ce nest le reflet de l'eau flottant contre la lune. À chaque coup de vague, tes yeux deviennent bleus. Il n'y a de bruit que le vent. D'échos que des étoiles. Absentes.      Tant que je ne taurai pas donné la main, nous ne souffrirons... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 17:40 - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags :
15 mai 2014

François Cheng (1929 - ) : "Du pied à la pierre..."

      Du pied à la pierre Il n’y a qu’un pas     Mais que d’abîmes à franchir     Nous sommes soumis au temps Elle, immobile Au cœur du temps Nous sommes astreints aux dits Elle, immuable Au cœur du dire              Elle, informe Capable de toutes les formes Impassible porteuse des douleurs du monde           Bruissante de mousses, de grillons de brumes transmuées en nuages elle est voie de transfiguration ... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 18:45 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

14 mai 2014

Guillaume Apollinaire (1880 - 1918) : les colchiques

Les colchiques Le pré est vénéneux mais joli en automne Les vaches y paissant Lentement s'empoisonnent Le colchique couleur de cerne et de lilas Y fleurit tes yeux sont comme cette fleur-la Violatres comme leur cerne et comme cet automne Et ma vie pour tes yeux lentement s'empoisonne Les enfants de l'école viennent avec fracas Vêtus de hoquetons et jouant de l'harmonica Ils cueillent les colchiques qui sont comme des mères Filles de leurs filles et sont couleur de tes paupières Qui battent comme les fleurs battent au... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 21:54 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
13 mai 2014

José Maria de Heredia (1842 - 1905) : Les conquérants

Les conquérants   Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal, Fatigués de porter leurs misères hautaines, De Palos de Moguer, routiers et capitaines Partaient, ivres d'un rêve héroïque et brutal. Ils allaient conquérir le fabuleux métal Que Cipango mûrit dans ses mines lointaines, Et les vents alizés inclinaient leurs antennes Aux bords mystérieux du monde Occidental. Chaque soir, espérant des lendemains épiques, L'azur phosphorescent de la mer des Tropiques Enchantait leur sommeil d'un mirage doré ; Ou... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 19:34 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
12 mai 2014

Charles Baudelaire (1821 - 1867) : parfum exotique

      Parfum exotique   Quand, les deux yeux fermés, en un soir chaud d'automne, Je respire l'odeur de ton sein chaleureux, Je vois se dérouler des rivages heureux Qu'éblouissent les feux d'un soleil monotone ;   Une île paresseuse où la nature donne Des arbres singuliers et des fruits savoureux ; Des hommes dont le corps est mince et vigoureux, Et des femmes dont l'oeil par sa franchise étonne.   Guidé par ton odeur vers de charmants climats, Je vois un port rempli de voiles et de mâts ... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 19:17 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
11 mai 2014

Blaise Cendrars (1887 - 1961) : Prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France

  Prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France                                                                                           Dédiée aux Musiciens   En ce temps-là j’étais en mon adolescence J’avais à peine seize ans et je ne me souvenais déjà plus de mon enfance J’étais à... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 21:03 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :