06 octobre 2015

Michel Houellebecq (1956 - ) : Fin de soirée

  Fin de soirée   En fin de soirée, la montée de l’écoeurement est un phénomène inévitable. Il y a une espèce de planning de l’horreur. Enfin, je ne sais pas ; je pense. L’expansion du vide intérieur. C’est cela. Un décollage de tout événement possible. Comme si vous étiez suspendu dans le vide, à équidistance de toute action réelle, par des forces magnétiques d’une puissance monstrueuse.   Ainsi suspendu, dans l’incapacité de toute prise concrète sur le monde, la nuit pourra vous sembler longue. Elle... [Lire la suite]
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05 octobre 2015

Elías Nandino (1903 – 1993) : Corps nocturne / Nocturno cuerpo

  Corps nocturne   Quand, la nuit, seul, dans les ténèbres, fatigué de je ne sais quel épuisement mon corps s’effondre et s’accommode à l’impassible surface obscure qui lui sert d’appui et de linceul, je m’étends aussi et je me limite au contour désarmé qui me livre à l’île de l’oubli où l’on se perd.   Séparé de lui et fondu en lui, je me souviens que je le porte tout le jour comme prison de fièvre qui m’opprime, comme lèvres qui tiennent d’autres discours, comme instinct qui se moque de mes désirs ... [Lire la suite]
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04 octobre 2015

Zdravko Kissiov / Здравко Кисьов (1937 - ) : « Une feuille blanche… »

    Une feuille  blanche Comme un sillon blanc Sur la table dans la pénombre. Ne la touche pas, Ne la noircis pas de mots Si tu n’es pas capable de mettre en eux Plus de lumière Que la luminosité De la feuille blanche   Traduit du bulgare par Anélia Véléva, Revue « Hopala, N° 21, Novembre 2005 - Février 2006 » Association HOPALA !, 29800 Landerneau, 2005   Du même auteur : Identification (05/09/2016)  
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03 octobre 2015

Gaston Puel (1924- 2013) : « J’habitais un corps lézardé… »

     J’habitais un corps lézardé. Il dut se fendre d’un coup : je reçus l’aube comme un baquet d’eau fraîche.       Quand la nuit n’est qu’une lie et que le regard n’ausculte que l’abîme, quel bonheur (je suis sûr de ce mot) de se hisser hors de la margelle ! Les mains meurtries touchent l’huile du jour ; le visage s’élance plus léger que les jambes.      Est-ce l’innocence du matin ? La grâce d’un fruit cueilli ? Je ne sais, je ne saurai jamais.... [Lire la suite]
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02 octobre 2015

Fañch Peru (1940 - ) : « Sur le muret du port… / War morgerenn ar porzh-mor… »

  Sur le muret du port des pêcheurs regardent de l’autre côté du visible   War morgerenn ar porzh-mor pesketourien o sellet en tu all d’ar gweled   In revue « Hopala, N° 17, Juillet-Octobre 2004 » Association HOPALA!,29800 Landerneau, 2004     Du même auteur : « Ruisseau courant sur les galets / Gouredenn war a bili (02/10/2014)   Poème précédent en breton : Roparz Hemon : La grande jalousie d’Emer /Gwarizi vras Emer (23/09/2015) Poème suivant en... [Lire la suite]
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01 octobre 2015

André Delons (1909 – 1940) : « Il n’y pas de nuages sans elle… »

    (…)      « Il n’y pas  de nuages sans elle, Etoile de la dernière heure, fourche des jambes embuées de lave et de douceur, dernier horizon aperçu par le sommeil, dévalant à grand bruit, et sous le silence des orages qui ne finissent pas, la pente de ses cheveux couleurs de nuit.      Il n’y pas  de marais sans brumes, mais il n’y a pas non plus ce grand sourire hautain tournant comme un feu sans l’indéchiffrable odeur qui tremble au milieu d’une chambre promise aux... [Lire la suite]
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29 septembre 2015

Léon – Gontran Damas (1912 -1978) : Hoquet

  Hoquet   Et j’ai beau avaler sept gorgées d’eau trois à quatre fois par vingt-quatre heures me revient mon enfance dans un hoquet secouant mon instinct tel le flic le voyou Désastre parlez-moi du désastre parlez-m’en   Ma mère voulant d’un fils très bonnes manières à table      les mains sur la table      le pain ne se coupe pas      le pain se rompt      le pain ne se gaspille pas le pain de Dieu     ... [Lire la suite]
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28 septembre 2015

Jacqueline Rebours (19 ? - ) : langue bussonnière

  Langue bussonnière   J’ai pétri en patois les mots de tous les jours Tantôt , à la reveyure, at’meriennée, haout’houre   J’ai croqué en patois les saveurs du courtil Meuletonnes et castilles, guerneouaiselles, badies   J’ai humé en patois le sentiment des fleurs Bonshommes et jalousies, pâques et ramoneurs   J’ai goûté en patois le ciel et puis les vents Le temps qui se cotit, les martiaous et les buans   J’ai couru en patois par landes et roquets Sente, venelles, cherrets, bussons... [Lire la suite]
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26 septembre 2015

Ossip Emilievitch Mandelstam / О́сип Эми́льевич Мандельшта́м (1891 – 1938) : « Homère, l’insomnie… » /Бессоница, Гомер, тугие па

  Homère, l’insomnie. Et les voiles tendues. J’ai lu jusqu’au milieu le Catalogue des vaisseaux. Cette longue couvée, ce long envol de grues Sauvages qui jadis franchit le ciel de Grèce.   Grues s’enfonçant en coin vers d’étranges confins, (L’écume divine ceint la tête des rois) Vers quels ports voguez - vous ? O guerriers achéens, Vous seriez- vous, sans Hélène, souciés de Troie ?   Tout est mû par l’amour – Homère et l’océan. Qui donc puis – je écouter ? Car Homère se tait. La mer est... [Lire la suite]
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25 septembre 2015

Victor Segalen (1878 – 1919) : Eloge et pouvoir de l’absence

Eloge et pouvoir de l’absence                                  Je ne prétends point être là, ni survenir à l’improviste, ni paraître en habits et chair, ni gouverner par le poids visible de ma personne,    Ni répondre aux censeurs, de ma voix ; aux rebelles, d’un œil implacable ; aux ministres fautifs, d’un geste qui suspendrait les têtes à mes ongles. ... [Lire la suite]
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