19 octobre 2015

Nâzim Hikmet (1901 -1963) : La plus drôle des créatures

  La plus drôle des créatures   Comme le scorpion, mon frère, tu es comme le scorpion dans une nuit d’épouvante. Comme le moineau, mon frère, tu es comme le moineau dans ses menues inquiétudes. Comme la moule, mon frère, tu es comme la moule enfermée et tranquille. Tu es terrible, mon frère, comme la bouche d’un volcan éteint. Et tu n’es pas un, hélas, tu n’es pas cinq, tu es des millions. Tu es comme le mouton, mon frère, quand le bourreau habillé de ta peau, quand le bourreau lève son bâton tu te... [Lire la suite]
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18 octobre 2015

François Villon (1431 - vers 1463) : Ballade des pendus

  Ballade des pendus (L' épitaphe Villon)    Frères humains qui après nous vivez, N'ayez les coeurs contre nous endurcis, Car, si pitié de nous pauvres avez, Dieu en aura plus tôt de vous mercis. Vous nous voyez ci attachés, cinq, six : Quant de la chair, que trop avons nourrie, Elle est piéça (1) dévorée et pourrie,                              (1) depuis... [Lire la suite]
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17 octobre 2015

Jacques Lovichi (1937 - 2018) : Ne variatur ou l’avant-dernière lettre d’Ephèse

  Ne variatur Ou l’avant-dernière lettre d’Ephèse   L’âge le prend.   Il ne sait désormais de quoi demain sera fait ni même si demain sera.   « Temps d’aimer et d’être aimé encore » d’exister un peu à la limite de l’être aux marges du grimoire à la lisière du bois noir où rugissent les derniers songes   « Instant suspendu qui  sur la ligne véloce du temps s’éternise quelques secondes avant de basculer inexorablement dans l’irréversible   Arrêt... [Lire la suite]
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16 octobre 2015

Frik /Ֆրիկ (vers 1320 – vers 1310) : Requête

  Requête   Dieu équitable, juste et en tout plein de charité j’ai matière à requête si tu daignes m’écouter.   C’est chose surprenante qui a lieu sur la terre, cela prête à pensée ce que l’on voit au monde.   En paradis était Adam, et Eve, unique semblable, on y parlait une seule langue avant que fut mangé le fruit de l’arbre.   Or voici qui donne à penser et qui surprend grandement, que de l’un et l’autre tant de peuples soient nés, et pour chacun d’eux une langue.   Mais nous... [Lire la suite]
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15 octobre 2015

André Gaillard (1898 -1929) : Si rien n‘est vain

  Si rien n’est vain   Et la neige immortelle envahit les saisons Plus haut que le bonheur, plus haut que le silence,  autour des      monts courbés sur le ciel insensible comme un corps sans      amour penché sur sa splendeur interdite et perdue, elle      s’enroule et se déroule à l’infini. Les prisonniers ont faim. La nuit est là, fragile et toute trouée d’échos. On aiguise une lame, une corde se brise, le cristal résonne, un ... [Lire la suite]
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14 octobre 2015

Marc – Antoine Girard de Saint – Amant (1594 – 1661) : Le soleil levant

      Le soleil levant    Jeune déesse au teint vermeil,           Que l'Orient révère, Aurore, fille du soleil,      Qui nais devant ton père, Viens soudain me rendre le jour, Pour voir l'objet de mon amour.   Certes, la nuit a trop duré ;      Déjà les coqs t'appellent. Remonte sur ton char doré,      Que les Heures attellent, Et viens montrer à tous les yeux De quel émail tu peins les... [Lire la suite]
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13 octobre 2015

Frédéric-Jacques Temple (1921 - ) : Un long voyage

  Un long voyage   Ce fut un très ancien voyage sur des plateaux immobiles…   Déjà les grives semaient l’automne, Mais voici que naissaient dans les coulées de pierres blanches, Les bourgeons de mon enfance En toi resurgie. Nous avancions dans les herbes rèches Et je te récitais le cantique futur de mes ordalies.   Enfant très lointain, meunier de mes silences, Je t’aimais comme une pluie sur les blessures de l’âme.   Nous conduisions les troupeaux nébuleux de nos heures parmi ... [Lire la suite]
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12 octobre 2015

Saint- Georges de Bouhélier (1876 – 1947 ) : Rue avant l’aube

  Rue avant l’aube   Sur le pavé ronfle un remous de foule drue, Des tambours crient en un bruit rauque d’ouragan. Et, parmi des tohu-bohu là-bas claquant, Luisent des jets de pourpre aux hampes : ... [Lire la suite]
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11 octobre 2015

Sylvia Plath (1932 – 1963) : L’agneau de Marie / Mary’s Song

  L’agneau de Marie   L’agneau pascal frit dans sa graisse. La graisse Sacrifie son opacité…   La vitre est d’or sacré. Le feu la rend précieuse, Le même feu toujours   Fondant le suif des hérétiques Et débusquant les juifs. Leurs draps de fumée noire ondoient   Sur les stigmates de la Pologne Et l’Allemagne incendiée. Ils ne meurent pas.   Des oiseaux gris hantent mon cœur, Bouche en cendre, œil cendreux, Ils se posent. Sur l’immense   Précipice Qui a vidé un homme dans... [Lire la suite]
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10 octobre 2015

Claude Esteban (1935 – 2006) : Croyant nommer

Croyant nommer   ………………………… Armure du matin.   Je ne sors plus de moi. Je traverse   mes lèvres   sans voir que le soleil déchire l’air                             les murs.     J’invente des couloirs où le froid s’accumule   courbe   jusqu’à ce cri.   * *   * A chaque pierre   dans l’éclat inanimé du jour   la... [Lire la suite]
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