29 octobre 2015

Homère / Ὅμηρος (VIIIème siècle av. J.C.) : « Mais, quand l’aube bouclée amena le troisième jour… »

    Mais, quand l’aube bouclée amena le troisième jour, les vents enfin tombèrent ; et dans le ciel, le calme se refit. Il vit la terre toute proche et la fouilla des yeux, du sommet d’une haute lame. Comme quand des enfants voient rendu à la vie joyeuse un père qui resta longtemps couché dans la souffrance, rongé par elle, en proie à quelque affreux démon, et, pour leur joie, les dieux l’ont délivré de ce fléau, ainsi, pour son bonheur, parut la terre avec ses bois ; il nagea dans l’espoir de mettre... [Lire la suite]
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28 octobre 2015

Gu Cheng / 顾城 ou 顧城 (1957 – 1993) : Fantaisie de la vie

  Fantaisie de la vie   Déposer mes rêves mes illusions dans un long coquillage la voile tissée par les branches du saule rôde encore autour de la stridulation des cigales tirer la drisse le vent gonfle les voiles de la brume matinale je prends la mer   sans but flotter dans le ciel bleu laisser les cascades de lumière teindre en noir ma peau   le soleil est mon haleur il me tire avec les cordes de sa chaude lumière pas à pas il parcourt ses douze heures de route poussé par le vent je vais à... [Lire la suite]
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27 octobre 2015

Jørgen Gustava Brandt (1929 – 2006) : « Moi, je suis Chérubin… »

      (…) Moi, je suis Chérubin, allongé sur la grève sous un saule qui danse comme un derviche… Et si j’avais une calebasse géante, je partirais avec elle sur l’océan…   Mais je suis faible et silencieux, rien ne m’épuise, rien ne m’efface dans le poids et la moiteur de l’odeur de mort des profondeurs, pourriture, défloration, sang, maternité, arôme de délices… Sans honte, nu au bord de la mer…   Mer , tout à l’heure, j’étais mortel… (Au loin, derrière moi, Le tempo correct étouffé,... [Lire la suite]
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26 octobre 2015

Luc Decaunes (1913 - 2001 ) : Gloire de l’été

  Gloire de l’été                                                             A Jean Tortel        C’était l’été. Mille oiseaux faisaient un saccage de vignes, un saccage de silence. Mille fleurs s’ébrouaient... [Lire la suite]
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25 octobre 2015

Pierre Oster (1933 - ) : « Du plus loin que je viens… »

  Du plus loin que je viens, du plus loin que je  me souvienne, C’est un murmure en moi, c’est un cheminement qui ne se      lasse jamais. C’est une source où nous pressentons le modelé de tant de      visages. Et les roseaux qu’un souffle agite ont de souples reflets noirs. L’automne brille, qui fut sans hâte. Il contourne, il attaque,      il crève Les nervures de chaque feuille…Avant de fendre jusqu’au sol, D’engendrer dans les plis de l’hiver la... [Lire la suite]
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24 octobre 2015

Francisco Serrano ( 1949 - ) : Vapeur

  Vapeur   Nous vivons dans un rêve, la mort nous éveille. Purs, impalpables habitants d’un triste royaume sans concession. Yeux secs, absents, corps nus abîmés, paupières sans repos, les bouches édentées. Nous sommes sans repos. Nous errons dans l’ombre, sous un ciel sans astres. Esprits violets dans une attente futile, nous sommes les rejetés, les sans voix, les insomniaques.   Nous nous déplaçons en cercles dans les plaines nues d’une terre sans larmes, terre sans mémoire, noir pays... [Lire la suite]
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23 octobre 2015

Jean – Pierre Verheggen (1942 - ) : Poème avec hareng – gros – gros – cros

  Poème avec hareng – gros – gros – cros   Un hareng que le Poète choisira gros - gros – gros et même bouffi – bouffi – bouffi une sorte de hareng – outang baraqué fitness mais qu’il sortirait de sa saumure – mure – mure avec délicatesse pour le dévorer à pleins crocs – crocs – crocs et satisfaire ainsi son appétit gros – gros – gros ! Un hareng bien choisi qu’il accompagnerait d’un beau saumur – mur- mur- champigny (cette fois-ci) Un hareng excellent, bouvard et bien rogué, et surtout bien éduqué, un... [Lire la suite]
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22 octobre 2015

Marc Rombaut (1939 - ) : « La nuit s’est battue toute la nuit… »

  La nuit s’est battue toute la nuit contre la nuit. Au lever du jour, la terre avait le visage de ses transes nocturnes. Il lui a fallu tuer tant de fantômes qu’elle s’étonna de la joie sereine de l’aube. Tout prenait forme, couleur, goût, odeur de bonheur, d’amour, de jour. Une respiration nouvelle s’emparait d’elle, une aspiration à être.     Tu t’ouvres comme la paume du soleil. Interdit je me jette en toi ; âpreté de ma bouche           dévoreuse. ... [Lire la suite]
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21 octobre 2015

Werner Lambersy (1941 - ) : « Peu à peu se fait se ferme se défait le texte… »

    Peu à peu se fait se ferme se défait le texte l’espace enveloppe puis dissout au-delà de la nuit ce qui dépasse le mince alignement des barrières de l’encre rend nul ce mouvement de marée derrière la mémoire l’immobile saisit bien avant le durcissement des muscles la mort n’a pas d’ombre elle est regard qui ne regarde rien noire transparence inexplicable (plus loin le blanc caillé de l’air où tremble la voix) ainsi a-t-on cru pouvoir lire quelques signes   cris jambages graves du silence menhirs de... [Lire la suite]
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20 octobre 2015

Nourredine Aba (1921 -1996) : « Je suis comme un enfant… »

  (…) Je suis comme un enfant Exaspéré par la peur Qui croit s’en délivrer En chantant, Et je chante Mon nom arabe, Je chante ma terre arabe, Je chante La révélation de l’amour dont on sait Au premier regard Qu’il ne sera jamais recommencé, Je chante Tes longues tresses qui descendent Comme des queues de renard sur tes épaules, Je chante ta bouche Comme une prune éclatée, Je chante Notre encharnellement soudain Porté à son point d’orgue, Je chante l’enfance délirante d’illusions Au midi de son printemps, ... [Lire la suite]
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