27 juin 2016

Philippe Jaccottet (1925 - ) : Oiseaux invisibles

  Oiseaux invisibles      Chaque fois que je me retrouve au-dessus de ces longues étendues couvertes de buissons et d’air (couvertes de buissons comme autant de peignes pour l’air) et qui s’achèvent très loin en vapeurs bleues, qui s’achèvent en crêtes de vagues, en écume ( comme si l’idée de la mer me faisait signe au plus loin de sa main diaphane, et qui tremble), je perçois, à ce moment de l’année, invisibles, plus hauts, suspendus, ces buissons de cris d’oiseaux, ces points plus ou moins éloignés ... [Lire la suite]
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26 juin 2016

André Du Bouchet (1924 - 2001) : Cession

  Cession   Le vent,               dans les terres sans eau de l’été, nous            quitte sur une lame,                                              ce qui subsiste du ciel.   ... [Lire la suite]
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25 juin 2016

Michel Leiris (1901 – 1990) : Léna

  Léna   Je pense à toi et ton image bâtit autour de moi une forteresse à      tel point inébranlable que ni le bélier des nuages ni la poix molle de la pluie ne peuvent rien ô ma citerne de silence contre le mur percé d'étoiles dont tu m'as      circonscrit    Les chiens rampent et les gens jouent des coudes ou poussent des cris Le manège sans orgue ni flonflons du monde tourne avec son auréole d'yeux d'enfants jeu de bagues des Paradis ... [Lire la suite]
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24 juin 2016

Louis Brauquier (1900 -1960) : « J’ai la nostalgie d’une plaine d’herbes... »

    A François et Suzanne de Fortis I J’ai la nostalgie d’une plaine d’herbes, Je regrette confusément de petits chevaux, Des camps levés dans de tristes matins glaciaires, Des fleuves traversés qui n’avaient pas de noms, Les marches forcées vers des villes à coupoles, Et des villages blancs défendus par des pieux.   Je regrette mes voisins, les compagnons de la horde, Et plus que tout celui qui vivait près de moi, Celui dont le genou touchait mon genou nu, Celui dont j’entendais le souffle et dont... [Lire la suite]
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23 juin 2016

Johann Wolfang Goethe (1749 – 1832) : La chanson de Mignon / Mignons lied

  La chanson de Mignon   Connais-tu le pays des citronniers en fleur, Et des oranges d’or dans le feuillage sombre, Et des brises soufflant doucement du ciel bleu, Du myrte silencieux et des hauts lauriers droits ? Ne le connaîtrais-tu point ?                                             - Oh,... [Lire la suite]
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22 juin 2016

Hélène Cadou (1922 – 2014) : « Le monde est mon beau voyage ... »

  Le monde est mon beau voyage La mer ma robe de fête   Le vent Mes sandales de feu   Chaque feuille Est un mot que j'aime   Chaque oiseau Me redit ton nom   La terre tourne Et tu me reviens   Toi le même A chaque saison                          * Ce printemps trop grand pour moi Me fait peur dit le vivant Il m’emporte à plein poumons Avec ses arbres son ciel ... [Lire la suite]
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21 juin 2016

Yosa Buson / 与謝 蕪村 (1716 – 1783) : « Par ici, par là… »

  Par ici, par là le bruit des cascades à travers le jeune feuillage   Traduit du japonais par Cheng Wing Fun et Hervé Collet In, « Buson, le Parfum de la lune » Editions Moundarren, 2002   Du même auteur : « Mes os mêmes… » (21/06/2017) « Rien d’autre aujourd’hui... » (21/06/2018) « Braises… » (21/06/2019)  « Cheminant par…» (21/06/20)
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20 juin 2016

Fernando Pessoa (1888 – 1935) : Passage des heures / Passagem das horas

  Passage des heures 25 mai 1916 Je porte dans mon cœur comme dans un coffre impossible à fermer tant il est plein, tous les lieux que j’ai hantés, tous les ports où j’ai abordé, tous les paysages que j’ai vus par des fenêtres ou des hublots, ou des dunettes, en rêvant, et tout cela, qui n’est pas peu, est infime au regard de mon désir.   L’entrée de Singapour, au petit jour, de couleur verte, le corail des Maldives dans la touffeur de la traversée, Macao à une heure du matin… Tout à coup je m’éveille… ... [Lire la suite]
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19 juin 2016

Tahar Ben Jelloun : (1944 - ) : « Que de cendres dans mon crâne… »

    Que de cendres dans mon crâne qui croit encore le rêve possible que de sang sous cette terre grise que d’oliviers qui meurent à l’aube figée que de poèmes muselés dans la mort blanche Laissez-moi me rouler dans les sables pour perdre la mémoire pour ne plus parler des hommes pour ne plus fuir la mort   Les « frères » les fossoyeurs, les larmes aux yeux, massacrent      les camarades on nettoie la capitale et on se lave le sexe on préside la prière et on oublie ... [Lire la suite]
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18 juin 2016

Olivier de Magny (1529 – 1561) : Sonnet à Mesme

    Sonnet à Mesme   Ce que j'aime au printemps, je te veux dire, Mesme ; J'aime à fleurer la rose, et l'oeillet, et le thym, J'aime à faire des vers, et me lever matin Pour, au chant des oiseaux, chanter celle que j'aime.    En été, dans un val, quand le chaud est extrême J'aime à baiser sa bouche et toucher son tétin Et sans faire autre effet, faire un petit festin Non de chair, mais de fruit, de fraises et de cresme.   Quand l'automne s'approche et le froid vient vers nous J'aime... [Lire la suite]
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