09 novembre 2015

Jean de l’Espine du Pont- Alais, dit « Songe - creux » (1490 ?- 1560 ?) : De l’état de cour

    De l’état de cour   Voilà celui qui se dit notre roi Voilà celui par qui nous vient la guerre Voilà celui qu'à tous nos biens fait guerre Voilà celui qui tue ceux qu'il veut   Voilà celui de qui chacun se deut (1) Voilà celui qui tailles nous apporte Au feu d'enfer le grand diable l'emporte Si aurons paix après qu'il sera mort.   Qui argent a la guerre il entretient Qui argent a gentilhomme devient Qui argent a chacun lui fait honneur ... [Lire la suite]
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08 novembre 2015

Jorge Luis Borges (1899-1986) : Œdipe et son énigme / Edipo y el enigma

  Œdipe et son énigme   Quadrupède à l’aurore, à midi profilant Sur le ciel sa droiture, et dans le jour qui baisse A trois pattes clochant débile : la déesse Durable voyait ainsi son frère vacillant, L’homme. Mais vers le soir voici qu’un homme arrive, Et tombe au piège qu’il résout : dans le miroir De cette monstrueuse image il a pu voir, Bouleversé, notre destin et sa dérive. Nous sommes tous Œdipe ; il a tout su de tous, Il a vu cette longue et triple bête : nous. Je suis ce que je fus... [Lire la suite]
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07 novembre 2015

André Rolland de Renéville (1903 – 1962) : « Dans le royaume des morts… »

  I           Dans le royaume des morts, les pensées humaines construisent de singuliers édifices. Je ne voudrais point y habiter pour tous les corps du monde ! Dieu créa le labeur afin d’en modérer l’afflux. Les hommes courbés sur une tâche,  et les mains pleines d’éclis, n’ont plus le loisir de rêver jusqu’aux ténèbres. Leurs désirs restent en chantier comme des quartiers de marbre rouge. Toute leur attention se concentre sur la machine prête à les broyer sur un... [Lire la suite]
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06 novembre 2015

Renée Vivien (1877 – 1909) : Nocturne

  Nocturne    J’adore la langueur de ta lèvre charnelle Où persiste le pli des baisers d’autrefois.                          Ta démarche ensorcelle, Et la perversité calme de ta prunelle A pris au ciel du nord ses bleus traîtres et froids.   Tes cheveux, répandus ainsi qu’une fumée, Clairement vaporeux, presque immatériels, ... [Lire la suite]
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05 novembre 2015

Claire Genoux (1971 - ) : « Gardons ce corps solide… »

  Gardons ce corps solide ce sang frais qui fuit dans les artères gardons ces courbes claires et cette peau vivante où les hommes ont posé leur visage disons adieu aux caresses et aux lèvres anciennes qui usaient notre ventre dormons avant que le soleil ne vieillisse notre chair blonde et n’entame nos os chargés de moelle que nous restions neuve pour le vrai jour.   Soleil ovale Editions Empreintes, Chavannes-près-Renens (Suisse), 1997 Du même auteur : « Ne rien dire de mon corps … »... [Lire la suite]
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04 novembre 2015

Benjamin Fondane (1898 – 1944) : Ulysse

  Ulysse   à Armand Pascal ... [Lire la suite]
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03 novembre 2015

André Chénier (1762 – 1794) : La jeune Tarentine

  La jeune Tarentine     Pleurez, doux alcyons ! ô vous, oiseaux sacrés,  Oiseaux chers à Thétis, doux alcyons, pleurez !  Elle a vécu, Myrto, la jeune Tarentine !  Un vaisseau la portait aux bords de Camarine.   Là l'hymen, les chansons, les flûtes, lentement, Devaient la reconduire au seuil de son amant. Une clef vigilante a, pour cette journée, Dans le cèdre enfermé sa robe d'hyménée, Et l'or dont au festin ses bras seraient parés, Et pour ses blonds cheveux les... [Lire la suite]
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02 novembre 2015

Pablo Neruda (1904 – 1973) : Vingt poèmes d’amour et une chanson désespérée / Veinte poemas de amor y una canción desesperada

  Vingt poèmes d’amour et une chanson désespérée   Les vingt poèmes d’amour I Corps de femmes, blanches collines, cuisses blanches, l’attitude du don te rend pareil au monde. Mon corps de laboureur sauvage, de son soc a fait jaillir le fils du profond de la terre.   Je fus comme un tunnel. Déserté des oiseaux, la nuit m’envahissait de toute sa puissance. Pour survivre j’ai dû te forger comme une arme Et tu es la flèche à mon arc, tu es la pierre dans ma fronde.   Mais passe l’heure de la vengeance,... [Lire la suite]
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01 novembre 2015

Gerrit Kouwenaar (1923 – 2014) : « Infecté par les mots… »

  Infecté par les mots le paysage ne veut plus exister   un dernier geste, semble en fait un nombril, un mamelon, avale ce qu’il voulait traduire : je je je, suis sauvage /terres hautes / présent, prend peur et se perd dans le demi-jour, le silence   la vitre au milieu n’éclate pas   soir donc, mieux vaut donc abandonner cette vue, la garder plus basse, rester sans regard non pas en gris-vert mais décidément en blanc   ainsi donc là-bas sur la carte en un autre point la surface plane... [Lire la suite]
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30 octobre 2015

Paul Niger (1917 – 1962) : Je n’aime pas l’Afrique

        Je n’aime pas l’Afrique        « J’aime ce pays, disait-il, on y trouve nourriture, obéissance, poulets à quatre sous, femmes à cent, et « bien Missié » pour pas plus cher.      Le seul problème, ajoutait-il, ce sont les anciens tirailleurs et les métis et les lettrés qui discutent les ordres et veulent se faire élire chefs de village. »        Moi, je n’aime pas cette Afrique-là.   ... [Lire la suite]
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