10 août 2016

Flavien Rainavo (1914 - 1999) : Epithalame

    Epithalame   Un petit mot, Monsieur, un petit conseil, Madame. Je ne suis pas celui-qui-vient souvent comme une cuiller de faible capacité, ni celui-qui-parle-à-longueur de journée comme un mauvais ruisseau à travers la rocaille, je suis celui-qui-parle-par-amour-pour-son-prochain. Je ne suis point la pirogue-effilée-qui-dérive-sur-l’eau-tranquille, ni la citrouille-qui-se-trace-un-dessin-sur-le-ventre, et si je ne suis à même de fabriquer une grande soubique (1), je suis toutefois capable d’en... [Lire la suite]
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09 août 2016

Joachim du Bellay (1522 – 1560) : « Las où est maintenant ce mépris de Fortune ?... »

  Las où est maintenant ce mépris de Fortune ? Où est ce cœur vainqueur de toute adversité, Cet honnête désir de l’immortalité, Et cette honnête flamme au peuple non commune ?   Où sont ces doux plaisirs, qu’au soir sous la nuit brune Les Muses me donnaient, alors qu’en liberté Dessus le vert tapis d’un rivage écarté Je les menais danser aux rayons de la Lune ?   Maintenant la Fortune est maîtresse de moi, Et mon cœur, qui soulait être maître de soi, Est serf de mille maux et regrets qui... [Lire la suite]
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08 août 2016

Roger Gilbert-Lecomte (1907 – 1943) : Le vent d’après / le vent d’avant

  Le vent d’après Le vent d’avant   Depuis jamais Je sais toujours Souvenir d’avenir après toute vie révolue Prévision d’autrefois d’avant tout mouvement Avant que soit Le premier mouvement le vent Pour quel crime immense inconnu D’un juge qui n’est que moi-même Ma condamnation au présent à perpétuité Eternité Depuis jamais Je sais toujours Prévoir me souvenir du vent qui vient de plus loin que la lune Et les étoiles Le vent de bête légion Qui glisse de plus loin que l’humaine illusion de tout l’espace ... [Lire la suite]
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07 août 2016

Danielle Collobert (1940 – 1978) : Là-ramassé

  Là-ramassé…   Là-ramassé - les genoux repliés sous le ventre - le papier froissé dans les doigts - essayer dans les plis – les cassures – essayer de tracer un signe – de l’autre main engourdie – coincée entre les jambes et le bois – un signe - un dessin   Plus de possibilités d’invention – plus de personnages – solitude aussi de l’imagination – reste aujourd’hui ces murs – cette chambre blanche – une fois de plus – au centre – ou parfois appuyé contre l’un des murs – ou même enfoncé dans un angle – les... [Lire la suite]
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06 août 2016

Robert Desnos (1900 – 1945) : O douleurs de l’amour !

  O douleurs de l’amour !   O douleurs de l’amour ! Comme vous m’êtes nécessaires et comme vous m’êtes chères. Mes yeux qui se ferment sur des larmes imaginaires, mes mains      qui se tendent sans cesse vers le vide. J’ai rêvé cette nuit de paysages insensés et d’aventures dangereuses      aussi bien du point de vue de la mort que du point de vue de la      vie qui sont aussi le point de vue de l’amour. Au réveil vous étiez présentes, ô... [Lire la suite]
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05 août 2016

Luis Mizón (1942 - ) : Terre prochaine /Tierra próxima

    Terre prochaine 1 De l’extrémité de la table la mer interrompait nos conversations gréant et désarmant l’antique réalité que personne ne connaissait, que personne ne savait connaître. La terre prochaine qu’il fallait toucher avec nos doigts aveugles. Nous avions perdu son contour de lumière ou abîmé la trame des signes ou, peut-être, dans la perspective nous avions perdu les pas, les contes et les traces.   2 La ville semblable à une photographie jaunissante à un souvenir de plâtre à une... [Lire la suite]
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04 août 2016

Victor Hugo (1802 -1885) : « Demain, dès l'aube… »

  Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne, Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends. J'irai par la forêt, j'irai par la montagne. Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.   Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées, Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit, Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées, Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.   Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe, Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur, Et quand... [Lire la suite]
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03 août 2016

Vincent Voiture (1598 – 1648) : La belle matineuse

La Belle Matineuse   Des portes du matin l’amante de Céphale, Ses roses épandait dans le milieu des airs, Et jetait sur les cieux nouvellement ouverts Ces traits d’or et d’azur qu’en naissant elle étale,   Quand la Nymphe divine, à mon repos fatale, Apparut, et brilla de tant d’attraits divers, Qu’il semblait qu’elle seule éclairait l’univers Et remplissait de feux la rive orientale.   Le soleil se hâtant pour la gloire des cieux Vint opposer sa flamme à l’éclat de ses yeux, Et prit tous les rayons... [Lire la suite]
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02 août 2016

Maodez Glanndour (1909 – 1986) : Ecriture inconnue

    Ecriture inconnue   Dans le tourment de votre vol Depuis des millénaires, Quel secret écrivez-vous, Dans le frémissement de vos cris, Goélands des grèves ?   Traduit du breton par l’auteur In, Revue « Vagabondages, N° 36, Février 1982 » Association Paris-poète Librairie Séguier, 1981 Du même auteur : Les oies de mer (02/08/2015)   Iles bretonnes sous la neige / An erc’h war enezeg (19/2018)          
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01 août 2016

Shū Ting / 舒婷 (1952 - ) : Au chêne

Au chêne   Je t’aimerais… non comme font les fleurs de givre grimpantes qui t’empruntent ta plus haute branche pour te faire valoir ; je t’aimerais… non comme fait l’oiseau enamouré qui rabâche pour ton ombre un chant pur ; je ne m’en tiendrai pas à imiter la source qui a longueur d’année offre la fraîcheur de sa consolation ; ni les sommets périlleux qui te rehaussent, font sortir ta dignité. Ou même la lumière. ou même la pluie. Non, tout cela ne suffirait pas ! Je devrais être un pied de... [Lire la suite]
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