25 janvier 2015

Aimé Césaire (19013 -2008) : En guise de manifeste littéraire

En guise de manifeste littéraire                                                                                            A André Breton   Inutile de durcir sur notre passage, plus butyreuses que des lunes, vos faces de  tréponème pâle   Inutile d’apitoyer pour nous l’indécence de... [Lire la suite]
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24 janvier 2015

Antonin Artaud (1896 – 1948) : Position de la chair

        Position de la chair        Je pense à la vie. Tous les systèmes que je pourrai édifier n’égalerons  jamais  mes cris d’homme occupé à refaire sa vie.      J’imagine un système où tout homme participerait, l’homme avec sa chair physique et les hauteurs, la projection intellectuelle de son esprit.        Il faut compter pour moi, avant tout, avec le magnétisme incompréhensible de l’homme, avec ce que, faute... [Lire la suite]
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23 janvier 2015

André Breton (1896 – 1966) : Ode à Charles Fourier

  Ode à Charles Fourier    En ce temps-là je ne te connaissais que de vue             Je ne sais même plus comment tu es habillé              Dans le genre neutre sans doute on ne fait pas mieux  Mais on ne saurait trop complimenter les édiles  De t'avoir fait surgir à la proue des boulevards extérieurs  C'est ta place aux heures de fort tangage  Quand la ville se... [Lire la suite]
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22 janvier 2015

Jennifer Clement (1960 - ) : Tiens ma robe

Tiens ma robe   J’accrocherai mes vêtements près de tes complets – les manches encore moulées se toucheront comme des bras.   Lorsque nous serons tous deux assis à lire, ma page tournera en réponse à la tienne   Mon souffle embuera ton miroir, nous laverons nos mains avec le même savon.   Et tu tiendras ma robe afin que je puisse y pénétrer.     Traduit de l’anglais par Marie Evangéline Arsenault In, «l’Inconnu et le marin de Newton », Editions Ecrits des Forges (Québec),... [Lire la suite]
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21 janvier 2015

Joyce Mansour (1928 – 1986) : « Le téléphone sonne… »

  Le téléphone sonne Et ton sexe répond. Sa voix rauque de chanteur Fait frémir mes ennuis Et l’œuf dur qu’est mon cœur Frit.   Déchirures, Edition de Minuit, 1955 Du même auteur : Bleu comme le désert (21/01/2014) Chant arabe (21/01/2016) « Vous ne connaissez pas… » (21/01/2017) Trous noirs (21/02/2018)
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20 janvier 2015

Heather Dohollau (1925 - 2013) : « Si pour vivre il suffit de toucher la terre… »

Si pour vivre il suffit de toucher la terre Comme le vent aux doigts légers joue dans le blé toujours mur L’amour serait le chant de l’oiseau dans l’arbre Le nuage qui passe dont même l’ombre reste claire Mais le blé ne germe qu’au soleil noir de la mort Et l’autre demeure notre linceul sous le ciel   Le Point de rosée, Editions Folle Avoine, 1999 Du même auteur : « Matière de lumière les murs… » (20/01/2014) « De mon lit… » (20/01/16) L’après-midi à Bréhat (20/12/2017) « Descendre... [Lire la suite]
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19 janvier 2015

Jean Cocteau (1889 – 1963) : « Contre le doute… »

  Contre le doute    Contre le doute hélas je n’ai pas de refuge                      En quelles mains me suis-je mis ?  Et comment me juger car lorsque je me juge                      J’ai les yeux de mes ennemis.    Que j’aimerais m’aimer et me laurer de gloire.                      Attendre le succès final.  Mais... [Lire la suite]
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18 janvier 2015

René-Guy Cadou (1920 -1951) : « Je t'attendais ainsi qu'on attend les navires… »

    Je t'attendais ainsi qu'on attend les navires  Dans les années de sécheresse quand le blé Ne monte pas plus haut qu'une oreille dans l'herbe  Qui écoute apeurée la grande voix du temps Je t'attendais et tous les quais toutes les routes  Ont retenti du pas brûlant qui s'en allait  Vers toi que je portais déjà sur mes épaules  Comme une douce pluie qui ne sèche jamais Tu ne remuais encor que par quelques paupières  Quelques pattes d'oiseaux dans les vitres gelées  ... [Lire la suite]
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17 janvier 2015

Octavio Paz ( 1914 – 1998) : L’avant du commencement / Antes del Comienzo

L’avant du commencement   Bruits confus, clarté incertaine. Un autre jour commence. C’est une chambre dans la pénombre et deux corps étendus. Dans mon front je me perds en une plaine désertée. Maintenant les heures aiguisent leurs couteaux. Mais à mon côté tu respires ; très aimée et éloignée tu coules et ne bouges pas. Inaccessible si je te pense, te palpe avec les yeux, te regarde avec les mains. Les rêves nous séparent et le sang nous réunit : Nous sommes un fleuve de battements. Sous tes paupières mûrit ... [Lire la suite]
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16 janvier 2015

Philippe Soupault (1897- 1990) : Est-ce le vent

Est-ce le vent   Est-ce le vent qui m’apporte tout à coup ces nouvelles Là-bas des signaux des cris et puis rien la nuit C’est le vent qui secoue et qui chante Il traîne derrière lui tout un fracas et une lente poussière quelque chose de mou quelque choc qui est la paresse une de ces méduses mortes qui pourrissent en crachant une odeur rose c’est le vent qui pousse ces pauvres bateaux bleus et leur fumée morose qui secoue ces arbres malheureux et c’est lui encore qui enivre les nuages il rase l’herbe Je sais... [Lire la suite]
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