22 décembre 2016

André de Richaud (1909 – 1968) : Préface

  Préface   Egaré dans tous les sentiers de moi-même Soleil éteint qui pends à ma main Cherche, et toi, chien, cherche, mais nul n’est passé… Un cheval fou, si, dans ma jeunesse Un soir, un fantôme qu’un autre a fait chair Et une chair que mon trop d’amour a fait spectre.   Egaré au-delà de la dernière vague de la mer Egaré derrière la dernière lueur du soir Perdu dans le cri du dernier oiseau de la nuit Seul, je voudrais qu’on me cherche Mais personne ne veut entendre ce cœur qui sonne.   Je me... [Lire la suite]
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21 décembre 2016

Marc – Antoine Girard de Saint – Amant (1594 – 1651) : La solitude

  La Solitude A Alcidon     O ! que j'aime la solitude ! Que ces lieux sacrés à la nuit, Eloignés du monde et du bruit, Plaisent à mon inquiétude ! Mon Dieu! Que mes yeux sont contents De voir ces bois, qui se trouvèrent A la nativité du temps, Et que tous les Siècles révèrent, Etre encore aussi beaux et verts, Qu'aux premiers jours de l'Univers !   Un gai zéphyr les caresse D'un mouvement doux et flatteur. Rien que leur extrême hauteur Ne fait remarquer leur vieillesse. Jadis Pan et... [Lire la suite]
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20 décembre 2016

Giacomo Leopardi (1798 – 1837) : Le soir du jour de fête / La sera del dì di festa

  Le soir du jour de fête   Tendre et claire est la nuit, sans un souffle, Et calme sur les toits, au milieu des vergers, La lune s’est posée, qui révèle au lointain Les montagnes sereines. Ô mon amour, Déjà se taisent les chemins, et rare Transparaît aux volets la lampe nocturne : Tu dors, toi que reçut le facile sommeil, Dans tes chambres calmes, et ne t’étreint Nul souci ; tu ne sais, tu ne penses Quelle plaie en mon cœur tu m’ouvris. Tu dors : moi, le ciel qui me semble Si doux, je m’avance... [Lire la suite]
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19 décembre 2016

Federico Garcia Lorca (1898 – 1936) : Embuscade / Sorpresa

  Embuscade Il est resté mort dans la rue, un poignard dans la poitrine, Personne ne le connaissait. Comme tremblait la lanterne ! Mère, Comme elle tremblait la petite lanterne  de la rue ! C’était au petit matin. Personne ne put se pencher sur ses yeux ouverts à l’air dur. Et il resta mort dans la rue, un poignard dans la poitrine, Et personne ne le connaissait.   Traduit de l’espagnol par Félix Gattegno In, Romancero gitan et poèmes, Editions Seghers, 1964 Du même auteur : La... [Lire la suite]
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18 décembre 2016

Czesław Miłosz (1911 – 2004) : CELA / TO

  CELA   Si je pouvais enfin dire ce qui m’habite. M’écrier : hommes, je vous ai menti En disant qu’il n’y a pas cela en moi, Alors que CELA y est sans cesse, jour et nuit. Bien que ce fût précisément grâce à cela Que je savais décrire vos villes inflammables, Vos amours brèves et vos amusements qui se désagrègent en      poussière, vos boucles d’oreilles, miroirs, la bretelle qui glisse, les scènes dans les chambres et sur les champs de bataille.   L’écriture était pour moi une... [Lire la suite]
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17 décembre 2016

Henri de Régnier ( 1864 – 1936) : Vœu

  Vœu   Je voudrais pour tes yeux la plaine Et une forêt verte et rousse, Lointaine Et douce A l’horizon sous un ciel clair, Ou des collines aux belles lignes Flexibles et lentes et vaporeuses Et qui sembleraient fondre en la douceur de l’air, Ou des collines Ou la forêt..   Je voudrais Que tu entendes, Forte, vaste, profonde et tendre, La grande voix sourde de la mer Qui se lamente Comme l’amour ! Et, par instant, tout près de toi, Dans l’intervalle Que tu entendes, ... [Lire la suite]
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16 décembre 2016

Jean-Claude Renard (1922 - 2002) : Noir – mais pour initier

  Noir – mais pour initier   I   De biais Longeant la lise verte, Les mouettes suivent, piquent du bec Le mot semblable et différent écrit sur chaque coquillage Tête prosternée, Pressentent-elles sous le varech Ce moment neutre où la braise : accrue, réduite d’un tison  - Va se renflammer ou s’éteindre ?   2 Nul ne déchiffre, Hors la fable, Qu’une île plus l’autre font trois : non deux Dans la limaille de la mer, - Par même aimant D’écart et d’alliance Signant le pluriel ... [Lire la suite]
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15 décembre 2016

Gérald Neveu (1921 – 1960) : …Un miroir

  … Un miroir        Un miroir – un simple miroir, malheureux de ses rubans, las de ses soleils – un miroir qui n’a rien dans ses mains qu’une transparence éperdue dont on se moque sans la voir. Un miroir bègue qui meurt à tout moment et qui voudrait vivre. Vivre. Une fêlure, une simple fêlure ! Un jour, il eut une fêlure, une bouche, un regard personnel. Cela aussi lui fut ôté. Un miroir, un simple miroir qui coupe la vie.      Attaché, attaché au mur, faut-il qu’il... [Lire la suite]
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14 décembre 2016

Jean-Pierre Faye (1925 -) : « Le visage qui va… »

  Le visage qui va voir, est aussi regardé juste avant qu’il ne lève les yeux au-devant, et ne soit traversé - maintenant il est juste moulé dans la lumière, modelé du dehors, caressé le long du cou, de la hanche et des reins, jusqu’à la confluence des jambes et du ventre et jusqu’où il est ventre et corps mais lève les yeux, ouvre ce trou dans la distance, le long des murs chauds ici, rouges délabrés, marqués de joints écaillés et jusqu’au fond et aux arbres au chemin de son, passé et crissé à peine prenable,... [Lire la suite]
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13 décembre 2016

Jean-Pierre Duprey (1930 – 1959) : Une rivière coulait au milieu d’un bois

  Une rivière coulait au milieu d’un bois   I Première nuit             Enfin, j’ai retrouvé mon élément !           C’est l’heure où le crépuscule des marécages s’arrache à son sommeil et dételle sa barque de la berge. Un lapin fabuleux jaillit d’on ne sait où, fumant des tiges de roses. Nous lui demandons un peu de son tabac. Quand au reste, nous le laissons aux petits oiseaux.   II Deuxième nuit   ... [Lire la suite]
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