20 novembre 2015

Maurice Bourg (1918 - ) : « Quelques fumerolles couleur de feu… »

  Quelques fumerolles couleur de feu, des falaises transparentes           à force de gel le silence Un silence froid et net comme celui des neiges aucun souffle mais une lumière qui parle sans paroles.   Pour une minéralogie Guy Chambelland, éditeur 1968   Du même auteur : Que vienne la parole (20/11/2016) Lecture (20/11/2017) En venue (20/11/2018)  
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19 novembre 2015

Jean-Fernand Brierre (ou Brière) (1909 – 19992) : Me revoici, Harlem…

  Me revoici Harlem Au souvenir des lynchés de Géorgie victimes du fascisme blanc.   Frère Noire, me voici ni moins pauvre que toi, Ni moins triste ou plus grand. Je suis parmi la foule L’anonyme passant qui grossit le convoi La goutte noire solidaire de tes houles. Voici, tes mains ne sont pas moins noires que nos mains, Et nos pas à travers des siècles de misère Marquent le même glas sur le même chemin : Nos ombres s’enlaçaient aux marches des calvaires. Car nous avons déjà côte à côte lutté. Lorsque je... [Lire la suite]
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18 novembre 2015

Voltaire (1694 -1778) : Adieu à la vie

  Adieu à la vie   Adieu ; je vais dans ce pays D’où ne revint point feu mon père : Pour jamais adieu, mes amis, Qui ne me regretterez guère. Vous en rirez, mes ennemis ; C’est le requiem ordinaire. Vous en tâterez quelque jour ; Et lorsqu’aux ténébreux rivages Vous irez trouvez vos ouvrages, Vous ferez rire à votre tour.   Quand sur la scène de ce monde Chaque homme a joué son rôlet, En partant il est à la ronde Reconduit à coup de sifflet. Dans leur dernière maladie J’ai vu des... [Lire la suite]
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17 novembre 2015

Fernando Arrabal (1932 - ) : Je te salue démente !

    Je te salue démente !     Je te salue démente !   Etrangement parée pour le bal de l’asile Tu désires voler sur les rochers du sort Alors que les furies sont devenues patientes Grace aux nouveaux psychiatres, ces bergers de la haine   Je te salue démente !   Au centre du désert sans baisers, ni caresses Des sectes aux gourous feignant la différence Se disputent l’opium pour asservir l’enfant Que parfume le sang versé par l’innocence.   Je te salue... [Lire la suite]
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16 novembre 2015

Georges – Emmanuel Clancier (1914 - 2018) : A mi–voix

  A mi–voix   Camarade                Camarade Maïakovski La barque de l’amour                disais-tu                          s’est brisée contre la vie quotidienne Mais quelle barque ? ... [Lire la suite]
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15 novembre 2015

Mikhaïl Iourievitch Lermontov / Михаил Юрьевич Лермонтов (1814 - 1841 ) : « De ma geôle ouvrez-moi la grille… »

  De ma geôle ouvrez-moi la grille, L’éclat du jour, donnez-le moi, Avec les yeux noirs d’une fille, Un cheval au panache noir ! Un baiser tendre à la belle Pour commencer, puis en avant, Dès que je bondis sur la selle Dans la steppe, comme le vent !   Sur les barreaux frappe mon poing, La lourde porte reste close, La fille aux yeux noirs est si loin Et dans son palis se repose. Le bon cheval,  parmi les prés S’en va, solitaire et sans bride, Il galope et flâne à son gré, Sa crinière fendant... [Lire la suite]
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14 novembre 2015

Jean Malrieu (1915 -1976) : Saison dorée

    Saison dorée Si c’est l’automne maintenant      C’est bien celui de notre vie, Saison dorée qui permet au fruit mûr de rester intact dans           sa parure L’herbe à peine jaunit      Et le vent messager      Pousse du pied les feuilles sèches.   Gloire ! Dans l’air claquent des fouets.      Les chevaux du temps se cabrent à ma porte      Et , sur le... [Lire la suite]
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13 novembre 2015

José Emilio Pacheco (1939- 2014) : Les ruines de Mexico (Elégie du retour) / Las ruinas de México (Elegia del retorno)

  Les ruines de Mexico (Elégie du retour) « Tout à coup, la terre fut violemment secouée… » Actes des Apôtres, 16 :26   « Je retournerai à la ville que j’aime le plus après tant de malheur, mais je ne serai plus qu’un étranger dans ma ville. » Luis G. Urbina : Elegia del retorno, (1916)   1 Absurde est la matière qui s’écroule, la matière pénétrée de vide, la creuse. Non : la matière ne se détruit pas, la forme que nous lui donnons se désagrège, nos œuvres se... [Lire la suite]
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12 novembre 2015

Jules Supervielle (1884 – 1960) : Hommage à la vie

  Hommage à la vie   C’est beau d’avoir élu  Domicile vivant  Et de loger le temps  Dans un coeur continu,  Et d’avoir vu ses mains  Se poser sur le monde  Comme sur une pomme  Dans un petit jardin,  D’avoir aimé la terre,  La lune et le soleil,  Comme des familiers  Qui n’ont pas leurs pareils,  Et d’avoir confié  Le monde à sa mémoire  Comme un clair cavalier  A sa monture noire,  D’avoir donné visage  À ces mots :... [Lire la suite]
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11 novembre 2015

Georges Henein (1913 – 1974) : « Chambre rebelle à toute demeure… »

  Chambre rebelle à toute demeure… quoi de plus lourd au profil de l’absente que           cette écharpe délaissée par le vent…   quoi de plus fidèle à son image que cette           empreinte solaire là où pour la dernière           fois se posa son pied lointain…   cette chambre douce comme une haleine à la           recherche... [Lire la suite]
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