02 mai 2015

René Char (1907 – 1988) : « J’ai ce matin, suivi des yeux Florence …»

             J’ai ce matin,  suivi des yeux Florence qui retournait au Moulin du Calavon. Le sentier volait autour d’elle : un parterre de souris se chamaillant ! Le dos chaste et les longues jambes n’arrivaient pas à se rapetisser dans mon regard. La gorge de jujube s’attardait au bord de mes dents. Jusque ce que la verdure, à un tournant, me la dérobât, je repassai, m’émouvant à chaque note, son admirable corps musicien, inconnu du mien     Feuillets d’Hypnos,... [Lire la suite]
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01 mai 2015

Guy Etienne (1928 - 2015 ) : « Un ramier…/ Un dube… »

           Un ramier, puis un second émergent des feuilles de pommier sous ma fenêtre. Un merle noir comme mûre auprès d’une grive sur le troisième fil de la ligne électrique au-dessus du premier champs vers la ville. Le ciel du 31 mai 1971. Jeunesse qui est à moi, l’homme aux quarante-trois ans. Ma jeunesse n’est pas derrière moi dans quelque passé, mais ici devant moi, fragile dans le ciel glorieux de brume du 31 mai, et plus solide que le monde, fondement du monde.     ... [Lire la suite]
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29 avril 2015

William Blake (1757 – 1827) : “ L’alouette, sur son lit de terre… / The Lark, sitting upon his earthy bed…”

------------------ L’alouette,  sur son lit de terre, dès que le matin point Ecoute en silence ; puis, s’élançant du champ de blé qui    ondule, à pleine voix Conduit le chœur du jour : son trille éperdu Montant sur les ailes de la lumière dans le vaste Espace Retentit en écho dans l’adorable azur et la brillante Sphère    des cieux. Sa gorge étroite lutte avec l’inspiration ; toutes les plumes De sa gorge, de sa poitrine, de ses ailes vibrent du souffle    Divin. Toute... [Lire la suite]
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28 avril 2015

Jean de Lingendes (1580 – 1616) : Stances sur une jeune courtisane

Stances sur une jeune courtisane   Connaissant votre humeur je veux bien, ma Silvie,                Que passant votre temps Avec tous les amants dont vous êtes servie,                 Vous les rendiez contents.   La mode de la Cour m’étant si bien connue,                Pourrais-je avoir douté Qu’on... [Lire la suite]
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27 avril 2015

Pablo Garcia Baena (1923 – ) : Seul ton amour et l’eau... / Sólo tu amor y el agua...

Seul ton amour et l’eau   Seul ton amour et l’eau… Octobre sur la rivière baignait les grappes dorées du couchant, et cette lune odieuse qui s’élevait, si claire, chassait les noires violettes de l’ombre. Egaré, je naufrageais dans une mer de désir, aveuglé par la douce brume de tes cheveux. De tes cheveux qui dans ma gorge étouffaient ma voix quand j’égarais ma bouche sur leurs vagues de brouillard. Seul ton amour et l’eau… La rivière, doucement, taisait ses rumeurs en passant à nos côtés, et l’air en son... [Lire la suite]
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26 avril 2015

Paul Claudel (1868 -1955) : Eventail

  Eventail                                       Je                                                puise l’air ... [Lire la suite]
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25 avril 2015

José Hierro (1922 – 2002) : Pas

    Pas   Si enfin ils étaient morts !   Si j’étais vraiment sûr qu’ils s’étaient effacés pour toujours de la terre, qu’ils s’étaient bel et bien enterrés ; si j’avais la certitude qu’ils sont enfin passés, quelle serait belle alors ma promenade dans la nuit à travers champs, sans les entendre, dans mon dos, pas à pas, haleter dans le silence, leur poitrine maculée de sang !   A demi morts, à demi vivants, à demi oubliés. Au rocher de mes rêves enchaînés, sans pouvoir... [Lire la suite]
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24 avril 2015

Georges Ribemont – Dessaignes (1894 – 1974) : Bohémienne 1940

Bohémienne 1940    Il n’y a plus de villes, les routes sont pleines Les lits se sont vidés, ô beaux amours déserts, On a vidé la salle et soufflé sur les cendres, On a tiré la nappe et la ville se casse Au flanc de la panique, au sourire du ciel. Allez, berceaux, flottez sur les eaux sans sommeil, Loin d’un nord privé de l’étoile boréale Allez, femmes, volez vers quelles oasis Ou vous dormirez dans les souvenirs d’amour Au coin d’une place lourde et pleine de douleurs Parmi les vains débris de moites opulences.... [Lire la suite]
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23 avril 2015

Rémi Belleau (1528 – 1577) : « Si tu veux que je meure… »

  Si tu veux que je meure entre tes bras, m’amie Trousse l’escarlatin(1) de ton beau pelisson(2) Puis me baise et me presse et nous entrelaçons Comme, autour des ormeaux, le lierre se plie.   Dégrafe ce collet, m’amour, que je manie De ton sein blanchissant le petit mont besson(3) : Puis me baise et me presse et me tiens de façon Que le plaisir commun nous enivre, ma vie.   L’un va cherchant la mort aux flancs d’une muraille En escarmouche, en garde, en assaut, en bataille Pour acheter un nom qu’on... [Lire la suite]
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22 avril 2015

Francis Picabia (1879 – 1953) : Ma vie est passée

    Ma vie est passée                       Ma vie est passée Je cherche et n’ai pas trouvé                     Elle fut douleur et erreur                       La raison de ma recherche ... [Lire la suite]
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