15 janvier 2018

Zu Shuzhen / 朱淑真 (1135 – 1180) : Touchée par les paroles d’un fermier pendant les chaleurs sèches

  Touchée par les paroles d’un fermier pendant les chaleurs sèches Kure wen tianfu yu you gan   Roue du soleil, feu charrié qui brûlent le ciel infini, Jours caniculaires du sixième mois, Les nuages secs en dix mille paliers rougeoient sans pleuvoir, La terre se fend, les fleuves tarissent, poussière soulevée par le vent. Les paysans craignent la mort des grains dans les champs, Pédalent dans les norias, secourant les champs sans répit. En ces longues journées, affamés, assoiffés, gorges en feu, Sueur de sang,... [Lire la suite]
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14 janvier 2018

Michel-Ange / Michelangelo Buonarotti (1475 - 1564) : « Quelle mordante lime… » / « Per qual mordace lima… »

  Quelle mordante lime Amenuise toujours ta carcasse épuisée, Mon âme infirme ? Quand la pourras-tu quitter, Ce voile périlleux et mortel déposé, Pour retourner au ciel où tu fus tout d’abord, Radieuse et heureuse ? Bien que je change de pelage En ces brèves années dernières, Je ne puis rien changer à mes vieilles manières, De jour en jour plus contraignantes, plus pressantes. Amour, je ne te cache pas Que je porte envie aux défunts, Plein de confusion et d’effroi Car mon âme, pour elle-même, tremble et... [Lire la suite]
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13 janvier 2018

Langston Hughes (1902- 1967) : Lever du jour en Alabama

  Lever du jour en Alabama   Quand je serai devenu compositeur J'écrirai pour moi de la musique sur Le lever du jour en Alabama J'y mettrai les airs les plus jolis Ceux qui montent du sol comme la brume des marécages Et qui tombent du ciel comme la rosée douce J'y mettrai des arbres très hauts très hauts Et le parfum des aiguilles de pin Et l'odeur de l'argile rouge après la pluie   Et les longs cous rouges Et les visages couleur de coquelicots Et les gros bras bien bruns Et les yeux pâquerettes Des... [Lire la suite]
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12 janvier 2018

Attila József (1905 – 1937) : Lentement, pensivement

  Lentement, pensivement   A la fin, l’homme atteint le sable d’une plaine triste et trempée, il s’étend là, le regard vague, acquiesce sans jamais espérer.   Et moi je m’efforce souvent de regarder le monde sans tricher. Les coups d’une hache d’argent jouent dans les feuilles du peuplier.   Mon cœur est sur la branche de rien, perché, grêle, il tremble sans bruit, les astres doucement s’assemblent pour regarder mon cœur la nuit.   Traduit du hongrois par Alice Zeniter in, Alice... [Lire la suite]
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11 janvier 2018

David Antin (1932 – 2016) : La mort du journalier

    La mort du journalier                                                        dans sa poétique aristote a des choses                 amusantes à dire sur la métaphore   à... [Lire la suite]
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10 janvier 2018

Henry Bauchau (1913 – 2012) : Géologie

  Géologie   Oh, tu sais quant à toi, que dans le fond réside le vieux dieu furieux dont assurément  le mieux est de rien dire ... [Lire la suite]
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08 janvier 2018

Paol Keineg (1944-) : « Quand j’étais jeune… » / « Pa oan bihan… »

  Quand j’étais jeune Mes maîtres chaque matin Me lavaient le cerveau Je plaçais ma tête Sous la bouche de la pompe Et mes maîtres aimés Me débarbouillaient le visage Ils me grattaient le cerveau A la brosse à chiendent On me tenait par les bras Parce qu’à cet âge-là On n’aime pas la grande eau A la maison je montrais fièrement Mon cerveau propre à mes parents Je courais rendre visite à nos voisins Qui louaient ma propreté Aujourd’hui tous les cerveaux sont propres A cause des laveries automatiques.   ... [Lire la suite]
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08 janvier 2018

Mohammed Dib (1920 – 2003) : Etranger

  Etranger   Si ce n’est pas ce froid, qu’est-ce qui me signale ? Le rêve mal dissous, l’ombre noire et la voix Qui font pleurer l’enfant, ou la brume hivernale ? C’est moi…moi, l’importun qui vous barre la voie.   Je ne suis mort ni vif, ailleurs est mon domaine. L’enfer du ferrailleur est moins que moi rongé, Moins diffus le retour inquiet d’une âme en peine ; Le regard qu’on lui jette éloigne l’étranger.   Il est une pâleur, il est une couleur Et sombre et claire, un jour vague... [Lire la suite]
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07 janvier 2018

Kazimierz Brakoniecki (1952-) : Vent de la mer

  Vent de la mer   1. « C’est la Bretagne qui a construit ces églises au temps de son indépendance » - s’écria le prêtre à Kergrist-Moëlou qui franchissant le porche entrait en titubant sur la place inondée de rires d’enfants Le ventre humide et dur de l’église de granit était vide et consumait la lumière de ses vitraux la corde pendait muette de la voûte de petits cristaux de clarté et de prières roulaient sur la pierre au pied des fonds baptismaux qui imploraient comme les poings serrés des... [Lire la suite]
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05 janvier 2018

Nikolaï Alekseïevitch Nekrassov / Николай Алексеевич Некрасов (1821 – 1877) : « Est-ce le vent au fond des bois ? …»

  Est-ce le vent au fond des bois ? Ou l'eau qui descend dans la plaine ? Non, c'est " Voïvode le Froid ", Qui vient inspecter ses domaines.   La neige en tempête puissante A-t-elle effacé les chemins ? A-t-elle laissé quelques fentes, Quelque sillon sur le terrain ?   Sont-ils emmitouflés, les chênes, Sont-ils duveteux, les sapins ? La glace est-elle ce matin Bien prise sur l'eau du domaine ?   "Voïvode " marche à grand pas, Passant sur les cimes des arbres, Tandis qu'un clair soleil s'ébat ... [Lire la suite]
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