07 juin 2020

James Sacré (1939 -) : Oiseaux qui sont dans le cœur des arbres

  Oiseaux qui sont dans le cœur des arbres     Ramiers dans les arbres les grands au fond du dernier pâtis après les chemins les derniers toits ramiers dans les branches repos ils y sont restés (peut-être) pourtant combien de fusils tant de poèmes pourtant les tracteurs les remembrements pourtant dans les arbres toujours et ce mot ramier (piège ou rien ?) dans ramure ou poème.   Pigeon plumes dans le centre du cœur des arbres (grands chênes dans les bas) ils sont arrivés par bande un soir ... [Lire la suite]
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06 juin 2020

Francis Ponge (1899 – 1998) : La cruche

La Cruche        Pas d’autre mot qui sonne comme cruche. Grâce à cet U qui s’ouvre en son milieu, cruche est plus creux que creux et l’est à sa façon. C’est un creux entouré d’une terre fragile : rugueuse et fêlable à merci.        Cruche d’abord est vide et le plus tôt possible vide encore.      Cruche vide est sonore.      Cruche d’abord est vide et s’emplit en chantant.      De si peu haut que l’eau s’y... [Lire la suite]
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05 juin 2020

Armand Robin (1912 -1961) : Me conduire en des lieux écartés

Association Liber-Terre de Pontivy, photo-montage avec une photo d’Armand Robin (à 17 ans).   Me conduire en des lieux écartés        Avant que ma voix ne devienne isolée, j’eus mon pays près de moi. Les fontaines, les joncs, les chevaux étaient les relais de mes voyages ; de lentes et claires eaux étaient mes promenades ; et mon sommeil était d’un feuillage tendrement et lentement gonflé de bruits. * Les fontaines, les plantes, les incertaines lunes Furent mon logis ; les ronces... [Lire la suite]
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04 juin 2020

Jacques Prevel (1915 – 1951) : Tous nos amis sont morts

Jacques Prevel de profil, par Antonin Artaud Tous nos amis sont morts A Roger-Gilbert Lecomte, René Daumal, Hendrick Kramer, Luc Diétrich.   Tous nos amis sont morts Nous nous sommes égarés malgré tous nos espoirs Mais nous étions des êtres incapables de mourir Et nous avons été trop semblables à nous-mêmes Et jamais personne ne comprendra Jamais personne ne nous entendra Jamais personne ne se souviendra   Et ce soir avec ma poitrine ouverte A tous les battements d’un lourd désastre Je me souviens avec mes... [Lire la suite]
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03 juin 2020

Ihara Saikaku / 井原 西鶴 (1642 – 1693) : « Changement d’habits... »

  Changement d’habits – le printemps a disparu dans la grande malle   Traduit du japonais par Roger Munier In, « Haïkus des quatre saisons » Editions du Seuil, 2010
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02 juin 2020

Attila József (1905 - 1937) : « Dans un ciel couleur de métal... »

Attila Joszef, par Vince Korda. Paris, 1927. Musée littéraire Petofi, Budapest.   Dans un ciel couleur de métal, l’éclat froid d’une dynamo. Oh silence de ma bonne étoile ! De mes dents, l’étincelle d’un mot –   En moi le passé comme une pierre tombe dans l’infini silencieux. Le temps s’enfuit, pâle et muet. Lueur d’une lame : mes cheveux –   Ma moustache rampe, alourdie, chenille sur ma bouche éteinte. Mal au coeur, les mots ont tiédi. Mais qui serait là pour entendre –   Traduit du... [Lire la suite]
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01 juin 2020

Robert Marteau (1925 – 2011) : « J’aime au linge... »

  J’aime au linge associer la guêpe Surtout si l’été fut clair et l’ombre striée Par les fentes des volets. Le sang court plus vite Dans les vaisseaux et on voit mieux les taches Sur la peau des vipères. Même les ronces deviennent Venimeuses, les femmes descendent vers la rive Et regardent dans l’eau trembler leur corps Parmi les peupliers. Le linge à cause des guêpes Se fait ruche et guêpière, lacère les hanches, Sur la mousse s’amoncelle et débordant des brouettes Livre au courant ses taches, ses lunes, ses... [Lire la suite]
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31 mai 2020

Jean Le Mauve (1939 – 2001) : Ma vie s’envaste

  Ma vie s’envaste   Je vous aime petites fleurs des champs piquées dans les poils d’herbe et vous aussi vaches à têtes carrées, grosses pâquerettes, broutant le pré qui touche au ciel, peignant un nuage avec votre queue. Je vous aime chenilles, escargots, paons du jour et vous aussi sales mouches. Je vous aime bourgeons sucrés, petites feuilles, petites flammes d’un vert pointu comme les yeux des chats et vous aussi grandes feuilles lisses comme des miroirs, et vous encore feuilles tombées, maquillées, trouées... [Lire la suite]
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30 mai 2020

Hector de Saint-Denys Garneau (1912 – 1943) : Dilemme

  Dilemme   Mais les vivants n’ont pas pitié des morts Et que feraient les morts de la pitié des vivants Mais le cœur des vivants est dur comme un bon arbre                          et ils s’en vont forts de leur vie Pourtant le cœur des morts est déjà tout en sang ... [Lire la suite]
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29 mai 2020

Óscar Arturo Hahn (1938 -) : Le corps interroge l’âme / El cuerpo le pregunta al alma

  Le corps interroge l’âme   Te souviendras-tu de moi après ma mort ? Te souviendras-tu du visage que tu avais lorsque tu habitais ma chair et que j’étais la demeure de tes nuits et de tes jours ?   Libérée du temps et de l’espace à quel moment te languiras-tu de moi ? et dans quel lieu prendras-tu le temps de te souvenir de l’amour avec son miel et ses poisons ?   Âme qui te dissous dans le tout quand perdue dans l’incommensurable tu penseras à moi  je serai cendres ... [Lire la suite]
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