26 août 2017

Henri Pichette (1924- 2000) : « Nous sommes à la perle… »

  ………………………………. Nous sommes à la perle, aux loges de l’orange, Aux pointes de l’oursin, aux piquants de la bogue, Aux rémiges du fou, aux nageoires de l’ange, Au duvet de l’oison, aux soies du sanglier, Au front grave et crineux du cheval de collier. Nous sommes le réveil du bourgeon rédempteur, Et la sève, et le sang au cœur même du cœur. Nous sommes les printemps créés au creux des meules, Le chaume, le glui, le feurre, les éteules, L’ormille, le couseau, le sarment, la tonnelle, L’air framboisé, l’air saturé de... [Lire la suite]
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25 août 2017

Denis Rigal (1938 -) : « rouillés sont les vaisseaux friables… »

  i.m Georges Perros Michel Barré   rouillés sont les vaisseaux friables les saillants face à la rongeuse la mer toujours nécromancienne qui n’a souri jamais des millénaires                ni à l’aurore ni quand au loin le haut-fourneau dégueule en silence ses gueuses sa lave jaune-orangé-rouge jusqu’à l’autre certain rivage   l’homme ici prend terre et revoit les perdrix grises à l’essor sous un ciel infini turquoise quelque part... [Lire la suite]
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24 août 2017

Jean Genet (1910 – 1986) : Le pêcheur du Suquet

  Le pêcheur du Suquet   Tu veux pêcher à la fonte des neiges Dans mes étangs de bague retenus Ah dans mes beaux yeux plonger tes bras nus Que d’acier noir deux rangs de cils protègent Sous un ciel d’orage et de hauts sapins Pêcheur mouillé couvert d’écailles blondes Dans tes yeux mes doigts d’osier mes pâles mains Voient les poissons les plus tristes du monde Fuir, de la rive où j’émiette mon pain.   Tremble. Au sommet de toi seul balancé Ton talon rose accroche à la ramure Le soleil levant. Tremble... [Lire la suite]
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23 août 2017

Luc Bérimont (1915 – 1983) : Ami Cadou

  Ami Cadou   Tu m’avais entraîné par un grand jour de lune Au travers des prairies, des villages, des bois. De hideux cris d’enfants, parfois, stridaient des herbes : On étranglait la nuit dans la gorge d’un chat.   Un matin de vent pur, de soleil en médaille Vint durcir nos souliers rongés par les brouillards. Nous eûmes, peu après, les jambes sous la table En un lieu qui sentait le terrier de renard.   La lumière tremblait, âcre vin blanc d’auberge Sur les forêts pelées d’où nous étions... [Lire la suite]
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22 août 2017

Louis – Honoré Fréchette (1839 – 1908) : « Le grand fleuve dormait… »

  La découverte du Mississipi I Le grand fleuve dormait couché dans la savane.  Dans les lointains brumeux passaient en caravane  De farouches troupeaux d’élans et de bisons.  Drapé dans les rayons de l’aube matinale,  Le désert déployait sa splendeur virginale       Sur d’insondables horizons.  Juin brillait. Sur les eaux, dans l’herbe des pelouses,  Sur les sommets, au fond des profondeurs jalouses,  L’Été fécond chantait ses sauvages... [Lire la suite]
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21 août 2017

August von Platen (1796 – 1835) : « A l’ami allemand… » / « Dem deutschen Freunde »

  A l’ami allemand, guidé par les étoiles Vers cette Cité en son île parmi l’écume de la mer, Que ce petit livre serve de souvenir, Lorsqu’il longera les rives de la Lagune, Lorsque l’amour et l’art lui donneront de belles heures, Lorsqu’il sera étendu à rêver dans une gondole ; Qu’il puisse l’ayant lu se dire doucement : Ici j’ai senti battre un cœur devant moi !   Traduit de l’allemand par Dominique Le Buhan et Eryck de Rubercy In, August Von Platen : « Sonnets d’amour et sonnets... [Lire la suite]
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20 août 2017

Dino Campana (1885 – 1932) : Gênes / Genova

  Gênes   Dès lors que la nuée s’arrêta dans les cieux Dans le lointain sur l’infinie silencieuse Rade enfermée marine en ses voiles lointains, Et revenait l’âme partie Et tout alentour d’elle mystérieusement      enluminé déjà du jardin le vert Rêve dans l’apparence de ses coruscantes statues superbes surhumaine : et j’entendis et un chant j’entendis une voix de poètes Dans les fontaines et les sphynges aux frontons Un premier oubli bienveillantes aux courbés Humains encore offrir... [Lire la suite]
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19 août 2017

Gilles Baudry (1948 -) : « Nul ne sait… »

  Nul ne sait de quel rêve s’éprend une branche une fois que l’oiseau l’a quittée   Un silence de verdure L’enfance des arbres éditeur, 56700 Hennebont, 2017 Du même auteur :  « Du monde tu ne vois… » (09/07/2014) Coda (09/07 /2015) Le poète et son double (09/07/2016)
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18 août 2017

Alfred de Musset (1810 – 1857) : Derniers vers

  Derniers vers   L'heure de ma mort, depuis dix-huit mois,  De tous les côtés sonne à mes oreilles,  Depuis dix-huit mois d'ennuis et de veilles,  Partout je la sens, partout je la vois. Plus je me débats contre ma misère,  Plus s'éveille en moi l'instinct du malheur ;  Et, dès que je veux faire un pas sur terre,  Je sens tout à coup s'arrêter mon coeur. Ma force à lutter s'use et se prodigue.  Jusqu'à mon repos, tout est un combat ;  Et, comme un coursier brisé de... [Lire la suite]
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16 août 2017

Jean Marcenac (1913 – 1984) : Le beau visage double

  Le beau visage double   Les uns Dit-on L’amour D’autres La liberté   Ce n’est pas vrai   Ce sont les mêmes   Les yeux d’Elsa et de Louis se ressemblent   La rouille de ton cœur La rouille de tes armes Pareille à la montée d’insectes noirs sur ta figure   Nous les nommons la mort   Voilà tes ennemis   Le ciel La nuit font bon ménage Tout conspire à l’oubli   Les cloches du bonheur sonnent à l’excuse de la misère Le peu qu’elles nous cèdent a justifié nos... [Lire la suite]
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