04 février 2021

Kobayashi Issa / 小林 一茶 (1703 – 1826) : « Le papillon bat des ailes... »

  Le papillon bat des ailes comme s’il désespérait de ce monde   Traduit du japonais par Roger Munier In, « Haïkus des quatre saisons » Editions du Seuil, 2010 Du même auteur :  « quiétude… » (04/02/2016) « Première cigale… » (04/02/2017) « Ah ! pouvoir être … » (04/02/2018) « Un monde de douleurs... » (04/02/2019) « Couvert de papillons... » (04/02/2020)
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03 février 2021

José Gutiérrez (1955 -) : Désolation de miroirs

  Désolation de miroirs Hommage à Luis Cernuda   Non ta voix n’est plus tristesse, mais ombre. Un blond épi de pleurs te berce comme une belle pénombre. Ton front altier, aile légère et très fraîche qui enflamme la nuit. Sur tes lèvres passent les fleuves, désirs qui sont nuages. Tes yeux abattus, vertige de l’amour et ton corps telle une mer de bonheur. Seules tes pupilles son tristes, mais tu chantes. La mémoire te guette, sa ténèbre. Tu vis et meurs et meurs en toutes choses. Tu ne rêves plus. ... [Lire la suite]
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02 février 2021

Kiki Dimoulá / Κική Δημουλά (1931 - 2020) : Oblivion beach

    Oblivion beach   Ce qu'elle en bave, dis donc, l'âme quand au lieu de dormir elle songe à des orthographes mafieuses : l'Homme, par exemple, pourquoi veut-il à tout prix s'écrire avec deux m comme deux poings serrés, pour quoi faire ?   Regarde-moi ça, mon vieux, quelle hypocrisie, à faire dresser les cheveux sur la tête : tout ce que j'ai subi la nuit, tout ce qui m'a torturée, toutes les ténèbres menaçant de m'emmener encore, ces terreurs qui me bandaient les yeux pour... [Lire la suite]
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01 février 2021

Dino Campana (1885 – 1932) : L’espérance (sur le torrent nocturne) / La speranza (sul torrente notturno)

  L’espérance (sur le torrent nocturne)     Pour l’amour des poètes Princesse des rêves secrets Dans les ailes des vives pensées répète répète Ô princesse tes chants : Toi chevelue de chants muets Pâle amour des errants Etouffe les pleurs inéteints Donne trêve aux amours secrètes : Qui les taciturnes portes Veille que la Nuit A ouvertes sur l’infini ? Penchent les heures : avec le rêve évanoui Penche le pâle Sort..................................... ... [Lire la suite]
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31 janvier 2021

Choi Seung-Ho / 최승호 (1954 -) : De la soupe piquante

  De la soupe piquante   Comme une pucelle qui se débat Quand un voyou l’agresse avec une arme meurtrière La carpe frétille sur la planche à découper Le couteau lui découpe les nageoires Le couteau lui écorche les écailles dorées   Pour rincer avec de l’alcool fort La bile qui est dans mon cerveau Je vais manger un bol de soupe bien piquante   Les vacanciers tout joyeux partis en car de tourisme Se lancent à corps perdus dans la rivière Plouf Ils respirent enfin grâce à la beauté Du sable qui... [Lire la suite]
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30 janvier 2021

Gaston Miron (1928 – 1996) : Poème de séparation 1

Photo : Jean-Paul Stercq   Poème de séparation 1   chaque fois j’ai saigné dur à n’en pas tarir par les sources et les noeuds qui s’enchevêtrent je ne suis plus qu’un homme descendu à sa boue chagrins et pluies couronnent ma tête hagarde et tandis que l’oiseau s’émiette dans la pierre les fleurs avancées du monde agonisent de froid et le fleuve remonte seul debout dans ses vents   je me creusais un sillon aux larges épaules au bout son visage montait comme l’horizon maintenant je suis pioché d’un mal... [Lire la suite]
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29 janvier 2021

Benjamin Péret (1899 – 1959) : Equivalence des morts

  Equivalence des morts à André BRETON   I Fête des vestiges Les chevaux galopent sur les routes Les insensés morts t’ont cultivé soleil tulipe noire montés sur leurs échasses   Oubli oubli qui tourne en ville Mes cerfs empennés par l’eau froide Les chemins n’ont pas été inventés par les jambes La remorque atteint son naufrage   Je te cherche ma vie entre les doigts des murs   II Aux rochers de l’oubli qu’on attache ma mort. L’aube s’éteint Soupirs soupirs qui furent mes privautés. ... [Lire la suite]
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28 janvier 2021

Walt Whitman (1819 – 1892) : Salut au monde !

  Salut au monde !   1 Oui, prends ma main Walt Whitman ! Vois-tu la miraculeuse chaîne de merveilles ? tous ces spectacles, tous ces      bruits ? Toutes ces mailles interminablement tressées entre elles, agrafées l’une à         l’autre, Chacune renvoyant a la prochaine, partageant avec toutes les autres l’univers ! Dis-moi ce qui s’épanouit en toi Walt Whitman ? Dis-moi l’humidité des vagues et des terreaux en toi Walt... [Lire la suite]
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27 janvier 2021

Francisco de Quevedo y Villagas (1580 – 1645) : « J’aurai vu les remparts... » / « Miré los muros... »

       J’aurai vu les remparts de ma patrie, Si forts jadis, déjà démantelés, Céder au pas du temps, contre lequel Désormais leur vaillance ne tient plus.        J’aurai vu dans les champs le soleil boire Le fil de l’eau où le gel se délie Et les troupeaux chercher en vain les bois Qui dérobaient jadis le jour au jour        J’aurai vu ma maison vile dépouille  De ma vieille demeure d’autrefois, Mon bâton infléchi et moins solide,   ... [Lire la suite]
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26 janvier 2021

Aimé Césaire (1913 – 2008) : Batouque

  Batouque     Les rizières de mégots de crachat sur l'étrange sommation de ma simplicité se tatouent de pitons. Les mots perforés dans ma salive resurgissent en villes d'écluse ouverte, plus pâle sur les faubourgs O les villes transparentes montées sur yaks sang lent pissant aux feuilles de filigrane le dernier sou­venir le boulevard comète meurtrie brusque oiseau traversé se frappe en plein ciel noyé de flèches C'est la nuit comme je l'aime très creuse et très nulle  éventail de doigts... [Lire la suite]
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