08 mai 2019

André Gide (1869 – 1951) : « Certes, délicieuse est la brume... »

            Certes, délicieuse est la brume, au soleil levant sur les plaines      Et délicieux le soleil ;      Délicieuse à nos pieds nus la terre humide      Et le sable mouillé par la mer ;      Délicieuse à nous baigner fut l’eau des sources ;      A baiser les inconnues lèvres que mes lèvres touchèrent dans l’ombre...      Mais des fruits –... [Lire la suite]
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07 mai 2019

Yvon Le Men (1953 -) : Inconnus mais pas étrangers

   Inconnus mais pas étrangers   Depuis longtemps nos langues nous séparent malgré les montagnes les plaines les rivières   que nous avons grimpées traversées longées   depuis longtemps nos dieux nous séparent malgré le désert le ciel la mer   que nous avons priés   le pommier est-il l’étranger du pin l’oranger, celui du chêne   le reflet du peuplier dans la rivière de Castille est-il plus clair que celui du bouleau   dans un lac de Finlande   la neige qui... [Lire la suite]
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06 mai 2019

Miguel Angel Asturias (1899 – 1974) : Técoun-Oumane

  Técoun-Oumane   Técoun-Oumane, guerrier aux vertes tours, aux grandes, vertes, vertes tours, aux vertes, vertes, vertes tours, et aux Indiens, Indiens en file indienne qui grouillent comme cent mille fourmis : dix mille avec des flèches au pied d’un nuage, mille avec des frondes au pied d’un peuplier, sept mille avec des sarbacanes, et mille haches qui brillent sur chaque cime aile de papillon tombé dans une fourmilière de guerriers.   Técoun-Oumane, guerrier aux plumes vertes aux longues plumes... [Lire la suite]
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05 mai 2019

François Cheng (1929 -) : « Quand se tait soudain le chant du loriot... »

  Quand se tait soudain le chant du loriot L’espace est empli de choses qui meurent Tombant en cascade un long filet d’eau Ouvre les rochers de la profondeur Le vallon s’écoute et entend l’écho D’immémoriaux battement de cœur   Double chant, Editions Encre Marine,2000   Du même auteur : « Du pied à la pierre… » (15/05/2014) « L'infini n'est autre… » (15/05/2015) « Ce qui est donné… » (15/05/2016) « Demeure ici… » (15/05/2017) Avoir tout dit (05/05/2018)
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04 mai 2019

Henri Michaux (1889 – 1984) : Le grand combat

  Le grand combat A R.M. Hermant   Il l’emparouille et l’endosque contre terre ; Il le rague et le roupète jusqu’à son drâle ; Il le pratèle et le libucque et lui barufle les ouillais ; Il le tocarde et le marmine, Le manage rape à ri et ripe à ra. Enfin il l’écorcobalisse.   L’autre hésite, s’espudrine, se défaisse, se torse et se ruine. C’en sera bientôt fini de lui ; Il se reprise et s’emmargine... mais en vain Le cerceau tombe qui a tant roulé. Abrah ! Abrah ! Abrah ! Le pied a failli ! Le bras a... [Lire la suite]
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03 mai 2019

Arthur Rimbaud (1854 – 1891) : Ophélie

  Ophélie   I Sur l'onde calme et noire où dorment les étoiles La blanche Ophélia flotte comme un grand lys, Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles... - On entend dans les bois lointains des hallalis.   Voici plus de mille ans que la triste Ophélie Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir ; Voici plus de mille ans que sa douce folie Murmure sa romance à la brise du soir.   Le vent baise ses seins et déploie en corolle Ses grands voiles bercés mollement par les eaux ; Les... [Lire la suite]
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01 mai 2019

René Char (1907 – 1988) : Tu as bien fait de partir, Arthur Rimbaud

  Tu as bien fait de partir, Arthur Rimbaud        Tu as bien fait de partir, Arthur Rimbaud ! Tes dix-huit ans réfractaires à l’amitié, à la malveillance, à la sottise des poètes de Paris ainsi qu’au ronronnement d’abeille stérile de ta famille ardennaise un peu folle, tu as bien fait de les éparpiller aux vents du large, de les jeter sous le couteau de leur précoce guillotine. Tu as eu raison d’abandonner le boulevard des paresseux, les estaminets des pisse-lyres, pour l’enfer des... [Lire la suite]
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01 mai 2019

Guillaume Apollinaire (1880 – 1918) : Départ

  Départ   Et leurs visages étaient pâles Et leurs sanglots s’étaient brisés   Après la neige aux purs pétales Comme ses mains sur les baisers Tombaient les feuilles automnales   In, Revue « Nord-Sud, N°8, Octobre 1917 » Chez Pierre Reverdy, 1917 Du même auteur : Les colchiques (14/05/2014) Le pont Mirabeau (14/05/2015) A la Santé (14/05/2016)  Si je mourais là-bas (14//05/2017) Vitam impendere amori (01 /05/2018)  
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30 avril 2019

Alfred Jarry (1873 – 1907) : Madrigal

  Madrigal   Ma fille - ma, car vous êtes à tous, Donc aucun d'eux ne fut valable maître, Dormez enfin, et fermons la fenêtre : La vie est close, et nous sommes chez nous.   C'est un peu haut, le monde s'y termine Et l'absolu ne se peut plus nier ; Il est si grand de venir le dernier Puisque ce jour a lassé Messaline.   Vous voici seule et d'oreilles et d'yeux. Tomber souvent désapprend de descendre. Le bruit terrestre est loin, comme la cendre Gît inconnue à l'encens bleu des cieux.   ... [Lire la suite]
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29 avril 2019

Joseph Brodsky / Иосиф Александрович Бродский (1940 -1996) : « Le grand Hector gît... / « Великий Гектор стрелами убит... »

  Sonnet   Le grand Hector gît, percé de flèches, son âme flotte sur les eaux noires, les buissons gémissent, les nuages se meurent et là-bas, dans le silence, Andromaque pleure.   Ajax traverse le crépuscule triste, les genoux ployés dans le ruisseau transparent, et la  vie s’envole de ses yeux ouverts à la poursuite d’Hector, le flot bat sa poitrine, l’obscurité trouble son regard sans fond à travers les vagues et les buissons, l’eau étreint ses hanches, sa lourde épée tourbillonne dans le... [Lire la suite]
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