21 juin 2017

Buson Yosa / 与謝 蕪村 (1716-1783) : « Mes os mêmes… »

  Mes os mêmes sentent les couvertures – nuit glacée   Traduit du japonais par Roger Munier In, « Haïkus des quatre saisons » Editions du Seuil, 2010   Du même auteur : « Par ici, par là… » (21/06/2016)
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20 juin 2017

Fernando Pessoa (1888 – 1935) : Le Gardeur de troupeaux / O Guardador de rebanhos

  Le gardeur de troupeaux  I  Jamais je n’ai gardé de troupeaux, Mais c’est tout comme si j’en  gardais. Mon âme est semblable à un pasteur, elle connait le vent et le soleil et elle va la main dans la main avec les Saisons, suivant sa route et l’œil ouvert. Toute la paix d’une Nature dépeuplée auprès de moi vient s’asseoir. Mais je suis triste ainsi qu’un coucher de soleil est triste selon notre imagination, quand le temps fraîchit au fond de la plaine et que l’on sent la... [Lire la suite]
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19 juin 2017

Tahar Ben Jelloun (1944 -) : « Je tourne le dos à la ville… »

  Je tourne le dos à la ville et parle avec la mer retournée la voix comme la vague les épaves ont gardé les cicatrices des mémoires vagabondes l’écume vient déposer le sel sur l’ancre épouvantail des enfants orphelins   In, « Les Poètes de la Méditerranée. Anthologie » Editions Gallimard (Poésie), 2010 Du même auteur : Poèmes par amour (19/06/2015)  « Que de cendres dans mon crâne… » (19/06/2016)  
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18 juin 2017

Olivier de Magny (1524 – 1561) : « Gordes, que ferons-nous ?.. »

  Gordes (1), que ferons-nous ? Aurons-nous point la paix ?  Aurons-nous point la paix quelquefois sur la terre ?  Sur la terre aurons-nous si longuement la guerre,  La guerre qui au peuple est un si pesant faix ?   Je ne vois que soudards, que chevaux et harnois,  Je n'ois que deviser d'entreprendre et conquerre,  Je n'ois plus que clairons, que tumulte et tonnerre  Et rien que rage et sang je n'entends et ne vois.   Les princes aujourd'hui se jouent de nos vies,  Et... [Lire la suite]
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17 juin 2017

Jean Tardieu (1903 – 1995) : Henri Rousseau, le douanier

  Henri Rousseau, le douanier A Marcel Arland   C’est le commencement, le monde est à repeindre, l’herbe veut être verte, elle a besoin de nos regards ; les maisons où l’on vit, les routes où l’on marche, les jardins, les bateaux, les barrières m’attendent pour entrer dans leur vrai paradis. Je ne suis pas ici pour me moquer des choses ; dans mes yeux qui les recueillent elles font de beaux rêves et dans mes yeux puis dans mes mains elles deviennent sages, égales et polies comme des images.   ... [Lire la suite]
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16 juin 2017

Paul Valéry (1871 – 1945) : Le Sylphe

  Le Sylphe     Ni vu ni connu Je suis le parfum Vivant et défunt Dans le vent venu !     Ni vu ni connu, Hasard ou génie ? A peine venu La tâche est finie !     Ni lu ni compris ? Aux meilleurs esprits Que d'erreurs promises !   Ni vu ni connu, Le temps d'un sein nu  Entre deux chemises !   Charmes Editions de la Nouvelle Revue Française, 1922 Du même auteur : La fileuse (29/05/2014) Le cimetière marin (27/05/2015)    
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15 juin 2017

Roger Milliot (1927 – 1968) : Ville

  Ville   On cherche en vain son ciel Dans le regard de ceux A qui l’on demande une rue Où trouver l’amitié d’un arbre, Ces rues comme des sarcophages Où l’on vient essayer sa mort Monde de chenilles arpenteuses Glissement souple des échines L’un contre l’autre répété Tiédeur corrosive des foules Toutes ces vies parallèles Sans horizon pour les joindre Dans les cité s d’indifférence   Ils appellent fraternité la cohabitation Ils refusent le halo autour des choses Coupés les cheminements du feu ... [Lire la suite]
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14 juin 2017

Edmond Humeau (1907 -1998) : L’Auberdière explose

  L’Auberdière explose        Enfonçons-nous dans l’épaisseur de ce qui n’aura point de nomination.      Tant que le jour sera donné aux lisières de la forêt domaniale      Par grand hiver débordant des feutres de neige qui durcissent l’horizon      Et voilà que la terre se prend à nouveau de convulsions glaciaires      Les gerçures éclatent aux plissements de l’écorce gélive des roches      Les... [Lire la suite]
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13 juin 2017

Yves Bonnefoy (1923 - 2016) : Le myrte

  Le Myrte     Parfois je te savais la terre, je buvais Sur tes lèvres l’angoisse des fontaines Quand elle sourd des pierres chaudes, et l’été Dominait haut la pierre heureuse et le buveur.   Parfois je te disais de myrte et nous brûlions L’arbre de tous tes gestes tout un jour. C’étaient de grands feux brefs de lumière vestale, Ainsi je t’inventais parmi tes cheveux clairs.   Tout un grand été nul avait séché nos rêves, Rouillé nos voix, accru nos corps, défait nos fers. Parfois le lit... [Lire la suite]
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12 juin 2017

Wisława Szymborska (1923 -2012) : Psaume / Psalm

  Psaume   Ô, combien perméables sont les frontières humaines ! Voyez tous ces nuages qui passent, impunément, ces sables du désert filant d’un pays à l’autre, ces cailloux des montagnes pénétrant chez l’ennemi en d’insolents sursauts !   Est-il besoin de prendre un à un les oiseaux qui volent ou qui se posent sur la barrière baissée ? Ne serait-il qu’un moineau, et voilà que déjà sa queue est limitrophe, et son bec indigène. Et puis, qu’est-ce qu’il gigote !   Parmi les innombrables... [Lire la suite]
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