20 mars 2020

Charles d'Orléans, (1394 -1465) : « Dieu, qu'il la fait bon regarder... »

  Dieu, qu'il la fait bon regarder La gracieuse, bonne et belle ! Pour les grands biens qui sont en elle, Chacun est prêt de la louer.   Qui se pourrait d'elle lasser ? Toujours sa beauté renouvelle. Dieu, qu'il la fait bon regarder, La gracieuse, bonne et belle !   Par deçà ni delà la mer, Ne sais dame, ni damoiselle Qui soit en tous biens parfaits telle ; C'est un songe que d'y penser. Dieu, qu'il la fait bon regarder !   Du même auteur : « Le temps a laissé son manteau… »... [Lire la suite]
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19 mars 2020

André Markowicz (1960 -) : « Comme le ciel de Pâques... »

  Comme le ciel de Pâques, les                          bougies de ce soir-là, cuivrées mais une flamme droite sauf à laisser les épaules trop libres, les manches de la redingote alors sont source de leur flottement – mais pour l’assiette vide qui             viendra, parmi les mille et mille anéantis déjà ? juste une assiette blanche, et... [Lire la suite]
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18 mars 2020

Langston Hugues (1902 – 1967) : Moi, aussi / I, too

  Moi aussi   Moi, aussi, je chante l’Amérique.   Je suis le frère d’ombre. Ils me jettent va manger à la cuisine Quand le monde s’amène. Mais j’m’esclaffe, Et je déguste, Et je deviens plus fort.   Demain, Je serai à la table Quand le monde viendra Personne  ne s’permettra d’me lancer Va, mange en cuisine, Alors.   En plus, Ils sauront comme je suis beau, moi Et ils auront honte –   Moi, aussi, je suis l’Amérique.   Traduit de l’anglais par François Rannou in, revue... [Lire la suite]
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16 mars 2020

Eustache Deschamps (1346 – 1046) : Suis-je, suis-je, suis-je belle ?

  Suis-je, suis-je, suis-je belle ? (Virelai)    Suis-je, suis-je, suis-je belle ? Il me semble, à mon avis, Que j'ai beau front et doux vis (*)         (*) visage Et la bouche vermeillette : Dites-moi que je suis belle.   J'ai verts yeux, petits sourcils, Le chef blond, le nez traitis (*)             (*) mignon Rond menton, blanche gorgette : Suis-je, suis-je, suis-je belle ? ... [Lire la suite]
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16 mars 2020

Ezra Pound (1885 – 1972) : « Pour les sept lacs... » / « For the seven lakes…»

  Cantos XLIX   Pour les sept lacs et de personne ces vers : Pluie ; rivière vide ; un voyage, Feu de nuage gelé, pluie lourde au demi-jour Du toit de la hutte pendait une lanterne. Les roseaux sont lourds ; penchés ; et comme en pleurant parlent les bambous.   Lune d’automne ; collines s’élevant autour des lacs contre le coucher de soleil Le soir est comme un rideau de brume une buée par-dessus les rides ; et à travers ceci les épis longs et piquants de la cannelle, ... [Lire la suite]
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14 mars 2020

Jean-Paul Guibbert (1942 -) : « Nous abîmez alors dans la louange... »

        Nous abîmez alors dans la louange de vos gestes, Ainsi, afin de demeurer, Car la face de dieu toujours dans l’ombre persévère.   Les traces de vos pas m’ouvrent un chemin serein, Jamais le corps ne fut un si grand risque.   * Je fus il y a longtemps abordé et fidèle, Aujourd’hui à ma porte, Lorsque sont devant moi les ténèbres du soir, Je ne sais rien sinon l’espace de ma chair Et sur des mains absentes les traces de mes mains ; Et souvent aux degrés la brise de passage ... [Lire la suite]
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14 mars 2020

Yaïr Hurwitz (1941 - 1988) / יאיר הורביץ : Unité du gris

  Unité du gris   Je m’assieds et regarde par la fenêtre ; Je ne vois ni arbre ni nuage où m’accrocher.   Crépuscule naïf réveillant la lumière.   la lumière de la lampe n’est plus un message. A moi avec moi je m’assieds et parle. Ma moitié et ma chair ne comprend pas ma langue, ne s’envole pas.   A la fenêtre un bruissement ou un bruit froid ; Aux persiennes, lentement, se débat une splendeur de lumière. Le gris de l’automne passe, le printemps aussi émiette les aiguilles de la... [Lire la suite]
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13 mars 2020

La Bible : Le Cantique des cantiques

Marc Chagall : "Les Amoureux de Vence", 1957   Le cantique des cantiques   TITRE ET PROLOGUE   L’Epouse.      Qu’il me baise des baisers de sa bouche.      Tes amours sont délicieuses plus que le vin ;      l’arome de tes parfums est exquis,      ton nom est une huile qui s’épanche,      c’est pourquoi les jeunes filles t’aiment.      Entraîne-moi sur tes pas, courons ! ... [Lire la suite]
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12 mars 2020

Henri Droguet (1944 -) : Salut

  Salut   Une nuit la mer tremble on marche aux nébuleuses la turbulente écume bave à l’étrave qui tranche l’étrange lait le beau pré lumineux le blanc ruisseau des planctons (Ophélie ! Chanaan !) la houle berceuse aux oiseaux somnolents   à l’aurore il y a l’instable éternité le luxe énorme des nuages et l’aise des escales   Ah Dieu ! que la mer est jolie ! 29décembre 1994   Noir sur blanc Editions Gallimard, 1998 Du même auteur : Sans paroles (12/03/2019)
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11 mars 2020

Daniel Biga (1940 -) : « Qu'est devenu le petit peuple... »

  Qu'est devenu le petit peuple des mansardes qu'escaladait l'escalier de service mangeait fort rarement des truites à la mode de Quand mais beaucoup plus souvent des raviolis-boîte Monoprix estampille Forza s'arrosant largement au sous-picrate de soude qu'est devenue Concon qui gueulait-jurait (Peau lisse Secours l'embarqua un      jour qu'avec sa canne elle chargeait les zautos : on ne l'a jamais revue par ici) qu'est devenue l'infirmière sexagénaire corse emphysémateuse qui jusqu'au ... [Lire la suite]
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