01 décembre 2017

Paul Celan (1920 – 1970) : Le Menhir

  Le Menhir   Gris de pierre qui grandit là.   Silhouette grise, toi qui n’as pas d’yeux, regard de pierre, avec lequel la terre devant nous a surgi, humaine, sur des chemins de bruyère obscure, ou blanche, le soir, face a toi, gouffre du ciel.   Du concubiné, brouetté jusqu’ici, s’abîmait par-delà le dos du cœur. Moulin de mer moulait.   Claire ailée tu pendais tôt matin entre pierre et genêt, petite phalène.   Noires, couleur de phylactère (*), ainsi étiez-vous, gousses, vous ... [Lire la suite]
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30 novembre 2017

Table des auteurs au 30/11/2017

    Aba (Nourredine) : « Je suis comme un enfant… » (10/15) Abel (Daniel) : Amour filial (09/14) Adonis / أدونيس : l’amour où l’amour s’exile (05/15) -  Miroir du chemin, chronique des branches (05/17) - Pays des bourgeons (05/16) Afifi Matar (Mohammed) / محمد عفيفي مطر : Lune rouge (09/14) Aist (Dietmar von) : « En haut sur un tilleul… » / « Ûf der linden obene… » (10/17) Akhmatova (Anna) / Ахматова (Анна) : Epilogue,... [Lire la suite]
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29 novembre 2017

Gérard Le Gouic (1936 -) : « La campagne semble morte… »

  La campagne semble morte à côté des villes, pourtant des déserts aux cités il n’ y a qu’un pas, un pont de fumée, un sanglot dont nous ignorons s’il brise ou raccommode.   Une ville déborde de lambeaux, de vides qui se superposent, d’instants futurs déjà gravés que nous recouvrirons par nos mains.   Dans la campagne le mouvement naît d’échanges invisibles, chaque désordre rejoint sa place, la vie boîte d’un pas de buveur, la mort ronge sa mauvaise humeur que l’éternité dure le temps d’un trou de... [Lire la suite]
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27 novembre 2017

Wolfdietrich Schnurre (1920 – 1989) : Message clandestin / Kassiber

  Message clandestin   Je me refuse à baiser les pieds du pouvoir ; la terre a toujours baisé les miens.   Je me refuse à exiger la mort de l’ennemi ; Je ne suis pas un ennemi, je n’en ai point.   Traduit de l’allemand par Raoul Bécousse In, Wolfdietrich Schnurre : « Messages clandestins, et nouveaux poèmes » Editions Noah, 1986 Du même auteur : Adoration /Anbetung (28/11/2014) Chanson / Lied (28/11/2015) Quand le monde frappe à ta porte /Klopfzeichen (28/11/2016) ... [Lire la suite]
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27 novembre 2017

Pier Paolo Pasolini (1922 – 1975) : Les pleurs de l’excavatrice, VI / Il pianto della scavatrice, VI

  Les pleurs de l’excavatrice VI   En cet abandon où flamboie Le soleil du matin – qui resplendit Maintenant, frôlant les chantiers, sur les installations   Qu’il tiédit – des vibrations Désespérées écorchent le silence, Où flotte éperdument une odeur de vieux lait,   De petites places vides, d’innocence. Depuis sept heures du matin, au moins, cette vibration Croit avec le soleil. Pauvre présence   D’une douzaine d’ouvriers déjà âgés, Avec leurs haillons et leurs tricots de peau brûlés De... [Lire la suite]
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26 novembre 2017

Jean Mambrino (1923 – 2012) : Le point du jour

  Le point du jour   Le point du jour                     braise                 attisée par la dernière brise                               de la nuit quel vide l’attire ... [Lire la suite]
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25 novembre 2017

José Agustín Goytisolo (1928 - 1999) : Sans savoir comment / Sin saber cómo

  Sans savoir comment   Dans le tumulte des autres voix, j’ai entendu sa voix, la seule que je désirais. Elle vint comme un éclair, épée luisante, pure, rose éternelle. J’attendais cette voix, et elle résonna en moi, elle, la vieille voix du peuple longtemps résonna, parce que même le sourd entend la cloche qu’il aime.   Traduit de l’espagnol par Jacinto-Luis Guereña in, « Anthologie bilingue de la poésie espagnole contemporaine » Gérard & C°, (Marabout Université), Verviers... [Lire la suite]
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24 novembre 2017

John Ashbery (1927 – 2017) : Pyrogravure / Pyrography

  Pyrogravure   Ici, à Cottage Grove, au bout du monde, cela compte. Le vent Bronche au galop de son ombre. Les convois S’étirent sous un ciel de chêne patiné. On entend l’appel de l’Amérique : Jeu de réverbérations d’un état à l’autre, Des voix entre elles au bout des fils, Puissance des salutations familières qui tombent Comme pollen d’or sur le vent de l’après-midi. Aux escaliers de secours la corruption fait rage ; La page du crépuscule tourne avec un grincement de décor théâtral à Warren, Ohio. ... [Lire la suite]
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22 novembre 2017

Rainer - Maria Rilke (1875 – 1926) : Deuxième élégie / Zweite Elegie

  La deuxième élégie   Tout ange est terrible. Et pourtant, malheur à moi, je vous invoque, oiseaux presque mortels de l’âme, vous connaissant. Car où sont les jours de Tobie où le plus rayonnant de vous pouvait paraître, à peine déguisé pour le voyage, au seuil d’une simple maison sans provoquer l’effroi (simple jeune homme aux yeux curieux du jeune homme) ? Si aujourd’hui l’archange au-delà des étoiles descendait menaçant vers nous fût-ce d’un pas : notre cœur nous tuerait dans un sursaut. Qui... [Lire la suite]
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22 novembre 2017

Claude Vaillant (1924 – 2004) : Frontière

  Frontière Pour Lucette et Gilles FOURNEL   1 Où veut le vent mener sa cécité : le vent la mène ;   et sa voix rauque - à travers rocs et ronces –   interpelle au hasard et se rie   des réponses et des plaintes de l’eau qu’il lacère en hurlant.   2 Mais l’homme au vent n’est pas voué : il se gouverne.   Il connait sa lumière au tranchant de la nuit.   Il sait son jus à la coupu- re de son fruit.   Au manège de la lanterne, il sait... [Lire la suite]
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