09 janvier 2021

Paol Keineg (1944 -) : « Je souris... » / « Mousc’hoarzhin a ran... »

  Je souris Je m’invente un petit rire détaché Je ne termine pas mes phrases Je souris – Pour mieux huiler mes rapports sociaux Je fais semblant d’être un autre Et je souris Je m’invente trois ou quatre visages Devant derrière sur les côtés Qui parlent tous à la fois et sourient Je me perds dans la cacophonie De ma triplicité souriante Vers dix heures du soir mes visages pivotent Et se superposent en un masque de mort   Mousc’hoarzhin a ran Kavout a ran ur c’hoarzhig neuziet-skañv Hag a ziskouez mat n’on... [Lire la suite]
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08 janvier 2021

« Nous avons beau fermement tenir... »

  Nous avons beau fermement tenir la lampe sur les sentiers du crépuscule et en protéger la flamme nous ne distinguons pas le sol sur lequel nous marchons. Nous ignorons qui nous sommes et où nous allons. Ainsi c’est notre sort – tombant sans cesse – de ne jamais posséder la patrie qu’un instant de ne pouvoir nous arrêter et dire : Ici nous sommes chez nous. C’est notre sort de nous égarer en gravant nos empreintes sur l’eau.   Voix dans la nuit Editions Folle Avoine,35137 Bédée, 2011 Du même... [Lire la suite]
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07 janvier 2021

Kazimierz Brakoniecki (1952 -) : Armor, Poèmes de l’Atlantique / Armor, Wiersze atlantyckie (X – XVIII)

    Armor Poèmes de l’Atlantique   X Je crois au cosmos, Je ne me fie pas au cosmos. Moi substantif fléchi par toi comme la mort, j’escalade les récifs de la destinée, quand la mer monte vers moi, qu’elle prêche dans les déserts profonds de varech et d’écume, et invite à une leçon de submersion fatale.   Comme il est simple de s’élancer au milieu des ténèbres, de brûler le néant et d’engloutir le leurre, de s’effrayer soi-même dans le vide renversé du miroir de l’onde.   Comme il est... [Lire la suite]
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06 janvier 2021

Nikolaï Alekseïevitch Nekrassov / Николай Алексеевич Некрасов (1821 - 1877) : « Ô Muse !... » / « О Муза !... »

Nekrasov en 1856     Ô Muse, nous avons achevé notre chant ! Viens fermer à jamais les yeux de ton poète Pour l’éternel sommeil dans la nuit même du néant, Sœur du peuple, ma sœur,                          oh ! viens, mon âme est prête. ... [Lire la suite]
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05 janvier 2021

Guy Goffette (1947 -) : Aux lisières

   Photo : Catherine Hélie / Gallimard   Aux lisières   I   Nous avons longtemps cru qu’il nous suffisait d’allonger le bras pour toucher le ciel et tenir en laisse le vieil horizon   si longtemps qu’en nous le geste demeure à la vue d’une femme à l’aube surprise lavant dans ses larmes le jour et la nuit   que plus rien ne reste à la fin que l’ombre pour raser de frais au fil de l’amour nos corps effondrés dans la chambre avec   le ciel comme un bas sur le parquet nu. ... [Lire la suite]
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04 janvier 2021

Saint-John-Perse (1887 – 1975) : Récitation à l’éloge d’une Reine / Histoire du Régent / Chanson du Présomptif

  RECITATION A L’ELOGE D’UNE REINE   I      « Haut asile des graisses vers qui cheminent les désirs      d’un peuple de guerriers muets avaleurs de salive,      ô Reine ! romps la coque de tes yeux, annonce      en ton épaule qu’elle vit !      ô Reine ! romps la coque de tes yeux, sois-nous propice, accueille      un fier désir, ô Reine ! comme un jeu sous l’huile, de... [Lire la suite]
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03 janvier 2021

Louise Labé (1525 – 1565) : « Oh ! si j’étais en ce beau sein ravie... »

  Oh ! si j’étais en ce beau sein ravie De celui-là pour lequel vais mourant ; Si avec lui vivre le demeurant De mes courts jours ne m’empêchait envie :   Si m’accolant me disait : chère Amie, Contentons-nous l’un l’autre, s’assurant Que jà tempête, Euripe, ni courant Ne nous pourra déjoindre en notre vie ;   Si, de mes bras le tenant accolé, Comme du lierre est l’arbre encercelé, La mort venait, de mon aise envieuse,   Lors que, souef plus il me baiserait, Et mon esprit sur ses... [Lire la suite]
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02 janvier 2021

Clemens Brentano (1778 – 1842) : Chant des moissons / Erntelied

    Chant des moissons   I   Il est un faucheur, c’est la mort, Il fait les foins quand Dieu le veut ; Vois-le fourbir sa faux, Qu’elle brille en fauchant, Car bientôt il te fauche, Et tu le dois souffrir ; Tu composeras sa couronne, Garde-toi, belle fleurette !       Ce qui fleurit en ce jour d’hui, Demain déjà sera fauché ; Et vous, nobles narcisses, Et vous, douces mélisses, Liserons languissants, Jacinthes des douleurs, Vous composerez sa couronne, ... [Lire la suite]
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01 janvier 2021

André du Bouchet (1924 – 2001) : Du bord de la faux

André du Bouchet © Pierre Tal-Coat   Du bord de la faux   I L’aridité qui découvre le jour. De long en large, pendant que l’orage                                                        va de long en large. Sur une voie qui demeure sèche malgré la... [Lire la suite]
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31 décembre 2020

Casimiro de Brito (1938 -) : Dimanche / Domingo

  Dimanche   Je m’assieds au bord de la ville et j’entends La rumeur du sang l’érosion de l’argile Comme si tout ce mystère n’était rien d’autre que La mer Devant mon corps assis La musique la lumière matérielle où tout est moi où tout m’est donné Et rigoureusement refusé. On entend   L’air. Je m’assieds dans la ville et j’entends La rumeur de ses os et je ne ressens ni peur Ni désir si je pensais si je désirais Je ne serais pas ici silencieusement assis A côté de ce corps où celui que je suis dans... [Lire la suite]
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