12 novembre 2019

Jules Supervielle (1884 – 1960) : Trois poèmes de l’enfance

  Trois poèmes de l’enfance   L’ENFANT ET LES ESCALIERS   Toi que j’entends courir dans les escaliers de la maison Et qui me caches ton visage et même le reste du corps, Lorsque je me montre à la rampe, N’es-tu pas mon enfance qui fréquente les lieux de ma préférence, Toi qui t’éloignes difficilement de ton ancien locataire. Je te devine à ta façon pour ainsi dire invisible De rôder autour de moi lorsque nul ne nous regarde Et de t’enfuir comme quelqu’un qu’on ne doit pas voir avec un autre. Fort bien, je... [Lire la suite]
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11 novembre 2018

Jules Supervielle (1884 – 1960) : Prière à l’inconnu

  Prière à l’inconnu     Voilà que je me surprends à t'adresser la parole,  Mon Dieu, moi qui ne sais encore si tu existes Et ne comprends pas la langue de tes églises chuchotantes,  Je regarde les autels, la voûte de ta maison  Comme qui dit simplement : « voilà du bois, de la pierre,  Voilà des colonnes romanes. Il manque le nez à ce saint  Et au-dedans comme au-dehors, il y a la détresse humaine. »  Je baisse les yeux sans pouvoir m'agenouiller pendant la... [Lire la suite]
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14 mars 2018

Jules Laforgue (1860- 1887) : Les après-midi d’automne

  Les après-midi d'automne   Oh! les après-midi solitaires d'automne! II neige à tout jamais. On tousse. On n'a personne. Un piano voisin joue un air monotone ; Et, songeant au passé béni, triste, on tisonne.   Comme la vie est triste! Et triste aussi mon sort. Seul, sans amour, sans gloire ! et la peur de la mort ! Et la peur de la vie, aussi ! Suis-je assez fort ? Je voudrais être enfant, avoir ma mère encor.    Oui, celle dont on est le pauvre aimé, l'idole, Celle qui, toujours prête,... [Lire la suite]
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12 novembre 2017

Jules Supervielle (1884 – 1960) : Nocturne en plein jour

  Nocturne en plein jour Quand dorment les soleils sous nos humbles manteaux Dans l’univers obscur qui forme notre corps, Les nerfs qui voient en nous ce que nos yeux ignorent Nous précèdent au fond de notre chair plus lente, Ils peuplent nos lointains de leurs herbes luisantes Arrachant à la chair de tremblantes aurores. C’est le monde où l’espace est fait de notre sang. Des oiseaux teints de rouge et toujours renaissants Ont du mal à voler près du cœur qui les mène Et ne peuvent s’en éloigner qu’en périssant ... [Lire la suite]
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12 novembre 2016

Jules Supervielle (1884 – 1960) : Le forçat

  Le Forçat   Le forçat   Je ne vois plus le jour Qu’au travers de ma nuit, C’est un petit bruit sourd Dans un autre pays. C’est un petit bossu Allant sur une route, On ne sait où il va Avec ses jambes nues. Ne l’interroge pas, Il ignore ta langue Et puis il est trop loin, On n’entend plus ses pas.   Parfois, quand je m’endors, La pointe d’un épi Déserte mon enfance Pour me trouver ici. Epi grave et pointu  Epi que me veux-tu ? Je suis un prisonnier Qui ne sait rien des champs, ... [Lire la suite]
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09 septembre 2016

Jules Laforgue (1860 – 1887) : L’hiver qui vient

  L'hiver qui vient   Blocus sentimental ! Messageries du Levant !.. Oh, tombée de la pluie ! Oh ! tombée de la nuit, Oh ! le vent  ... La Toussaint, la Noël et la Nouvelle Année, Oh, dans les bruines, toutes mes cheminées !.. D'usines...   On ne peut plus s'asseoir, tous les bancs sont mouillés ; Crois-moi, c'est bien fini jusqu'à l'année prochaine,   Tant les bancs sont mouillés, tant les bois sont rouillés, Et tant les cors ont fait ton ton, ont fait ton taine !..   Ah, nuées... [Lire la suite]
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12 novembre 2015

Jules Supervielle (1884 – 1960) : Hommage à la vie

  Hommage à la vie   C’est beau d’avoir élu  Domicile vivant  Et de loger le temps  Dans un coeur continu,  Et d’avoir vu ses mains  Se poser sur le monde  Comme sur une pomme  Dans un petit jardin,  D’avoir aimé la terre,  La lune et le soleil,  Comme des familiers  Qui n’ont pas leurs pareils,  Et d’avoir confié  Le monde à sa mémoire  Comme un clair cavalier  A sa monture noire,  D’avoir donné visage  À ces mots :... [Lire la suite]
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09 septembre 2015

Jules Laforgue (1860 – 1887) : Rosace en vitrail

  Rosace en vitrail    Vraiment! tout ce qu'un Cœur, trop solitaire, amasse  De remords de la vie et d'adoration,  Flambe, brûle, pourrit, saigne en cette rosace  Et ruisselle à jamais de consolation.    Oh! plus que dans les fleurs de fard de Baudelaire,  Plus que dans les refrains d'automne de Chopin,  Plus qu'en un Rembrandt roux qu'un rayon jaune éclaire,  Seuls aussi bons aux spleens sont les couchants de juin.    Vaste rosace d'or, d'azur et de... [Lire la suite]
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12 novembre 2014

Jules Supervielle (1884 -1960 ) : L’Allée

L’Allée    Ne touchez pas l'épaule Du cavalier qui passe, Il se retournerait Et ce serait la nuit, Une nuit sans étoiles, Sans courbe ni nuages. - Alors que deviendrait Tout ce qui fait le ciel, La lune et son passage, Et le bruit du soleil ? - Il vous faudrait attendre Qu'un second cavalier Aussi puissant que l'autre Consentît à passer.   Les amis inconnus Editions Gallimard, 1934   Du même auteur : Hommage à la vie (12/11/2015) Le forçat (12/11/2016) Nocturne en plein jour... [Lire la suite]
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