09 décembre 2015

Jean-Pierre Schlunegger (1924 – 1964) : Postface

    Postface        J’écrivais tout ceci dans une sorte de fièvre ; tantôt allègre, tantôt grinçante, vivant le reste de mes journées comme un minéral ou une plante, ramassant pour mon poêle des cônes de mélèze ou de sapin.      Le ciel , selon les humeurs du vent, s’ouvrait en corolle bleu ou se fermait comme un regard qui s’éteint. Le ciel : ballons noirs, poings de fer.      La durée n’était plus cet insecte dévoreur de secondes qui me... [Lire la suite]
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05 novembre 2015

Claire Genoux (1971 - ) : « Gardons ce corps solide… »

  Gardons ce corps solide ce sang frais qui fuit dans les artères gardons ces courbes claires et cette peau vivante où les hommes ont posé leur visage disons adieu aux caresses et aux lèvres anciennes qui usaient notre ventre dormons avant que le soleil ne vieillisse notre chair blonde et n’entame nos os chargés de moelle que nous restions neuve pour le vrai jour.   Soleil ovale Editions Empreintes, Chavannes-près-Renens (Suisse), 1997 De la même autrice : « Ne rien dire de mon corps … »... [Lire la suite]
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26 juillet 2015

Anne Perrier (1922 - 2017 ) : Prière

Prière   Qu'on me laisse partir à présent Je pèserais si peu sur les eaux J'emporterais si peu de chose Quelques visages le ciel d'été Une rose ouverte   La rivière est si fraîche La plaie si brûlante Qu'on me laisse partir à l'heure incandescente Quand les bêtes furtives Gagnent l'ombre des granges Quand la quenouille Du jour se fait lente   Je m'étendrais doucement sur les eaux J'écouterais tomber au fond Ma tristesse comme une pierre Tandis que le vent dans les saules Suspendrait mon... [Lire la suite]
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27 juin 2015

Philippe Jaccottet (1925 - ) : « Toute fleur n’est que de la nuit…. »

  Toute fleur n’est que de la nuit qui feint de s’être rapprochée   Mais là d’où son parfum s’élève je ne puis espérer entrer c’est pourquoi tant il me trouble et me fait si longtemps veiller devant cette porte fermée   Toute couleur, toute vie naît d’où le regard s’arrête   Ce monde n’est que la crête d’un invisible incendie   Airs, poèmes (1961 – 1964) Editions Gallimard,1967   Du même auteur : « … qu’est-ce qu’un lieu ? » (27/06/2014) Oiseaux invisibles... [Lire la suite]
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06 mai 2015

Jacques Chessex (1934 – 2009) : 13 Janvier 1976

13 Janvier 1976   Visage revenu de la mort Mains croisées sur le soleil de l’inconnaissable Visage, os, lumière enfouie Qui suis-je pour oser vous contempler Sans hurler d’effroi et de tristesse   Cortège entre les maisons Quatre paysans sortis de vos poèmes Vous portent Nous marchons derrière vous Pluies, larmes, nous nous souvenons   Ce matin la chapelle est une amande Cruellement accueillante Les quatre paysans vous ont déposé devant nos yeux Seul sous le drap des morts Nous ne comprenons pas, ... [Lire la suite]
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04 mai 2015

Blaise Cendrars (1887 – 1961) : Pâques à New-York

   à Agnès Flecte Ramos, arbor alta, tensa laxa viscera Et rigor lentescat ille quem dedit nativitas Ut superni membra Egis miti tendas stipite... ... [Lire la suite]
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02 mars 2015

Armel Guerne (1911 - 1980 ) : Froid

    Froid   La lumière est trop claire pour le temps qu’il fait, Aiguisée ou cruellement douce, D’une lucidité trop agile ou trop nue, Trop subtile de fil et trop lisse de grain, Et le ciel est trop bleu, d’un azur trop épais Pour un soleil si haut, rayonnant et heureux. Lisse comme un acier et blanche comme une arme Illuminante, illuminée, on ne sait trop Si son chant invisible et qui perce les ombres Monte ou descend, s’il anticipe ou s’il retarde ; Mais quand novembre vrai nous tombera dessus, ... [Lire la suite]
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05 novembre 2014

Claire Genoux (1971 - ) : " Ne rien dire de mon corps..."

    Ne rien dire de mon corps que les sommeils colportent d’une nuit à l’autre comme un cavalier nu ne rien dire des veines décousues par les doigts des hommes ni de cette poitrine sur laquelle marchent les oiseaux ne pas parler non plus des fées féroces que le travail a penchées sur leur rouet surtout ne pas citer les mots qui ouvriraient mon ventre comme une voile   in, Jean Orizet « La poésie française contemporaine », Le Cherche-midi éditeur, 2004   De la même autrice : ... [Lire la suite]
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21 août 2014

Georges Haldas (1917-2010) : Testament

Testament                  I Je lègue à mes enfants cette aube sans couleur le pain triste les rues où je fus dédoublé Je lègue les fontaines qui m’ont parlé la nuit les wagons solitaires et les ormes coupés Tous les recoins obscurs et les hangars déserts Et mal interprétés les rêves d’un bonheur toujours décomposé Je lègue avec les rails la rouille des années les trains sans voyageurs la gare abandonnée Je lègue après la joie cette... [Lire la suite]
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27 juin 2014

Philippe Jaccottet (1925 - ) : « … qu’est-ce qu’un lieu ? »

Plus particulièrement :  qu’est-ce qu’un lieu ?   Qu’est-ce qui fait qu’en un lieu comme celui dont j'ai parlé au début de ce livre, on ait dressé un temple,transformé en chapelle plus tard : sinon la présence d’une source et le sentiment obscur d’y avoir trouvé un« centre » ? Delphes était dit « l’ombilic du monde » en ce sens, et dans les années de son égarement visionnaire, Hölderlin s’est souvenu de ces mots pour les appliquer à Francfort où il avait aimé... [Lire la suite]
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