04 mai 2017

Blaise Cendrars (1887 – 1961) : Le Panama ou les aventures de mes sept oncles

    A Edmond Bertrand barman au Matachine   Le Panama ou les aventures de mes sept oncles   Des livres Il y a des livres qui parlent du Canal de Panama  Je ne sais pas ce que disent les catalogues des bibliothèques Et je n'écoute pas les journaux financiers  Quoique les bulletins de la Bourse soient notre prière quotidienne   Le Canal de Panama est intimement lié à mon enfance... Je jouais sous la table Je disséquais les mouches Ma mère me racontait les aventures de... [Lire la suite]
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02 mars 2017

Armel Guerne (1911 – 1980) : Les maudits

    Les maudits   Maudits ils sont par la malédiction qu’ils portent Et qui les porte comme un fleuve épais, heureux De ses remous et du bouillon de ses souillures. Car les eaux sales sont heureuses, loin des sources, Et ne rêvent jamais d’eau pure ou de fraîcheur : Dormant dans la tiédeur oui bien véhiculant Les marques trop visibles de leur majesté, Demandez-leur comment elles pourraient songer De les perdre au profit d’une légèreté Dont toute trace a disparu depuis longtemps Sous les crasses qui... [Lire la suite]
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24 décembre 2016

Roland Brachetto ( 1929 - ) : Le village

  Le village   Le village quadrille de soleil damier de souffre et de salpêtre pêcherie des souffrances tues   Le long apprentissage à n’être rien en nos veines descend monacale brûlure et l’orgueil se consume et chaque ombre ferme son poing sur un vacillement de vie telle une lampe à jamais sous le vent s’enferme en sa fragilité   Ô ces longs regards sous la pierre qu’ouvre tout grand la lourde obscurité toujours prompte à peser dans les choses L’absence d’espérer alourdit les paupières ... [Lire la suite]
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10 décembre 2016

Anne Perrier (1922 - 2017) : « Ce n’est pas assez… »

      Ce n’est pas assez D’une flaque de ciel en notre cœur C’est le ciel tout entier Que je veux Quand viendra l’heure De s’écouler comme une eau pure Dans le lit profond de l’amour O ! quand viendra le jour D’être comme une étoffe sans couture   Le petit pré Editions Payot, Lausanne (Suisse), 1960 De la même autrice : « Lorsque la mort viendra… » (09/06/2014) Prière (26/07/2015) « Suis-je venue… » (01/02/2018) « Voici ma place... » (31/01/2019)  
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09 décembre 2016

Jean-Pierre Schlunegger (1925 – 1964) : Le mur

  Le mur à la mémoire de Caryl Chessman   La nuit, l’amère, et puis le mur. Le mur. Le temps s’arrête au pied du mur, mille ans de mur,   Mille milliards d’année de mur, de primevères Et de soleils d’été, d’hivers de feu, de glace.   Le souffle des saisons s’arrête au pied du mur Où l’image du ciel tout à coup se renverse.   Où la terre en plein front m’aveugle comme un masque, Le masque de la terre et de l’eau que j’essuie,   Que je mêle à mon sang comme un ruisseau de boue. Déjà... [Lire la suite]
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05 novembre 2016

Claire Genoux (1971 - ) : « Novembre… »

  Novembre et ma vie était jeune dans vos mains souples notre chant était solide et nous vivions la tête légère dans le ciel gris des voûtes   novembre et vos mains dansent encore devant moi jusqu’au vertige elles savaient en s’élevant l’ampleur de tout l’obscur à venir vos mains - rondeur d’oiseau tremblent comme une caresse de soie à ma voix tue   novembre et ma vie est un peu d’eau sur les lèvres du temps et toujours suspendue au brouillard limpide des pierres cette musique aux ongles de ténèbres ... [Lire la suite]
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07 octobre 2016

Jacques Chessex (1934 – 2009) : Pauvre dormeur

  Pauvre dormeur   Il neige les arbres fleurissent Je vais léger perdu dans les rues tristes d’une ville Je marche sans marcher Je vais en reculant dans une enfance de forêts Où se perdent mes traces avec le temps   Absent je vais dans les couloirs Frôlant les murs Et le soleil sous les feuilles Bourdonne doux dans le jour englué Un chien ne cesse de pleurer Au fond de la journée c’est comme Si toute ma vie se mettait à tourner Autour de cette voix lointaine C’est comme si quelqu’un de très aimé ... [Lire la suite]
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27 juin 2016

Philippe Jaccottet (1925 - ) : Oiseaux invisibles

  Oiseaux invisibles      Chaque fois que je me retrouve au-dessus de ces longues étendues couvertes de buissons et d’air (couvertes de buissons comme autant de peignes pour l’air) et qui s’achèvent très loin en vapeurs bleues, qui s’achèvent en crêtes de vagues, en écume ( comme si l’idée de la mer me faisait signe au plus loin de sa main diaphane, et qui tremble), je perçois, à ce moment de l’année, invisibles, plus hauts, suspendus, ces buissons de cris d’oiseaux, ces points plus ou moins éloignés ... [Lire la suite]
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04 mai 2016

Blaise Cendrars (1887-1961) : I. Portrait II.Atelier

  I. Portrait   Il dort Il est éveillé Tout à coup, il peint Il prend une église et peint avec une église Il prend une vache et peint avec une vache Avec une sardine Avec des têtes, des mains, des couteaux Il peint avec un nerf de boeuf Il peint avec toutes les sales passions d’une petite ville juive Avec toute la sexualité exacerbée de la province russe Pour la France Sans sensualité Il peint avec ses cuisses Il a les yeux au cul Et c’est tout à coup votre portrait C’est toi lecteur C’et moi C’est lui ... [Lire la suite]
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02 mars 2016

Armel Guerne (1911 - 1980 ) : L'ouverture

  L’ouverture   Sous l’auvent d’un avril d’imprécations et de sourires Plus vert que vif et plus rêveur que vraiment endormi, Le jour guette le jour qui vient sans aucune promesse Car le long de la nuit des sentinelles déambulent. Un oiseau crie. Est-ce de peur ou par instinct d’amour ? Une herbe plie. Est-ce l’angoisse ou le poids de la pluie ? Un risque s’ouvre à chaque instant dans le moment qui passe Et le péril présent est comme une altière couronne Qui relève la tête et se hérisse de bijoux ... [Lire la suite]
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