04 mai 2018

Blaise Cendrars (1887 – 1961) : Le ventre de ma mère

   Le ventre de ma mère   C'est mon premier domicile  Il était tout arrondi  Bien souvent je m'imagine  Ce que je pouvais bien être...   Les pieds sur ton cœur maman  Les genoux tout contre ton foie  Les mains crispées au canal  Qui aboutissait à ton ventre   Le dos tordu en spirale Les oreilles pleines les yeux vides Tout recroquevillé tendu La tête presque hors de ton corps   Mon crâne à ton orifice  Je jouis de ta santé  De la chaleur de... [Lire la suite]
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02 mars 2018

Armel Guerne (1911 – 1980) : Le poids vivant de la parole

  Le poids vivant de la parole   On peut écrire, et l’on écrit ; On peut se taire, et l’on se tait. Mais pour savoir que le silence Est la grande et unique clef, Il faut percer les symboles, Dévorer les images, Ecouter pour ne pas entendre, Subir jusqu’à la mort Comme un écrasement Le poids vivant de la parole.   Le poids vivant de la parole. Solaire, Editeur, 1983 Du même auteur : Froid (02/03/2015)   L’Ouverture (02/03/2016) Les maudits (02/03/2017)
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01 février 2018

Anne Perrier (1922 – 2017) : « Suis-je venue… »

  Suis-je venue La lumière sera pareille Exactement Peut-être même un peu plus belle Qu’avant Elle m’aura perdue Et puis après ? Pour la terre nul intérêt Que je vive ou que je meure Pour moi c’est l’unique commencement Dans une heure Je serai cendre ou diamant   Le petit pré Editions Payot, Lausanne (Suisse), 1960 De la même autrice :  « Lorsque la mort viendra… » (09/06/2014)  Prière (26/07/2015) : « Ce n’est pas assez… » (10/12/2016) « Voici ma place... »... [Lire la suite]
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08 décembre 2017

Jean-Pierre Schlunegger (1925 – 1964) : Quand je me trouve seul

Retour (09/12/2018)     Quand je me trouve seul   Quand je me trouve seul, comme au temps de misère, Quand je fais le café pour le repas du soir, Quand tu me laisses pour un jour à mes pensées, Il me semble toujours que je ne pourrais plus, Jamais plus vivre encor ces nuits tissées de brume Où je sombrais ainsi qu’un arbre dans la mer. Douce comme le pain et le vin sur la table, Je n’avais pas encore cette chaleur en moi, Ni tes mains sur mes yeux, ni ces mots dits par toi, Vivants et anciens, ces mots... [Lire la suite]
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05 novembre 2017

Claire Genoux (1971 -) : « Vague immense de nos voix… »

  Vague immense de nos voix respirations qui nous rongeaient le ventre vague immense de nos souffles au-delà des voûtes comme de très hauts nuages   chevelure de nos voix peignée par les doigts du vent toison léonine aux boucles rousses de nos salives nos haleines ondulaient comme des guirlandes par-dessus les arbres et tous les toits de la ville chevelure nouée de nos cris - large bandeau au front des montagnes longue tresse d’air qui s’ébroue en lançant des appels aux sillages inconnues   chevelure de... [Lire la suite]
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07 octobre 2017

Jacques Chessex (1934 – 2009) : L’énigme gère tes pas

  L’énigme gère tes pas     Fuite des prés Devant le soir Le soleil est une barre jaune Les graminées d’automne se penchent sous le vent C’est l’heure où le passant fait ses comptes Ni royaume ni certitude D’autre tissu que d’air et de chemins perdus De pensée en va-et-vient comme l’inquiet oiseau du regret De pistes brûlantes et vaines Cendre du soir   Quel signe suivre L’entrelac des paroles disperse Sait-il faire silence Au vent du crâne passent trop de huées La caverne du cœur résonne de... [Lire la suite]
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03 juillet 2017

Philippe Jaccottet (1925 - ) : Parler

  Parler 1 Parler est facile, et tracer des mots sur la page, en règle générale, est risquer peu de chose : un ouvrage de dentellière, calfeutré, paisible (on a pu même demander à la bougie une clarté plus douce, plus trompeuse), tous les mots sont écrits de la même encre, « fleur » et « peur » par exemple sont presque pareils, et j’aurai beau répéter « sang » du haut en bas de la page, elle n’en sera pas tachée, ni moi blessé.   Aussi arrive-t-il qu’on prenne ce jeu en... [Lire la suite]
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04 mai 2017

Blaise Cendrars (1887 – 1961) : Le Panama ou les aventures de mes sept oncles

    A Edmond Bertrand barman au Matachine   Le Panama ou les aventures de mes sept oncles   Des livres Il y a des livres qui parlent du Canal de Panama  Je ne sais pas ce que disent les catalogues des bibliothèques Et je n'écoute pas les journaux financiers  Quoique les bulletins de la Bourse soient notre prière quotidienne   Le Canal de Panama est intimement lié à mon enfance... Je jouais sous la table Je disséquais les mouches Ma mère me racontait les aventures de... [Lire la suite]
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02 mars 2017

Armel Guerne (1911 – 1980) : Les maudits

    Les maudits   Maudits ils sont par la malédiction qu’ils portent Et qui les porte comme un fleuve épais, heureux De ses remous et du bouillon de ses souillures. Car les eaux sales sont heureuses, loin des sources, Et ne rêvent jamais d’eau pure ou de fraîcheur : Dormant dans la tiédeur oui bien véhiculant Les marques trop visibles de leur majesté, Demandez-leur comment elles pourraient songer De les perdre au profit d’une légèreté Dont toute trace a disparu depuis longtemps Sous les crasses qui... [Lire la suite]
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24 décembre 2016

Roland Brachetto ( 1929 - ) : Le village

  Le village   Le village quadrille de soleil damier de souffre et de salpêtre pêcherie des souffrances tues   Le long apprentissage à n’être rien en nos veines descend monacale brûlure et l’orgueil se consume et chaque ombre ferme son poing sur un vacillement de vie telle une lampe à jamais sous le vent s’enferme en sa fragilité   Ô ces longs regards sous la pierre qu’ouvre tout grand la lourde obscurité toujours prompte à peser dans les choses L’absence d’espérer alourdit les paupières ... [Lire la suite]
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