30 mai 2021

Hector de Saint-Denys Garneau (1912 – 1943) : « Et maintenant... »

  Et maintenant quand est-ce que nous avons mangé                     notre joie     Toutes les autres questions en ce moment ont fermé                     la bouche de leur soif       Et l’on n’entend plus que celle-là qui reste        ... [Lire la suite]
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16 mai 2021

Rita Mestokosho (1966 -) : « J’ai rêvé du Paradis... »

  J’ai rêvé du Paradis   Dans le monde du Paradis C’est l’hiver tout est blanc Les saisons vivent ensemble Et les Êtres de lumière Sont habillés de couleurs.   Je suis arrivée là-bas En plein rassemblement La voix invisible m’a parlé J’ai demandé où j’étais « Tu es au Paradis » m’a-t-il dit.   Je me suis étendu sur la neige Le froid n’existe pas Le Temps n’existe pas J’ai senti seulement un bien-être Que je ne peux pas expliquer.   Le Paradis vit sur la montagne Qui touche les... [Lire la suite]
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25 avril 2021

Pierre Morency (1942) : Soyons

Photo : © M. BOULIANE   Soyons   Il n’y aura pas de poème. Seulement l’hiver en grippe, le hurlement des neiges poudreuses, la nuit déchiquetée, on casse des miroirs près du fleuve, un gémissement glacial, la fracture du corps sensible, on tournoie, on déferle, passage de la comète, son déchirement, révélation des ferveurs prises en pain, et puis une torche au loin, un œil de braise, le tissu nouveau sous l’écorchure. Pas de poème. Il y aura seulement la relation aussi exacte que possible de ce moment : un... [Lire la suite]
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30 janvier 2021

Gaston Miron (1928 – 1996) : Poème de séparation 1

Photo : Jean-Paul Stercq   Poème de séparation 1   Comme aujourd'hui quand me quitte cette fille chaque fois j’ai saigné dur à n’en pas tarir par les sources et les noeuds qui s’enchevêtrent je ne suis plus qu’un homme descendu à sa boue chagrins et pluies couronnent ma tête hagarde et tandis que l’oiseau s’émiette dans la pierre les fleurs avancées du monde agonisent de froid et le fleuve remonte seul debout dans ses vents   je me creusais un sillon aux larges épaules au bout son visage montait... [Lire la suite]
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25 décembre 2020

Virginia Pésémapéo - Bordeleau (1951 -) : Je te veux vivant

  Je te veux vivant   Ces mots arrachés à pleine pages, Déracinés de leur boue, Ils portent mon mal et ma peur Qui rampent sur ta vie, Sur la mienne.   Nous n’aurons pas ce temps des amours Qui veillent auprès des flammes, Qui jettent les branches sur le feu, Afin que le froid se dérobe.   Il y a déjà ce seuil familier, Emprunté par mon père, Attendu par ma sœur, Espéré par ma mère, Imprévu pour mon frère, Déchirure pour mon fils.   Leur âme me percute Au cœur de mes nuits, Me touche... [Lire la suite]
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22 juillet 2020

Jean Sioui (1948-) : « J’ai gravé sur le fleuve... »

  J’ai gravé sur le fleuve les rides de ma face   Monter le canot de l’orage   A grands coups d’aviron j’ai battu le temps qui n’en finit plus de mentir   Le soleil obscurci de whisky blanc a coulé dans le dos de l’histoire   Intoxiqué des discours de l’autre monde je mes suis enfermé dans une réserve éthylique   Une nausée me pousse verse ma plume   Les mots se lèvent sur les sangles qui liaient le vrai sauvage   Avant le gel des visages je remonte les labours du ciel ... [Lire la suite]
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20 juillet 2020

Pierre Perrault (1927 – 1999) : « je nommerai la tourterelle triste... »

  ô vous tous du royaume de nulle part JACQUES BRAULT   je nommerai la tourterelle triste pour signifier ces hommes durs à l’ouvrage nos pères impitoyables cultivateurs de force en nos âmes d’écriture et déjà ils nous récusent de prendre leur défense héritière            d’avoir contourné le mépris où ils dissimulent mal leur âme tourbière   d’avoir nommé chouennes nos cantouques maladroits   ils nous... [Lire la suite]
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30 mai 2020

Hector de Saint-Denys Garneau (1912 – 1943) : Dilemme

  Dilemme   Mais les vivants n’ont pas pitié des morts Et que feraient les morts de la pitié des vivants Mais le cœur des vivants est dur comme un bon arbre                          et ils s’en vont forts de leur vie Pourtant le cœur des morts est déjà tout en sang ... [Lire la suite]
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10 mai 2020

Jean Désy (1954 -) : Arbres

  Arbres   Sapins du Nord en rangées innombrables qui montez vers la pointe du monde et son dénouement Mélèzes laricins fouettés tout jaunes qui bénissez les routes, les chemins creux et les sentiers de trappe Epinettes blanches centenaires chargées de perdrix roucoulantes accrochées à vos branches basses sur le bords de grands lacs comme si c’était Noël Epinettes noires calcinées dans les plaines cicatrisées entre Waswanipi et Oujé-Bougoumou Vous m’êtes douceur dans les soirs de campement d’hiver par moins... [Lire la suite]
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25 avril 2020

Pierre Morency (1942 -) : Rien

Rien   Il n’y a rien. Rien sinon ce peu de jour qui vient avec le jour, que l’ombre au flanc de la montagne. Il n’y a rien. Que le vent de solitude, les petites vagues quand on dort. On voit un enfant qui naît, un enfant qui meurt. Puis après, rien, plus rien. Rien que l’incroyable Voie Lactée, rien que l’arbre qui pousse en montant. Quand on pense qu’il pourrait y avoir tout. Il pourrait y avoir des éveils, des élans, des lenteurs sous les eaux, des giclements, des vénus montées sur des bêtes blondes ; il pourrait... [Lire la suite]
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