19 juin 2019

Tahar Ben Jelloun (1944 -) : « Non... »

  Non tu n’es pas du pays de ton enfance tu n’as rien vu tu n’as rien connu ni les murs noirs des prisons ni la terre retournée ni le bordel d’enfants pour homosexuels de l’ Occident ni la main qui se pose sur le regard conscient ni la corde qu’on tresse de ses fibres pour ne pas sangloter à genoux ni le kif qu’on cultive pour vivre   Tu n’as connu de ton pays que la douceur du soleil que vantent les panneaux      publicitaires tu n’as connu de la douleur que la rumeur pas même les mille... [Lire la suite]
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12 avril 2019

Abdellatif Laâbi (1942 -) : J’aurai aimé t’emprunter tes yeux

  J’aurai aimé t’emprunter tes yeux   J’aurai aimé t’emprunter tes yeux pour me regarder un peu comme tu me regardes Te prêter les miens pour que tu me regardes un peu, beaucoup comme je te regarde Avec tes yeux j’aurai aimé voir au fond au fin fond de moi-même traverser avec assurance les nues attardées à mes ténèbres reconnaître sans plus de honte mes faiblesses mes limites mes angoisses Me pencher sur les vraies blessures qui ont refusé de se refermer me rapprocher autant que possible de cette... [Lire la suite]
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19 juin 2018

Tahar Ben Jelloun (1944 -) : « Etranger... »

  Etranger prends le temps d’aimer l’arbre accoude-toi à la terre un cavalier t’apportera de l’eau, du pain      et des olives amères c’est le goût de la terre et les semences de la mémoire c’est l’écorce du pays et la fin de la légende ces hommes qui passent n’ont pas de terre et ces femmes usées attendent leur part d’eau. Etranger laisse la main dans la terre pourpre ici il n’est de solitude que dans la pierre   Cicatrices du soleil Editions François Maspero,1972 Du même... [Lire la suite]
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12 avril 2018

Abdellatif Laâbi (1942 -) : Deux heures de train

  Deux heures de train   En deux heures de train je repasse le film de ma vie Deux minutes par année en moyenne Une demi-heure pour l’enfance une autre pour la prison L’amour, les livres, l’errance se partagent le reste La main de ma compagne fond peu à peu dans la mienne et sa tête sur mon épaule est aussi légère qu’une colombe A notre arrivée j’aurai la cinquantaine et il me restera à vivre une heure environ   L’Etreinte du monde Editions de la Différence, 1993 Du même auteur : ... [Lire la suite]
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19 juin 2017

Tahar Ben Jelloun (1944 -) : « Je tourne le dos à la ville… »

  Je tourne le dos à la ville et parle avec la mer retournée la voix comme la vague les épaves ont gardé les cicatrices des mémoires vagabondes l’écume vient déposer le sel sur l’ancre épouvantail des enfants orphelins   In, « Les Poètes de la Méditerranée. Anthologie » Editions Gallimard (Poésie), 2010 Du même auteur : Poèmes par amour (19/06/2015)  « Que de cendres dans mon crâne… » (19/06/2016) « Etranger... » (19/06/2018) « Non... » (19/06/2019)  
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12 avril 2017

Abdellatif Laâbi (1942 -) : « Tu te souviens… »

  Tu te souviens de ce pigeon qui avait pris l’habitude de descendre dans notre cour et dont je t’ai décrit la démarche le plumage bariolé, flamboyant des ailes de la gorge l’œil rond filant comme du vif argent me rappelant cette méfiance immémoriale qu’il y a entre nous et les bêtes …………………………………………… Ou bien encore ces moments où je guettais le vol des hirondelles arbalètes gracieuse et acrobates qui rejoignaient avec assurance leurs nids et piaillaient nerveusement comme pour demander de dégager le passage ... [Lire la suite]
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19 juin 2016

Tahar Ben Jelloun : (1944 - ) : « Que de cendres dans mon crâne… »

    Que de cendres dans mon crâne qui croit encore le rêve possible que de sang sous cette terre grise que d’oliviers qui meurent à l’aube figée que de poèmes muselés dans la mort blanche Laissez-moi me rouler dans les sables pour perdre la mémoire pour ne plus parler des hommes pour ne plus fuir la mort   Les « frères » les fossoyeurs, les larmes aux yeux, massacrent      les camarades on nettoie la capitale et on se lave le sexe on préside la prière et on oublie ... [Lire la suite]
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12 avril 2016

Abdellatif Laâbi (1942 - ) : « Je m’en irai… »

  Je m’en irai avec ce siècle où j’ai mal vécu sans même m’offrir le luxe du désespoir Je m’en irai avec ma fronde et mes cailloux le coq égorgé sur ma poitrine pour avoir chanté la nuit Je m’en irai avec le secret de ma pyramide et le tatouage de mes barreaux mes petits pieds lacérés par le miroir où j’ai refusé de me regarder Je m’en irai sage et ignorant doux et amer sans dire adieu à celle que je n’ai pas su aimer Je tomberai foudroyé comme une étoile oublié des hommes dans le désert des voix   ... [Lire la suite]
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19 juin 2015

Tahar Ben Jelloun (1944 - ) : Poèmes par amour

Poèmes par amour   Quel oiseau ivre naîtra de ton absence toi la main du couchant mêlée à mon rire et la larme devenue diamant monte sur la paupière du jour c’est ton front que je dessine dans le vol de la lumière et ton regard s’en va sur la vague retournée un soir de sable mon corps n’est plus ce miroir qui danse alors je me souviens.   tu te rappelles toi l’enfant né d’une gazelle le rêve balbutiait en nous son chant éphémère le vent et l’automne dans une petite solitude je te disais laisse les... [Lire la suite]
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12 avril 2015

Abdellatif Laâbi (1942 - ) : « Emmurée… »

    Emmurée Ton cœur continue à battre au fond des ténèbres Dans ton cœur un œil s’est ouvert Il voit ce que nous ne savons plus voir : le rictus du bourreau tapi en chacun de nous le visage de l’innocence piétiné par la horde l’étincelle de la compassion qui seule peut nous illuminer de l’intérieur la main qui s’ouvre pour que la tendresse jaillisse comme de source le signe de reconnaissance avant la fonte des métaux humains dans l’acte prodigieux de l’amour la bouche sans fard d’où vont couler ... [Lire la suite]
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