10 janvier 2019

Henry Bauchau (1913 – 2012) : Caste des guerriers

  Caste des guerriers A Christian   MELOPEE VIKING   Les chevaux de la mer n’auront pas de poulains aux herbages d’écume abolis      sous le vent. Les marées porteront aux veilleurs d’océan, de nos peuples ramants le sauvage      regain.   Nous cherchons un pays plus vaste que la faim, plein de signes, de voix, de      meurtres dans les airs Et de hautes cités où des saintes de pierre font un rêve plus fort que l’écume ... [Lire la suite]
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24 août 2018

Michel Seuphor (1901 – 1999) : Les vieux amis

  Les vieux amis Une lyromanie pour Marcel Janco   janco hinco yinco colo janco hinto tajmahal janco colomayo trogo janco calamistero (tero)      Les vieux amis sont des crocodiles qui traînent un peu partout dans la maison et qui de temps en temps vous mangent un membre cru. Les jeudis treize à marée haute ils se mettent sur le dos afin que l’on fasse luire comme un miroir leur ventre vertueux.    Les vieux amis sont des maisons très hautes qui cachent une partie du ciel ... [Lire la suite]
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30 juillet 2018

Guy Goffette (1947 -) : Le poids du silence

  Le poids su silence         Les commencements sont nombreux, mais c’est toujours la même histoire,      celle d’un homme que le petit matin dans la rue saisit par le col,      alors qu’il était sorti pour acheter une baguette à la boulangerie.      Et voilà que ce qu’il croyait établi dans sa vie, le chemin tracé, une femme avec un chat parmi les livres,      voilà que la rue humide et riante sous le premier... [Lire la suite]
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16 juillet 2018

Jany Cotteron (1944 -) : F aille

  à Tal-coat   F AILLE   Je suis celui qui marche vers les sommets à l’heure tremblée de midi quand les chiens de soleil dévorent la montagne et que le regard se tait entre les paupières épuisées de lumière   C’es l’heure où émergeant de la brume d’étranges animaux se couchent à l’horizon têtes et corps emmêlés frémissements de croupes et de dos   Leurs flancs gris portent les traces de cicatrices anciennes et leurs mufles sans âge striées de fissures de crevasses racontent les... [Lire la suite]
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14 mai 2018

Emile Verhaeren (1855 – 1916) : La folie

    La folie   Routes de fer vers l'horizon : Blocs de cendres, talus de schistes, Où sur les bords un agneau triste Broute les poils d'un vieux gazon ; Départs brusques vers les banlieues, Rails qui sonnent, signaux qui bougent, Et tout à coup le passage des yeux Crus et sanglants d'un convoi rouge ; Appels stridents, ouragans noirs, Pays de brasiers roux et d'usines tragiques, Où sanglotent, quand vient le soir, Toutes les voix du vent Frappant, d'un contenu gémissement, Les fils à l'infini des... [Lire la suite]
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10 janvier 2018

Henry Bauchau (1913 – 2012) : Géologie

  Géologie   Oh, tu sais quant à toi, que dans le fond réside le vieux dieu furieux dont assurément  le mieux est de rien dire ... [Lire la suite]
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28 décembre 2017

Maurice Maeterlinck (1862 – 1949) : Cloche à plongeur

  Cloche à plongeur     Ô plongeur à jamais sous sa cloche !  Toute une mer de verre éternellement chaude !  Toute une vie immobile aux lents pendules verts !  Et tant d'êtres étranges à travers les parois !  Et tout attouchement à jamais interdit !  Lorsqu'il y a tant de vie en l'eau claire au-dehors ! Attention ! l'ombre des grands voiliers passe sur les dahlias des forêts sous-marines ;  Et je suis un moment à l'ombre des baleines qui s'en vont vers le pôle !   En ce... [Lire la suite]
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11 décembre 2017

Hubert Juin (1926 – 1987) : « Où sont les appels de la lumière… »

  Où sont les appels de la lumière Où les flammes lisses de jour d‘été dans son habit d’eau courante Et les marchés au village le vendredi parmi les rires les marronniers étendus à l’aise dans l’or noir du théâtre lorsque se levait narquoise la toile peinte c’était l’aube encore et elle la servante haussait sa nudité à la fenêtre espérant un regard un oiseau de chair comme l’enfant qui voit son sexe se gonfler lorsque le lave la servante aux doigts bleus L’orchestre n’en finissait pas de crisser de geindre de peigner... [Lire la suite]
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02 décembre 2017

William Cliff (1940 -) : « je croyais que la vie… »

  je croyais que la vie s’était arrêtée que plus jamais on en reverrait le soleil ni les arbres fleurir et pousser des feuilles ni le ciel montrer qu’il peut parfois être bleu   je croyais qu’on était entré dans une cave quelque part très loin avec dans l’âme de ne plus se soucier que les habits soient déchirés qu’il faille patauger avec d’affreuses pompes dans de la noire boue que depuis quatre jours on ne soit plus rasé ni lavé et que le linge de corps fasse honte tant il pue   dire qu’il y a des gens... [Lire la suite]
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01 novembre 2017

Jean-Pierre Verheggen (1942 -) : « Ecrire, c’est cà !... »

        Ecrire, c’est cà !      C’est d’abord découvrir qu’on a, en nous, ce trou d’mort à langues trouées où s’entassent, pêle-mêle, ces langues de tiraillous du Tchad ou de cajuns des bahous, cousins des ex-bat. d’Af., eux-mêmes matassins négropolitains des rastas de squatts, matachés de oualongadoudoux, comme chez nous, à Gembloux !      C’est comprendre et aimer çà quitte à avoir l’air d’avoir trop soufflé dans l’encrier du nec sous-ultra !-... [Lire la suite]
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