03 décembre 2019

Jean Sénac (1926 -1973) : Matinale de mon peuple

  Matinale de mon peuple Pour Baya   Tu disais des choses faciles travailleuse du matin La forêt poussait dans ta voix des arbres si profonds que le cœur s’y déchire et connaît le poids du chant   la tiédeur d’une clairière pour l’homme droit qui revendique un mot de paix un mot à notre dimension.   Tu tirais de sa solitude le rôdeur qui te suit tout pétri de son ombre celui qui voudrait écrire comme tu vois comme tu tisses comme tu chantes apporter aux autres le blé le lait de chèvre la... [Lire la suite]
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09 novembre 2019

Nourredine Aba (1921 – 1966) : « On dit que vos porteurs d’encensoir... »

  On dit que vos porteurs d’encensoir plient l’échine quand par hasard vous leur adressez la parole, Monsieur le haut dignitaire du parti ? On dit aussi que certains de vos courtisans Vous font la révérence et vous appellent sire ? Pourquoi pas Votre Majesté ? On vous le doit. Ces gueux étaient la veille de pauvres palefreniers, comme vous, qui n’étiez qu’un garçon d’écurie ! Mais vous voilà hissé jusqu’aux balcons du ciel. C’est de là que vous décidez, que vous ordonnez. Le peuple a la voix... [Lire la suite]
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12 octobre 2019

Mohammed Dib (1920 – 2003) : Sur la terre, errante

  Sur la terre, errante   Quand la nuit se brise, Je porte ma tiédeur Sur les monts acérés Et me dévêts à la vue du matin Comme celle qui s’est levée Pour honorer la première eau ;   Etrange est mon pays où tant De souffles se libèrent, Les oliviers s’agitent Alentour et moi je chante :   - Terre brûlée et noire, Mère fraternelle, Ton enfant ne restera pas seule Avec le temps qui griffe le cœur ; Entends ma voix Qui file dans les arbres Et fait mugir les bœufs.   Ce... [Lire la suite]
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28 juin 2018

Jean Sénac (1926 – 1973) : Miroir de l’églantier

  Miroir de l’églantier   Feu de sarments dans tes yeux feu de ronces sur tes joues feu de silex sur ton front feu d’amandes sur tes lèvres feu d’anguilles dans tes doigts feu de laves sur tes seins feu d’oranges dans ton cœur feu d’œillets à ta ceinture feu de chardons sur ton ventre feu de glaises à tes genoux feu de bave sous tes pieds feu de sel et feu de boue un incendie réel tout droit sur la falaise un faisceau de saveurs où je me reconnais   Mère ma ténébreuse   Alger, 24. XI. 49 1... [Lire la suite]
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08 janvier 2018

Mohammed Dib (1920 – 2003) : Etranger

  Etranger   Si ce n’est pas ce froid, qu’est-ce qui me signale ? Le rêve mal dissous, l’ombre noire et la voix Qui font pleurer l’enfant, ou la brume hivernale ? C’est moi…moi, l’importun qui vous barre la voie.   Je ne suis mort ni vif, ailleurs est mon domaine. L’enfer du ferrailleur est moins que moi rongé, Moins diffus le retour inquiet d’une âme en peine ; Le regard qu’on lui jette éloigne l’étranger.   Il est une pâleur, il est une couleur Et sombre et claire, un jour vague... [Lire la suite]
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20 octobre 2015

Nourredine Aba (1921 -1996) : « Je suis comme un enfant… »

  (…) Je suis comme un enfant Exaspéré par la peur Qui croit s’en délivrer En chantant, Et je chante Mon nom arabe, Je chante ma terre arabe, Je chante La révélation de l’amour dont on sait Au premier regard Qu’il ne sera jamais recommencé, Je chante Tes longues tresses qui descendent Comme des queues de renard sur tes épaules, Je chante ta bouche Comme une prune éclatée, Je chante Notre encharnellement soudain Porté à son point d’orgue, Je chante l’enfance délirante d’illusions Au midi de son printemps, ... [Lire la suite]
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18 mars 2015

Kateb Yacine (1929-1989) : Poussière de Juillet

Poussière de Juillet   Le sang Reprend racine Oui Nous avons tout oublié Mais notre terre En enfance tombée Sa vieille ardeur se rallume   Et même fusillés Les hommes s’arrachent à la terre Et même fusillés Ils tirent la terre à eux Comme une couverture Et bientôt les vivants n’auront plus où dormir   Et sous la couverture Aux grands trous étoilés Il y a tant de morts Tenant les arbres par la racine Le cœur entre les dents   Il y a tant de morts Crachant la terre par la poitrine Pour si... [Lire la suite]
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