29 novembre 2014

Gérard Le Gouic (1936 - ) : « Quand ma chienne me regarde… »

      Quand ma chienne me regarde ses yeux se posent en vérité  dans mon dos sur le vaisselier ou sur la ligne des arbres par la fenêtre ouverte. Elle me regarde comme à travers une porte en perles et c’est l’au-delà qu’elle voit et par moments qui l’inquiète.     Autoportraits en noir et bleu, in Revue « Poésie présente. Cahiers trimestriels de Poésie. XXIII ». Editions Rougerie, 1977   Du même auteur : Troisième île (29/11/2015) Cairn de Barnenez (29/11/2016)... [Lire la suite]
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26 novembre 2014

Jean Mambrino (1923 – 2012) : Le

  Le   Le vent coule si paisible sur le sommeil de la prairie que les herbes semblent inventer la brise en rêve.   Et les nuages passent sans bouger tellement ils sont haut et loin de nos pensées.   Et les pensées se perdent dans le bleu d’un autre ciel.   Alors respire le rien.   « Ainsi ruse le mystère. Poèmes. »  Editions José Corti, 1983   Du même auteur : Clairière (1 – 9) (26/11/2015) L’aube (26/11/2016) Le point du jour (21/11/2017) ... [Lire la suite]
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18 novembre 2014

Roland Dubillard (1923 – 2011) : Le Peigne

Le Peigne   Il me faudrait trouver un peigne. Je serais rivière, longue et sans nœuds, Parallèle à moi-même et descendant Librement, selon l'inclinaison des pentes, Sans tourbillons, sans remous, toutes les fibres de mon eau en ordre    vers le même océan,  Et se serrant les coudes malgré tout, car c'est dur  Pour une rivière de ne pas se laisser disperser :  Ne faisant qu'une et m'allongeant.   Un peigne pour moi ! comme il y en a pour les chevelures !  Ici je ne suis pas... [Lire la suite]
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15 novembre 2014

Charles-Marie Leconte de Lisle (1818-1894) : Midi

Midi Midi, Roi des étés, épandu sur la plaine, Tombe en nappes d'argent des hauteurs du ciel bleu. Tout se tait. L'air flamboie et brûle sans haleine ; La Terre est assoupie en sa robe de feu. L'étendue est immense, et les champs n'ont point d'ombre, Et la source est tarie où buvaient les troupeaux ; La lointaine forêt, dont la lisière est sombre, Dort là-bas, immobile, en un pesant repos. Seuls, les grands blés mûris, tels qu'une mer dorée, Se déroulent au loin, dédaigneux du sommeil ; Pacifiques enfants de... [Lire la suite]
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14 novembre 2014

Jean Malrieu (1915 – 1976) : Le veilleur

  Le veilleur   Le vent n’a pas assez traversé assez de pays Essoufflé d’oiseaux  émondé de branches La vague n’a pas assez roulé Il manque un grain de sable au désert Il manque un jour de plus à la terre Un peu de poids dans le nuage Encore une ravine au visage Encore une lettre à l’alphabet   A minuit Dans les rues désertes si le fantôme mendiant de la neige vient à passer Ne ferme pas ta porte. Même de lui l’espérance va renaître. Les rennes dessinés sur les rochers se rassembleront Et... [Lire la suite]
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13 novembre 2014

Pierre Reverdy (1889 – 1960) : Tard dans la vie

    Tard dans la vie   Je suis dur Je suis tendre                            Et j’ai perdu mon temps                          A rêver sans dormir ... [Lire la suite]
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07 novembre 2014

Paul – Jean Toulet (1867 – 1920 ) : En Arles

« Voici que j’ai touché... » (23/10/2019) En Arles   Dans Arles, où sont les Aliscams, Quand l’ombre est rouge, sous les roses,                Et clair le temps   Prend garde à la douceur des choses, Lorsque tu sens battre sans cause             Ton cœur trop lourd  Et que se taisent les colombes :   Parle tout bas, si c’est d’amour,               Au bord... [Lire la suite]
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03 novembre 2014

Matthias Vincenot (1981 - ) : Le temps, un soir

Le temps, un soir   C’est le temps qui n’existe plus que sur nos montres La lumière est étrange, éclairant la pénombre D’une autre obscurité Vraiment le temps n’a plus l’apparence du temps Et la nuit n’a plus l’air d’être vraiment la nuit Peut-être que parfois le temps n’existe pas En tout cas ce soir-là, on ne l’avait pas remarqué Pas vu, pas pris   C’est une heure étrangère où l’on se tient absent A soi-même et au monde, pas vraiment en dehors Simplement autre part On repère souvent le regard d’une absente ... [Lire la suite]
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30 octobre 2014

Dominique Sampiero (1954 - ) : « On ne peut pas s'empêcher de mourir »

    On ne peut pas s'empêcher de mourir           N'être rien rend fou tant que l'on résiste.       N'être rien est une jouissance quand on s'y abandonne, les yeux fermés, pour laisser le silence nous dévaster.        N'être rien me parle plus que tout, c'est absurde, rien ne devrait rien dire, mais si, au contraire, seul ce qui n'est pas moi me parle, j'apprends la langue qui me ravage.   *      Là où... [Lire la suite]
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29 octobre 2014

Tristan Cabral (1944 - ) : Requiescat in pace

Requiescat in pace   Amis si je n’ai pas la chance de tomber contre un mur ou assis au soleil en regardant la mer si je meurs d’un meurtre ou d’un éblouissement si ma corde du cœur tarde un peu à casser et s’il faut me conduire dans un mouroir public retenez simplement ces derniers mots d’amour :   quand je commencerai à n’être plus qu’un corps ne vous inquiétez pas et laissez - moi partir j’ai depuis très longtemps tout ce qu’il faut sur moi ou quelqu’un m’aimera assez pour me finir mais qu’on attende... [Lire la suite]
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