09 avril 2015

Jean- Luc Caizergues ( 1954- ) : En grève

En grève   Je m’assois par terre. je mets les doigts   dans la prise élec- trique et j’attends   patiem- ment que le courant revienne.   Mon suicide. Editions Flammarion, 2008
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07 avril 2015

Honorat de Bueil de Racan (1589 – 1670) : Stances sur la retraite

Stances   Tircis, il faut penser à faire la retraite,    La course de nos jours est plus qu’à demi faite ;  L’âge insensiblement nous conduit à la mort.  Nous avons assez vu sur la mer de ce monde  Errer au gré des flots notre nef vagabonde ;  Il est temps de jouir des délices du port.      Le bien de la fortune est un bien périssable ;  Quand on bâtit sur elle, on bâtit sur le sable ;  Plus on est élevé, plus on court de... [Lire la suite]
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06 avril 2015

Oscar Venceslas de Lubicz-Milosz ( 1877 – 1939) : Et surtout que

Et surtout que   — Et surtout que Demain n’apprenne pas où je suis — Les bois, les bois sont pleins de baies noires — Ta voix est comme un son de lune dans le vieux puits Où l’écho, l’écho de juin vient boire.     Et que nul ne prononce mon nom là-bas, en rêve, Les temps, les temps sont bien accomplis — Comme un tout petit arbre souffrant de prime sève Est ta blancheur en robe sans pli.     Et que les ronces se referment derrière nous, Car j’ai peur, car j’ai peur du retour. Les grandes... [Lire la suite]
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04 avril 2015

Marie Noël (1883 – 1967) : Crépuscule

    Crépuscule   L’heure viendra… l’heure vient… elle est venue Où je serai l’étrangère en ma maison, Où j’aurai sous le front une ombre inconnue Qui cache ma raison aux autres raisons.   Ils diront que j’ai perdu ma lumière Parce que je vois ce que nul œil n’atteint : La lueur d’avant mon aube la première Et d’après mon soir le dernier qui s’éteint. Ils diront que j’ai perdu ma présence Parce qu’attentive aux présages épars Qui m’appellent de derrière ma naissance, J’entends s’ouvrir les demeures... [Lire la suite]
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03 avril 2015

Claude Vigée (1921 - 2020) : L’eau des sombres abysses

  L’eau des sombres abysses   Evy, si tu m’entends encore là-bas, où tu n’es plus, sache que tout me manque de toi, ton corps, tes yeux, ta voix      et ta vive présence, mais sache aussi que je tente de faire ce que tu m’avais dit quelques semaines à peine avant de t’en aller dans le noir : « Quand je serai partie, tu finiras ton livre, tu en  commenceras d’autres, si Dieu t’en donnes envie, car du puits secret de la vie jaillit la neuve poésie, et souvent répond le génie à... [Lire la suite]
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01 avril 2015

Gérard Gay-Barbier (1942 - ) : « Amate de l’âme… »

        Amate de l’âme.    Figé dans son aura de pierre. Présent. Instant léger comme un papier découpé voletant. Souffre  d’air frais dans la gangue ligneuse. Méditant depuis toujours. Sous l’ombre d’un grand arbre de pierre.      Aîeul sous le totem témoin d’un royaume végétal dans la simple communion d’un arbre de pierre et de toutes les ombres multiples, découvrant sous la froideur des apparences un arbre de vie, au centre de prodiges de calme, sous l’aile d’un plus... [Lire la suite]
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30 mars 2015

Eugène Guillevic (1907 - 1997) : Le matin

Le Matin   Le matin T’est donné,   Ne le prend pas Comme un dû.           *  La terre ne tournerait plus, Le soleil ne tournerait plus.   Ce serait donc Pour toujours le matin ?           * Ne vous trompez pas, Dit le matin,   Le cosmos existe Et vous en êtes.           * Au matin La terre   Devient plus autonome Dans l’univers. ... [Lire la suite]
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28 mars 2015

Philippe Mac Leod (1954 - 2019 ) : « A cette hauteur où le vent souffle toujours froid… »

    A cette hauteur où le vent souffle toujours froid, où le mystère devient presque palpable, d’une proximité, d’une densité troublantes, j’aimerais pouvoir rejoindre en toi l’étincelle qui est au centre de l’âme, ce sens intérieur qui dépasse ta simple histoire, qui peut atteindre et pénétrer ces profondeurs insoupçonnées, les envelopper d’une connaissance muette qui rejoint les moments de prière où rien ne cherche à se dire, où la plénitude est telle, où la présence qui te porte est si intensément réelle... [Lire la suite]
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27 mars 2015

François Caradec (1924- 2008) : Le retour

Le retour   Nous voici sans regard et sans gestes nous voici harassés de marches inutiles les mains posées sur nos genoux les chaussures trouées et les genoux usés la voix creuse et le geste incertain nous voici inutiles et le regard usé et les mains incertaines et les genoux posés chaussures harassées et nos gestes troués le regard inutile et la voix incertaine comme au jour où sortant d’un cauchemar usé nous nous sommes trouvés face à face inutiles nous n’avons pas osé le geste qui caresse le regard qui sourit... [Lire la suite]
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25 mars 2015

Stéphane Ebner (1986 - ) : Souffle

Souffle   Quand je bégaye, un son tourne en rond sur mes lèvres qui papillonnent.   Quand je bégaye, je dis encore,   Quand je bégaye, du temps s’engouffre dans mes mots, les ballonnent, les étalent.   Quand je bégaye, Mon souffle s’égoutte.   Quand je bégaye, les syllabes essaiment.   Quand je bégaye, du vide emplit ma bouche et me contraint à m’agripper tout au bord   Quand je bégaye, je me fatigue je perds pied et je   Je   Chuuuut !   Alors un... [Lire la suite]
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