30 janvier 2015

Etienne Jodelle (1532 – 1573) : « Comme un qui s’est perdu dans la forêt profonde… »

Comme un qui s’est perdu dans la forêt profonde Loin de chemin, d’orée et d’adresse, et de gens ; Comme un qui en la mer grosse d’horribles vents Se voit presque engloutir des grands vagues de l’onde,   Comme un qui erre aux champs, lorsque la nuit au monde Ravit toute clarté, j’avais perdu longtemps Voie, route et lumière, et presque avec le sens, Perdu longtemps l’objet, où plus mon heur se fonde.   Mais quand on voit, -  ayant ces maux fini leur tour - Aux bois, en mer, aux champs, le bout, le port,... [Lire la suite]
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26 janvier 2015

Bernard Noel (1930 - ) : A vif enfin la nuit

A vif enfin la nuit   à vif enfin   l’énigme est un creux   où les mots se ravivent on va on vient et c’est la même chose qui niche dans la gorge impossible à cracher   l’obscure   le cœur est trop présent comme un geste qui va mourir à la portière   déchirement   quelqu’un marche et l’on dirait un cri d’autrefois le temps qui ouvre un trou dans la poitrine amère du présent   les yeux se ferment les yeux pour tuer ce regard qui a la mort au bout   dedans dehors ... [Lire la suite]
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24 janvier 2015

Antonin Artaud (1896 – 1948) : Position de la chair

    Dans "Le juif errant", en 1926     Position de la chair        Je pense à la vie. Tous les systèmes que je pourrai édifier n’égalerons  jamais  mes cris d’homme occupé à refaire sa vie.      J’imagine un système où tout homme participerait, l’homme avec sa chair physique et les hauteurs, la projection intellectuelle de son esprit.        Il faut compter pour moi, avant tout, avec le magnétisme incompréhensible ... [Lire la suite]
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23 janvier 2015

André Breton (1896 – 1966) : Ode à Charles Fourier

  Ode à Charles Fourier    En ce temps-là je ne te connaissais que de vue             Je ne sais même plus comment tu es habillé              Dans le genre neutre sans doute on ne fait pas mieux  Mais on ne saurait trop complimenter les édiles  De t'avoir fait surgir à la proue des boulevards extérieurs  C'est ta place aux heures de fort tangage  Quand la ville se... [Lire la suite]
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21 janvier 2015

Joyce Mansour (1928 – 1986) : « Le téléphone sonne… »

  Le téléphone sonne Et ton sexe répond. Sa voix rauque de chanteur Fait frémir mes ennuis Et l’œuf dur qu’est mon cœur Frit.   Déchirures, Edition de Minuit, 1955 De la même autrice : Bleu comme le désert (21/01/2014) Chant arabe (21/01/2016) « Vous ne connaissez pas… » (21/01/2017) Trous noirs (21/02/2018) « Les vices des hommes... » (17/11/2019)  
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20 janvier 2015

Heather Dohollau (1925 - 2013) : « Si pour vivre il suffit de toucher la terre… »

Si pour vivre il suffit de toucher la terre Comme le vent aux doigts légers joue dans le blé toujours mur L’amour serait le chant de l’oiseau dans l’arbre Le nuage qui passe dont même l’ombre reste claire Mais le blé ne germe qu’au soleil noir de la mort Et l’autre demeure notre linceul sous le ciel   Le Point de rosée, Editions Folle Avoine, 1999 De la même autrice : « Matière de lumière les murs… » (20/01/2014) « De mon lit… » (20/01/16) L’après-midi à Bréhat (20/12/2017) « Descendre à... [Lire la suite]
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19 janvier 2015

Jean Cocteau (1889 – 1963) : « Contre le doute… »

  Contre le doute    Contre le doute hélas je n’ai pas de refuge                      En quelles mains me suis-je mis ?  Et comment me juger car lorsque je me juge                      J’ai les yeux de mes ennemis.    Que j’aimerais m’aimer et me laurer de gloire.                      Attendre le succès final.  Mais... [Lire la suite]
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18 janvier 2015

René-Guy Cadou (1920 -1951) : « Je t'attendais ainsi qu'on attend les navires… »

    Je t'attendais ainsi qu'on attend les navires  Dans les années de sécheresse quand le blé Ne monte pas plus haut qu'une oreille dans l'herbe  Qui écoute apeurée la grande voix du temps Je t'attendais et tous les quais toutes les routes  Ont retenti du pas brûlant qui s'en allait  Vers toi que je portais déjà sur mes épaules  Comme une douce pluie qui ne sèche jamais Tu ne remuais encor que par quelques paupières  Quelques pattes d'oiseaux dans les vitres gelées  ... [Lire la suite]
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16 janvier 2015

Philippe Soupault (1897- 1990) : Est-ce le vent

Est-ce le vent   Est-ce le vent qui m’apporte tout à coup ces nouvelles Là-bas des signaux des cris et puis rien la nuit C’est le vent qui secoue et qui chante Il traîne derrière lui tout un fracas et une lente poussière quelque chose de mou quelque choc qui est la paresse une de ces méduses mortes qui pourrissent en crachant une odeur rose c’est le vent qui pousse ces pauvres bateaux bleus et leur fumée morose qui secoue ces arbres malheureux et c’est lui encore qui enivre les nuages il rase l’herbe Je sais... [Lire la suite]
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13 janvier 2015

Paul – Alexis Robic (1907 -1973) : Je suis de ce pays

Je suis de ce pays   Je suis de ce pays, mais ne m’y cherchez pas, Car je le fuis souvent pour mieux me retrouver. J’ai mes landes, à moi, où il fait bon rêver Et mes chemins secrets dociles à mes pas.   Je suis de ce pays et je suis de ce temps Mais comme les oiseaux et comme la lumière, Comme le vent sans havre et comme l’océan Qui sans cesse défait et refait ses frontières.   Et ne me dites pas que ma voix est lointaine Et qu’entre nous  les ponts n’effacent pas les gouffres Car je suis avec vous... [Lire la suite]
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