07 juin 2019

James Sacré (1939 -) : Oiseaux qui sont dans l’herbe en octobre

  Oiseaux qui sont dans l’herbe en automne     Une caille est un geste lancé dans le bleu un carré de petit lotier (dessin d’un village hangar et des tuiles entre deux branches) geste lancé par-dessus le buisson derrière caillou tombé de la grande herbe une ombre où dans le silence bat son cœur d’ombre où ?     La perdrix elle pourrait être un bruit dans ce poème (silence un automne et la couleur des regains) si les mots... ... [Lire la suite]
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06 juin 2019

Francis Ponge (1899 – 1998) : L’Ardoise

  L’Ardoise        L’ardoise – à y bien réfléchir c’est-à-dire peu, car elle a une gamme de reflets très réduite et un peu comme l’aile du bouvreuil passant vite, excepté sous l’effet des précipitations critiques, du ciel gris bleuâtre au ciel noir – s’il y a un livre en elle, il n’est que de prose : une pile sèche ; une batterie déchargée ; une pile de quotidiens au cours des siècles, quoique illustrés par endroits des plus anciens fossiles connus, soumis à des pressions... [Lire la suite]
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05 juin 2019

Armand Robin (1912 – 1961) : Instant de pré

  Instant de pré   Herbe dans l’herbe, Morceau mal séparé des prés, Je me répandais ; Agités des vents, Le blanc de l’air, le bleu du ciel Descendaient sur ma face   Et sobrement dans mes deux mains Je buvais dans le grand bol de l’aube.   Le cycle du pays natal Textes et photographies rassemblés par Françoise Morvan Editions La Part Commune, 35000 Rennes Du même auteur :  « Sans parole, je suis toute parole… » (05/06/2014) Sans Pays (05/06/2015) l’Illettré (05/06/2016)... [Lire la suite]
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04 juin 2019

Jacques Prével (1915 – 1951) : En dérive vers l’absolu

  En dérive vers l’absolu Il ne me reste qu’à enfreindre l’ordre De toute justice Pour me détacher sans consentement De sa violence qui m’accable J’ai vécu dans la confusion Je suis mort de la confusion Pour ma défense qu’aurai-je à dire Mes forces se détruisent et me détruisent dans l’égarement Je suis un criminel Qui n’a pas compris le geste simulé     En dérive vers l’absolu Editions Seghers, 1952 Du même auteur :  « Dans le temps, dans la nuit... » (04/06/2014) « Ce que... [Lire la suite]
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03 juin 2019

Jacques Rebotier (1947 -) : Litanie du désamour

  Litanie du désamour     42  C'est à ce moment que tu ne m'as pas vu, il faisait grand soleil, nous avons alors senti très bien que rien ne va, que rien n'allait, que rien allait nous arriver 41  tout de suite, je me suis dit : fini c'est fini, les motos roulent, les mots parlent, les arbres s'arrêtent, les bicyclettes se regardent : c'est bien fini 40  déjà hier nous n'étions plus très vivants, tu sentais bien un peu le rnfermé, nous n'étions pas si vivants que ça, on sentait... [Lire la suite]
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01 juin 2019

Robert Marteau (1925 – 2011) : « Quelque chose au ras de l’eau... »

  Quelque chose au ras de l’eau n’en finit pas de mourir si bien que la mer prend la teinte des mauves foulées dont le jus s’empourpre      davantage avec la nuit, et c’est un Japon d’encre et de roseaux ensuite qui se lève, tantôt cela, tantôt la crinière des juments venues de l’Ouest que la vague feint pour accroître le hennissement ou masquer le choc contre le granit      d’un empire soumis au poids      et aux mesures des balances ... [Lire la suite]
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29 mai 2019

Catherine Pozzi (1882 – 1934) : Maya

  Maya   Je descends les degrés de siècles et de sable Qui retournent à vous l’instant désespéré Terre des temples d’or, j’entre dans votre fable           Atlantique adoré.   D’un corps qui ne m’est plus que fuie enfin la flamme L’Âme est un nom chéri détesté du destin — Que s’arrête le temps, que s’affaisse la trame, Je revins sur mes pas vers l’abîme enfantin.   Les oiseaux sur le vent dans l’ouest marin s’engagent, Il faut voler, bonheur, à... [Lire la suite]
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26 mai 2019

Patrice de La Tour du Pin (1911 – 1975) : Laurence endormie

  Laurence endormie Cette odeur sur les pieds, de narcisse et de menthe Parce qu’ils ont foulé dans leur course légère, Fraîches écloses, les fleurs des nuits printanières, Remplira tout mon cœur de ses vagues dormantes ;   Et peut-être très loin sur ces jambes polies, Tremblant de la caresse encor de l’herbe haute, Ce parfum végétal qui monte, lorsque j’ôte Tes bas éclaboussés de rosée ou de pluie ;   Jusqu’à cette rancœur du ventre pâle et lisse Où l’ambre et la sueur divinement se mêlent Aux... [Lire la suite]
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25 mai 2019

Angèle Vannier (1917 – 1980) : « Je suis née de la mer... »

  Je suis née de la mer et ne le savais plus Trop de pavots avaient maculé mes pieds nus Les soirs où les bergers m'appelaient dans la ronde Pour passer le furet de ma main dans leurs mains Furet des bois jolis furet des vieux jardins.   Je suis née de la mer et ne le savais plus Trop de chênes avaient appris à mon corps nu Cette haute caresse où l'écorce connaît La façon d'arracher aux jeunes filles blondes Des gouttes de bonheur de quelque sainte plaie.   Je suis née de la mer et ne le savais plus ... [Lire la suite]
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24 mai 2019

Louis Aragon (1897 – 1982) : La beauté du diable

  La beauté du diable   Jeunes gens le temps est devant vous comme un cheval échappé Qui le saisit à la crinière entre ses genoux qui le dompte N'entend désormais que le bruit des fers de la bête qu'il monte Trop à ce combat nouveau pour songer au bout de l'équipée   Jeunes gens le temps est devant vous comme un appétit précoce Et l'on ne sait plus que choisir tant on se promet du festin Et la nappe est si parfaitement blanche qu'on a peur du vin Et de l'atroce champ de bataille après le repas des noces ... [Lire la suite]
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