06 août 2015

Robert Desnos (1900 – 1945) : Les espaces du sommeil

    Les espaces du sommeil   Dans la nuit il y a naturellement les sept merveilles du monde    et la grandeur et le tragique et le charme. Les forêts s’y heurtent confusément avec des créatures de    légende et cachées dans les fourrés. Il y a toi. Dans la nuit il y le pas le promeneur et celui de l’assassin    et celui du sergent de ville et la lumière du réverbère et    celle de la lanterne du chiffonnier. Il y a toi. Dans la nuit passent les trains et les bateaux... [Lire la suite]
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04 août 2015

Victor Hugo 1802 -1885) : Soleils couchants

Photographie par Charles Hugo (1853-1855)   Soleils couchants Merveilleux tableaux que la vue découvre à la pensée. CH. NODIER I   J'aime les soirs sereins et beaux, j'aime les soirs, Soit qu'ils dorent le front des antiques manoirs                Ensevelis dans les feuillages ; Soit que la brume au loin s'allonge en bancs de feu ; Soit que mille rayons brisent dans un ciel bleu ... [Lire la suite]
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03 août 2015

Serge Meitinger (1951 - ) : Prose du lieu

  Prose du lieu La maîtrise dont l’oracle est à Delphes / ne parle / ni ne crache / il fait signe / Héraclite      / l’amas de rochers / haras de croupes assoupies parmi les fougères / le happement glauque de la mer / roulement fauve des galets ressassés / et le vide s’écroulant des hauteurs dans le cri vertigineux de la mouette plongeuse /        / quelle épaisseur proche et impalpable  me faut-il traverser pour rejoindre le paysage familier / si étrange / pour... [Lire la suite]
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30 juillet 2015

Valéry Larbaud (1881 -1957) : Carpe diem…

  Carpe Diem   Cueille ce triste jour d’hiver sur la mer grise, D’un gris doux, la terre est bleue et le ciel bas Semble tout à la fois désespéré et tendre ; Et vois la salle de la petite auberge Si gaie et si bruyante en été, les dimanches, Et où nous sommes seuls aujourd’hui, venus De Naples, non pour voir Baïes et l’entrée des Enfers, Mais pour nous souvenir mélancoliquement.   Cueille ce triste jour d’hiver sur la mer grise, Mon amie, ô ma bonne amie, ma camarade ! Je crois qu’il est pareil... [Lire la suite]
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29 juillet 2015

Georges Fourest (1867- 1945) : Le Cid

  Le Cid Va, je ne te hais point ... [Lire la suite]
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28 juillet 2015

Benjamin Péret (1899 – 1959) : Allo

    Allo   Mon avion en flammes mon château inondé de vin du Rhin mon ghetto d'iris noirs mon oreille de cristal mon rocher dévalant la falaise pour écraser le garde-champêtre mon escargot d'opale mon moustique d'air mon édredon de paradisiers ma chevelure d'écume noire mon tombeau éclaté ma pluie de sauterelles rouges mon île volante mon raisin de turquoise ma collision d'autos folles et prudentes ma plate-bande sauvage mon pistil de pissenlit projeté dans mon oeil mon oignon de tulipe dans le... [Lire la suite]
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27 juillet 2015

Gérard de Nerval (1808 – 1855) : Epitaphe

  Epitaphe    Il a vécu tantôt gai comme un sansonnet, Tour à tour amoureux insoucieux et tendre, Tantôt sombre et rêveur comme un triste Clitandre. Un jour il entendit qu'à sa porte on sonnait.   C'était la Mort ! Alors il la pria d'attendre Qu'il eût posé le point à son dernier sonnet ; Et puis sans s'émouvoir, il s'en alla s'étendre Au fond du coffre froid où son corps frissonnait.   Il était paresseux, à ce que dit l'histoire, Il laissait trop sécher l'encre dans l'écritoire. Il voulait... [Lire la suite]
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25 juillet 2015

Vahé Godel (1931 - ) : Murs sans fenêtres / Portes closes

  Murs sans fenêtres Portes closes   I Ici j’apprends le langage des murs : cette fissure en sait plus long que moi ce trou clame son innocence cet autre ne dit rien ce clou cache son jeu   (cette mouche immobile est le centre du monde)   II A force d’être silencieux                      et nus dépourvus de fenêtres   les murs m’ont revêtu de leur ombre ... [Lire la suite]
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23 juillet 2015

Ghérasim Luca (1913 – 1994) : La fin du monde

  La fin du monde   ...  Prendre corps Je te narine je te chevelure je te hanche tu me hantes je te poitrine je buste ta poitrine puis te visage je te corsage tu m’odeur tu me vertige tu glisses je te cuisse je te caresse je te frissonne tu m’enjambes tu m’insupportable je t’amazone je te gorge au ventre je te jupe je te jarretelle je te bas je te Bach oui je te Bach pour clavecin sein et flûte   je te tremblante tu me séduis tu m’absorbes je te dispute je te risque je te grimpe tu me... [Lire la suite]
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16 juillet 2015

Louis Guillaume (1907 -1971) : Incertitudes

      Incertitude. Où la voix Dira le mot, la vie Recommencera. Pour l’instant Rien qu’une attente. Un désir Qui n’ose s’avouer Désir. Une aube Oublieuse de la nuit Mais qui doute du jour. Tout pourrait rester ainsi Entre rêve et sang, Souffle et pierre. N’avoir qu’une conscience, L’angoisse. N’être qu’un remous De néant. Mais, la parole Enfin gorgée de silence, Voici que sur le fond Blême du matin se lève Un soleil sur de sa fin.    Agenda, Editions José Corti,1970 Du même... [Lire la suite]
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