22 mars 2015

Max Jacob (1876-1944) : La terre

  La Terre   Envolez-moi au-dessus des chandelles noires de la terre. Au-dessus des cornes venimeuses de la terre. Il n’y a de paix qu’au-dessus des serpents de la terre. La terre est une grande bouche souillée : ses hoquets, ses rires à gorges déployée sa toux, son haleine, ses ronflements quand elle dort me triturent l’âme. Attirez-moi dehors ! Secouez-moi, empoignez-moi, et toi Terre chasse-moi. Surnaturel, je me cramponne à ton drapeau de soie ! que le grand vent me coule dans tes plis qui... [Lire la suite]
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21 mars 2015

Clément Marot (1496-1544) : Le Beau Tetin

Le Beau Tétin   Tétin refait (1), plus blanc qu'un œuf, Tétin de satin blanc tout neuf, Toi qui fais honte à la rose Tétin plus beau que nulle chose, Tétin dur, non pas tétin voire (2) Mais petite boule d'ivoire Au milieu duquel est assise Une fraise ou une cerise Que nul ne voit, ne touche aussi, Mais je gage qu'il en est ainsi. Tétin donc au petit bout rouge, Tétin qui jamais ne se bouge, Soit pour venir, soit pour aller, Soit pour courir, soit pour baller (3) Tétin gauche, tétin mignon, Toujours loin de son... [Lire la suite]
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20 mars 2015

Charles d’Orléans (1391 – 1465) : « Le temps a laissé son manteau… »

Le temps a laissé son manteau De vent, de froidure et de pluie, Et s’est vêtu de broderie, De soleil luisant clair et beau.   Il n’y a bête ni oiseau Qu’en son jargon ne chante ou crie : Le temps a laissé son manteau !   Rivière, fontaine et ruisseau Portent en livrée jolie, Gouttes d’argent d’orfèvrerie, Chacun s’habille de nouveau : Le temps a laissé son manteau !   Le temps a laissié son manteau De vent, de froidure et de pluye, Et s'est vestu de brouderie, De soleil luyant,... [Lire la suite]
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19 mars 2015

James Sacré (1939 - ) : Trois figures qui bougent un peu : Figure 18

Trois figurent qui bougent un peu   Figure 18   Des fois il est tard le silence est quand même là après le travail alors on comprend soudain combien c’est dérisoire et presque  rien d’aimer ça va passer quelqu’un s’en va comme toujours  en marge Le vrai bonheur on sait pas trop quoi vraiment un geste      un visage on n’a pas le temps même quand c’est présent moment de désespoir anodin petit détail vif qu’on  a vu feuillage dans un jardin parisien le travail ... [Lire la suite]
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17 mars 2015

Bernard Moreau (1962 - ) : Les Matinaux

  Est-ce vraiment de l’eau une respiration peut-être recouvrant la vitre d’une buée d’haleine graisseuse que rien n’effacera dépôt des jours où nous vivons inquiets de la matière que porte le vent je rêve encore de transparence d’esprit de l’air voilà le ciel chargé de l’encens brûlé ici aux dieux que nous avons conçus sortis de flots épais inaltérables cuirassés dans le petit matin corrosif où nous voulons goûter encore la joie du commencement   Les Matinaux   Remblai des jours, Editions Corps Puce,... [Lire la suite]
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16 mars 2015

Denis Rigal (1938 -) : « Une fois, / Les écluses s’ouvrirent… »

  Une fois, Les écluses s’ouvrirent pour les vaisseaux de haut-bord portant à notre seuil espace et humaine abondance.   La parole fut donnée : Aurore et fête et camarade, tout franchissait. L’histoire était le temps était imaginaire un océan de salubre venue était la ville ensemble et toute voix mêlées   On voyait bleu.   et puis les rues se sont resserrées sous les murs orbes, la sagesse monnayante, les dogmes, les ciels ferlés, jusqu’aux gravats de terres gastes, tessons de rêves, orties,... [Lire la suite]
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15 mars 2015

Jacques Charpier (1926 - ) : L’ Accordée

L’Accordée   Souvenez-vous de cette plage, où l’armée bleue du soir chantait sur notre    bouche… Nous regardions la mer, la mer du sire de Joinville et du jeune Sindbad . N’était-ce pas assez que de la voir, ainsi rêveuse d’un désir inavoué,    longuement nous sourire ?   Dans l’odeur de thé vert du printemps, vous étiez là, pareille à l’un de ces    êtres lointains, Dont la plume, posée sur les lèvres, rend fou de bonheur : Celui-ci d’Australie et dont les ailes sont de... [Lire la suite]
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12 mars 2015

Alfred de Musset ( 1810 – 1957) : La nuit de mai

La nuit de mai     La Muse Poète, prends ton luth et me donne un baiser ;  La fleur de l'églantier sent ses bourgeons éclore,  Le printemps naît ce soir ; les vents vont s'embraser ;  Et la bergeronnette, en attendant l'aurore,  Aux premiers buissons verts commence à se poser.  Poète, prends ton luth, et me donne un baiser.     Le Poète Comme il fait noir dans la vallée ! J'ai cru qu'une forme voilée Flottait là-bas sur la forêt.  Elle sortait de la prairie ;  ... [Lire la suite]
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11 mars 2015

Daniel Biga (1940 - ) : Homme né en 1940

Homme né en 1940     - c’était la guerre on a toujours eu peur de tout dans la famille où j’ai grandi en sabots raison de mes pieds plats je mangeais des topinambours de la polenta et des figues séchées Mon père n’était pas grec mais électricien avec un nom du Piémont j’ai aussi le sang d’un berger des Pouilles et d’une princesse monténégresque la tignasse du corsaire maure qui séduit une Catarina Ségurana d’il y a bien longtemps Nous avons des héros morts des couards aussi la gloire nous a salué en plusieurs... [Lire la suite]
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09 mars 2015

Yann-Fulub Follet (1960 - ) : « J’allais, mon ombre était la peur… »

III J’allais, mon ombre était la peur   (il nous fallait marcher par ces chemins creux des mauvaise saisons ; les ronces, prisonnières des talus et des sombres ornières tordaient les pieds dans les sabots, écorchaient le visage les mains étaient devenues bleu nuit, le givre brouillait le regard et rougissait le nez la mort nous guettait à chaque fossé, à chaque douve au détour des barrières de bois et des grillages, derrière chaque arbre était tendu ce fil qui donnait de l’élan à celui qui s’y... [Lire la suite]
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