13 octobre 2015

Frédéric-Jacques Temple (1921 - ) : Un long voyage

  Un long voyage   Ce fut un très ancien voyage sur des plateaux immobiles…   Déjà les grives semaient l’automne, Mais voici que naissaient dans les coulées de pierres blanches, Les bourgeons de mon enfance En toi resurgie. Nous avancions dans les herbes rèches Et je te récitais le cantique futur de mes ordalies.   Enfant très lointain, meunier de mes silences, Je t’aimais comme une pluie sur les blessures de l’âme.   Nous conduisions les troupeaux nébuleux de nos heures parmi ... [Lire la suite]
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12 octobre 2015

Saint- Georges de Bouhélier (1876 – 1947 ) : Rue avant l’aube

  Rue avant l’aube   Sur le pavé ronfle un remous de foule drue, Des tambours crient en un bruit rauque d’ouragan. Et, parmi des tohu-bohu là-bas claquant, Luisent des jets de pourpre aux hampes : ... [Lire la suite]
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10 octobre 2015

Claude Esteban (1935 – 2006) : Croyant nommer

Croyant nommer   ………………………… Armure du matin.   Je ne sors plus de moi. Je traverse   mes lèvres   sans voir que le soleil déchire l’air                             les murs.     J’invente des couloirs où le froid s’accumule   courbe   jusqu’à ce cri.   * *   * A chaque pierre   dans l’éclat inanimé du jour   la... [Lire la suite]
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07 octobre 2015

Claude Morenas ( ? – 2009) : Petit jour blanc

  Petit jour blanc   Petit jour blanc              lumière tamisée grise comme un éclairage de pluie              le souffle régulier de François fenêtre ouverte sur le vallon             toutes les voix d’oi- seaux éveillés parlent... [Lire la suite]
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06 octobre 2015

Michel Houellebecq (1956 - ) : Fin de soirée

  Fin de soirée   En fin de soirée, la montée de l’écoeurement est un phénomène inévitable. Il y a une espèce de planning de l’horreur. Enfin, je ne sais pas ; je pense. L’expansion du vide intérieur. C’est cela. Un décollage de tout événement possible. Comme si vous étiez suspendu dans le vide, à équidistance de toute action réelle, par des forces magnétiques d’une puissance monstrueuse.   Ainsi suspendu, dans l’incapacité de toute prise concrète sur le monde, la nuit pourra vous sembler longue. Elle... [Lire la suite]
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03 octobre 2015

Gaston Puel (1924- 2013) : « J’habitais un corps lézardé… »

     J’habitais un corps lézardé. Il dut se fendre d’un coup : je reçus l’aube comme un baquet d’eau fraîche.       Quand la nuit n’est qu’une lie et que le regard n’ausculte que l’abîme, quel bonheur (je suis sûr de ce mot) de se hisser hors de la margelle ! Les mains meurtries touchent l’huile du jour ; le visage s’élance plus léger que les jambes.      Est-ce l’innocence du matin ? La grâce d’un fruit cueilli ? Je ne sais, je ne saurai jamais.... [Lire la suite]
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01 octobre 2015

André Delons (1909 – 1940) : « Il n’y pas de nuages sans elle… »

    (…)      « Il n’y pas  de nuages sans elle, Etoile de la dernière heure, fourche des jambes embuées de lave et de douceur, dernier horizon aperçu par le sommeil, dévalant à grand bruit, et sous le silence des orages qui ne finissent pas, la pente de ses cheveux couleurs de nuit.      Il n’y pas  de marais sans brumes, mais il n’y a pas non plus ce grand sourire hautain tournant comme un feu sans l’indéchiffrable odeur qui tremble au milieu d’une chambre promise aux... [Lire la suite]
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25 septembre 2015

Victor Segalen (1878 – 1919) : Eloge et pouvoir de l’absence

Eloge et pouvoir de l’absence                                  Je ne prétends point être là, ni survenir à l’improviste, ni paraître en habits et chair, ni gouverner par le poids visible de ma personne,    Ni répondre aux censeurs, de ma voix ; aux rebelles, d’un œil implacable ; aux ministres fautifs, d’un geste qui suspendrait les têtes à mes ongles. ... [Lire la suite]
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24 septembre 2015

Isidore Ducasse, Comte de Lautréamont (1846 – 1870) : « Au clair de la lune, près de la mer »

      (…)      Au clair de la lune, près de la mer, dans les endroits isolés de la campagne, l'on voit, plongé dans d'amères réflexions, toutes les choses revêtir des formes jaunes, indécises, fantastiques. L'ombre des arbres, tantôt vite, tantôt lentement, court, vient, revient, par diverses formes, en s'aplatissant, en se collant contre la terre. Dans le temps, lorsque j'étais emporté sur les ailes de la jeunesse, cela me faisait rêver, me paraissait étrange; maintenant, j'y suis habitué.... [Lire la suite]
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22 septembre 2015

Alphonse de Lamartine (1790 – 1869) : L’Isolement

  L'isolement   Souvent sur la montagne, à l'ombre du vieux chêne, Au coucher du soleil, tristement je m'assieds ; Je promène au hasard mes regards sur la plaine, Dont le tableau changeant se déroule à mes pieds.   Ici gronde le fleuve aux vagues écumantes,  Il serpente, et s'enfonce en un lointain obscur ; Là le lac immobile étend ses eaux dormantes Où l'étoile du soir se lève dans l'azur.   Au sommet de ces monts couronnés de bois sombres, Le crépuscule encor jette un dernier... [Lire la suite]
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