21 avril 2020

Paul Dirmeikis (1954 -) : L’Epaule d’Orphée

  L’épaule d’Orphée   - Dix stances de sel –   STANCE I   Chœur de la blessure : Voici donc le partage à la jarre ! Deux mains qui s’éloignent après l’étreinte du cilice à vos reins lissant au ciel ses veines comme des rives bleuies.   Voici dans l’orne le tracé gravide où la lyre d’Orphée se déliera Voici aux cornes alliées à vos âmes sa drège de cordes comme des lames au fil des cœurs à vif et sans mémoire   Voici les noces du sel et de la plaie ! Les voici à vos... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

20 avril 2020

Tristan Corbière (1845 – 1975) : Sous un portrait de Corbière

  Sur un portrait de Corbière en couleurs fait par lui et daté de 1868                   Jeune philosophe en dérive               Revenu sans avoir été,                  Cœur de poète mal planté :               Pourquoi voulez-vous que je vive ?     L’amour !... je l’ai rêvé, mon cœur au grand ouvert Bat... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
19 avril 2020

Jude Stéfan (1930 -) : A une lectrice d’arbres

  A une lectrice d’arbres     Chère amie me dites-vous peu longévif que le séquoia atteint jusqu’à mille ans pour m’accabler ou parce qu’il se plaît au bord des eaux ? Résister au froid le pin qui préfère la tourbe – moi me fige l’argile finale ayant trop vu trôner le thuya au centre des hospices où jouent les vieillards aux fantômes et l’on dit menacé l’orme ? Mais le port du tremble, le couvert dense du tilleul où chantaient les pipeaux pastoraux, l’orange des sorbiers ? O blanche aubé-... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:02 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
17 avril 2020

Max Jacob (1876 – 1944) : Agonie

   Agonie   Mon Dieu ! que je suis las d’être sans espérance, de rouler le tonneau lourd de ma déchéance et sans moyens d’en finir avec la terre. Je transporte Satan comme un intermédiaire, j’écorne mon blason avec mes haut-le-corps, je tourne chaque nuit mes visions vers les morts, je frappe avec mon crâne aux rochers de l’enfer, et les draps de mon lit sont en paille de fer. Souvent dans mon sommeil la même île électrique marque en couteau de sang mes noms patronymiques sur ma peau. Membres,... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:45 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags :
14 avril 2020

Théophile de Viau (1590 – 1626) : Le matin

  Le matin   L'Aurore sur le front du jour Sème l'azur, l'or et l'ivoire, Et le Soleil, lassé de boire, Commence son oblique tour.   Ses chevaux, au sortir de l'onde, De flamme et de clarté couverts, La bouche et les nasaux ouverts, Ronflent la lumière du monde.   La lune fuit devant nos yeux ; La nuit a retiré ses voiles ; Peu à peu le front des étoiles S'unit à la couleur des cieux. ....................................................   Une confuse violence Trouble le calme... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:08 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
09 avril 2020

Jacques Réda (1929 -) : Le soir, rue de la Duée

    Le soir, rue de la Duée   A cinq heures du soir, l’hiver, un dimanche muet Retenait un peu de lumière aux angles des façades Et, sous un coup de vent tournant autour des palissades, Quelque chose - un vieux sac, un journal, un chat – remuait.   Je marchais sans bruit par la rue obscure, sous la chiche Clarté de carreaux fascinés par l’ombre ou les plafonds, Vers la lueur encore plus avare d’une friche Où les arbres avaient massé leurs entrelacs profonds.   Quelques êtres humains passaient,... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 23:57 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

09 avril 2020

Pierre Reverdy (1889 – 1960) : Mémoire

    Mémoire   Une minute à peine                Et je suis revenu De tout ce qui se passait je n’ai rien retenu Un point      Le ciel grandit                Et au dernier moment La lanterne qui passe                Le pas que l’on entend      Quelqu’un s’arrête... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:11 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
08 avril 2020

Rutebeuf (1230 -1285) : La grièche d’hiver

  La grièche d’hiver   Quand vient le temps qu’arbre défeuille quand il ne reste en branche feuille qui n’aille à terre, par la pauvreté qui m’atterre, qui de toutes parts me fait guerre, près de l’hiver, combien se sont changés mes vers, mon dit commence trop divers de triste histoire. Peu de raison, peu de mémoire m’a donné Dieu, le roi de gloire, et peu de rentes, et froid au cul quand bise vente : le vent me vient, le vent m’évente et trop souvent je sens venir et revenir le vent. La grièche m’a... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:03 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
07 avril 2020

Jean Cocteau (1889 – 1963) : Le séjour près du lac

  Le séjour près du lac Trois poèmes   Tu te disais : plus tard au temps des beaux voyages,  Respirer l’air, soufré par de secrets... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:03 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
04 avril 2020

Marie – Noël (1983 – 1937) : Vision

  Vision   Quand j’approcherai de la fin du Temps, Quand plus vite qu’août ne boit les étangs, J’userai le fond de mes courts instants ;   Quand les écoutant se tarir, en vain J’en voudrai garder pour le lendemain, Sans que Dieu le sache, un seul dans ma main ;   Quand la terre ira se rétrécissant Et que mon chemin déjà finissant Courra sous mes pieds au dernier versant ;   Quand sans reculer pour gagner un pas, Quand sans m’arrêter ni quand je suis las, Ni dans mon sommeil,... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :