23 février 2020

Paul - Jean Toulet (1867 – 1920) : « Toute allégresse...

  Toute allégresse a son défaut           Et se brise elle-même Si vous voulez que je vous aime           Ne riez pas trop haut ;   C’est à voix basse qu’on enchante           Sous la cendre d’hiver Ce cœur pareil au feu couvert,           Qui se consume et chante.   Les Contrerimes Editions du Divan, 1921 Du même... [Lire la suite]
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21 février 2020

Alain Borer (1949 -) : La belle de Halley

  La belle de Halley (pendant son monologue, la comète effectue une rotation autour des deux captifs)        Le voyage est si long pour que je resplendisse      Au-delà des dernières planètes aux confins du système solaire      Dans l’obscurité pure et le froid absolu tourne autour du Soleil une invisible sphère      Idole informe et vague, Ô ma mère cruelle et glacée en coulisses !      Par milliards ses... [Lire la suite]
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18 février 2020

Théodore Agrippa d’Aubigné (1551 – 1630) : « Je sens bannir ma peur... »

  Je sens bannir ma peur et le mal que j'endure, Couché au doux abri d'un myrte et d'un cyprès, Qui de leurs verts rameaux s'accolant près à près Encourtinent(1) la fleur qui mon chevet azure !   Oyant virer au fil d'un musicien murmure Milles nymphes d'argent, qui de leurs flots secrets Bebrouillent(2) en riant les perles dans les prés, Et font les diamants rouler à l'aventure.   Ce bosquet de vert-brun qui cette onde obscurcit, D'échos harmonieux et de chants retentit. Ô séjour aimable ! ô repos... [Lire la suite]
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15 février 2020

Jean - Charles Le Toullec (1943 – 1977) : L’Office des morts

  L’office des morts   ... [Lire la suite]
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15 février 2020

Maurice Scève (1500 – 1563 ?) : « Tant je l’aimai... »

  XLIX   Tant je l’aimai qu’en elle encor je vis : Et tant la vis que, malgré moi, je l’aime. Le sens et l’âme y furent tant ravis, Que par l’œil faut que le cœur la désaime.           Est-il possible en ce degré suprême Que fermeté son oultrepas(*) révoque ?           Tant fut la flamme en nous deux réciproque Que mon feu luit, quand le sien clair m’appert, Mourant le sien, le mien tôt se suffoque, Et ainsi... [Lire la suite]
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14 février 2020

Serge Sautreau (1943 - 2010) : A l'intérieur on songe

  A l'intérieur on songe (fragments)   « L’improbable poésie, son bégaiement, ses grèves »   La koésie est un dîner de gala chez les sans-papiers En partant elle emporte tout Même les montres   Elle a ses entrées dans les salles de contrôle Tous les écrans pour capter l’indicible Les cordages piègent le vent c’est de la buée de pauvres On en fera un ressac sur un catamaran L’absence de toute idée aura le dernier mot : formel D’autres disent formol mais ce sont des alouettes d’angle ... [Lire la suite]
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05 février 2020

Heather Dohollau (1925 – 2013) : Le tertre blanc

  Le tertre blanc   après la route         le chemin dépassant la croix et les jardins aux maisons vides pour arriver au tertre où les branches de fenouil étoilent de tout près le ciel et la mer est en bas la distance est toujours temps les pas heurtent le rien entre ici et là       ces maisons plus loin informent autrement l’air et vu du dehors le jardin a perdu pied tout est plus bas           plus... [Lire la suite]
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30 janvier 2020

Michel Baglin (1950 – 2019) : De chair et de mot

  De chair et de mots   Nous, de chair et de mots, au texte obscur de nos cellules assujettis. - Nous, par la parole élargis. * Façonnés dans le pétrin des gestes, accrus par le levain des phrases, panifiés au fournil de la bouche dans la boulange des signes et du sang * Générations après générations, avons appris les traces, avons repris la marche et dépassé parfois des point mortels de suspension... * Les fils meurent un peu plus loin que les pères, leurs enfants encore plus avant. Leurs... [Lire la suite]
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28 janvier 2020

Benjamin Péret (1899 – 1959) : « Le feu vêtu de deuil »

  Photographie de Man Ray       Le feu vêtu de deuil jaillit par tous ses pores La poussière de sperme et de sang voile sa face tatouée de lave Son cri retentit dans la nuit comme l’annonce de la fin des temps Le frisson qui se hâte sur sa peau d’épines court depuis que le maïs se lisse      dans le vent Son geste de cœur brandi à bout de bras s’achève en cinquante-deux ans dans      un brasier d’allégresse Lorsqu’il parle la pluie d’orage excite les réflexes des... [Lire la suite]
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27 janvier 2020

Bernard Noël (1930 -) : Le bât de la bouche

  Le bât de la bouche Fragments A Jan Voss .   La vie un peu d’eau quelques mots sur la langue Il n’y a que le visible seulement il s’ampute de lui-même pour être le jour sans la nuit Les signes eux sont toujours noir sur blanc Le lisible est lié à l’obscur La mort écrit derrière les yeux mais les contraires de l’un à l’autre tendent une même lumière et c’est en nous l’excès de nuit qui nous fait la peau blanche   Je sens ma voix quand quelque chose cherche mes lèvres Chacun  a sa part de... [Lire la suite]
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