15 juillet 2019

Olivier Deschizeaux (1970 -) : Je me suis vu (II)

  Je me suis vu   II   Je me suis vu alourdissant l’ombre dans la nuit transfigurée jetant mon ancre à l’œil mort des fougères homme de rien dans la disgrâce et le chemin des figures brisées tournesols à l’orée des folies et traumas tournesols feignant la vie d’un geste d’éventail   je me suis vu fils des petites âmes sur la liste rouge ô le rythme des reines sur mes reins de faïence et le temps qui s’efface comme le printemps de ma mémoire ronde l’heure tourne autour des banquets je ne fus qu’un... [Lire la suite]
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12 juillet 2019

Jacques Prévert (1900 – 1977) : La grasse matinée

  La grasse matinée   Il est terrible le petit bruit de l’œuf dur cassé sur un comptoir d'étain il est terrible ce bruit quand il remue dans la mémoire de l'homme qui a faim elle est terrible aussi la tête de l'homme la tête de l'homme qui a faim quand il se regarde à six heures du matin dans la glace du grand magasin une tête couleur de poussière ce n'est pas sa tête pourtant qu'il regarde dans la vitrine de chez Potin il s'en fout de sa tête l'homme il n'y pense pas il songe il imagine une autre tête ... [Lire la suite]
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09 juillet 2019

André du Bouchet (1924 – 2001) : Ici en deux

             ICI EN DEUX                                        .... que                tu te déplaces                alors ... [Lire la suite]
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08 juillet 2019

Michel Leiris (1901 – 1990) : Les pythonisses

  Les pythonisses    Les lampes à gaz qui brûlent au fronton des bâtiments industriels éclairent parfois des eaux froides et vertes comme la menthe minces filets coulant avec un maigre bruit le long des trottoirs pour enjoliver de leur ruban liquide les contours souvent sans grâce de la pierre   Un reflet éclate dans le ruisseau et c'est ce choc signe de l'étreinte ensorcelée de la lumière et de sa réplique        rampante en marche le long de toutes les rues vers la... [Lire la suite]
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07 juillet 2019

Xavier Grall (1930 – 1981) : Son âme dans le couloir

  Son âme dans le couloir               Il a mis son âme dans le couloir, avec l’horloge, les manteaux et les haillons. Il ne partira pas. Il ne partira plus jamais.             Son âme dans le couloir gît, veuve des voyages et pèlerinages qui ne le verront pas cueillir les oranges de Californie, les mangues de Ceylan, boire les vins guerriers et mystique des Espagnes.   ... [Lire la suite]
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06 juillet 2019

Pierre Minet (1909 – 1975) : Abandonnés

  Abandonnés...   Abandonnés à la bienfaisance du sol Qui achève notre marche, Mollement écrasés, disjoints... Nous nous éterniserons...   Au-dessus bavarderont d’autres joies D’autres heures fragiles... D’autres cœurs, d’autres chairs enfleront Sous l’amour... La lumière, les nuits seront toujours palpées par le rêve, les yeux, le bonheur dureront...   Emiettés Sillonnés par la marche annelée des vers Nous nous éterniserons...   Des âges téméraires L’Ether Vague, Toulouse, 1989 Du même... [Lire la suite]
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05 juillet 2019

René Daumal (1908 – 1944) : Le grand jour des morts

  Le grand jour des morts   La nuit, la terreur, à cent pas sous terre, les caveaux sans espoir, la peur dans la moelle et le noir dans l'œil — l'appel de l'étoile meurt au bord du puits — et ces mains, ta détresse blanche dans la brume glacée du fond de toute la vie, dans la détresse blanche de ces mains qui seront les miennes un jour, tellement je les aurai aimées.   Ne t'échappe pas, me dit la lumière — celle qui éclate partout ici, mais légère sur l'épaisseur aveugle qu'elle enferme et vaine ;... [Lire la suite]
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29 juin 2019

Mérédith Le Dez (1973 -) : Souviens-moi

  Souviens-moi   I Souviens-moi à voix basse de l’ombre encore dans l’enclos et toujours souviens-moi les yeux mi-clos du jours dehors prêt à bondir   Oui   Souviens-moi inlassable de la clairière du poème   II Souviens-moi   Souviens-moi aux boucles des matins empoignés sans douceur souviens-moi du soleil tantôt levé tantôt couché comme d’une sueur de bête arquée sur la mer   Souviens-moi du silence de l’eau jugulée   III Souviens-moi   Souviens-moi ... [Lire la suite]
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28 juin 2019

Christian Bachelin (1933 -) : « Pourquoi nous émouvoir... »

  Pourquoi nous émouvoir d’un paysage d’oiseaux D’une alouette sonnant les matines du soir Simplement d’une abeille cognant sur la vitre Si déjà la rumeur ne réveille l’écho D’une autre nostalgie plus vaste que l’oubli Et nous qui sommes fous d’irréel de mystère Pourquoi nous éblouir seulement d’une pomme Toute ronde vêtue de clarté coutumière Comme si par le charme ultime d’un regard L’intemporel devait s’enraciner ici A l’ombre d’un seul jour au ciel d’un seul pays   Neige exterminatrice Editions Guy... [Lire la suite]
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27 juin 2019

Francesca-Yvonne Caroutch (1937-) : « Dormeurs enfouis sous la rivière... »

    Dormeurs enfouis sous la rivière enfants aux yeux rivés à l’envers des lueurs veilleurs ensorcelés sous l’aile du mirage nous sentons grandir entre nous des paysages impalpables Les dieux oubliés se consument dans le halo des marécages Nous épions le miracle égarés entre deux vents endormis entre les planètes aveugles les arbres sans mémoire   La Voie du cœur de verre Editions Saint-Germain-des-Prés, 1972
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