24 juin 2020

Yves Elléouët : Au pays du sel profond

  Au pays du sel profond   au pays du sel profond au pays de l’éperdu la vie mince suit l’abeille l’avette ancienne épinglée à des fronts au calme total ou posée au creux des seins de la femme quotidienne couchée là sous la main vêtue de ma mémoire empesée de hardes violentes parfois elle s’évade pour un voyage et parée de la frileuse fourrure du matin elle s’enfonce dans une histoire des vieux âges où sa chute fait retentir la voix triste des marais   Au pays du sel profond Editions Bretagne,1979 ... [Lire la suite]
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19 juin 2020

Florence Pazzottu (1962 -) : « éteint l’amer rivage... »

  éteint l’amer rivage où murit toute attente mais d’une ardeur étreinte et pure, douce, à flanc de perte ourdie le silence peuplé de la mer                     * déposé tout visage loin des rives enfiévrées voix offertes au corps sans âge du silence le nu est océan nul exil                     * viens ou si tu ne viens pas... [Lire la suite]
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16 juin 2020

Jean Tardieu (1930 – 1995) : Le paysage

  Paris 1954   Le paysage          Non, la terre n'est pas couverte d'arbres, de pierres, de fleuves : elle est couverte d'hommes.     Si les meilleurs sont enfermés dans un long supplice, s'il n'y a plus que le mensonge qui se montre, chamarré de fausses prairies,      si quelqu'un te dit : "Admire le soleil !" - et tu ne vois que le miroitement de la boue, ou bien : " Fais ton devoir !" - et on te tend un couteau pour égorger ta mère et ton... [Lire la suite]
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15 juin 2020

Roger Milliot (1927 -1968) : « La pierre... »

  La pierre passe aussi Par le froid de la mort   Laissant la lumière dehors Garde la nuit sans fêlure Mais soit clair Si l’on te fend.   Qui ? Edition complète et définitive Mostra del Larzac, 1969 Du même auteur : Pour une mort choisie (08/07/2014) « Je me forçais à naître chaque jour… » (15/06/2016) Ville (15/06/2017) « Il y a ce corridor sans fenêtre... » (14/06/2018) Qui ? (14/06/2019)
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14 juin 2020

Michel Dugué (1946 -) : Nocturnes

    Nocturnes Pour Jeanine   I Le noir te sied ainsi le blanc à la morte.   Fallait-il le dire à toi ?   Si parfaitement proche comme absente en ces instants où les couleurs t’habitent.   II Et toi, marchant dans l’ombre qui s’engrange. De toutes rumeurs, tu gardes celle du flot ressassant la plainte antique.   Et toi, conservant de l’été ces mêmes bruissement d’élytres, tu appuies la mémoire à ses recoins d’ombre.   Je sais ! De la brume peut surgir... [Lire la suite]
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13 juin 2020

Yves Bonnefoy (1923 – 2016) : Le fleuve

   Le fleuve   Mais non, toujours D’un déploiement de l’aile de l’impossible Tu t’éveilles, avec un cri, Du lieu, qui n’est qu’un rêve. Ta voix, soudain, Est rauque comme un torrent. Tout le sens, rassemblé, Y tombe, avec un bruit De sommeil jeté sur la pierre.   Et tu te lèves une éternelle fois Dans cet été qui t’obsède. A nouveau ce bruit d’un ailleurs, proche, lointain ; Tu vas à ce volet qui vibre... Dehors, nul vent, Les choses de la nuit sont immobiles Comme une avancée d’eau dans la... [Lire la suite]
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08 juin 2020

Ilarie Voronca (1903 – 1946) : « Quand nos âmes seront réunies... »

  VIII   Quand nos âmes seront réunies depuis des milliers d’années Et que nous pèserons moins que des nuages sur la cime des montagnes Quand, même la faible lumière du couchant fera frissonner les feuilles Plus que ne le feront nos souffles aériens dans les branches.   Sans espace et sans temps. Transparents l’un dans l’autre Chacun de nous étant l’autre enfin et lui-même Je t’implorerai soudain : montre-moi un instant En la forme que j’adorais autrefois sur la terre.   Oui, reprends pour un... [Lire la suite]
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07 juin 2020

James Sacré (1939 -) : Oiseaux qui sont dans le cœur des arbres

  Oiseaux qui sont dans le cœur des arbres     Ramiers dans les arbres les grands au fond du dernier pâtis après les chemins les derniers toits ramiers dans les branches repos ils y sont restés (peut-être) pourtant combien de fusils tant de poèmes pourtant les tracteurs les remembrements pourtant dans les arbres toujours et ce mot ramier (piège ou rien ?) dans ramure ou poème.   Pigeon plumes dans le centre du cœur des arbres (grands chênes dans les bas) ils sont arrivés par bande un soir ... [Lire la suite]
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06 juin 2020

Francis Ponge (1899 – 1998) : La cruche

La Cruche        Pas d’autre mot qui sonne comme cruche. Grâce à cet U qui s’ouvre en son milieu, cruche est plus creux que creux et l’est à sa façon. C’est un creux entouré d’une terre fragile : rugueuse et fêlable à merci.        Cruche d’abord est vide et le plus tôt possible vide encore.      Cruche vide est sonore.      Cruche d’abord est vide et s’emplit en chantant.      De si peu haut que l’eau s’y... [Lire la suite]
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05 juin 2020

Armand Robin (1912 -1961) : Me conduire en des lieux écartés

Association Liber-Terre de Pontivy, photo-montage avec une photo d’Armand Robin (à 17 ans).   Me conduire en des lieux écartés        Avant que ma voix ne devienne isolée, j’eus mon pays près de moi. Les fontaines, les joncs, les chevaux étaient les relais de mes voyages ; de lentes et claires eaux étaient mes promenades ; et mon sommeil était d’un feuillage tendrement et lentement gonflé de bruits. * Les fontaines, les plantes, les incertaines lunes Furent mon logis ; les ronces... [Lire la suite]
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