10 janvier 2017

Marceline Desbordes-Valmore ( 1786 – 1859) : Les séparés

      Les séparés   N'écris pas. Je suis triste, et je voudrais m'éteindre. Les beaux étés sans toi, c'est la nuit sans flambeau. J'ai refermé mes bras qui ne peuvent t'atteindre, Et frapper à mon coeur, c'est frapper au tombeau.                               N'écris pas!   N'écris pas. N'apprenons qu'à mourir à nous-mêmes. Ne demande qu'à Dieu...qu'à... [Lire la suite]
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05 janvier 2017

Sabine Sicaud (1913 – 1928) : « N’oublie pas la chanson du soleil, Vassili… »

  N’oublie pas la chanson du soleil, Vassili, Elle est dans les chemins craquelés de l’été, dans la paille des meules, dans le bois sec de ton armoire, … si tu sais bien l’entendre. Elle est aussi dans le cœur du criquet. Vassili, Vassili, parce que tu as froid, ce soir, Ne nie pas le soleil.   Les poèmes de Sabine Sicaud Editions Stock, 1964 De la même autrice : Vous parlez ? (05/01/2016) Chemins du Nord (05/01/2017)
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03 janvier 2017

Louise Labé (1526 – 1566) : « Tant que mes yeux… »

  Tant que mes yeux pourront larmes épandre, A l’heur passé avec toi regretter : Et qu’aux sanglots et soupirs résister Pourra ma voix, et un peu faire entendre :   Tant que ma main pourra les cordes tendre Du mignard Luth, pour tes grâces chanter : Tant que l’esprit se voudra contenter De ne vouloir rien fors que toi comprendre :   Je ne souhaite encore point mourir. Mais quand mes yeux je sentirai tarir, Ma voix cassée, et ma main impuissante,   Et mon esprit en ce mortel... [Lire la suite]
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02 janvier 2017

René Ménard (1908 - 1980 ) : D’autres ont la liberté…

  D’autres ont la liberté… A Aimé Flamet   I        D’autres ont la liberté de marcher de-ci, de-là, et la terre est élastique sous les pas de l’homme libre.      Ils vont et viennent selon leur fantaisie ou leurs affaires et le monde quelquefois paraît trop grand pour eux.      Mais il arrive aussi que devant leurs yeux les horizons reculent et que ces hommes regardent par-dessus les collines      Ou que devant eux, le soir,... [Lire la suite]
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28 décembre 2016

François Maynard (1582 – 1646) : « Je donne à mon désert… »

  Je donne à mon désert les restes de ma vie, Pour ne dépendre plus que du Ciel et de moi. Le temps et la raison m'ont fait perdre l'envie D'encenser la faveur, et de suivre le Roi. Forêt, je suis ravi des bois où je demeure. J'y trouve la santé de l'esprit et du corps. Approuve ma retraite ; et permets que je meure Dans le même village où mes pères sont morts. J'ai fréquenté la Cour où ton conseil m'appelle, Et sous le Grand Henry je la trouvais si belle, Que ce fut à regret que je lui dis adieu. Mais les... [Lire la suite]
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27 décembre 2016

Mathurin Régnier (1573 – 1613) : « Quand sur moi je jette les yeux… »

  Quand sur moi je jette les yeux, À trente ans me voyant tout vieux, Mon coeur de frayeur diminue : Étant vieilli dans un moment, Je ne puis dire seulement Que ma jeunesse est devenue. Du berceau courant au cercueil, Le jour se dérobe à mon oeil, Mes sens troublés s'évanouissent. Les hommes sont comme des fleurs Qui naissent et vivent en pleurs, Et d'heure en heure se fanissent. Leur âge, à l'instant écoulé, Comme un trait qui s'est envolé, Ne laisse après soi nulle marque ; Et leur nom, si fameux... [Lire la suite]
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25 décembre 2016

Jean-Paul Curnier (1951- ) : Tout au début

  Tout au début   Au commencement était le verbe, mais il n’y avait personne pour parler ni personne à qui parler. Le verbe était seul à être et ne servait à rien, et ne parlait de rien. Il faut imaginer un verbe longtemps seul et muet mais pas tout à fait seul à être seul, ils étaient deux à l’être, deux à être seuls. Car au début était le verbe, mais le verbe était avec Dieu.   Dieu parlait-il ? Dieu parlait-il tout seul ? Puisqu’en dehors du verbe Il n’avait personne à qui parler. ... [Lire la suite]
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23 décembre 2016

Roger-Arnould Rivière (1930 - 1959) : « Je sais la caresse du petit matin… »

  Je sais la caresse du petit matin, l’aplomb brutal de midi, la     sournoise inversion du soir je sais le vertigineux à-pic de la nuit et l’accablante horizontalité      du jour je sais les hauts et les bas, les hauts d’où l’on retombe à coup sûr,      les bas dont on ne se relève pas je sais que le chemin de douleur n’a de stations qu’en nombre limité je sais le souffle haché, le souffle coupé, l’haleine fétide, les effluves      d’air... [Lire la suite]
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22 décembre 2016

André de Richaud (1909 – 1968) : Préface

  Préface   Egaré dans tous les sentiers de moi-même Soleil éteint qui pends à ma main Cherche, et toi, chien, cherche, mais nul n’est passé… Un cheval fou, si, dans ma jeunesse Un soir, un fantôme qu’un autre a fait chair Et une chair que mon trop d’amour a fait spectre.   Egaré au-delà de la dernière vague de la mer Egaré derrière la dernière lueur du soir Perdu dans le cri du dernier oiseau de la nuit Seul, je voudrais qu’on me cherche Mais personne ne veut entendre ce cœur qui sonne.   Je me... [Lire la suite]
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21 décembre 2016

Marc – Antoine Girard de Saint – Amant (1594 – 1651) : La solitude

  La Solitude A Alcidon     O ! que j'aime la solitude ! Que ces lieux sacrés à la nuit, Eloignés du monde et du bruit, Plaisent à mon inquiétude ! Mon Dieu! Que mes yeux sont contents De voir ces bois, qui se trouvèrent A la nativité du temps, Et que tous les Siècles révèrent, Etre encore aussi beaux et verts, Qu'aux premiers jours de l'Univers !   Un gai zéphyr les caresse D'un mouvement doux et flatteur. Rien que leur extrême hauteur Ne fait remarquer leur vieillesse. Jadis Pan et... [Lire la suite]
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