26 mars 2017

Jean-Paul Kermarrec (1949 - ) : Dans la lente lumière des lices

  Dans la lente lumière des lices   I le ciel ce mur tous ces débris de rêves   dégringolant des échelles de la nuit la mort nous frôle dès le petit matin dans l’odeur du pain frais à la croûte craquante   le chat nous regarde afficher sur la ville des soleils en papier pour la paix dans le monde   ***   nous irons avec et malgré tout cela affronter l’insolence   et nous ferons la guerre à la peur sournoise aux angoisses aux silences gluants collés dans les couloirs de... [Lire la suite]
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24 mars 2017

Pierre Dalle Nogare (1934 – 1984) : La dissimulation révélée

  La dissimulation révélée        Le fuir précède le poète, dissimulé dans l’Oubli.        Ouvrir dans la Nuit sa Nuit, n’est-ce point travailler à l’approche du jour ?        Celui qui ne viole le vocable ne découvre point le verbe. Afin de se justifier, il se dit humble face à la parole. Impuissant à descendre en Lui – donc sans l’Autre qui n’est pas Je mais encore Lui – il ne prononce Rien, sinon des dires anciens, sans formuler sa... [Lire la suite]
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21 mars 2017

Clément Marot (1496 -1544) : De sa grande Amie

  De sa grande Amie   Dedans Paris, ville jolie, Un jour, passant mélancolie, Je pris alliance nouvelle A la plus gaie Damoiselle Qui soit d'ici en Italie.   D'honnêteté elle est saisie, Et crois (selon ma fantaisie) Qu'il n'en est guère de plus belle               Dedans Paris.   Je ne vous la nommerai mie, Sinon, que c'est ma grande Amie, Car l'alliance se fit telle, Par un doux baiser, que j'eus d'elle, Sans... [Lire la suite]
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20 mars 2017

Charles d’Orléans (1394 – 1465) : « Nouvelles ont couru en France… »

  Nouvelles ont couru en France  Par maints lieux que j’étais mort,  Dont avaient peu déplaisance  Aucuns qui me hayent à tort ;  Autres en ont eu déconfort,  Qui m’aiment de loyal vouloir,  Comme mes bons et vrais amis.  Si fais à toutes gens savoir  Qu’encore est vive la souris !    Je n’ai eu ni mal ni grevance (*)    (*) peine  Dieu merci, mais suis sain et fort,  Et passe temps en espérance  Que paix, qui trop longuement... [Lire la suite]
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18 mars 2017

Francis Jammes (1868 – 1938) : Quelle est cette lumière ?

    Quelle est cette lumière ?   Le Poète Quelle est cette lumière qui est presque de l’ombre ?   La Petite Vieille C’est l’aube qui va accoucher. Elle se gonfle. Elle va accoucher de tout ce qu’on verra : du soleil et de l’eau, de la terre et des bois.   Le Poète Qu’est-ce qui luit ?   La Petite Vieille   ... [Lire la suite]
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16 mars 2017

Léon-Paul Fargue (1876 – 1947) : "... Depuis, il y a toujours, suspendu dans mon front"

          ... Depuis, il y a toujours, suspendu dans mon front et qui me fait mal,      Délavé, raidi de salpêtre et suri, comme une toile d'araignée qui pend dans une cave,          Un voile de larmes toujours prêt à tomber sur mes yeux.      Je n'ose plus remuer la joue ; le plus petit mouvement réflexe, le moindre tic      S'achève en larmes.         Si... [Lire la suite]
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15 mars 2017

Jean - Paul Guibbert (1942 - ) : Tombe de jeune homme

                              Tombe de jeune homme   Je fus l’enfant très aimé des habitudes et des routines.   J’ai connu l’amour de ma mère et d’autres   femmes  peu, une  seule  peut-être      reste à rêver aux larmes que j’ai laissé                glisser sous... [Lire la suite]
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11 mars 2017

Daniel Biga (1940 -) : « au matin neuf… »

  au matin neuf quand l’astre se lève   chaque jour magnifiquement presque comme le précédent * Terrasse   café noir en céramique verte tasse où jouent ombres et lumières les feuilles de mûrier * lézards électriques mésanges plumes heureuses mes anges gazouillent et ta main gardienne * comme l’aube puis l’aurore apparaissent un sang neuf circule en moi * mon sang cogne   ai envie de toi   l’araignée rousse escalade l’air * aux clues je me baigne grotte aria aperto * deux... [Lire la suite]
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10 mars 2017

Yves Prié (1949 -) : Glanes

  Glanes   Et je suis toujours sur le chemin celui qui cherchait l’espace   L’oubli est vain   Je cherche l’instant             unique      l’objet merveilleux serré au fond de la poche et le goût vif du bonheur qui se consume. * Je sais maintenant descendre contre le jour dans la cession des rivières L’air de l’été             très haut libéré se délie dans le... [Lire la suite]
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09 mars 2017

Yves Elléouët (1932 – 1975) : Dédicace

  Dédicace   aux rois oubliés fumées vapeurs et soufres aux troupeaux repus dans la brûlure des champs   à la nuit élastique et sein bleu boule d’odeurs au jour dans le verre de la lampe à ce qui ne parle pas dans les prairies fauves à ma vie au chevalier sans nez sans casque à son sourire sous les ardoises du cloître   à la comtesse Marie de Kerguezec « endormie dans le seigneur » aux cloches et aux clochers d’août à ces voix éparses à ces silences à toi.   Au pays du sel... [Lire la suite]
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