09 janvier 2016

Paol Keineg (1944 -) : « L’auge a poussé dans la muraille… »

  L’auge a poussé dans la muraille rectangulaire, indifférente et humble. Pierre sereine ignorant le ciel bleu si confiante en l’obscurité de son grain. Elle méprise les problèmes de l’âme. Nous avons appris d’elle la présence Impassible de la matière, la petite peur de l’homme en face de la réalité. Pierre vulnérable fermée aux sollicitations de nos doigts.   Lieux communs, suivi de Dahut Editions Gallimard, 1974 Du même auteur : Hommes liges des talus en transe (09/01/2014) Kerzaniel / Kerouzac’h /... [Lire la suite]
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05 janvier 2016

Sabine Sicaud (1913 – 1928) : Vous parlez ?

  Vous parlez ?   Vous parlez ? Non. Je ne peux pas. Je préfère souffrir comme une plante, Comme l’oiseau qui ne dit rien sur le tilleul. Ils attendent. C’est bien. Puisqu’ils ne sont pas las D’attendre, j’attendrai, de cette même attente.   Ils souffrent seuls. On doit apprendre à souffrir seul. Je ne veux pas d’indifférents prêts à sourire Ni d’amis gémissants. Que nul ne vienne.   La plante ne dit rien. L’oiseau se tait. Que dire ? Cette douleur est seule au monde, quoi qu’on... [Lire la suite]
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21 décembre 2015

Rouben Melik (1921 – 2007) : Elégie 5

  Elégie 5   Quel espace entre nous se défait de l’espa ce et n’est plus qu’aboli par la mort inter dite ? A quel amour vas-tu sans songer que ne pa sse, où la blessure était, que ce corps à l’indi   fférence de son bras sur l’espace d’un sein ? La dernière peinture et le dernier regard Ce ne fut que la ville entre nous, ce dessin Plus tard que nous laisse pour changer le hasard   Lentement résolu dans ce corps et la cour be où jamais ne viendra la courbe se rejoin dre à l’abandon d’un... [Lire la suite]
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17 décembre 2015

Henri de Régnier (1864 – 1936) : « Un petit roseau m’a suffi… »

  Un petit roseau m’a suffi Pour faire frémir L’herbe haute Et tout le pré Et les deux saules Et le ruisseau qui chante aussi ; Un petit roseau m’a suffi A faire chanter la forêt.   Ceux qui passent l’ont entendu Au fond du soir, en leurs pensées Dans le silence et dans le vent, Clair ou perdu, Proche ou lointain… Ceux qui passent en leurs pensées En écoutant , au fond d’eux-mêmes L’entendront encore et l’entendent Toujours qui chante.   Il m’a suffi De ce petit roseau cueilli A la fontaine... [Lire la suite]
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16 décembre 2015

Jean –Claude Renard (1922 – 2002) : Psaume de Pâques

  Psaume de Pâques           Ah ! qu’il soit proclamé que rien, depuis dimanche, n’est plus jamais dans l’homme, ni tout à fait désert, ni tout à fait perdu ;      Et que celui-là qui n’est avec personne – étranger aux fontaines comme étranger à soi – peut encore accéder à sa propre présence et entrer en partage avec tout ce qui est s’il se tient libre encore pour l’attentif amour qui incante et qui lie ;      Et libre pour... [Lire la suite]
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15 décembre 2015

Jean-Luc Parant (1944 -) : « L’homme est nu… »

    (…)      L’homme est nu, il se lève et son corps quitte le sol, le sol et ses broussailles, la terre et ses pierres ; il pense et se dépouille de tout ce qui l’entoure, il perd la peau des montagnes et des mers, il mue pour se projeter dans l’espace. Pour se maintenir debout, la femme se sépare de tout ce qui l’entoure, elle se vide de tout ce qui la contient et perd toute la chaleur du monde et de son corps. La femme a froid, elle quitte le sol de ses mains et va vers le feu dans ses... [Lire la suite]
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14 décembre 2015

Jean – Pierre Faye (1925 - ) : « Le chemin noir vers l’eau retrouvée… »

Droit de suite. I (14/12/2018)   Le chemin noir vers l’eau retrouvée s’éteint et plie, retourne au sol roux de bruyère longuement la saveur cassée du bois serrée de nœuds, cordée de sécheresse. Nos mains étendues touchent le bruit de feuille froissée Les images roulent, gréseuses, se font choses dans la pente sonore, bondissantes où le pan d’ajoncs se tache de vert brûlé de grisaille. La pierre taille un seuil dans l’arête massive et le fouillis de fougère reprise par l’heure, retirée à la ligne dure du soir ... [Lire la suite]
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13 décembre 2015

Tristan Cabral (1944 - ) : « Quand je serai parti… »

  Quand je serai parti je ne veux pas que le soleil se colore de sang je ne veux pas que meurent les arbres de Judée   mais que le chant des louves veillent sur les hommes seuls mais qu’on demande à ceux qui restent s’ils savent où la douceur s’est réfugiée   qu’on refuse d’abjurer et que partout la liberté insiste !...   d’où je ne serai plus il faudra bien qu’il neige je serai dans l’odeur des œillets dans la douleur des arbres je serai dans les mains habilleuses des morts et sur tous... [Lire la suite]
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12 décembre 2015

Richard Rognet (1942 - ) : « Il faudrait adopter le brouillard… »

    Il faudrait adopter le brouillard pour voir au-delà de la vie, on aime que l’aube s’oublie dans le soleil levant, notre joie se mesure aux chants d’oiseaux , aux balancements des herbes, au bruit des feuilles, léger, si léger qu’on reconnaît l’endroit où naissent les souvenirs.   Regardez sous la lumière apaise les profondeurs qui remontent à la surface des mots, la prendre contre soi, la lumière, la caresser change l’ordre des choses qu’on croyait définitivement blessées – ô l’espérance de... [Lire la suite]
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11 décembre 2015

François de Malherbe (1555 -1628) : Dessein de quitter une dame qui ne le contentait que de promesse

  Dessein de quitter une dame qui ne le contentait que de promesse   Beauté, mon beau souci, de qui l'âme incertaine A, comme l'Océan, son flux et son reflux : Pensez de vous résoudre à soulager ma peine, Ou je me vais résoudre à ne le souffrir plus. Vos yeux ont des appas que j'aime et que je prise, Et qui peuvent beaucoup dessus ma liberté : Mais pour me retenir, s'ils font cas de ma prise, Il leur faut de l'amour autant que de beauté. Quand je pense être au point que cela s'accomplisse Quelque... [Lire la suite]
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