22 mai 2016

Henri Michaud (1899 -1984) : Contre !

  Contre !   Je vous construirai une ville avec des loques, moi ! Je vous construirai sans plan et sans ciment  Un édifice que vous ne détruirez pas, Et qu'une espèce d'évidence écumante  Soutiendra et gonflera, qui viendra vous braire au nez,  Et au nez gelé de tous vos Parthénons, vos arts arabes et de vos Mings.    Avec de la fumée, avec de la dilution de brouillard  Et du son de peaux de tambour, Je vous assoirai des forteresses écrasantes et superbes, Des... [Lire la suite]
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21 mai 2016

Raymond Queneau (1903 – 1976) : Je crains pas ça tellment

  Je crains pas ça tellment   Je crains pas ça tellment la mort de mes entrailles et la mort de mon nez et celle de mes os Je crains pas ça tellment moi cette moustiquaille qu’on baptisa Raymond d’un père dit Queneau.   Je crains pas ça tellment où va la bouquinaille les quais les cabinets la poussière et l’ennui Je crains pas ça tellment moi qui tant écrivaille et distille la mort en quelques poésies.   Je crains pas ça tellment La nuit se coule douce entre les bords teigneux des paupières des... [Lire la suite]
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20 mai 2016

Pierre de Ronsard (1524- 1585) : Madrigal

      Madrigal   Si c’est aimer, Madame, et de jour et de nuit Rêver, songer, penser le moyen de vous plaire, Oublier toute chose, et ne vouloir rien faire Qu’adorer et servir la beauté qui me nuit ; Si c’est aimer de suivre un bonheur qui me fuit, De me perdre moi-même, et d’être solitaire, Souffrir beaucoup de mal, beaucoup craindre, et me taire, Pleurer, crier merci, et m’en voir éconduit ; Si c’est aimer de vivre en vous plus qu’en moi-même, Cacher d’un front joyeux une langueur... [Lire la suite]
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19 mai 2016

Paul Eluard (1895-1952) : La mort, l'amour, la vie

  La mort, l'amour, la vie J’ai cru pouvoir briser la profondeur l’immensité Par mon chagrin tout nu sans contact sans écho Je me suis étendu dans ma prison aux portes vierges Comme un mort raisonnable qui a su mourir Un mort non couronné sinon de son néant Je me suis étendu sur les vagues absurdes Du poison absorbé par amour de la cendre La solitude m’a semblé plus vive que le sang Je voulais désunir la vie Je voulais partager la mort avec la mort Rendre mon cœur au vide et le vide à la vie Tout effacer qu’il... [Lire la suite]
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17 mai 2016

Paul Verlaine (1844 – 1896) : « Je ne sais pourquoi… »

                                                                  Je ne sais pourquoi                     Mon esprit amer D’une aile inquiète et folle vole sur la mer. ... [Lire la suite]
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16 mai 2016

Yvon le Men (1953 -) : Enez Aval

    Enez Aval   « Là on vit cent ans et au-delà… Geoffroy de Monmouth La Prophétie de Merlin   Il y avait ces murs de pierre où le vent se brisa sur les rêves   des hommes venus de l’autre côté des siècles   de la mer   * Il y avait cette croix grise par temps de pluie blanche par temps de ciel   quand la lumière pose son poids de neige sur la terre   * Il y avait cette île ouverte au jour de l’équinoxe et la fleur fragile parmi le vent   forte... [Lire la suite]
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15 mai 2016

François Cheng (1929 -) : Un jour, les pierres (II)

    ............................. Nus nous sommes Pourtant par nous           passent les métamorphoses Gemmes de grenade Rubis de paon Agates et améthystes           de dix mille aurores... Car nous étions seuls           à avoir dévisagé La fulgurante nuit   A l’instant où la lumière fut         Au creux de l’aveugle abandon Conduis-nous Le... [Lire la suite]
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14 mai 2016

Guillaume Apollinaire (1880 -1918) : A la Santé

Peint par Maurice de Vlaminck   A la Santé I Avant d’entrer dans ma cellule Il a fallu me mettre nu Et quelle voix sinistre ulule Guillaume qu’es-tu devenu   Le Lazare entrant dans la tombe Au lieu d’en sortir comme il fit Adieu adieu chantante ronde Ô mes années ô jeunes filles II Non je ne me sens plus là           Moi-même Je suis le quinze de la           Onzième   Le soleil filtre à travers ... [Lire la suite]
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12 mai 2016

Charles Baudelaire (1821 – 1867) : La chevelure

Photographie de Charles Nadar, 1855   La chevelure    Ô toison, moutonnant jusque sur l'encolure ! Ô boucles ! Ô parfum chargé de nonchaloir ! Extase ! Pour peupler ce soir l'alcôve obscure Des souvenirs dormant dans cette chevelure, Je la veux agiter dans l'air comme un mouchoir !     La langoureuse Asie et la brûlante Afrique, Tout un monde lointain, absent, presque défunt, Vit dans tes profondeurs, forêt aromatique ! Comme d'autres esprits voguent sur la musique, Le mien, ô mon amour ! nage... [Lire la suite]
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09 mai 2016

Jean Grosjean (1912 – 2006) : « S’est-on figuré… »

  S’est-on figuré sous l’ombrage d’un frais matin d’été quelle inhumaine et déchirante voix de violon monte des villes le soir ?   Depuis longtemps j’entends s’éteindre au loin le bruit que font les gens pour vivre mais leur folie me colle aux semelles comme une patrie mal quittée.   J’ai balancé comme la branche aux brises sans trop bouger mon pied de place mais je savais n’être que l’ombre du dieu qui s’en prend à soi-même.   Soudain vieilli je regarde trembler une herbe entre mes doigts. ... [Lire la suite]
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