04 juin 2017

Jacques Prevel (1915 – 1951) : "Au moment d’écrire..."

  Au moment d’écrire j’ai déjà perdu par le doute l’ivresse de la vision Et cette terre m’abandonne où je suis venu me briser Je connaissais en m’éveillant Ce que je ne pourrai vous répéter sans trahir C’était l’horreur de toute mécanique de l’esprit L’horreur des oeuvres décalquées sur l’automatisme cérébral des scléroses Pierres polies et dépolies par le flux et le reflux de ce qui ne peut se répéter Et je dénonce la raison paranoïaque des moines valorisée par l’avortement ... [Lire la suite]
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03 juin 2017

Azadée Nichapour (1968 -) : Enigme

  Enigme   Heureusement que les miroirs sont différents   Sinon on se ressemblerait comme deux gouttes d’eau   On pourrait même se prendre pour soi-même   Il ne manquerait plus que de se croire unique   Parfois la beauté Editions Seghers (Autour du monde), 2008 
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02 juin 2017

Claude Michel Cluny (1930 -2015) : D’autre planètes

  D’autres planètes   ARP INCOGNITA Chevalet du peintre        On n’a rien trouvé de vivant par là ; je veux dire rien qui se trahisse. Nulle part on ne découvre de ces fumures, de ces saletés que le règne animal, qui est nôtre, laisse derrière soi. Rien non plus de ces orgueils ni de ces désastres dont nous sont coutumiers. C’est une belle terre pure, minérale, baignée de lumière et d’un vent calme. Des formes singulières s’y déplacent, s’emboîtent, s’émeuvent, s’apaisent, se... [Lire la suite]
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28 mai 2017

André Frédérique (1915 – 1957) : Choses défendues

  Choses défendues   Il ne faut pas regarder trop longtemps les aveugles ils nous voient mieux que nous : et toutes les mauvaises actions (parfois même celles que nous croyons bonnes) leurs brûlent les paupières comme des oiseaux passés trop près du soleil.   Histoires blanches Editions Gallimard, 1945 Du même auteur : Honneurs (26/05/2014) Exercices de logique (26/05/2015) « Il y a de la profondeur … » (28/05/2016)
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26 mai 2017

Gaston Puel (1924 - 2013) : Puisque tu es venue…

  Puisque tu es venue   Puisque tu es venue par le chemin jonché de fruits éclatés puisque ta main a saigné dans la mienne tu ne peux plus écorcher mon visage tu ne peux plus t’égarer dans le hasard des tarots Les cailloux ont joué ma patience Le grillon t’a confondu avec l’enfance Tu es prisonnière de mon regard perdu   Viens nous n’allons rien capturer : l’amour ne se compte plus sur les doigts Nous allons dormir l’un dans l’autre en repoussant le poing des nuages jusqu’à l’aube de tous les jours ... [Lire la suite]
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24 mai 2017

Angèle Vannier (1917-1980) : L’aveugle à son miroir

  L'aveugle à son miroir   L'ange exterminateur a retourné mes yeux Vers la terre promise et la face de Dieu. Je bénis cette main qui m'a donné le droit De changer l'eau en vin à la table du roi.   Aveugle chaque jour, j'entre dans mon miroir Comme un pas dans la nuit comme un mort dans la tombe Comme un vivant sans coeur dans un corps de colombe. Mais je vois de mes yeux courir sous le manteau   Quelque chose de Dieu qui passe et qui repasse La couleur d'un amour qu'un regard d'homme... [Lire la suite]
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24 mai 2017

Louis Aragon (1897- 1982) : L’Amour qui n’est pas un mot

  L’amour qui n’est pas un mot   Mon Dieu jusqu’au dernier moment Avec ce cœur débile et blême Quand on est l’ombre de soi-même Comment se pourrait-il comment Comment se pourrait-il qu’on aime Ou comment nommer ce tourment   Suffit-il donc que tu paraisses De l’air que te fait rattachant Tes cheveux ce geste touchant Que je renaisse et reconnaisse Un monde habité par le chant Elsa mon amour ma jeunesse   O forte et douce comme un vin Pareille au soleil des fenêtres Tu me... [Lire la suite]
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22 mai 2017

Henri Michaux (1889 – 1984) : Emportez-moi

  Emportez-moi   Emportez-moi dans une caravelle, Dans une vieille et douce caravelle, Dans l’étrave, ou si l’on veut dans l’écume, Et perdez-moi, au loin, au loin.   Dans l’attelage d’un autre âge. Dans le velours trompeur de la neige. Dans l’haleine de quelques chiens réunis. Dans la troupe exténuée de feuilles mortes.   Emportez-moi sans me briser, dans les baisers, Dans les poitrines qui se soulèvent et respirent, Sur les tapis des paumes et leur sourire, Dans les corridors des os longs et... [Lire la suite]
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20 mai 2017

Pierre de Ronsard (1524 – 1585) : « Quand vous serez bien vieille

  Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle, Assise auprès du feu, dévidant et filant, Direz, chantant mes vers, en vous émerveillant : « Ronsard me célébrait du temps que j’étais belle ».    Lors, vous n’aurez servante oyant telle nouvelle, Déjà sous le labeur à demi sommeillant, Qui au bruit de mon nom ne s’aille réveillant, Bénissant votre nom, de louange immortelle.    Je serai sous la terre, et fantôme sans os : Par les ombres myrteux je prendrai mon repos ; Vous... [Lire la suite]
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19 mai 2017

Paul Eluard (1895- 1952) : Novembre 1936

  Novembre 1936   Regardez travailler les bâtisseurs de ruines Ils sont riches patients ordonnés noirs et bêtes Mais ils font de leur mieux pour être seuls sur terre Ils sont au bord de l'homme et le comblent d'ordures Ils plient au ras du sol des palais sans cervelle.   * On s'habitue à tout Sauf à ces oiseaux de plomb Sauf à leur haine de ce qui brille Sauf à leur céder la place.   * Parlez du ciel le ciel se vide L'automne nous importe peu Nos maîtres ont tapé du pied Nous avons oublié... [Lire la suite]
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