08 octobre 2016

Anna-Elisabeth de Noailles (1876 - 1933) : « T'aimer… »

  T'aimer. Et quand le jour timide va renaître, Entendre, en s'éveillant, derrière les fenêtres, Les doux cris jaillissants, dispersés, des oiseaux, Éclater et glisser sur la brise champêtre Comme des grains légers de grenades sur l'eau... - T'espérer ! Et sentir que le golfe halète En bleuâtres soupirs vers le ciel libre et clair ; Et voir l'eucalyptus, dans la liqueur de l'air, Agiter son feuillage ainsi que des ablettes ! - Voir la fête éblouie et profonde des cieux Recommencer, et luire ainsi qu'au... [Lire la suite]
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06 octobre 2016

Michel Houellebecq (1958 - ) : « Mon corps est comme un sac… »

  Mon corps est comme un sac traversé de fils rouges Il fait noir dans la chambre, mon œil luit faiblement, J’ai peur de me lever, au fond de moi je sens Quelque chose de mou, de méchant, et qui bouge.   Cela fait des années que je hais cette viande Qui recouvre mes os. La couche adipeuse, Sensible à la douleur, légèrement spongieuse. Un peu plus bas il y a un organe qui bande.   Je te hais, Jésus-Christ, qui m’a donné un corps Les amitiés s’effacent, tout s’enfuit, tout va vite, Les années glissent et... [Lire la suite]
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03 octobre 2016

Jacques Josse (1953 - : « J’ouvre le livre… »

  J’ouvre le livre un peu comme on ouvre une fenêtre pour découvrir, dès l’aube, un fragment du paysage.   Après je bénis le jour. Personne ne me voit. Je parle. Je donne du pain aux morts. Et je jette les dernières étoiles Au fond du puits.     Visions claires d’un semblant d’absence au monde Editions Paroles d'aube, 1998    Du même auteur : « Dès l’aube, la brume… » (03/10/2017)   « Hier soir un homme... » (03/10/2018)    
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02 octobre 2016

André-Ferdinand Hérold (1865 – 1940) : « La flûte amère de l’automne… »

  La flûte amère de l’automne Pleure dans le soir anxieux, Et les arbres mouillés frissonnent Tandis que sanglotent les cieux. Les fleurs meurent d’une mort lente. Les oiseaux ont fui vers des prés Où peut-être un autre avril chante Son hymne joyeux et pourpré. Et vous passez, triste et frileuse, O mon âme, par les allées. Vous cherchez, pâle voyageuse, Les chansons, hélas ! envolées. Ah, les chansons qui nous charmaient Ne reviendront pas dans l’automne. Verrai-je rire désormais Vos yeux que... [Lire la suite]
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01 octobre 2016

Salmon Mony de Boully (1904 – 1968) : les Moyens de l’Être

    Le Moyen de l’Être Pour Mme Richard Wallace   C’était une tumeur épaisse dans le ventre de la terre La rage charnelle des enfants venus au monde avec un crâne vide De cerveau qui pend dénudé à leur nuque Les femelles des Origines au seul cratère à la fois sexe et cloaque Les ramassis de cheveux d’ongles d‘os et de cartilages Les moles mystérieux engendrés par le Mauvais Œil des sorcières      sourcilleuses Ou conçus par miracle dans le flanc des vierges immaculées Et tous ceux qui... [Lire la suite]
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22 septembre 2016

Alphonse de Lamartine (1790 – 1869) : Le lac

  Le lac     Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages, Dans la nuit éternelle emportés sans retour, Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges                     Jeter l'ancre un seul jour ?   Ô lac ! l'année à peine a fini sa carrière, Et près des flots chéris qu'elle devait revoir, Regarde ! je viens seul m'asseoir sur cette pierre ... [Lire la suite]
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18 septembre 2016

Jean Rousselot (1913 – 2004) : Il faudrait être encore plus simple

  Il faudrait être encore plus simple A Henri de Lescoët     Il faudrait être encore plus simple, Si simple que l'on puisse entrer Dans la simplicité du vent, Du soleil poussiéreux Du linge qui pantèle sur la corde sans se plaindre. Il n'y a pas de désespoir dans le monde, Ni d'espoir. Il n'y a que la simplicité du vent, Du soleil, Du linge, De la corde ; Il n'y a que la simplicité de l'eau, Ses vergetures d'accouchée; Il n'y a que l'eau, Le caillou, Le simple nécessité de brûler et de mourir. Il... [Lire la suite]
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13 septembre 2016

Alain Le Beuze (1958 - ) : suites des ténèbres

  suites des ténèbres   De tout paysage garder intense la transe du passage Aimé Césaire   - Le lieu affleure de l’impatience des mots      Otage des indices que l’écriture lève, la lecture le dérobe à son sommeil de glaise, lui transmet l’éclat de l’inachevé, les prétextes du sens.   - Le lieu se fait alors à nos ténèbres       en bas         la mer laborieuse décadastrée        archive sa litanie de... [Lire la suite]
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12 septembre 2016

Charles Dobzynski (1929 – 2014) : Je dois réponse à tout

  Je dois réponse à tout   Je dois réponse à tout car j’ai tout partagé La promesse et l’espoir le lit de l’habitude L’usure des saisons la houle de l’oubli Les jours et leur dépôt de calcaire en nos veines   Je dois réponse à tout car j’ai tout accepté Au nom de la raison j’ai choisi sans regret La route la plus dure incertain de l’issue Sans être sûr d’atteindre un rivage changeant   Pour le meilleur et pour le pire j’ai chanté Et ma vie se jetait à la tête des choses Comme un fleuve je me mêlais... [Lire la suite]
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11 septembre 2016

Andrée Chedid (1920 – 2011) : Je t’aime, hostile oiseau

  Je t’aime, hostile oiseau   Ce n’est pas de mourir que nous mourrons Mais de porter le jour en mille échardes D’être la proie d’un seul de nos visages De tenir nos maisons pour le lieu   Ce n’est pas de mourir que nous mourrons Mais de l’écume qui perd mémoire de ses tempes d’océan   De l’herbe forcée dans son repaire Des plaines que l’heure racornit   Gorgés de forêts insondables De n’en dévoiler qu’un rameau Et du hasard, Atoll qui se réduit   Vie tigrée sur nos vies A... [Lire la suite]
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