17 janvier 2018

Jean de La Fontaine (1621 – 1695) : Le Loup et le Chien

  Le Loup et le Chien          Un Loup n'avait que les os et la peau,        Tant les Chiens faisaient bonne garde. Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau, Gras, poli, qui s'était fourvoyé par mégarde.        L'attaquer, le mettre en quartiers,        Sire Loup l'eût fait volontiers.        Mais il fallait livrer bataille, ... [Lire la suite]
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16 janvier 2018

Philippe Soupault (1897 – 1990) : « Sous les arbres mauves… »

      Sous les arbres mauves une nuit mauvaise j’allais contre le froid tous ceux que la faim faisait doucement gémir tous ceux qui laissaient tomber les bras guettaient dans l’ombre Ils étaient là près de moi Leurs yeux trop grands étaient des menaces J’avais honte de savoir marcher et une lumière plus douce que la neige me tirait Tu ne me quittais pas tu dormais et ta vie était cette nuit que je respirais Je savais par mes yeux mes mains mes pas que tout s’effaçait qu’il n’ y avait plus que la... [Lire la suite]
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05 janvier 2018

Sabine Sicaud (1913 – 1928) : Chemins du Nord

  Chemins du Nord   Lorsque « je pâlissais au nom de Vancouver » et que j’étais du Nord, trop de froid traversait ma pelisse d’hiver et mon bonnet de bêtes mortes. Mes frères chassaient les oursons jusqu’au fond des grottes de fées; du sang parlait sous leurs trophées, les Tomtes se cachaient, le vent hurlait aux portes et la glace barrait les fjords lorsque j’étais du Nord. Murs blancs du froid, prison. Je ne voyais jamais passer Nils Holgerson. Selma, Selma, pourquoi m’aviez-vous oubliée? Il fallait... [Lire la suite]
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03 janvier 2018

Louise Labé (1526 – 1566) : « Ne reprenez, Dames, … »

Ne reprenez, Dames, si j'ai aimé, Si j'ai senti mille torches ardentes, Mille travaux, mille douleurs mordantes, Si en pleurant j'ai mon temps consumé,     Las ! que mon nom n'en soit par vous blâmé. Si j'ai failli, les peines sont présentes, N'aigrissez point leurs pointes violentes : Mais estimez qu'Amour, à point nommé,     Sans votre ardeur d'un Vulcain excuser, Sans la beauté d'Adonis accuser, Pourra, s'il veut, plus vous rendre amoureuses,     En ayant moins que moi... [Lire la suite]
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27 décembre 2017

Mathurin Régnier (1573 – 1613) : Epitaphe

  Epitaphe   J’ai vécu sans nul pensement, Me laissant aller doucement A la bonne loi naturelle ; Et si m’étonne fort pourquoi La mort daigna songer à moi, Qui n’ai daigné penser à elle Du même auteur : « Quand sur moi je jette les yeux… » (27/12/2016)  
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26 décembre 2017

Francine Caron (1945 -) : Jetée

  Jetée (Le Pouliguen)   Terre insolite comme héritée des eaux balayée d’incendies de glace léchée grande caresse femme à femme de l’accrue paresseuse des ondes Harem gris vert qui s’éternise et enfle et disparaît et se diffuse éventail moiré d’or  qui sombre et se respire                je suis de tes vagues de vent de tes courses marines de tes épaves et de tes trésors hachurés Le mouvement le mouvement sans cesse et ce destin ... [Lire la suite]
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25 décembre 2017

Alphonse de Lamartine (1790 – 1869) : L’Automne

  Automne   Salut, bois couronnés d'un reste de verdure ! Feuillages jaunissants sur les gazons épars ! Salut, derniers beaux jours ! Le deuil de la nature Convient à la douleur et plaît à mes regards. Je suis d'un pas rêveur le sentier solitaire ; J'aime à revoir encor, pour la dernière fois, Ce soleil pâlissant, dont la faible lumière Perce à peine à mes pieds l'obscurité des bois ! Oui, dans ces jours d'automne où la nature expire, A ses regards voilés, je trouve plus d'attraits ; C'est l'adieu... [Lire la suite]
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23 décembre 2017

Roger-Arnould Rivière (1930 - 1959) : « La mort… »

  La mort signe moins de la création   la mort ce point d’acné sur la face de la douleur   la mort surprise comme le sexe dispersion comme la volupté   La mort n’est au fond que ce gouffre vierge où notre verge de vie a soudain licence de pénétrer   la mort est au fond. Avril 1959 Poésies complètes, Guy Chambelland éditeur, 1963 Du même auteur : « Je sais la caresse du petit matin… » (23/12/2016)
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22 décembre 2017

André de Richaud (1909 – 1968) : La voie du sang

  La voie du sang A Pierre Seghers   Cet amour dénoué à travers les champs Ce poignard sanglant dans les rochers Ce vent mortel traîné par de fausses hirondelles Voilà ma pauvre vie. Il faudrait pouvoir traverser le miroir Pour vous atteindre ô vous qui m'aimez Mais il y a du sang jusqu'au plus profond de ma jeunesse.   Je suis comme la mer plein de villes flottantes Je suis comme le ciel peuplé de nuages ennuyés Ma vie, au fond des ravins Tremble chaque nuit jusqu'à l'aube   Et moi je... [Lire la suite]
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21 décembre 2017

Marc-Antoine Girard de Saint-Amant (1594 – 1651) : « Assis sur un fagot… »

  Assis sur un fagot, une pipe à la main, Tristement accoudé contre une cheminée, Les yeux fixés vers terre, et l'âme mutinée, Je songe aux cruautés de mon sort inhumain. L'espoir, qui me remet du jour au lendemain, Essaie à gagner temps sur ma peine obstinée, Et, me venant promettre une autre destinée, Me fait monter plus haut qu'un empereur romain. Mais à peine cette herbe est-elle mise en cendre, Qu'en mon premier état, il me convient descendre, Et passer mes ennuis à redire souvent : Non, je ne trouve point... [Lire la suite]
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