24 août 2019

Bernadéte Bidàude (1968 -) : « Comme mille signatures ... »

            Comme mille signatures      sur nos peaux de vivants,      cicatrices et brûlures      ampoule grattée jusqu’au sang      mille et une traces sur la peau de nos âmes      mille et une rides nous racontent et nous tissent      grains de sable, égratignures      raies blanches et coutures      brûlures et... [Lire la suite]
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23 août 2019

Jean de Sponde (1557 – 1595) : « Qui sont, qui sont ceux-là ... »

  Qui sont, qui sont ceux-là, dont le coeur idolâtre Se jette aux pieds du Monde, et flatte ses honneurs, Et qui sont ces valets, et qui sont ces Seigneurs, Et ces âmes d'Ebène, et ces faces d'Albâtre ?     Ces masques déguisés, dont la troupe folâtre S'amuse à caresser je ne sais quels donneurs De fumées de Cour, et ces entrepreneurs De vaincre encor le Ciel qu'ils ne peuvent combattre ?     Qui sont ces louvoyeurs qui s'éloignent du Port ? Hommagers à la Vie, et félons à la Mort, Dont... [Lire la suite]
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22 août 2019

Jean-Antoine de Baïf (1532-1589) : Du printemps

   Du printemps   La froidure paresseuse De l'hiver a fait son temps : Voici la saison joyeuse Du délicieux printemps.   La terre est d'herbes ornée, L'herbe de fleurettes l'est ; La feuillure retournée Fait ombre dans la forêt.   De grand matin, la pucelle Va devancer la chaleur Pour de la rose nouvelle Cueillir l'odorante fleur ;   Pour avoir meilleure grâce, Soit qu'elle en pare son sein, Soit que présent elle en fasse A son ami de sa main ;   Qui de sa... [Lire la suite]
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18 août 2019

Alfred de Musset (1810 – 1857) : Rappelle-toi

  Rappelle-toi   Vergiss Mein Nicht   Paroles faites sur la musique de Mozart               Rappelle-toi, quand l’Aurore craintive           Ouvre au Soleil son palais enchanté ;           Rappelle-toi, lorsque la nuit pensive           Passe en rêvant sous son voile argenté ; A l’appel du plaisir lorsque ton sein... [Lire la suite]
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17 août 2019

Luc Estang (1911 – 1992) : Marée montante

  Marée montante   C‘était encore marée basse en arrivant sur le littoral de moulins et de vent. Mais depuis toujours je sais quand la mer monte. Déjà les coquillages laissés pour compte muets sur un lit de glace et de varech s’étaient remis à bruire avec le sang contre mon oreille, un soir d’extrême hiver et de rêve enlisé...   Mais ce matin de sel et de ciel irisé la mer montait vers nous depuis la veille...   La laisse du temps Editions Gallimard, 1977
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15 août 2019

Georges-Emmanuel Clancier (1914 – 2018) : Le témoin

  Le témoin A Robert Margerit   Je parle pour des morts qui furent bergers D’âpres vies mais porteurs de légendes, Dont les rêves traînaient des enfances légères, Des miracles dans les labours émergeants, Et dont les mains savaient tenir toute la terre Dans une pierre, un sein, une fougère. Je parle pour une terre bleue très ancienne Qui bat avec mon sang, qui teinte mon regard, Ses collines ont lié sur mon cœur leur liane Plus fort que les bras passagers de l’amour. Je parle pour qui viendra demain jeune et... [Lire la suite]
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13 août 2019

Geneviève d’Hoop (1945 -) : « je n’ai jamais cessé d’être... »

  à Vahé Godel   je n’ai jamais cessé d’être cette écorce vive qui mange ses syllabes et aboie ses mots   le temps transpire jusqu’à la plage où se défont mes rives   je clôture mes trois vies j’additionne mes impatiences je mesure l’espace déçu   étais-je un défaut un intervalle   qui m’a couverte de ruines pendant que je respirais le temps de l’aubépine   In, Revue » Poésie 1, N° 81-82, Novembre-Décembre 1980 » Le Cherche Midi éditeur, 1980
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12 août 2019

Michel Butor (1926 – 2016) : Les commissures du feu

  Les commissures du feu La herse qui suce les branches. Tu te ris de moi, inaccessible penses-tu... La peau du feu. La gueule qui se plisse ricane dans les étincelles bleues jaunes bleues Et les tourbillons de la fumée retombent. Le souffle du feu. Le grognement qui s’étend pousse sa bave pousse les brandons se dilate. Tu vas jusqu’à me tendre ta main. Le front, les tempes. Le masque du fer noir qui souffle s’épanouit dans les galeries blanches.   Le sang. La langue qui s’élargit dans les taillis du feu. Te... [Lire la suite]
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09 août 2019

Joachim du Bellay (1522 – 1560) : « Comme on passe en été... »

  Comme on passe en été le torrent sans danger, Qui soulait (*) en hiver être roi de la plaine, Et ravir par les champs d’une fuite hautaine L’espoir du laboureur et l’espoir du berger :     Comme on voit les couards animaux outrager Le courageux lion gisant dessus l’arène, Ensanglanter leurs dents, et d’une audace vaine Provoquer l’ennemi qui ne se peut venger :     Et comme devant Troie on vit des Grecs encor Braver les moins vaillants autour du corps d’Hector : Ainsi ceux qui jadis... [Lire la suite]
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08 août 2019

Roger Gilbert-Lecomte (1907 – 1943) : Illusion

  Illusion   La vie est morne et combien grise Et monotone ; rien n’irise Sa nuit opaque : l’Action. Victime de rêve, vision Irréelle – qu’importe ! – exquise   Berce-moi sainte illusion   Accours illusion féconde Viens recréer pour moi le monde, Ce monde bête où je meurs, Buveur de sang, buveur de pleurs Sur qui le crime hurle et gronde,   Trompe illusion mes rancoeurs   Endors, Illusion sublime L’ennui, cet indicible abîme, - Ennui sombre qui me poursuis ! – ... [Lire la suite]
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