27 décembre 2019

Louis Brauquier (1900 – 1976) : « Nous avons marché côte à côte ... »

    Nous avons marché côte à côte dans les rues de tant de villes Que parfois dans notre silence je m’éveille Et me demande, une seconde, où je suis.   Hélas ! Ce n’est pas la rue de la Douane, à Malmousque, Ni celle des Pharaons dans la blanche Alexandrie, Ni toutes celles des ports ou des villes dans les terres Que nous regrettons, bien sûr, puisqu’elles sont le passé.   Mais tu es là, près de moi, dans la foule étrangère, Où, seul, je me serais si facilement perdu ; Et je te tiens par le... [Lire la suite]
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26 décembre 2019

Claude Roy (1915 – 1997) : A la lisière du temps

    A la lisière du temps   Quand on marche le soir à la lisière du temps il monte soudain une bouffée d'enfance les cris d'hirondelles folles d'un préau d'école ou le silence de la barque sur la rivière à la tombée du jour quand le soleil rase l'eau qui moucheronne ou bien la sonnette (deux fois) de l'épicerie-mercerie où on achète après l'école les rouleaux de réglisse Zan, qui barbouillent de noir et font les doigts collants.   On tend l'oreille le long du voile de la brume. Quelqu'un parle à... [Lire la suite]
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22 décembre 2019

André de Richaud (1909 – 1968) : La chanson de mort

  La chanson de mort   Vous, les autres qui m’avaient tiré par les lèvres jusqu’à une seconde de votre peau et dont je me suis repoussé jusqu’à l’éternité parce que mon amour vous aurait      peut-être tué   Adieu les autres ce n’est pas le moment d’être hypocrite chacun de mes mouvements vous inonde de mort Allez-vous en Allez-vous en  que je vous voie longtemps ne plus penser à moi   Pourtant tout se déchire sous mon visage Pourtant mes gestes s’éloignent de moi je... [Lire la suite]
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17 décembre 2019

Adrien de Monluc, comte de Cramail (1588 – 1646) : Les fous

  Les fous (chanson)   De tous les fous qu’on voit en France, Et de ceux qui font les prudents, Il n’y a point de différence Que de barbe et d’habillements : Car tout le monde a sa folie Qui le possède et le manie.   Les uns désirent la richesse, D’autres désirent les hasards, Tel fait le vain de sa maîtresse Qui n’en a rien que des regards ; Et cependant la jalousie Trouble le plaisir de sa vie.   L’un aime les chants solitaires, L’autre se plaît dessus la mer, D’aucun dedans les... [Lire la suite]
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16 décembre 2019

Gaston Puel (1924 – 2013) : « Puisque le soleil décline... »

  Puisque le soleil décline je dirai la ronde bosse d’un dos d’homme Il s’éloigne et le soleil pénètre dans sa bouche illumine ses dents Il danse vers l’abîme          Des herbes l’accompagnent La poussière le suit dans l’ombre de ses jambes   Mais la prison Par ses portes de fer Ses dédales de bronze Ses vannes verrouillées Ses couloirs immergés Mais la prison Sera son lieu concis Et sa dense planète   Elle ira dans la nuit Emportant ses reclus Ses... [Lire la suite]
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15 décembre 2019

Jean – Philippe Salabreuil (1940 – 1969) : Un printemps

  Un printemps   (Et moi c’est un printemps Crochu par mes travers d’eau blanche Mes détours d’ombre mon plan De ciel fouetté de graves branches Un mur oblique où le soleil Jette ses bûches de sommeil Où tremble une petite rosée vieille Comme sueurs et larmes aux pointes d’un Noir fond d’herbe noire un œil un Velours incertain d’entre les tiens merveille Ancienne ou bien déjà nouvelle objet Plus clair obscur on ne sait de quel doigt de jais D’argent que l’astre à demi pris de neige Et de ténèbre en son... [Lire la suite]
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14 décembre 2019

Jean – Pierre Faye (1925 -) : « Un peuple s’étend... »

  Un peuple s’étend aussi, mais parle par langues se divise et se réunit, par les yeux et les femmes et la parole et par les doigts ou les bras sur les bancs de bois, devant la bière, les warmi (*) et le vin, le sucre peint et sculpté en parlant les langues à la fois et même en les mêlant un peu, celles-là ou celles-ci, celles qui se disent ici contre l’écusson de grès martelé ou là contre les murs rasés et près des parpaings crevés sur le bec de crête, ou derrière le remblai des rails les coupoles bleues de... [Lire la suite]
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13 décembre 2019

Jean – Pierre Duprey (1930 – 1959) : Saveur d’homme

  Saveur d’homme   Donnez-moi de quoi changer les pierres, De quoi me faire des yeux Avec autre chose que ma chair Et des os avec la couleur de l'air ; Et changez l'air dont j'étouffe En un soupir qui le respire Et me porte ma valise De porte en porte ; Qu'à ce soupir je pense : sourire Derrière une autre porte. Détestable saveur d'homme. En vérité, une main ne tremble Que pour vieillir sa mémoire ; L'autre ne vieillit que d'avoir Trop bougé de vie depuis le temps Où le monde l'a basculée Dans... [Lire la suite]
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12 décembre 2019

Gilberte H. Dallas (1918 – 1960) : « A Vincent Van Gogh…”

  V   A Vincent Van Gogh   Dans la chambre hermétique et sur les routes de chrome plus closes encore, où           vit ton amour      Je t’ai vu.      J’ai vu ton sang éclos en de grands tournesols, stigmates jaillissants de tes mains comme de splendides soleils de quatorze juillet aux mains des facteurs et des bougnats ;      Perpétuelles toccatas de feu dans l’outremer de ta gloire.   ... [Lire la suite]
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11 décembre 2019

Anna – Elisabeth de Noailles (1876 – 1933) : L’Empreinte

  L’Empreinte   Je m’appuierai si bien et si fort à la vie, D’une si rude étreinte et d’un tel serrement, Qu’avant que la douceur du jour me soit ravie Elle s’échauffera de mon enlacement.   La mer, abondamment sur le monde étalée, Gardera, dans la route errante de son eau, Le goût de ma douleur qui est âcre et salée Et sur les jours mouvants roule comme un bateau.   Je laisserai de moi dans le pli des collines La chaleur de mes yeux qui les ont vu fleurir, Et la cigale assise aux branches de... [Lire la suite]
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