08 décembre 2018

Mellin de Saint-Gelais (1491 – 1558) : Treizain

  Treizain   Par l'ample mer, loin des ports et arènes S'en vont nageant les lascives sirènes En déployant leurs chevelures blondes, Et de leurs voix plaisantes et sereines, Les plus hauts mâts et plus basses carènes Font arrêter aux plus mobiles ondes, Et souvent perdre en tempêtes profondes ; Ainsi la vie, à nous si délectable, Comme sirène affectée et muable, En ses douceurs nous enveloppe et plonge, Tant que la Mort rompe aviron et câble, Et puis de nous ne reste qu'une fable, Un moins que... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:37 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

07 décembre 2018

Alain Jégou (1948 – 2013) : Lorient-Keroman

  Lorient – Keroman        Espace portuaire dorloté par la nuit. L’ombre maousse pèse sur l’avenue de La Perrière, les troquets aux quinquets fermés, les magasins de marée, la glacière, le slip-way et ses bassins de carénage. Pas ou peu de bruit encore, aucune agitation particulière, pas le tintouin excessif des nuits estivales. L’air est vif et glacial.  Notre monde frémit et recroqueville sous la botte hivernale. La vie la nuit se bourre d’étoupe, de silences grassouillets, pour colmater... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:02 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
06 décembre 2018

Maurice Roche (1924 – 1997) : « La douleur qui, peut-être... »

          La douleur qui, peut-être,        la bosse humide à cet endroit a provoqué le cauchemar em-       du plan correspond dans la pêche que l’on se rendorme.         réalité à un tertre – les ser – On ne sait plus. On a la joue         vices topographiques qui ont droite enflée par un abcès qui       dressé cette carte... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:19 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
05 décembre 2018

Jacques Roubaud (1932) : Jacques Roubaud (1932 -) : ∈ (1.3 – 1.4)

  ∈ (1.3 – 1.4)     1.3     Deuxième sonnet   1.3.1     o... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
03 décembre 2018

Jacques Lacarrière (1925 – 2005) : Mémoire fourragère

      Mémoire fourragère     Fétu d'abord dans la grossesse des vents. Puis les jeux d'une enfance herbagère. Je grandis à l'école des pailles et j'eus le premier Prix de fenaison. Après quoi, je quittai l'été.   Je me souviens de deux ou trois orages sur ma tige. Des envolées de la poussière soulevée par l'Impondérable. De nos fous rires avec l'ivraie.   Je me souviens d'un trèfle à quatre feuilles écartelé dans le printemps. De l'affolement des luzernes apprenant l'arrivée de... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
29 novembre 2018

Gérard Le Gouic (1936 -) : Pierres

  Pierres   I Ce ne sont pas les arbres qui dominent un paysage, ni le balancement des vallons, le quadrillage des parcelles, ni même les nuages.   ce sont les pierres, nues, géantes, côte à côte solitaires comme des immolés.   II Par quels arbres, quels vents, quelles rivières,   par quelles autres pierres (celles qui s’aiguisent contre la mer, formant des caps, celles qui balisent les routes des hommes ?)   se transmet la distance le parler des pierres ?   ... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:31 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags :

26 novembre 2018

Roberto San Geroteo (1951-) : (fin de sieste, 3)

           (fin de sieste,3)           sur le bord du lit comme au bord de la           rivière.           tu vois le sol, la poussière, leurs visa -           ges changeants :           tu poursuis encore un rêve, une parole, ... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 23:55 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags :
26 novembre 2018

Jean Mambrino (1923- 2012) : Clairière (10 - 18)

Clairière 10   espace à l’abandon déchiré de toutes parts   propice aux passages furtifs aux menaces sans visage terriblement ouvert aux javelots de l’orage au crépitement du soleil   aux yeux aveugles de la nuit   11 quelques rares abeilles mesurent l’étendue   leur feu minuscule approfondit l’azur   immobilise le mouvement des heures   fixe entre chaque fleur l’écart de deux étoiles 12 la clairière est soudaine aussi vaine qu’une rose   elle se terre à... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
22 novembre 2018

Claude Vaillant (1924 – 2004) : « Pour aller plus avant ... »

  Pour aller plus avant, il faut s’enténébrer d’orphidiennes racines ; vivre avec la vipère :   sagesse de la pierre où le soleil s’enferme ; sagesse de la terre, de la pluie et du vent.   Il faut se mélanger aux crapauds des étangs qui disent avec leurs flûtes la glaise originelle,   la saveur de la nuit comme un lait qui se caille et fait un noir fromage pour les brebis galeuses.   Et c’est un dur ciment qui maçonne les trous creusés par la lumière dans les feuilles,... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
21 novembre 2018

Roger Kowalski (1934 – 1975) : « Les roses eurent un flamboiement secret... »

                      Les roses eurent un flamboiement secret près des cèdres – nous vous regardions mourir ; l’automne allait venir avec les grands orages, les vols d’oiseaux transparents, la voix des chiens à l’abandon, les villes au nord où longtemps avant l’aube grondent les navires. Tu vas naître, j’entends les huées des mouettes au-delà des maisons mouillées.   A l’oiseau de la miséricorde Editions Guy Chambelland,... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 01:05 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :