09 mars 2017

Yves Elléouët (1932 – 1975) : Dédicace

  Dédicace   aux rois oubliés fumées vapeurs et soufres aux troupeaux repus dans la brûlure des champs à la nuit élastique et sein bleu boule d’odeurs au jour dans le verre de la lampe à ce qui ne parle pas dans les prairies fauves à ma vie au chevalier sans nez sans casque à son sourire sous les ardoises du cloître à la comtesse marie de kerguezec « endormie dans le seigneur » aux cloches et aux clochers d’août à ces voix éparses à ces silences à toi.   Au pays du sel profond ... [Lire la suite]
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06 mars 2017

Michel Manoll (1911 – 1984) : Service de nuit

  Service de nuit   Est-ce le facteur de l’éternité qui m’apportera des lettres de Louisfert Portant le cachet d’un hameau comme il en existe sûrement par-delà      la terre Les mots seront un peu brouillés pour avoir traversé le tohu-bohu      stellaire Mais dans les marges l’empreinte de tes doigts me donnera le signe      irréfutable Qu’il n’y a pas de faussaire dans l’invisible Et qu’il suffit d’une présence imperceptible Comme un brin de tabac... [Lire la suite]
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05 mars 2017

Gil Jouanard (1937- ) : « Sonnailles… »

  Sonnailles. Ce qui monte la rude pente de l’hiver. Buée, fossés raidis. La main au chaud garde l’énigme. Le clair des yeux se perd dans le brun délavé. Quelque sentier aussi, aperçu sur la gauche – ou bien cet homme, fruit de ses instruments. Le monde entier comme étiré au coeur du cristal de nos prédictions. Nous marchons à travers les niveaux mélangés du langage. Tout se résout dans le givre sonore du ciel. Sauf que parfois, d’un glissement de terrain, surgit, fossilisée, l’énigme. A quoi – de guttural, de bistre, ... [Lire la suite]
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04 mars 2017

Saint-Pol-Roux (1861 – 1940) : Dialogue marin

  Dialogue marin A Alexis Tarquis      Haquenée aux sabots de galets et crinières d’écume, que m’apportez- vous des bas-fonds de la mer : un jet de vie, un raz de mort, le squale qui dévore ou la sardine qui nourrit ?    Un flux de perles nées dans des coquilles, telles des chimères entre des tempes du cerveau ; à toi de t’en parer à moins de les offrir aux douces de la ville qui seront plus belles si tu n’es plus beau sous ces solides fleurs de la féerie liquide.   ... [Lire la suite]
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01 mars 2017

Germain Nouveau (1851 – 1920) : « Je ne crains pas les coups du sort… »

  Je ne crains pas les coups du sort, Je ne crains rien, ni les supplices, Ni la dent du serpent qui mord, Ni le poison dans les calices, Ni les voleurs qui fuient le jour, Ni les sbires ni leurs complices, Si je suis avec mon Amour.   Je me ris du bras le plus fort, Je me moque bien des malices, De la haine en fleur qui se tord, Plus caressante que les lices ; Je pourrais faire mes délices De la guerre au bruit du tambour, De l'épée aux froids artifices, Si je suis avec mon Amour.   ... [Lire la suite]
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26 février 2017

Franck Venaille (1936 - 2018) : « Ainsi nous portons tous… »

  Ainsi nous portons tous un homme malade dans notre poitrine nous le portons. Parfois lorsqu’il s’est trop longuement assoupi quelque part c’est avec des gestes tendres que nous le ramenons à nous. On l’allonge sur un lit de de fer. Il est blanc. Il porte le masque d’avant la vie d’avant l’imitation de la vie. Pire : il nous crie qu’il n’a jamais connu sa mère la gisante sous les tubes. Tous nous avons dans notre poitrine l’homme que j’ai dit. Il se promène. Marche dans un couloir. S’arrête devant chaque pièce où... [Lire la suite]
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24 février 2017

Philippe Desportes (1546 – 1606) : « Rosette, pour un peu d'absence… »

  Rosette, pour un peu d'absence, Votre coeur vous avez changé, Et moi, sachant cette inconstance, Le mien autre part j'ai rangé : Jamais plus, beauté si légère Sur moi tant de pouvoir n'aura Nous verrons, volage bergère, Qui premier s'en repentira.   Tandis qu'en pleurs je me consume, Maudissant cet éloignement, Vous qui n'aimez que par coutume, Caressiez un nouvel amant. Jamais légère girouette Au vent si tôt ne se vira : Nous verrons, bergère Rosette. Qui premier s'en repentira.   Où sont tant de... [Lire la suite]
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23 février 2017

Paul – Jean Toulet (1867 – 1920) : Le tremble est blanc

  Le tremble est blanc   Le temps irrévocable a fui. L'heure s'achève. Mais toi, quand tu reviens, et traverses mon rêve, Tes bras sont plus frais que le jour qui se lève,                Tes yeux plus clairs. A travers le passé ma mémoire t'embrasse. Te voici. Tu descends en courant la terrasse Odorante, et tes faibles pas s'embarrassent                Parmi les fleurs.... [Lire la suite]
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21 février 2017

Jeanne Mégnen (19 ?- 19 ?) : Demain, commencera le bruit.

  Demain, commencera le bruit   La lumière crie, elle m’épaule. Le rayon perpétue l’ardeur étale, Les cordes sont tendues à se rompre… … Vous vous taisez…   Je me heurte de front à l’arbre décharné. Parce que tout est muet, j’entends l’air craquer…                Patiente. Les ailes étendent leur ombre sur nos prés et nous gardent. Tous les chiens sont rentrés. Les clochettes marchent en couronne vers la falaise.   Nous porterons... [Lire la suite]
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09 février 2017

Pernette Du Guillet (1520 – 1545) : « La nuit était pour moi si très-obscure… »

  La nuit était pour moi si très-obscure Que Terre et Ciel elle m'obscurcissait, Tant qu'à Midi de discerner figure N'avais pouvoir - qui fort me marrissait (*) :     (*) m’affligeait Mais quand je vis que l'aube apparaissait En couleurs mille et diverse, et sereine Je me trouvai de liesse si pleine - Voyant déjà la clarté à la ronde - Que commençai louer à voix hautaine (*)      (*) à haute voix Celui qui fit pour moi ce Jour au Monde.     Rymes de gentile,... [Lire la suite]
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