25 décembre 2017

Alphonse de Lamartine (1790 – 1869) : L’Automne

  Automne   Salut, bois couronnés d'un reste de verdure ! Feuillages jaunissants sur les gazons épars ! Salut, derniers beaux jours ! Le deuil de la nature Convient à la douleur et plaît à mes regards. Je suis d'un pas rêveur le sentier solitaire ; J'aime à revoir encor, pour la dernière fois, Ce soleil pâlissant, dont la faible lumière Perce à peine à mes pieds l'obscurité des bois ! Oui, dans ces jours d'automne où la nature expire, A ses regards voilés, je trouve plus d'attraits ; C'est l'adieu... [Lire la suite]
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23 décembre 2017

Roger-Arnould Rivière (1930 - 1959) : « La mort… »

  La mort signe moins de la création   la mort ce point d’acné sur la face de la douleur   la mort surprise comme le sexe dispersion comme la volupté   La mort n’est au fond que ce gouffre vierge où notre verge de vie a soudain licence de pénétrer   la mort est au fond. Avril 1959 Poésies complètes, Guy Chambelland éditeur, 1963 Du même auteur : « Je sais la caresse du petit matin… » (23/12/2016)
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22 décembre 2017

André de Richaud (1909 – 1968) : La voie du sang

  La voie du sang A Pierre Seghers   Cet amour dénoué à travers les champs Ce poignard sanglant dans les rochers Ce vent mortel traîné par de fausses hirondelles Voilà ma pauvre vie. Il faudrait pouvoir traverser le miroir Pour vous atteindre ô vous qui m'aimez Mais il y a du sang jusqu'au plus profond de ma jeunesse.   Je suis comme la mer plein de villes flottantes Je suis comme le ciel peuplé de nuages ennuyés Ma vie, au fond des ravins Tremble chaque nuit jusqu'à l'aube   Et moi je... [Lire la suite]
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21 décembre 2017

Marc-Antoine Girard de Saint-Amant (1594 – 1651) : « Assis sur un fagot… »

  Assis sur un fagot, une pipe à la main, Tristement accoudé contre une cheminée, Les yeux fixés vers terre, et l'âme mutinée, Je songe aux cruautés de mon sort inhumain. L'espoir, qui me remet du jour au lendemain, Essaie à gagner temps sur ma peine obstinée, Et, me venant promettre une autre destinée, Me fait monter plus haut qu'un empereur romain. Mais à peine cette herbe est-elle mise en cendre, Qu'en mon premier état, il me convient descendre, Et passer mes ennuis à redire souvent : Non, je ne trouve point... [Lire la suite]
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17 décembre 2017

Raymond Queneau (1903 – 1977) : Je n'ai donc pu rêver

  Je n'ai donc pu rêver   Je n'ai donc pu rêver que de fausses manœuvres, vaisseau que des hasards menaient de port en port, de havre en havre et de la naissance à la mort, sans connaître le fret ignorant de leur œuvre.   Marins et passagers et navire qui tangue et ce je qui débute ont même expression, une charte-partie ou la démolition, mais sur ce pont se livrent des combats exsangues.   Voici : le capitaine a regardé les nuages qui démolissaient l'horizon, il descend dans la cale où... [Lire la suite]
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16 décembre 2017

Jean-Claude Renard (1922 – 2002) : L’exode annonce une rivière

  L’exode annonce une rivière A Jean Grosjean   1 Entre les roseaux, les flaques d’herbe, les buissons de genévriers, L’arc du sel au bord des vins rouges, - Je marchais vers Aigues-Mortes, Un canal ridé d’air attirait le silence, le sable Et parfois des chevaux. Qui transformera la braise immobile ?   2 Il y eut un goût de raisins à l’aplomb des saintes murailles : Une liqueur de menthe. Mais je n’entrai pas dans la ville. S’écarter comme l’épaisse trace jaune de la mer Au Grau-du-Roi, ... [Lire la suite]
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15 décembre 2017

Gérald Neveu (1921 – 1960) : Midi

  Midi   Il est tombé - dit-on – plume noire et plume blanche sa soif traînant en immense branchage et donnez-moi - dit-on – ce sourire et ce géranium !   Les portes battues parlent d’or Le vent durcit en coquillage Descends - tu le peux – de ton chariot de victoire pour un triomphe plus amer pour une marche plus charnelle   Lève ton cœur comme vipère ma petite tuile d’orgueil…   On écoute tourner le vin noircir le sang changer le sable   On écoute pourrir comme une musique... [Lire la suite]
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14 décembre 2017

Jean-Pierre Faye (1925 -) : Partage des eaux

  Partage des eaux   Les vallées prennent corps, affrontées et prennent eau à même la pierre amarrées au portail et à l’auvent liées aux arches, tendues sur les lignes jetées de plein cintre aidées par l’assise, arquées sur les piliers sans mesure et la mauvaise cassure dans la pente - mais l’effort du sol rejette la longue moulure levée en initiale et le clavier lacunaire des contreforts dans des langues différentes. Des voix se tendent différemment dans la chair entre la gorge et la bouche, et là où lève... [Lire la suite]
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13 décembre 2017

Jean-Pierre Duprey (1930 – 1959) : Où que j’erre

  Où que j’erre   Sortir de la mort, sortir de la pluie, sortir du pays, Sortir du pays, sortir de son pain, sortir de l'ennui, Sortir du toujours, sortir du jamais, sortir du pays, Il y a là-dedans quelque chose qui ne me revient pas, Quelque chose qui me ronge et me découpe. Ah sortir de sa boue, Et sortir de sa nuit et de la nuit des autres, Sortir de sa chance et de sa mauvaise chance, De l'amer et de l'aigu, de la mer et de la terre, Sortir de ce pays qui m'assèche, Ce pays qui me pousse dans le... [Lire la suite]
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11 décembre 2017

Gilberte H. Dallas (1918-1960) : « J’ai plongé mon avide soif… »

  O        J’ai plongé mon avide soif dans l’algue de ton corps sur l’enclume reposé, splendide charogne, trésor des Galapagos j’ai plongé mes mains dans tes entrailles en ai retiré  la robe de pierres de la Dame Noire, pierres d’herbes, d’eau et de ciel, pierres de fils et de soleil.      J’ai plongé mes mains dans ton ventre, en ai retiré le cheval de bois blanc comme un astre, avec son harnais de tulipe.      J’ai plongé mes mains et mon visage... [Lire la suite]
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