29 octobre 2017

Jean-Paul de Dadelsen (1913 – 1957) : Oncle Jean

  Oncle Jean   ONCLE JEAN                     avait à maints égards                     avec long corps longs os long nez long nom                     de noblaillon frison de longue plaine en bordure de morne mer une altogether rather... [Lire la suite]
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27 octobre 2017

Jean Joubert (1928 – 2015) : « A l’aube… »

    XII A l’aube s’est levé                                                                       Les sables sont déserts ... [Lire la suite]
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26 octobre 2017

Luc Decaunes (1913 – 2001) : Parler se fait rare

  Parler se fait rare Je perds le secret de mon propre langage  Je me fais vieux, je me fais peu  J'ai fort à faire avec mes habitudes  Chiens qui m'enseignent à mourir  Je ne sais plus ce que parler veut dire  Et les mots trahis  Les mots épuisés  Font la nuit sur moi  Comme sur la vie  Je perds le secret et le goût du langage  Je m'ennuie avec moi  Danger de mort  Mon enthousiasme mes lumières font long feu  Je ne sais plus qui regarder  ... [Lire la suite]
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22 octobre 2017

Valéry Larbaud (1881 – 1957) : Prologue

  Prologue     Borborygmes ! Borborygmes !... Grognements sourds de l'estomac et des entrailles, Plaintes de la chair sans cesse modifiée, Voix, chuchotements irrépressibles des organes, Voix, la seule voix humaine qui ne mente pas, Et qui persiste même quelque temps après la mort physiologique...   Amie, bien souvent nous nous sommes interrompus dans nos caresses Pour écouter cette chanson de nous-même ; Qu'elle en disait long, parfois, Tandis que nous nous efforcions de ne pas rire ! Cela... [Lire la suite]
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21 octobre 2017

Albert Samain (1858 – 1900) : « Il est d’étranges soirs… »

  Il est d’étranges soirs, où les fleurs ont une âme, Où dans l’air énervé flotte du repentir, Où sur la vague lente et lourde d’un soupir Le cœur le plus secret aux lèvres vient mourir. Il est d’étranges soirs, où les fleurs ont une âme, Et, ces soirs-là, je vais tendre comme une femme.   Il est de clairs matins, de roses se coiffant, Où l’âme a des gaietés d’eaux vives dans les roches, Où le cœur est un ciel de Pâques plein de cloches, Où la chair est sans tache et l’esprit sans reproches. Il est de clairs... [Lire la suite]
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20 octobre 2017

Rémy Belleau (1528 – 1577) : Le désir

  Le désir   Celuy n'est pas heureux qui n'a ce qu'il désire,  Mais bien-heureux celuy qui ne désire pas  Ce qu'il n'a point : l'un sert de gracieux appas  Pour le contentement, et l'autre est un martyre.     Désirer est tourment qui bruslant nous altère  Et met en passion ; donc ne désirer rien  Hors de nostre pouvoir, vivre content du sien,  Ores qu'il fust petit, c'est fortune prospère.     Le Désir d'en avoir pousse la nef en proye  Du corsaire, des... [Lire la suite]
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18 octobre 2017

François Villon (1431 – 1463) : Le débat du cœur et du corps de Villon

  Le débat du cœur et du corps de Villon     Qu'est ce que j'oi (*) ? - Ce suis-je ! - Qui ? - Ton cœur,    (*) j’entends Qui ne tient mais qu'à un petit filet : Force n'ai plus, substance ne liqueur, Quand je te vois retrait ainsi seulet Com pauvre chien tapi en reculet.(*) -                               (*) à l’écart Pour quoi est-ce ? - Pour... [Lire la suite]
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17 octobre 2017

Jacques Lovichi (1937 - 2018) : Mourir dans l’île

  Mourir dans l’île Au Sud du Sud   Ô barbara furtuna… Lamentu   à Frédéric Jacques Temple   1 Dépossédés là-bas          bien au-delà de la crête des vagues franchis le ciste et l’arbousier la combe d’où s’enfuit le merle des légendes là-bas          après les cols aux rousseurs de perdrix après les bergeries aux toits couverts de ronces après les oliviers     les... [Lire la suite]
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16 octobre 2017

Georges Perros (1923 – 1978) : « Il y a un bruit près de chez moi… »

  Il y a un bruit près de chez moi Comment pourrai-je m’en passer Celui de l’homme c’est la voix Que je connais trop bien, assez. Un bruit qui ne vient pas des hommes Les hommes sont mes compagnons Ce bruit qui vient de nulle part Me rend bien fou quand je l’entends Il ne ressemble à rien d’humain Quoique les hommes de toujours L’aient entendu. Homère en parle avec génie Il ne ressemble à rien d’ici C’est un bruit féroce et têtu Parfois plaintif comme une femme Parfois meurtrier, je le nomme Celui du flux et du... [Lire la suite]
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15 octobre 2017

André Velter (1945 -) : Ein grab in der luft

  Ein grab in der luft (1)   Je n’ai les mots ni la langue qui tue et chante tout à la fois. Je n’ai, clouée sous les ongles, aucune rumeur d’enfance comme celle de l’orphelin tombé des convois, et qui ne s’apprend pas, ni ce legs agrippé pour toujours aux barbelés de Pologne.   Je n’ai voix assez rauque assez exténuée, assez trouée, je parle par défaut sans m’écorcher si profond que cela, gorge à sec à force  de recoudre l’écho du marteau à briser les tympans, l’écho du ressac de ballast qui ne... [Lire la suite]
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