18 juillet 2018

Anne Bihan (1955 -) : « Être ni l’un ni ... »

  Être ni l’un ni l’autre juste le fil tendu     entre les rives juste     l’élan ténu entre les formes singulières du même     la langue plurielle et composite                   une jambe inattendue lancée à l’oblique d’un ciel     de traîne   être la voix blanche qui tourne et tourne encore     longe le mur des fous... [Lire la suite]
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15 juillet 2018

Olivier Deschizeaux (1970 -) : Je me suis vu (I)

  Je me suis vu I   Je me suis vu enfant cognant mon crâne aux montagnes de sable jurant sur le front des mers que la chair pourrit en mes entrailles comme une barque de démon luttant pour la vie en un éclair de ténèbres et ma mère qui défait mon poitrail aux vents des christ morts   je me suis vu happant la vérité d’un dieu malade au bord de mon lit et mille molochs lèchent mes cuisses enduites de terre là où respire ma seule nuit de tristesse   je me suis vu quarante ans de solitude dérive... [Lire la suite]
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14 juillet 2018

Jean-Pierre Siméon (1950 -) : « ma prière... »

  ma prière voilà comment commence ma prière j’aime que le matin blanc pèse à la vitre et l’on tue ici j’aime qu’un enfant courant dans l’herbe haute vienne à cogner sa joue à mes    paumes et l’on tue ici j’aime qu’un homme se plaise à mes seins et que sa poitrine soit un bateau qui    porte dans la nuit et l’on tue ici j’aime qu’on bavarde à la porte du boulanger quand il n’y a d’autre souci que    le bleu du ciel étendu sous la théorie des nuages et l’on tue ici j’aime qu’à... [Lire la suite]
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12 juillet 2018

Jacque Prévert (1900 – 1977) : Complainte de Gilles

  Complainte de Gilles   Tristes enfants perdus  Nous errons dans la nuit.  Où sont les fleurs du jour,  Les plaisirs de l'amour.  Les lumières de la vie? Tristes enfants perdus  Nous errons dans la nuit.  La lune blanche et nue  Dans le ciel nous poursuit,  Son sourire est glacé  Nos cœurs glacés aussi. Tristes enfants perdus  Nous errons dans la nuit.  Le diable nous emporte  Sournoisement avec lui. Le diable nous emporte  Loin de... [Lire la suite]
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11 juillet 2018

Maxence Fermine (1968 -) : « Je t’ai découverte... »

  Je t’ai découverte aux lèvres d’un coquillage bleuie de froid sous ton manteau de vagues l’algue-chevelure dénouée dans l’écume et tes yeux d’océan posés sur le sable   L’autre rive était chargée d’épices parfum d’or sur ton épaule un souffle de cerise sur ta nuque simple fruit d’un équinoxe de vent   Je me suis baigné sous le silence d’une feuille l’ombre exquis collait à ma paupière un poisson-lune a chaussé mon regard nouant mes cils bleutés sur son écaille   C’est alors que je t’ai... [Lire la suite]
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09 juillet 2018

André Du Bouchet (1924 – 2001) : Nivellement

  Nivellement   Je conserve le souvenir de la rosée sur cette route où je ne me trouve pas,                                        dans le désespoir du vent            qui renoue.     ... [Lire la suite]
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08 juillet 2018

Michel Leiris (1901 – 1990) : Hymne

    Hymne   Par toute la terre lande errante où le soleil me mènera la corde au cou j'irai chien des désirs forts car la pitié n'a plus créance parmi nous   Voici l'étoile et c'est la cible où la flèche s'enchâsse clouant le sort qui tourne et règne couronne ardente loterie des moissons   Voici la lune et c'est la grange de lumière   Voici la mer mâchoire et bêche pour la terre écume de crocs barbes d'acier luisant aux babines des loups Voici nos mains liées aux marées comme... [Lire la suite]
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07 juillet 2018

Xavier Grall (1930 – 1981) : Ballade de la mort lente

  Ballade de la mort lente     Et c’est seulement au chevet des mères mourantes Que les fils des hommes accèdent à la connaissance Car il faut les ténèbres à l’illumination du cierge.     O mort si lente à venir sur les lèvres exsangues Quand le goutte-à-goutte du sérum scande les heures Dans les veines vitreuses et transparentes Quand Octobre sur la clinique lève un pâle soleil Quand l’infirmier cynique tâte la paupière bleuie Où l’œil maternel aveugle fixe la mort insolente Alors que les... [Lire la suite]
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05 juillet 2018

René Daumal (1908 – 1944) : Fièvre blanche

  Fièvre blanche   Avant que l’éveil n’ait mis sa griffe sur ce front qui dort fermé sur des feux, sur des nuits et sur des poisons chanteurs, j’aurais plongé dans la mare sans rides.   Celui qui bat dans la poitrine, le soleil monte le long du dos jusqu’à l’éclat bleu dans la nuit, jusqu’aux signes soudain du silence du souffle épuisé dans la tête ;   jusqu’aux mots du phosphore si peu brillants, si peu bruyants et sans éclat, mais sûrs, plus sûrs qu’un acier dans la gorge, plus sûrs que... [Lire la suite]
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29 juin 2018

Mérédith Le Dez (1973 -) : « Il y a la guerre ... »

  Il y a la guerre dans ce pays et tout autour encore il y a la guerre   la guerre est sur tous les fronts elle ronge les yeux elle mange le ventre elle inonde les lèvres d’une écume nauséabonde   telle est la guerre sans égard sans attente   la guerre étale au jour une mer de boucliers arides la guerre ouvre à la nuit ses tranchées boueuses   si tu dis je préfère la paix quelle est la terre qui ondule sous le nom de paix   je ne connais pas la paix   il n’ y a de terre... [Lire la suite]
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