17 octobre 2018

Jacques Lovichi (1937 - 2018) : Mort du sultan des Asphodèles

  Mort du sultan des Asphodèles   1. Voici que vient le crépuscule et cette face d’ombre en nous                    qui se fait jour qui grimace qui rit sous la poudre des siècles   Et nous aurons parlé en vain.       2. A la surface du silence crèvent trois bulles irisées ah ! rien ne restera de nous qu’un arbre foudroyé sur la rive du fleuve que le cri d’un busard à la corne d’un roc ... [Lire la suite]
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16 octobre 2018

Georges Perros (1923 -1978) : " Il n’y a rien..."

  Il n’y a rien sinon le vent pour traverser votre âme ô les mouettes Vous qui tissez de vif-argent le grand ciel enfant de bohême Gloire à vous Filles de l’air et de la mer vos ailes battent encor comme dans le cœur de Tristan pour toutes les Yseult du monde   Programme de la Fête des Mouettes de Douarnenez, Juillet 1971 Du même auteur :  « On meurt de rire… » (10/08/2014) « Foutez-moi tout çà dans la mer… » (10/08/2015)  « Mon coeur bredouille… »... [Lire la suite]
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15 octobre 2018

André Velter (1945 -) : Planisphères

  Planisphères A Jean-Christophe Victor     Je ne cherche pas d’images dans les songes mais dans l’inconnu du monde, aux rives de la terre et en tous lieux inhabités, aussi bien sous le ciel millimétré des almagestes, que près des récifs de vieux portulans même si mes regards et mes pas sont d’abord accordés aux grandes dépressions de sable, d’herbe ou de neige.   Chaque tracé porte mes caravanes qui vont interminablement d’égarements en bivouacs pour oublier le but et mettre à distance, sans... [Lire la suite]
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12 octobre 2018

Dominique Sampiero (1954 -) : « Je range tes lettres... »

                  Je range tes lettres comme des papillons ou je ne sais quoi. Comme des pages de lumière vivante qui battent des ailes avant qu’on repousse le tiroir. Je les entends remuer la nuit, le jour. Tu sais à quelle vitesse s’éteignent ces brasiers qui nous font croire plus vivants. Cette sorte d’amour. On a beau tourner la page, c’est encore la blancheur. On entre jamais ici, on effleure.   La fraîche évidence Edition Lettres... [Lire la suite]
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10 octobre 2018

Lionel Ray (1935 -) : « Terrible est le visage du temps... »

  Terrible est le visage du temps tapi en toi dans un détour de l’être et qui attend, prêt à surgir.   Cette lumière oscillante, ancrée en toi comme un dard, immobile, et qui veille.   Peut-être le chant avant toute humaine parole est-il cette lueur qui soudain glisse sur un fil d’ombre.   Et ce visage inconnu tu le reconnaîtras comme tien au moment du passage et du renoncement.   Syllabes de sable, Editions Gallimard, 1996 Du même auteur :  Construire (09/10/2019) Distances... [Lire la suite]
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09 octobre 2018

Georges Bataille (1897 – 1962) : « Le néant n’est que moi-même... »

  Le néant n’est que moi-même l’univers n’est que ma tombe le soleil n’est que la mort   mes yeux sont l’aveugle foudre mon cœur est le ciel où l’orage éclate   en moi-même au fond d’un abîme l’immense univers est la mort   L’Archangélique Revue « Messages »,1944
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07 octobre 2018

Anna-Elisabeth de Noailles (1876 – 1933) : Offrande à la nature

  Offrande à la nature   Nature au cœur profond sur qui les cieux reposent,  Nul n’aura comme moi si chaudement aimé  La lumière des jours et la douceur des choses,  L’eau luisante et la terre où la vie a germé.      La forêt, les étangs et les plaines fécondes  Ont plus touché mes yeux que les regards humains,  Je me suis appuyée à la beauté du monde  Et j’ai tenu l’odeur des saisons dans mes mains.      J’ai porté vos soleils ainsi qu’une... [Lire la suite]
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06 octobre 2018

Michel Houellebecq (1956 -) : Différenciation rue d’Avron

  Différenciation rue d’Avron   Les débris de la vie s’étalent sur la table : Un paquet de mouchoirs à moitié entamé, Un peu de désespoir et le double des clés ; Je me souviens que tu étais très désirable.   Le dimanche étendait son voile un peu gluant Sur les boutiques à frites et les bistrots à nègres ; Pendant quelques minutes nous marchions, presque allègres Et puis nous rentrions pour ne plus voir les gens   Et pour nous regarder pendant des heures entières ; Tu dénudais ton... [Lire la suite]
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05 octobre 2018

Pierre Torreilles (1921 – 2005) : Silence...

    Silence, où la voix s’enracine, de nul regard espace où je me tiens, de nul passage désormais le sentier indistinct, haute terre habitable.   Maintenant dé-nommé le visible s’écrit.   De ce jardin bientôt où conduit tout cheminement l’imprononçable accès, puis comme une rumeur le lent besoin des mots de toute fleur absent.   As-tu sacrifié à cette absence ? as-tu recommencé mais inlassablement l’impatience incertaine ?   Les arbres agrippés dans la mort, noirs, ... [Lire la suite]
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03 octobre 2018

Jacques Josse (1953 -) : « Hier soir un homme... »

       Hier soir un homme s’est pendu avec la laisse de son chien. Les brumes de la vallée n’ont rien dit. Elles regardent encore les deux jambes qui se balancent au-dessus des marais, des roseaux.   *      L’espèce de fumée blanche qui vaque, les coudes posés sur les mottes de terre du cimetière n’a aucun lien de parenté avec la brume. Il s’agit, simplement, de la petite haleine des morts.   Revue « Le nouvel Ecriterres, N° 4, Hiver1990/91 » Revue... [Lire la suite]
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