08 novembre 2018

Marc Alyn (1937 -) : Je dois mourir

  Je dois mourir   Je dois mourir je le sais pour que la terre continue sa petite marche tranquille dans le jour et la nuit   Pour que ma voix s'incruste comme un lichen en vos mémoires avec les griffes de mes rires et les mains liée de mes larmes   Je dois mourir pour renaître chaque matin à la rosée quand le ciel dans les yeux des bêtes semble venir se reposer   Je dois partir avant la tentation d'être un autre avant d'être châtré par les mains de la gloire je dois mourir pour être moi... [Lire la suite]
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07 novembre 2018

Pierre Oster (1933 - 2020) : « A l'abri des hameaux... »

  A l'abri des hameaux, de la mer familière et des routes, Je foule en votre honneur les prés. Au moment du regain, Nous les foulions de même et nous rivalisions dans le sillage des fougères, Portés par un désir qui naissait identique à son achèvement ! Ah ! J'embrassais en vous la bonté de la mer et des branches! J'attendais que le plein de la nuit dévoilât votre intense tiédeur. Le vent reprend sa course. Il fascine et soulève les cendres ! Ses trophées, commençant à pourrir sous l'empire des murs, N'ont rien de... [Lire la suite]
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06 novembre 2018

Jacqueline Astégiano (19? -) : L’Arbre

  L’arbre   L’Arbre apprend l’oiseau en se couvrant d’ailes   Tout un été   Et lorsque s’en vont les oiseaux migrateurs                Icare Tombe en feu dans ses branches   Une chouette dans les pommes Editions Le dé bleu, 85310 Chaillé-sous-les-Ormeaux, 1998
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04 novembre 2018

Benjamin Fondane (1898 – 1944) : Titanic

  Titanic   Titanic I C’est un rêve effrayant et je m’y trouve encore - Une chose mouvante et qu’on appelle Terre coule à pic, lentement, hors du regard de l’être... A bâbord, le linge sèche comme avant le déluge, calme le jeu d’échecs se poursuit, un pion avance, la danse dans le hall  pénètre dans les chairs avec l’odeur sucrée des tropiques...   Sur le pont qui descend lentement hors du regard de l’être la lumière est debout, elle a peur de tomber, les hommes sont debout, ils ont peur de... [Lire la suite]
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28 octobre 2018

Jean-Paul de Dadelsen (1913 – 1957) : La fin du jour

  La fin du jour   Voici dans la vitrine de comestibles fins les noirs homards, les langoustes, une antenne brisée, une patte arrachée, l’œil un bouton de bottine très noir très en colère                          - mais comment y aurait-il colère là où il n’y a aucun apitoiement sur soi ? ni regret ? ni peur ? seulement rupture, recherche encore, la patte encore tâtant le sol... [Lire la suite]
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27 octobre 2018

Jean Joubert (1928 – 2015) : « Ainsi je fus... »

  Ainsi je fus, dans cette nuit d'exil, prison et prisonnier et lueur à la fissure, indéchiffrable signe en moi-même gravé,   exilé dans mon corps, dans ce fuseau de pierre, oisif et prisonnier de lianes et de nerfs, aveugle, traversant une secrète nuit   de bêtes enlacées, d'insectes et de dards, où s'effrite la pierre, où s'usent le regard et la bouche et le coeur à des limes funèbres,   m'alourdissant de tous mes songes, terrassé par des meutes sorties de l'eau, dont les abois ... [Lire la suite]
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26 octobre 2018

Pierre Unik (1910 – 1945) : Les égaux

  Trop ténébreuse est la lumière qui filtre par le soupirail dans les tribunaux on la reconnaît autour des édifices à ces particules blanchâtres qu’elle tient en suspension os oubliés de caravane sur les mers à grande distance d’une île volcanique protégée par les abîmes sélénites trop ténébreuse cette lumière des cours d’école pour les yeux des enfants mal lavés dans leurs guenilles saignantes ils regardent leur genou écorché rien n’est plus triste que cette lumière perdue qui flotte sur les arbres des cours ... [Lire la suite]
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24 octobre 2018

Paul Pedech (19 ? - ?) : Berceuse du vent et de la pluie

  Berceuse du vent et de la pluie                    Entends-tu, mon âme,                Les rages du vent,                Qui clame et qui brame                Au seuil des vivants ? ... [Lire la suite]
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20 octobre 2018

Tristan Corbière (1845 – 1875) : Petit mort pour rire

  Petit mort pour rire   Va vite, léger peigneur de comètes ! Les herbes au vent seront tes cheveux ; De ton oeil béant jailliront les feux Follets, prisonniers dans les pauvres têtes...     Les fleurs de tombeau qu'on nomme Amourettes Foisonneront plein ton rire terreux... Et les myosotis, ces fleurs d'oubliettes...     Ne fais pas le lourd : cercueils de poètes  Pour les croque-morts sont de simples jeux,  Boîtes à violon qui sonnent le creux...  Ils te croiront mort -... [Lire la suite]
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18 octobre 2018

François Villon (1431 – 1463) : Ballade des Dames du temps jadis

  Ballade des Dames du temps jadis    Dites-moi où, n'en quel pays, Est Flora la belle Romaine, Archipiadé, ne Thaïs, Qui fut sa cousine germaine, Echo, parlant quant bruit on mène Dessus rivière ou sur étang, Qui beauté ot* trop plus qu'humaine ?  * eut Mais où sont les neiges d'antan ?   Où est la très sage Héloïs, Pour qui châtré fut et puis moine Pierre Esbaillart à Saint-Denis ? Pour son amour ot cette essoine*.       * épreuve Semblablement, où est la roine... [Lire la suite]
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