09 juillet 2020

André Du Bouchet (1924 – 2001) : Sur le pas

  Sur le pas                                                    Rien ne distingue la route des accidents de ce ciel.     Nous allons sur la paille molle et froide de ce ciel, à peine plus froide que nous, par grandes brassées, comme un feu rompu dont il faut franchir le genou, ... [Lire la suite]
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08 juillet 2020

Michel Leiris (1901 – 1990) : Le fer et la rouille

Gravure de Giacometti, 1961 Le fer et la rouille à Jacques BARON   Si je passe l’espace crie et le sabre des minutes aiguise son tranchant d’os sur la meule du temps les chiens d’orage jappent entre les courroies engendreuses d’étincelles et de tournois de lances le sable coule le long des escaliers du sang chaque marche est une ogive portail ouvert à deux battants passent des aigles qui circulent à travers le val vierge des os un squelette rompt la corde Silence Indice des lèvres des lèvres éclatées qui saignent au... [Lire la suite]
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07 juillet 2020

Xavier Grall (1930 – 1981) : Ci-gît Robin

  Ci-gît Robin Aux poètes de Bretagne   Armand Robin Robin des nuits, Robin des bois et des rivières sans un mot tu t'en es allé dans la paisible mort des pierres du silence Tes yeux fermés sur le rêve libertaire tu gis, tranquille tel le mendiant sous le porche à Rostrenen à Langonnet   Robin, anarchiste du Poher épi trop mûr de la douleur paysanne résidu exilé aux durs pavés de Paris toi l'ami de Maiakowski, d'Essenine et de Calloc'h toi qui chantais la fraternité dans toutes les langues ouvrières ... [Lire la suite]
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05 juillet 2020

Jean de La Fontaine (1621 – 1695) : Le loup et l’agneau

Le loup et l’agneau     La raison du plus fort est toujours la meilleure :        Nous l'allons montrer tout à l'heure.        Un Agneau se désaltérait        Dans le courant d'une onde pure. Un Loup survient à jeun qui cherchait aventure,        Et que la faim en ces lieux attirait. Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ?        Dit cet animal... [Lire la suite]
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29 juin 2020

Mérédith Le Dez (1973 -) : « Je veux un champ d’étoiles... »

  Je veux un champ d’étoiles pour Nuit des jours où rien ne passe   Je veux la soie des songes La toile où tous les vents claquent de fraîcheur   Chaque bruit Moindre battement qui creuse la tempe Au coin du corps le cœur comme un tocsin clair La cible criblée de plaisir   Cris je veux pleins dans mon ciel Et dégorgements vifs et râles et plaisirs Plus jamais les dentelles aigres des semaines à languir   Destin qui roule Il faudrait se hisser là-haut à bout de bras A force de rêve   ... [Lire la suite]
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28 juin 2020

Christian Bachelin (1963 – 2014) : « Paysage de miséricorde... »

  Paysage de miséricorde Aubervilliers ou Clignancourt Avec tes gazomètres tes loques de brouillard Tes bistrots à sidis tes chardons tes orties Et tes locomotives aux béquilles de pluie Et tes oiseaux d’un soir valsant sur les poubelles Paysage de miséricorde Retiens-moi si je penche du côté de la mort Plus rien ne me sépare du dernier faux pas Que ce mince parapet d’herbe folle et de brume Plus rien que la maigreur de tes arbres malades La ferraille grinçante d’un passage à niveau Plus rien que ta grisaille amère... [Lire la suite]
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26 juin 2020

Pierre Dhainaut (1935 -) : Parole, arbre de paix

  Parole, arbre de paix   Nous l’ignorons d’abord, mais la confiance nous habite, depuis longtemps ce bruit nous saisit, qui ruisselle, qui s’accroit sur les murs où le lierre est inerte encore, quelle source en avril est plus intense ? Une journée comme une année s’ébranle avec le chant des grives. La maison s’en imprègne, se rassemble, se déploie. Quand les yeux s’ouvriront sans être avides, ils n’auront rien à vérifier, ils croiront la parole et la parole transmettra l’inépuisable.   Si nous... [Lire la suite]
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24 juin 2020

Yves Elléouët : Au pays du sel profond

  Au pays du sel profond   au pays du sel profond au pays de l’éperdu la vie mince suit l’abeille l’avette ancienne épinglée à des fronts au calme total ou posée au creux des seins de la femme quotidienne couchée là sous la main vêtue de ma mémoire empesée de hardes violentes parfois elle s’évade pour un voyage et parée de la frileuse fourrure du matin elle s’enfonce dans une histoire des vieux âges où sa chute fait retentir la voix triste des marais   Au pays du sel profond Editions Bretagne,1979 ... [Lire la suite]
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19 juin 2020

Florence Pazzottu (1962 -) : « éteint l’amer rivage... »

  éteint l’amer rivage où murit toute attente mais d’une ardeur étreinte et pure, douce, à flanc de perte ourdie le silence peuplé de la mer                     * déposé tout visage loin des rives enfiévrées voix offertes au corps sans âge du silence le nu est océan nul exil                     * viens ou si tu ne viens pas... [Lire la suite]
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16 juin 2020

Jean Tardieu (1930 – 1995) : Le paysage

  Paris 1954   Le paysage          Non, la terre n'est pas couverte d'arbres, de pierres, de fleuves : elle est couverte d'hommes.     Si les meilleurs sont enfermés dans un long supplice, s'il n'y a plus que le mensonge qui se montre, chamarré de fausses prairies,      si quelqu'un te dit : "Admire le soleil !" - et tu ne vois que le miroitement de la boue, ou bien : " Fais ton devoir !" - et on te tend un couteau pour égorger ta mère et ton... [Lire la suite]
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