01 avril 2019

Raymond Queneau (1903- 1977) : Vieillir

    Vieillir   Ma jeunesse est finie Ma jeunesse est partie Je reste sur le cul avec quarante ans d'âge J'ai pris le pucelage de la maturité Me voilà qui grisonne me voilà qui bedonne je tousse et je déconne déjà déjà déjà Ah quand j'étais jeune homme que j'étais heureux ! comme un lézard au soleil regardant mes orteils brunir au bord de l'eau et mon abencérage dresser son chapiteau Les années comptaient peu les jours étaient légers et toutes les nuits douces Le ciel était bien bleu les lunes... [Lire la suite]
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30 mars 2019

Bernard Chambaz (1949 -) : Gisements, élémentaires

  Gisements, élémentaires   Et les géographies le gisant simplement d’un oiseau   l’oubli, par excellence – puisqu’il n’ y a plus rien à voir. A peine ce fragment de sol, un passage entre deux météores. Un mot épars, dans ce monde de ruines, l’écho d’un monde millénaire, un lieu – comme par hasard : le Grand lac de l’Ours ? Et ces chrétiens jetés aux bords par l’Océane, affolés, les yeux bordés d’or et d’écume, pillards à genoux dans l’eau qui se retire comme une île dont chacun serait... [Lire la suite]
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30 mars 2019

Eugène Guillevic (1907 – 1997) : « Dans le domaine... »

  Dans le domaine Il n’y a rien   Qui ne cherche A se rencontrer. ° Ah oui ! le vent. ° Le soleil Ne couche pas ici. ° La tourterelle a cru Que c’était chez elle. ° La guerre Entre les gris. ° Des roses Qui ne pensent pas   A être des roses ° Autour du domaine, Le vent se cherche Des porte-parole. ° La source N’écoute pas le vent.   Lui rabâche L’outre-pierraille. ° Il n’y a pas que le vent à écrire le vent. ° Porter ce temps-là Qui ne passe pas. ° Il y vient des fleurs... [Lire la suite]
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29 mars 2019

Lorand Gaspar (1925 - 2019) : La maison près de la mer, I

  La maison près de la mer,  I   I 1 or pâle, brumes de paroles dans le froid jours et icônes qui noircissent peu à peu les doigts au bord d’un savoir insoumis –     2 falaise et claviers là-haut des murs blancs Des fenêtres où résiste la nuit parfois prennent feu, - des notes qui brûlent par-delà leur temps dans la musique, des images au soir  tombent sans bruit dans la rouille très sombre des eaux     3 dans les tiroirs de la chambre parfumés de sauge et de thym remuent... [Lire la suite]
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28 mars 2019

Yves Bergeret (1948 -) : La forêt l’attente

    La forêt l’attente   ECUSSONS D’IMPATIENCE   Irritante   vieille convoitise de la forêt et de ses mélèzes                       cabrioler plus haut                                         que le muet... [Lire la suite]
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24 mars 2019

Pierre Dalle Nogare (1934 – 1984) : Je rêve de pleurs et de froid

    Je rêve de pleurs et de froid J’écoute Le gel couvrir la neige Et le matin Est lenteur de plantes, Immobilité de la ténèbre. Qui loge dans ma maison Sinon le murmure Et la foudre ? Aujourd’hui je m’appelle poussière. Je suis habillé Par des losanges, des yeux. Je regarde mes paumes Et Quelqu’un me fixe Qui ne dit mot.   Récit des images Editions Belfond, 1977 Du même auteur : Explorés du feu (24/03/2016)  La dissimulation révélée (24/03/2017)  « Tu es clos dans ta... [Lire la suite]
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23 mars 2019

Pierre Mac Orlan (1882 – 1970) : « Tel était Paris... »

  Tel était Paris avec sa grande tour où, chaque nuit, crépite la chevelure bleue          de la T.S.F. et ses étincelles qui laissent sur le mur de la nuit des traces d’allumettes chimiques ; avec ses vieux meubles en pierre de taille, ses parapets où les suicidés bleus et roses font des rétablissements sur les poignets et ratent leurs numéros ; avec son grand cirque où le public descend sur la piste, où les femmes, folles de l’odeur des chevaux, jaillissent du Moulin... [Lire la suite]
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21 mars 2019

Clément Marot (1465 – 1544) : D’Anne qui lui jeta de la neige

  D’Anne qui lui jeta de la neige          Anne par jeu me jeta de la neige, Que je cuidais (*) froide certainement :              (*) je croyais Mais c’était feu, l’expérience en ai-je, Car embrasé je fus soudainement      Puisque le feu loge secrètement Dedans la neige, où trouverais-je place Pour n’ardre (*) point ? Anne ta seule grâce     (*)... [Lire la suite]
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20 mars 2019

Charles d’Orléans (1394 – 1465) : « Quand Souvenir ... »

  Quand Souvenir me ramentait (*)                    (*) me rappelait La grand beauté dont était pleine,  Celle que mon coeur appelait  Sa seule Dame souveraine,  De tous biens la vraie fontaine,  Qui est morte nouvellement, Je dis, en pleurant tendrement : ... [Lire la suite]
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19 mars 2019

André Markowicz (1960 -) : Trois aubes

  Trois aubes   I. Chanson   Tissus de l’amour-dieu      la « feuille jaunissante » et l’élan vers le rien au jour le jour, et le grand ire au cœur de la grièche et la peau grivelée                     de nos soucis de l’un pour l’autre sous la canicule, j’ai fermé les yeux      pour vous, dès lors dans notre enceinte, il dit il ne dit pas, et si j’épouse... [Lire la suite]
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