08 mai 2018

André Gide (1869 – 1951) : « Nathanaël, je te raconterai les sources … » (08/04/2018)

         Nathanaël, je te raconterai les sources :      Il y a des sources qui jaillissent des rochers ;      Il y en a qu’on voit sourdre de sous les glaciers ;      Il y en a de si bleues qu’elles en ont l’air plus profondes ;      (À Syracuse, la Cyané merveilleuse à cause de cela.)      Source azurée ; vasque abritée ; éclosion d’eau entre des papyrus ;... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:04 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

07 mai 2018

Yvon Le Men (1953 -) : Vue sur le Mont

  Vue sur le Mont   Jamais fenêtre ne fut si justement posée dans le paysage   d’où seconde après seconde les étoiles pénétraient dans le jour par le centre de la seconde   d’où image après image les lumières pénétraient dans le Mont par le centre de la Merveille   qui disparaissait peu à peu pas à pas, pierre à pierre sous une autre merveille.   Jamais fenêtre n’ouvrit autant d’images dans ce lieu où la mer et le Mont ont survécu   à tant de morts et de marées   ... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
05 mai 2018

François Cheng (1929 -) : Avoir tout dit

      Avoir tout dit           et ne plus rien dire Accéder enfin au chant           par le pur silence T’ouvrant là           sans retenue A l’appel d’un geai Aux cris des cigales Au pin jailli de toi           te brisant les entrailles   Sous le ciel uni Qu’effleure seul ... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:27 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
03 mai 2018

Arthur Rimbaud (1854 – 1891) : Après le déluge

    Après le Déluge          Aussitôt que l'idée du Déluge se fut rassise,       Un lièvre s'arrêta dans les sainfoins et les clochettes mouvantes et dit sa prière à l'arc-en-ciel à travers la toile de l'araignée.       Oh ! les pierres précieuses qui se cachaient, - les fleurs qui regardaient déjà.       Dans la grande rue sale, les étals se dressèrent, et l'on tira les barques vers la mer ... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:15 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags :
02 mai 2018

René Char (1907 – 1988) : Fièvre de la Petite-Pierre d’Alsace

  Fièvre de la Petite-Pierre d’Alsace        Nous avançons sur l’étendue embrasée des forêts, comme l’étrave face aux lames, onde remontée des nuits, maintenant livrée à la solidarité de l’éclatement et de la destruction. Derrière cette cloison sauvage, au-delà de ce plafond, retraite d’un stentor réduit au silence et à la ferveur, se trouvait-il un ciel ?      Nous le vîmes à l’instant que le village nous apparut, bâtisse d’aurore et de soir nonchalant, nef à l’ancre... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 01:16 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
01 mai 2018

Guillaume Apollinaire (1880 – 1918) : Vitam impendere amori

  Vitam impendere amori     L’amour est mort entre tes bras Te souviens-tu de sa rencontre Il est mort tu la referas Il s’en revient à ta rencontre     Encore un printemps de passé   Je songe à ce qu’il eut de tendre Adieu saison qui finissez   Vous nous reviendrez aussi tendre         Dans le crépuscule fané Où plusieurs amours se bousculent Ton souvenir gît enchaîné Loin de nos ombres qui reculent     Ô mains qu’enchaîne la mémoire Et... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:06 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

26 avril 2018

Paul Claudel (1868 – 1955) : Le cocotier

  Le cocotier        Tout arbre chez nous se tient debout comme un homme, mais immobile ; enfonçant ses racines dans la terre, il demeure les bras étendus. Ici, le sacré banyan ne s’exhausse point unique : des fils en penchent par où il retourne chercher le sein de la terre, semblable à un  temple qui s’engendre lui-même. Mais c’est du cocotier seulement que je vais parler.     Il n’a point de branches ; au sommet de sa tige, il érige une touffe de palmes. ... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:02 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
24 avril 2018

Georges Ribemont-Dessaignes (1884 – 1974) : Se confondre

  Se confondre   De rien, choses, naissez, cruelles apparences, Néant, vieux magasin, prends ton enseigne visible.   Et toi, bel univers, si vieux, si jeune, ô monde inconnu, Tu prendras ta place Dans les draps de mon sang, dans les plis de mes mains, Sur la paix de mes lèvres, Je tâcherai de naître à tes apparences, Je t’interrogerai comme il se doit, Je t’aimerai pour toi.   Je ne serai rien, je serai tout, Une herbe, un éphémère, un air, Bételgeuse, une voix –   Non, rien, Le vide, et... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 01:04 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
22 avril 2018

Francis Picabia (1879 – 1953) : « Il est une espèce d’oiseau… »

  Il est une espèce d’oiseau d’une grande rareté et bien difficile à connaître, car ces oiseaux ne se posent jamais ; la femelle pond ses œufs dans les airs à une grande hauteur et l’éclosion des petits a lieu avant qu’ils n’aient eu le temps d’arriver jusqu’à terre ; volant sans cesse, ignorant le repos les battements de leurs ailes sont semblables aux battements de notre cœur ; arrêt signifie mort. Ces oiseaux existent partout, ils ont, semble-t-il, toujours existé, mais d’où proviennent-ils, de quelle... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 01:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
20 avril 2018

Philippe Mac Leod (1954 - 2019) : « Sur les coteaux, un clocher s’élance..."

  Sur les coteaux, un clocher s’élance au milieu des arbres. Il pleut. La route grise fend le vert sombre des prairies, le frisson des nappes de colza, les villages enfouis sous les toits roses et luisants. Je cherche le lien, le passage étroit entre les songes qui m’absorbent et la pâleur d’un jour obstinément lointain.   L’éternité par intermittence – à travers nos sommeils – derrière la pluie, comme une lueur étrangère les airs tendus différemment. Et ce chant d’oiseau - dans la cour en arrivant – tard les... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:16 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :