20 octobre 2019

Rémi Belleau (1528 – 1577) : « Pendant que votre main docte ... »

  Pendant que votre main docte, gentille et belle, Va triant dextrement les odorantes fleurs Par ces prés émaillés en cent et cent couleurs, Par le sacré labeur de la troupe immortelle ;   Gardez qu’Amour tapi sous la robe nouvelle De quelque belle fleur n’évente ses chaleurs, Et qu’au lieu de penser amortir vos douleurs, D’un petit trait de feu ne vous les renouvelle.     En recueillant des fleurs la fille d’Agenor Fut surprise d’Amour, et Proserpine encor ; L’une fille de roi, l’autre... [Lire la suite]
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19 octobre 2019

André Dhôtel (1900 – 1991) : Lointaine

    Lointaine   Cependant je voudrais sourire en effeuillant doucement un amour calme – Ils avaient soif, ils se sont penchés sur les pierres – Là – Ils ont marché, ils ont lié leurs bras – ils flottaient comme deux nuages Le long du ruisseau qui dit sa bonne chanson – Ils sont restés longtemps debout, arrêtés, oscillants. Et l’arbre a secoué un rire au-dessus de leur baiser.      Nous ne toucherons plus – serment sur une échelle de soie – aux fanées, aux demoiselles des champs aimées et... [Lire la suite]
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18 octobre 2019

François Villon (1431 – 1463) : Les regrets de la belle heaulmière

  Les regrets de la belle heaulmière   La vieille en regrettant le temps de sa jeunesse   XLVII   Avis m’est que j’oi regretter La Belle qui fut heaulmière, Soi jeune fille souhaiter Et parler en telle manière : « Ha ! vieillesse félonne et fière, Pour quoi m’as si tôt abattue ? Qui me tient que je ne me fière (*),                (*) frappe  Et qu’à ce coup je ne me tue ?   XLVIII ... [Lire la suite]
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16 octobre 2019

Jacques Lovichi (1937 – 2018) : Luberons

      Luberons   à Robert Sabatier     I Il y aurait une plaine au Sud immense                   frémissante sous les feux d’herbe avec sur l’horizon une ligne de collines bleues et dans l’éloignement palpiteraient - comme au lit du torrent des lames de mica – les ternes brillances des serres.   Océan des vignes pour combien de temps encore ?   II La falaise se creuse en ruche... [Lire la suite]
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16 octobre 2019

Georges Perros (1923 – 1978) : « Ces envies de vivre... »

    Ces envies de vivre qui me prennent Et cette panique, cette supplication Cette peur de mourir Alors que je n’ai pas encore vécu Et que dans ces moments J’ai ma vie sur ma langue Il me semble que ça va être possible, enfin Que je vais y aller d’une grande respiration Que je vais avaler le soleil et la lune Et la terre et le ciel et la mer Et tous les hommes mes amis Et toutes les femmes mes rêves D’un seul grand coup De poitrine éclatée Quitte à en mourir, oui, Mais pour de bon Pas de... [Lire la suite]
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15 octobre 2019

André Velter (1945 -) : Ce n’est pas pour ce monde-ci

  Ce n’est pas pour ce monde-ci sur les portraits d’Artaud et de Van Gogh dessinés par Ernest Pignon - Ernest    Il est des êtres troués, troués par tout le corps du fond des yeux au fond des os et par un cri plus grand que leur bouche écorchée,   ils ont sur le visage tous les ravages du monde, des tertres fracassés des ravins où s'enlisent les pires solitudes un effroi qui ne sait à quelle peur se vouer.   Le ciel un jour leur est passé dans le sang avec ce goût d'absolu... [Lire la suite]
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14 octobre 2019

Pascal Commère (1951 -) : Silence dans la cuisine

  Silence dans la cuisine   Bêtes dans les collines, comme une bave là-haut qui bouge – et si peu, la sauvage rose des troupeaux, dans les yeux les reflets piqués, la robe claire des rivières. Collines comme un sac épais sur le ventre du monde, ici la terre pas plus qu’ailleurs collante mais comment dire, parler sans rien nommer, la rouge la terre qui parle d’elle-même toujours et l’arme du soleil parfois. Le hâle, le marteau de la nuque et le silence en bas dans la cuisine, le silence des mains sur les... [Lire la suite]
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11 octobre 2019

Henri de Régnier (1864 – 1936) : La lune jaune

  La lune jaune   Ce long jour a fini par une lune jaune Qui monte mollement entre les peupliers, Tandis que se répand parmi l’air qu’elle embaume L’odeur de l’eau qui dort entre les joncs mouillés. Savions-nous, quand, tous deux, sous le soleil torride Foulions la terre rouge et le chaume blessant, Savions-nous, quand nos pieds sur les sables arides Laissaient leurs pas empreints comme des pas de sang, Savions-nous, quand l’amour brûlait sa haute flamme En nos cœurs déchirés d’un tourment sans espoir, ... [Lire la suite]
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09 octobre 2019

Lionel Ray (1935 -) : Construire

  Construire   Ces choses qui ne pèsent pas Ces ombres étranges suspendues à rien.   Ces oiseaux immobiles dans l’extrême Immensité silencieuse. Et cela   Qui s’appelle l’absence et la légèreté Ou la joie. Ah j’ai toujours aimé ce théâtre   En nous-même obscur et vide et profond Envahi de brumes et de regards,   Et l’épaisseur des attentes et ce recueillement. Ce combat pacifique   Du jour et de la nuit du désert et du bruit. Peut-être étions-nous si proches que rien   ... [Lire la suite]
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09 octobre 2019

José-Maria de Heredia (1842 – 1905) : Soleil couchant

  Soleil couchant   Les ajoncs éclatants, parure du granit, Dorent l'âpre sommet que le couchant allume ; Au loin, brillante encor par sa barre d'écume, La mer sans fin commence où la terre finit.   A mes pieds c'est la nuit, le silence. Le nid Se tait, l'homme est rentré sous le chaume qui fume. Seul, l'Angélus du soir, ébranlé dans la brume, A la vaste rumeur de l'Océan s'unit.   Alors, comme du fond d'un abîme, des traînes, Des landes, des ravins, montent des voix lointaines De pâtres... [Lire la suite]
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