23 juillet 2020

Jehan-Rictus (1867 – 1933) : Et quant à moi pour le présent

Jehan-Rictus par Steinlen   XVII   Et quant à moi pour le présent J’vourais qu’mes faims soy’nt assouvies, J’veux pus marner, j’veux viv’ ma vie Et tout d’suite et pas dans dix ans !   Car c’ soir j’ai comme un r’gain d’ jeunesse Un tout petit, oh ! bien petit, Et si ce soir j’sens ma détresse Demain je r’tomb’rai abruti ! V’là Lazar’ qui veut s’couer sa cendre Et flauper l’Monde à coups d’linceul ! La liberté où j’vais la prendre ! J’vas êt’ mon Bon Guieu moi tout seul !... [Lire la suite]
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18 juillet 2020

Marcel Béalu (1908 – 1993) : Airs pour Mariouchka

  Portrait de Marcel Béalu par Roger Toulouse   Airs pour Mariouchka   1 Chaque feuille de l’arbre est un poisson vivant Chaque mot frétillant sous ma tempe un oiseau Un oiseau chante aussi clé de voûte à tes cuisses Mon désir y rêvant se fait poisson volant   2                                    Mariouckha mon chat sauvage ... [Lire la suite]
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18 juillet 2020

Justin Frantz Simon (1892 - 1918) : Départ

  Départ   Quelque chose bourdonne à mon oreille est-ce mon cœur dans ma poitrine ou ma cervelle dans ma tête est-ce le bruit du train que je devine                       Le train comme un vaisseau                     glisse sur la nuit ... [Lire la suite]
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17 juillet 2020

Anatole Le Braz (1859 – 1926) : Dans la grand’hune

Dans la grand’hune   La mer m’a versé son breuvage Son lait, salé d’un sel amer ; Et j’ai grandi comme un sauvage Sur le sein libre de la mer.   La mer, de ses rudes caresses, A pétri mon cœur et ma chair ; Ce sont de farouches tendresses Que les tendresses de la mer.   La mer m’a chanté l’aventure, L’espace, la vie au grand air. Je suis un oiseau de mâture, Un goéland, fils de la mer !   Et si, dans ma chanson bretonne, Un souffle passe, large et fier, C’est qu’en moi gémit, hurle et tonne ... [Lire la suite]
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16 juillet 2020

Ludovic Janvier (1934 – 2016) : Levée de nous

Levée de nous   Levée de nous tu quittes la chaleur où nous étions couchés à nous tenir d’une enjambée tu donnes à voir et tu reprends offrant le clair de toi offrant le sombre emportés par ton allure mais suspendus avec l’odeur qui m’abandonne pour te suivre nue à trois pas de l’instant qui tremble tu poses en équilibre entre le monde et moi souriante à caresser du geste le regret dans l’air ténu penche-toi que je désespère un peu plus de te voir là qui recommences en essayant sur moi le pouvoir... [Lire la suite]
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12 juillet 2020

Jacques Prévert (1900 – 1977) : Barbara

Barbara     Rappelle-toi Barbara Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là Et tu marchais souriante Épanouie ravie ruisselante Sous la pluie Rappelle-toi Barbara Il pleuvait sans cesse sur Brest Et je t’ai croisée rue de Siam Tu souriais Et moi je souriais de même Rappelle-toi Barbara Toi que je ne connaissais pas Toi qui ne me connaissais pas Rappelle-toi Rappelle-toi quand même ce jour-là N’oublie pas Un homme sous un porche s’abritait Et il a crié ton nom Barbara Et tu as couru vers lui sous la... [Lire la suite]
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09 juillet 2020

André Du Bouchet (1924 – 2001) : Sur le pas

  Sur le pas   SUR LE PAS                                                    Rien ne distingue la route des accidents de ce ciel.     Nous allons sur la paille molle et froide de ce ciel, à peine plus froide que nous, par grandes brassées, comme un feu rompu dont il faut... [Lire la suite]
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08 juillet 2020

Michel Leiris (1901 – 1990) : Le fer et la rouille

Gravure de Giacometti, 1961 Le fer et la rouille à Jacques BARON   Si je passe l’espace crie et le sabre des minutes aiguise son tranchant d’os sur la meule du temps les chiens d’orage jappent entre les courroies engendreuses d’étincelles et de tournois de lances le sable coule le long des escaliers du sang chaque marche est une ogive portail ouvert à deux battants passent des aigles qui circulent à travers le val vierge des os un squelette rompt la corde Silence Indice des lèvres des lèvres éclatées qui saignent au... [Lire la suite]
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07 juillet 2020

Xavier Grall (1930 – 1981) : Ci-gît Robin

  Ci-gît Robin Aux poètes de Bretagne   Armand Robin Robin des nuits, Robin des bois et des rivières sans un mot tu t'en es allé dans la paisible mort des pierres du silence Tes yeux fermés sur le rêve libertaire tu gis, tranquille tel le mendiant sous le porche à Rostrenen à Langonnet   Robin, anarchiste du Poher épi trop mûr de la douleur paysanne résidu exilé aux durs pavés de Paris toi l'ami de Maiakowski, d'Essenine et de Calloc'h toi qui chantais la fraternité dans toutes les langues ouvrières ... [Lire la suite]
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05 juillet 2020

Jean de La Fontaine (1621 – 1695) : Le loup et l’agneau

Le loup et l’agneau     La raison du plus fort est toujours la meilleure :        Nous l'allons montrer tout à l'heure.        Un Agneau se désaltérait        Dans le courant d'une onde pure. Un Loup survient à jeun qui cherchait aventure,        Et que la faim en ces lieux attirait. Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ?        Dit cet animal... [Lire la suite]
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