20 avril 2019

Yves Broussard (1937 – 2018) : « Bourdonnements d’insectes ... »

    A Christian Catoni   Bourdonnements d’insectes au cœur de l’été dans la transparence des signes   Furtives quelques ombres hachurent les restes du sentier   Sur ce monde introublé noyau d’abîmes   le vide et le silence composent un infini mélange   et s’émiette l’éternité   Mesures de la vie Editions Le Taillis Pré, Châtelineau (Belgique), 2004 Du même auteur : « Il est un lieu de longues marches... » (13/01/2016)
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19 avril 2019

Jude Stéfan (1930 -) : Dans les matinées

Dans les matinées   Semblables étaient les vaches au temps de   ronsard   et   pareilles la  brume  et semblables  entre  les  draps à nu mises les  chairs  pour  le  plaisir des bouches et même les feuilles qui tombent comme les  habits  d’époque  et semblable aussi (s’ouvre la  parenthèse  pour une grosse perdrix  rouge  un  fabuleux  reptile   ici qui   passent  ... [Lire la suite]
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17 avril 2019

Max Jacob (1876 – 1944) : Le Kamichi

Peinture d'Amadeo Modigliani   Le Kamichi             L’échafaud, c’est la guillotine,           on n’en veut plus, c’est pour les rois !           l’humble auteur qui t’écrit ces lignes           veut pour le moins mourir en croix.           Je trempe mon roseau dans le sang de mon... [Lire la suite]
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10 avril 2019

Jacques Réda (1929 -) : Oraison du matin

  Oraison du matin   (Oh manque initial, et retrait dans l'élan comme d'une pelletée de cendres. Mais il y a lieu de se brosser les dents en fredonnant un air, et de nouer adroitement la cravate qui préserve de la solitude et de la mort.)   Jour, me voici comme un jardin ratissé qui s'élève Tiré par les oiseaux. Fais que je prenne l'autobus Avec calme ; que j'allonge un pas sobre sur les trottoirs ; Que j'ourle dans mon coin ma juste part de couverture Et réponde modestement aux questions qu'on me pose,... [Lire la suite]
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09 avril 2019

Pierre Reverdy (1889 – 1960) : « La neige tombe... »

  La neige tombe Et le ciel gris Sur ma tête où le toit est pris La nuit. Ou ira l’ombre qui me suit  A qui est-elle ? Une étoile où une hirondelle Au coin de la fenêtre La lune Et une femme brune. C’est là Quelqu’un passe et ne me voit pas. Je regarde tourner la grille Et le feu presque éteint qui brille Pour moi seul. Mais là où je m’en vais il fait un froid mortel.   Revue « Nord-Sud, N°1, 15 Mars 1917 » Librairie Monnier, 1917 Du même auteur : Cran d’arrêt (12/06/2014) ... [Lire la suite]
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08 avril 2019

Rutebeuf (1230 – 1285) : Le dit des ribauds de grève

      Le dit des ribauds de Grève (1)   Ribauds, vous êtes bien à l’aise les arbres dépouillent leurs branches et vous n’avez aucun habit, vous en aurez froid à vos hanches. Qu’ils vous serviraient, les pourpoints et les surcots fourrés à manche ! Vous allez en été si vifs et en hiver si engourdis ! Vos souliers n’ont besoin de graisse : vos talons, ce sont vos semelles. Vous ont piqués, les noires mouches ; maintenant piqueront les blanches (2).   (1) : C’est sur... [Lire la suite]
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06 avril 2019

Jean Cocteau (1889 – 1963) : La forêt qui marche

  La forêt qui marche Ode   J’ai croisé les Anglais roulant vers la bataille                               Sur leurs grands camions automobiles                               Leurs visages de brique rose ... [Lire la suite]
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03 avril 2019

Marie-Noël (1883 – 1937) : Connais-moi ...

    Connais-moi ...   Connais-moi si tu peux, ô passant, connais-moi ! Je suis ce que tu crois et suis tout le contraire : La poussière sans nom que ton pied foule à terre Et l'étoile sans nom qui peut guider ta foi.   Je suis et ne suis pas telle qu'en apparence : Calme comme un grand lac où reposent les cieux, Si calme qu'en plongeant tout au fond de mes yeux, Tu te verras en leur fidèle transparence...   Si calme, ô voyageur... Et si folle pourtant !  Flamme errante, fétu, petite... [Lire la suite]
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01 avril 2019

Raymond Queneau (1903- 1977) : Vieillir

    Vieillir   Ma jeunesse est finie Ma jeunesse est partie Je reste sur le cul avec quarante ans d'âge J'ai pris le pucelage de la maturité Me voilà qui grisonne me voilà qui bedonne je tousse et je déconne déjà déjà déjà Ah quand j'étais jeune homme que j'étais heureux ! comme un lézard au soleil regardant mes orteils brunir au bord de l'eau et mon abencérage dresser son chapiteau Les années comptaient peu les jours étaient légers et toutes les nuits douces Le ciel était bien bleu les lunes... [Lire la suite]
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30 mars 2019

Bernard Chambaz (1949 -) : Gisements, élémentaires

  Gisements, élémentaires   Et les géographies le gisant simplement d’un oiseau   l’oubli, par excellence – puisqu’il n’ y a plus rien à voir. A peine ce fragment de sol, un passage entre deux météores. Un mot épars, dans ce monde de ruines, l’écho d’un monde millénaire, un lieu – comme par hasard : le Grand lac de l’Ours ? Et ces chrétiens jetés aux bords par l’Océane, affolés, les yeux bordés d’or et d’écume, pillards à genoux dans l’eau qui se retire comme une île dont chacun serait... [Lire la suite]
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