20 novembre 2018

Maurice Bourg (1918 - ?) : En venue

  En venue        Tout ce qui fut. Tout ce qui va venir. Comme écrit, comme inscrit dans le poème.        Tout !        La Forêt, dans l’air, avant le printemps. Avec les futures envolées d’ailes. Avec les chants, avec les oiseaux qui ne sont pas encore. Avant les retombées de lumière qui deviendront vie, rythme.        Le Poème, dans l’air, avant les mots.        La Parole, avant, le... [Lire la suite]
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19 novembre 2018

Richard Rognet (1942 -) : « Tu ouvres la terre... »

  Tu ouvres la terre, tu retrouves ton premier cri, déchirure dans le tissu du temps, tu prends les sources contre toi, tu les fais courir sous ta peau, dans ta chair, comme autant de nouveaux vaisseaux,   tu creuses, creuses encore, tu retrouves les empreintes que le ciel a laissées dans tes os et sur les pierres familières où tu aimes t’asseoir, en fin d’après-midi, au bord du lac,   lorsque les constellations de l’automne se confondent avec celles des vaguelettes qui viennent s’effacer lentement... [Lire la suite]
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18 novembre 2018

Voltaire (1694 -1778) : A Madame Lullin

  A Madame Lullin   Hé quoi ! vous êtes étonnée Qu’au bout de quatre-vingts hivers, Ma muse faible et surannée Puisse encor fredonner des vers ?   Quelquefois un peu de verdure Rit sous les glaçons de nos champs ; Elle console la nature, Mais elle sèche en peu de temps.   Un oiseau peut se faire entendre Après la saison des beaux jours, Mais sa voix n’a plus rien de tendre, Il ne chante plus ses amours.   Ainsi je touche encor ma lyre Qui n’obéit plus à mes doigts ;... [Lire la suite]
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16 novembre 2018

Roland Topor (1938 -1997) : « Merci ô mes amis... »

  Merci ô mes amis De m'avoir égorgé si promptement Avec une serviette autour du cou Pour protéger mon col de chemise Merci pour la beauté du geste La suavité du toucher L'élégance du tracé La discrétion exquise de la plaie La vivacité du coloris Merci pour le soutien moral Les encouragements les tapes dans le dos Les bons sourires amicaux Moi aussi je vous souris Doublement Au-dessus et au-dessous du menton     Pense-bêtes Le cherche midi éditeur, 1992
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16 novembre 2018

Jean-Pierre Abraham (1936 – 2003) : Poète foutu

  Poète foutu   « Je suis passé le voir Il avait encore bu Pour oublier les mots Que lui seul pouvait dire »   Compère qu’as-tu vu ? Editions Le temps qu’il fait, 1993 Du même auteur « Elle ouvre la porte... » (16/11/2019)
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14 novembre 2018

Jean Malrieu (1915 – 1976) : Le plus beau jour

Le plus beau jour     S’il pouvait faire un temps à mettre un chien dehors Si je pouvais avoir un cœur à fendre pierre Si l’amour devenait plus lâche que la mort Si nous étions des morts pour parler de la vie Si nous étions heureux pour ne plus rien nous dire Si nous étions vivants pour pouvoir nous aimer Si le monde n’était pas fait pour le refaire Si tu n’existais pas pour pouvoir t’inventer.     Préface à l’Amour Edition des Cahiers du Sud, Marseille, 1953 Du même auteur : Le veilleur... [Lire la suite]
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11 novembre 2018

André Pieyre de Mandiargues (1909 -1991) : Les filles des gobes

  Les filles des gobes   Dans un de ces jours-là qui sont pâles et gris Comme les flancs humides de la craie Dans le jour gris d’une marée de novembre Qui attire très loin le bord bruissant de l’eau Un homme inquiet regarde le ciel noir Entre les découpures de la crête de marne Au-dessus de la crête le ciel sombre où passent Des voiliers d’oies sauvages en route vers le sud.    Il faut descendre encore un peu parmi les éboulis Aller sur le chemin des ramasseurs d’épaves De l’autre côté d’un tas... [Lire la suite]
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10 novembre 2018

Rémy de Gourmont (1858 – 1915) : Les cheveux

  Les cheveux     Simone, il y a un grand mystère  Dans la forêt de tes cheveux.    Tu sens le foin, tu sens la pierre  Où des bêtes se sont posées ;  Tu sens le cuir, tu sens le blé,  Quand il vient d'être vanné ;  Tu sens le bois, tu sens le pain  Qu'on apporte le matin ;  Tu sens les fleurs qui ont poussé  Le long d'un mur abandonné ;  Tu sens la ronce, tu sens le lierre  Qui a été lavé par la pluie ;  Tu sens le jonc et la... [Lire la suite]
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08 novembre 2018

Marc Alyn (1937 -) : Je dois mourir

  Je dois mourir   Je dois mourir je le sais pour que la terre continue sa petite marche tranquille dans le jour et la nuit   Pour que ma voix s'incruste comme un lichen en vos mémoires avec les griffes de mes rires et les mains liée de mes larmes   Je dois mourir pour renaître chaque matin à la rosée quand le ciel dans les yeux des bêtes semble venir se reposer   Je dois partir avant la tentation d'être un autre avant d'être châtré par les mains de la gloire je dois mourir pour être moi... [Lire la suite]
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07 novembre 2018

Pierre Oster (1933 -) : « A l'abri des hameaux... »

  A l'abri des hameaux, de la mer familière et des routes, Je foule en votre honneur les prés. Au moment du regain, Nous les foulions de même et nous rivalisions dans le sillage des fougères, Portés par un désir qui naissait identique à son achèvement ! Ah ! J'embrassais en vous la bonté de la mer et des branches! J'attendais que le plein de la nuit dévoilât votre intense tiédeur. Le vent reprend sa course. Il fascine et soulève les cendres ! Ses trophées, commençant à pourrir sous l'empire des murs, N'ont rien de... [Lire la suite]
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