12 mars 2020

Henri Droguet (1944 -) : Salut

  Salut   Une nuit la mer tremble on marche aux nébuleuses la turbulente écume bave à l’étrave qui tranche l’étrange lait le beau pré lumineux le blanc ruisseau des planctons (Ophélie ! Chanaan !) la houle berceuse aux oiseaux somnolents   à l’aurore il y a l’instable éternité le luxe énorme des nuages et l’aise des escales   Ah Dieu ! que la mer est jolie ! 29décembre 1994   Noir sur blanc Editions Gallimard, 1998 Du même auteur : Sans paroles (12/03/2019)
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11 mars 2020

Daniel Biga (1940 -) : « Qu'est devenu le petit peuple... »

  Qu'est devenu le petit peuple des mansardes qu'escaladait l'escalier de service mangeait fort rarement des truites à la mode de Quand mais beaucoup plus souvent des raviolis-boîte Monoprix estampille Forza s'arrosant largement au sous-picrate de soude qu'est devenue Concon qui gueulait-jurait (Peau lisse Secours l'embarqua un      jour qu'avec sa canne elle chargeait les zautos : on ne l'a jamais revue par ici) qu'est devenue l'infirmière sexagénaire corse emphysémateuse qui jusqu'au ... [Lire la suite]
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09 mars 2020

Jacques Gaucheron (1920 – 2009) : Comme

Portrait par Boris Taslitzky   Comme   Il y aurait comme un paysage à n’en plus finir Champs et prairies Herbe sauvage et terre brunie   Il y aurait comme une rive Et coulerait une rivière oisive Avec de longues plantes longuement Peignées par le courant   Dans la rivière il y aurait un ciel Avec des désirs de nuages blancs Et ce serait comme une fuite éperdue Comme un glissement d’eaux fraîches   Il y aurait comme un paysage à n’en plus finir Une montagne aux épaules blanches Intangibles ... [Lire la suite]
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07 mars 2020

Jean – Claude Schneider (1936 –) : « Morceau ... »

  Morceau après morceau on égratigne des murs lisses qu’on sauve de l’oubli   ceux-là de travers ont presque figure humaine   on gagne chaque jour sur les lacunes on augmente les pans auxquels on adhère   l’accord vient l’inattention nous cueille au grain du papier au coude de la paroi. * Le monde, on dirait recule dans la distance et le demi-jour cendré, rumeur d’égout qu’on peut oublier   les rides comme après la pluie la boue redevient lisse s’effacent   le plus... [Lire la suite]
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07 mars 2020

Hervé Carn (1949 -) : Ce monde est un désert

  Ce monde est un désert   Que nous reste-t-il dans le fond De nos âmes quand le désert Bruisse des vilaines plaies du vent Des traces de sang des cris édentés Des hommes qu’on égorge Des rivières taries empoisonnées   Que nous reste-t-il devant nous Aux matins des réveils que les oiseaux Peinent à colorer de leurs plumes A rafraîchir de leurs chants Dans ce désert qu’est le monde Devenu ou l’était-il depuis longtemps.   Et nous hommes de peu de foi De trop peu d’attention aux autres Hommes aux... [Lire la suite]
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05 mars 2020

Gil Jouanard (1937 -) : Hautes chaumes (II)

  Hautes chaumes (II)   ................................................... Ces flammes courtes dans le vent ; ce gel coupant autour des mots qui s’évaporent : et la gorge passible de cri, pourtant aussi muette que le marbre de la mémoire (fort en images, vide de tout sens continu, comme intime, mais froid à tout jamais).   Et la nuit qui s’annonce sans venir tout à fait.   La nuit qui balbutie d’incompréhensibles étoiles, traces perdues du vieux chemin de l’unité.   Oh !... [Lire la suite]
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04 mars 2020

Saint-Pol-Roux (1861 – 1940) : Litanies du verbe

  Litanies du verbe   Que la lumière soit   Mots jaillis de la bouche du Verbe / première, Mots datant du principe du monde Mots qui se courent après depuis le cri divin Mots transformés au cours de l’être humain Mots des campagnes, des forêts, des phénomènes et des éléments... Mots de l’enfant vers le lait de sa mère Mots du coq droit vers le cœur de l’Aurore, (du Levant) Mots des clochers qui nous dispensent l’heure, Mots des becs sur les branches Mots des châteaux et des chaumières Mots de la vierge... [Lire la suite]
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28 février 2020

Alphonse de Lamartine (1790 – 1869) : Les voiles

  Les voiles     Quand j'étais jeune et fier et que j'ouvrais mes ailes, Les ailes de mon âme à tous les vents des mers, Les voiles emportaient ma pensée avec elles, Et mes rêves flottaient sur tous les flots amers.   Je voyais dans ce vague où l'horizon se noie Surgir tout verdoyants de pampre et de jasmin Des continents de vie et des îles de joie Où la gloire et l'amour m'appelaient de la main.   J'enviais chaque nef qui blanchissait l'écume, Heureuse d'aspirer au rivage inconnu, Et... [Lire la suite]
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27 février 2020

Clod’Aria (1916 – 2015) : Symbole

  Symbole   Je cherche un pin tordu, Un pin qui me ressemble, Un pin qu’auront battu Tous les vents de Novembre,   Un pin au tronc noueux, Crevassé, biscornu, Dont le cœur sera creux Et le creux vermoulu,   Un pin aux branches noires Tendues vers un ciel gris, Vers un ciel de déboires, Vers un ciel de mépris.   Je cherche un pin tordu, Un pin qui me ressemble, Un pin qu’auront mordu Tous les froids de Décembre,   Un pauvre pin cassé, Décharné, racorni, Par l’hiver tourmenté Et... [Lire la suite]
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25 février 2020

Marc Le Gros (1947 -) : Cigüeña

  Cigüeña   A chaque clocher sa fleur d’épine son grand bûcher de paille vive on s’y griffe les yeux en Avril les mains nous brûlent comme la neige là-haut sur GREDOS la saison dure ce qu’elle dure et si on croche dans sa lumière c’est qu’on a peur que l’oiseau qui se pose ce grand oiseau noir et blanc ne rejoigne la lenteur ancienne des pierres mais l’heure crépite comme un chant de fagot le temps ne pèse plus que de son pois de plumes   Avila    Avril 1991 Le Nouvel Ecriterres,... [Lire la suite]
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