10 décembre 2014

Françoise Hàn (1928 - 2020) : Notes en marge

Notes en marge   De l'ouvert on ne parle pas   Les peintres chinois devant l'ouvert tracent d'un pinceau léger une calligraphie   La nuit parfois dans l'absence de couleurs (mais c'est une image grossière)   L'impossible n'est pas l'ouvert   ce qui reflue des rives de l'été quand la lumière vacille n'est pas l'ouvert ce qui paraît au-delà de la musique de l'amour des grands pavots silencieux n'est pas l'ouvert   car dans la musique dans l'amour dans les fleurs circule... [Lire la suite]
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07 décembre 2014

Francis Jammes (1868 -1938) : j’aime dans le temps

J’aime dans le temps   J’aime dans le temps Clara d’Ellébeuse,  l’écolière des anciens pensionnats,  qui allait, les soirs chauds, sous les tilleuls  lire les magazines d’autrefois.     Je n’aime qu’elle, et je sens sur mon cœur  la lumière bleue de sa gorge blanche.  Où est-elle ? Où était donc ce bonheur ?  Dans sa chambre claire il entrait des branches.     Elle n’est peut-être pas encore morte  — ou peut-être que... [Lire la suite]
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06 décembre 2014

Maurice Roche (1924 – 1997) : « Je vis la mort à chaque instant… »

  Je vis la mort à chaque instant. J’ai le sentiment d’être venu au monde avec elle dans le crâne. Cela est déterminé sans doute par mon patrimoine génétique et dû aussi peut-être à l’influence de mon milieu. Dans ma famille, depuis la plus haute Antiquité, on a rendu l’âme tant et tant de fois que çà a fini par devenir héréditaire.     Jour après jour, je rêvais mes ténèbres; au fur  de mes nuits blanches,j'imaginais le grand sommeil - la camarde ayant eu le dernier mot de la... [Lire la suite]
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05 décembre 2014

Jacques Roubaud (1932 - ) : « puisque je pense… »

                           140   utsutsu wo mo           utsusu to sara ni                        omowaneba      yume wo mo yume to               nani ka omowamu   ... [Lire la suite]
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02 décembre 2014

Vincent Voiture (1597 – 1648) : « Je me meurs tous les jours…

    Je me meurs tous les jours en adorant Sylvie,  Mais dans les maux dont je me sens périr,  Je suis si content de mourir,  Que ce plaisir me redonne la vie.       Quand je songe aux beautés, par qui je suis la proie  De tant d’ennuis qui me vont tourmentant,  Ma tristesse me rend content  Et fait en moi les effets de la joie.       Les plus beaux yeux du monde ont jeté dans mon âme  Le feu divin qui me rend bienheureux ;  ... [Lire la suite]
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29 novembre 2014

Gérard Le Gouic (1936 - ) : « Quand ma chienne me regarde… »

      Quand ma chienne me regarde ses yeux se posent en vérité  dans mon dos sur le vaisselier ou sur la ligne des arbres par la fenêtre ouverte. Elle me regarde comme à travers une porte en perles et c’est l’au-delà qu’elle voit et par moments qui l’inquiète.     Autoportraits en noir et bleu, in Revue « Poésie présente. Cahiers trimestriels de Poésie. XXIII ». Editions Rougerie, 1977   Du même auteur : Troisième île (29/11/2015) Cairn de Barnenez (29/11/2016)... [Lire la suite]
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26 novembre 2014

Jean Mambrino (1923 – 2012) : Le

  Le   Le vent coule si paisible sur le sommeil de la prairie que les herbes semblent inventer la brise en rêve.   Et les nuages passent sans bouger tellement ils sont haut et loin de nos pensées.   Et les pensées se perdent dans le bleu d’un autre ciel.   Alors respire le rien.   « Ainsi ruse le mystère. Poèmes. »  Editions José Corti, 1983   Du même auteur : Clairière (1 – 9) (26/11/2015) L’aube (26/11/2016) Le point du jour (21/11/2017) ... [Lire la suite]
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18 novembre 2014

Roland Dubillard (1923 – 2011) : Le Peigne

Le Peigne   Il me faudrait trouver un peigne. Je serais rivière, longue et sans nœuds, Parallèle à moi-même et descendant Librement, selon l'inclinaison des pentes, Sans tourbillons, sans remous, toutes les fibres de mon eau en ordre    vers le même océan,  Et se serrant les coudes malgré tout, car c'est dur  Pour une rivière de ne pas se laisser disperser :  Ne faisant qu'une et m'allongeant.   Un peigne pour moi ! comme il y en a pour les chevelures !  Ici je ne suis pas... [Lire la suite]
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15 novembre 2014

Charles-Marie Leconte de Lisle (1818-1894) : Midi

Midi Midi, Roi des étés, épandu sur la plaine, Tombe en nappes d'argent des hauteurs du ciel bleu. Tout se tait. L'air flamboie et brûle sans haleine ; La Terre est assoupie en sa robe de feu. L'étendue est immense, et les champs n'ont point d'ombre, Et la source est tarie où buvaient les troupeaux ; La lointaine forêt, dont la lisière est sombre, Dort là-bas, immobile, en un pesant repos. Seuls, les grands blés mûris, tels qu'une mer dorée, Se déroulent au loin, dédaigneux du sommeil ; Pacifiques enfants de... [Lire la suite]
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14 novembre 2014

Jean Malrieu (1915 – 1976) : Le veilleur

  Le veilleur   Le vent n’a pas assez traversé assez de pays Essoufflé d’oiseaux  émondé de branches La vague n’a pas assez roulé Il manque un grain de sable au désert Il manque un jour de plus à la terre Un peu de poids dans le nuage Encore une ravine au visage Encore une lettre à l’alphabet   A minuit Dans les rues désertes si le fantôme mendiant de la neige vient à passer Ne ferme pas ta porte. Même de lui l’espérance va renaître. Les rennes dessinés sur les rochers se rassembleront Et... [Lire la suite]
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