24 mai 2020

Louis Aragon (1897 – 1982) : Air du temps

  Air du temps   Nuage Un cheval blanc s’élève et c’est l’auberge à l’aube où s’éveillera le premier venu Vas-tu traîner toute ta vie au milieu du monde à demi mort à demi endormi Est-ce que tu n’es pas fatigué des lieux communs Les gens te regardent sans rire Ils ont des yeux de verre Tu passes Tu perds ton temps. Tu passes Tu comptes jusqu’à cent et tu triches pour tuer dix secondes encore Tu étends le bras longuement pour vieillir N’aie pas peur Un jour ou l’autre il n’y aura plus qu’un jour et puis un... [Lire la suite]
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20 mai 2020

Laure Morali (1972 -) : Grâce

 Grâce Grâce aux vents qui me tiennent chauds Grâce à la caresse de l’air Et au bruit enivrant de la ville Grâce aux fleurs que je plante Et au ciel qui se couvre Grâce aux mouvements calme des draps sur la corde à linge Grâce aux grands yeux d’un petit garçon Grâce à l’amour qui n’appartient à personne Et glisse lentement avec l’eau de l’orage sous la terre Grâce au tintement des casseroles chaque soir à huit heures Grâce aux amies qui vous prêtent leurs vêtements Grâce aux charbons ardent de la colère ambiante ... [Lire la suite]
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19 mai 2020

Paul Eluard (1895 – 1952) : L’Unique

  L’UNIQUE             Elle avait sur la tranquillité de son corps           Une petite boule de neige couleur d’œil                     Elle avait sur les épaules           Une tache de silence, une tache de rose ... [Lire la suite]
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17 mai 2020

Paul Verlaine (1844 – 1896) : L’heure du berger

  L'heure du berger   La lune est rouge au brumeux horizon ; Dans un brouillard qui danse, la prairie S'endort fumeuse, et la grenouille crie Par les joncs verts où circule un frisson ;   Les fleurs des eaux referment leurs corolles ; Des peupliers profilent aux lointains, Droits et serrés, leurs spectres incertains ;   Les chats-huants s'éveillent, et sans bruit Rament l'air noir avec leurs ailes lourdes, Et le zénith s'emplit de lueurs sourdes. Blanche, Vénus émerge, et c'est la Nuit.   ... [Lire la suite]
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16 mai 2020

Isidore Ducasse, comte de Lautréamont (1846 – 1870) : « Les magasins de la rue Vivienne.... »

Lautréamont, par Arnaud Courlet de Vregille, 2012   Les magasins de la rue Vivienne étalent leurs richesses aux yeux émerveillés. Eclairés par de nombreux becs de gaz, les coffrets d’acajou et les montres en or répandent à travers les vitrines des gerbes de lumière éblouissante. Huit heures ont sonné à l’horloge de la Bourse : ce n’est pas tard ! A peine le dernier coup de marteau s’est-il fait entendre, que la rue, dont le nom a été cité, se met à trembler, et secoue ses fondements depuis la place Royale... [Lire la suite]
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15 mai 2020

Frédéric Jacques Temple (1921 - 2020) : Thessalonique

    Thessalonique   ....................... Le relent musqué  des cabris monte avec le soleil sur les collines de cistes roses   Grains d'ambre pour un komboloï In, "Rencontres avec Frédéric-Jacques Temple" Atelier Léo Lagrange, Pau, 2001 Du même auteur : La prison de Socrate (13/10/2014) Un long voyage (13/10/2015) Profonds pays (II) (15/05/2018) Westbound (14/05/2019) Northbound (01/11/2020)
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12 mai 2020

Charles Baudelaire (1821 – 1867) : Spleen

  Spleen   LXXVI   J'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans.     Un gros meuble à tiroirs encombrés de bilans, De vers, de billets doux, de procès, de romances, Avec de lourds cheveux roulés dans des quittances, Cache moins de secrets que mon triste cerveau. C'est une pyramide, un immense caveau, Qui contient plus de morts que la fosse commune. - Je suis un cimetière abhorré de la lune, Où comme des remords se traînent de longs vers Qui s'acharnent toujours sur mes morts les plus... [Lire la suite]
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09 mai 2020

Pierre de Ronsard (1524 – 1585) : « Ô Fontaine Bellerie... »

  Ô Fontaine Bellerie, Belle fontaine chérie De nos Nymphes quand ton eau Les cache au creux de ta source, Fuyantes le Satyreau, Qui les pourchasse à la course Jusqu’au bord de ton ruisseau,    Tu es la Nymphe éternelle De ma terre paternelle : Pource en ce pré verdelet Vois ton Poète qui t’orne D’un petit chevreau de lait, A qui l’une et l’autre corne Sortent du front nouvelet.   L’Été je dors ou repose Sur ton herbe, où je compose, Caché sous tes saules verts, Je ne sais quoi, qui ta... [Lire la suite]
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08 mai 2020

André Gide (1869 – 1951) : « Nathanaël, je te parlerai des attentes... »

     Gisèle Freund : André Gide, vers 1938 - 1940      Nathanaël, je te parlerai des attentes. J’ai vu la plaine, pendant l’été, attendre ; attendre un peu de pluie. La poussière des routes était devenue trop légère et chaque souffle la soulevait. Ce n’était même plus un désir ; c’était une appréhension. La terre se gerçait de sécheresse comme pour plus d’accueil de l’eau. Les parfums des fleurs de la lande devenaient presque intolérables. Sous le soleil tout se pâmait. Nous... [Lire la suite]
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07 mai 2020

Yvon Le Men (1953 -) : Naître

  Naître     Même le temps est accepté Ce provisoire des merveilles JEAN MALRIEU                                                                                           ... [Lire la suite]
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