09 août 2014

Joachim Du Bellay (1522 - 1560) : Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage

    Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,   Ou comme celui-là qui conquit la toison,   Et puis est retourné, plein d’usage et raison,   Vivre entre ses parents le reste de son âge !     Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village  Fumer la cheminée, et en quelle saison, Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,  Qui m’est une province, et beaucoup d’avantage ?      Plus me plaît le séjour qu’ont bâti mes... [Lire la suite]
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08 août 2014

Roger Gilbert – Lecomte (1907 – 1943) : Je n’ai pas peur du vent

    Je n’ai pas peur du vent    Toi qui hurles sans gueule Mords sans dents Fascines sans yeux Face creuse Toi qui fais bondir la pantomime des ombres et des lumières Coupe sans faux Arraches claques et bats Sans bras sans mains sans fouets sans fléau Fléau toi-même vent levant du Levant Toi qui mets le tonnerre au cœur de la forêt Et fais courir les géants de sable au désert Père des vagues des cyclones des tornades Déformant d'hystérie la face de la mer Jusqu'à la trombe Coït de l'eau salée et... [Lire la suite]
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06 août 2014

Robert Desnos (1900-1945) : J’ai tant rêvé de toi

J’ai tant rêvé de toi        J’ai tant rêvé de toi que tu perds ta réalité.      Est-il encore temps d’atteindre ce corps vivant et de baiser sur cette bouche la naissance de la voix qui m’est chère ?      J’ai tant rêvé de toi que mes bras habitués en étreignant ton ombre à se croiser sur ma poitrine ne se plieraient pas au contour de ton corps, peut-être.      Et que, devant l’apparence réelle de ce qui me hante  et me... [Lire la suite]
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04 août 2014

Victor Hugo (1802 -1885) : A quoi songeaient les deux cavaliers

Photographie, par Etienne Carjat, 1876 A quoi songeaient les deux cavaliers ...   La nuit était fort noire et la forêt très-sombre.  Hermann à mes côtés me paraissait une ombre.  Nos chevaux galopaient. A la garde de Dieu !  Les nuages du ciel ressemblaient à des marbres.  Les étoiles volaient dans les branches des arbres  Comme un essaim d'oiseaux de feu.  Je suis plein de regrets. Brisé par la souffrance,  L'esprit profond d'Hermann est vide d'espérance.  Je suis plein de... [Lire la suite]
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28 juillet 2014

Benjamin Péret (1889 - 1959) : Epitaphe sur un monument aux morts de la guerre

    Epitaphe sur un monument aux morts de la guerre Le général nous a ditle doigt dans le trou du culL'ennemiest par là AllezC'est pour la patrieNous sommes partisle doigt dans le trou du culLa patrie nous l'avons rencontréle doigt dans le trou du culLa maquerelle nous a ditle doigt dans le trou du culMourrezou sauvez-moile doigt dans le trou du cul Nous avons rencontré le kaiserle doigt dans le trou du culHindenburg Reischoffen Bismarckle doigt dans le trou du culle grand-duc X Abdul-Amid Sarajevole doigt dans le trou... [Lire la suite]
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27 juillet 2014

Pierre Emmanuel ( 1916 – 1984) : In Tenebris

IN TENEBRIS À  Arthur  Louriê. Quand  la  musique  de  mes  yeux  se  sera  tue quand  mon  Ombre  descellera  le  jour  de  pierre quand  mes  mains  ne  feront  plus  obstacle  aux  nuées quand  mon  oreille  aura  son  lit  parmi  les  astres quand  les  cieux  oubliés  ma  bouche  ensableront   Alors  l'amère... [Lire la suite]
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24 juillet 2014

Jean Marcenac (1913- 1984) : Le coup de grâce

Le coup de grâce   C'est moi Seigneur J'ai les bras étendus Comme quelqu'un qui ne croît pas  Qui ne croît guère   Comme quelqu'un qui n'était pas fait pour la croix C'est moi Seigneur qui ne sais aucune prière Moi qui ai dû tomber pour me mettre à genoux   C'est moi Seigneur Haletant sous cette misère Ce grand poids de misère utile Utile Inutile Je ne sais pas Un grand vent sur la place vide   La place où nous dansions l'été C'était une place nommée Place de la Raison   Nous y... [Lire la suite]
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23 juillet 2014

Ghérasim Luca (1913 – 1994) : Les cris vains

    Les cris vains   Personne à qui pouvoir dire que nous n'avons rien à dire et que le rien que nous nous disons continuellement nous nous le disons comme si nous ne nous disions rien comme si personne ne nous disait même pas nous que nous n'avons rien à dire personne à qui pouvoir le dire même pas à nous   Personne à qui pouvoir dire que nous n'avons rien à faire et que nous ne faisons rien d'autre continuellement ce qui est une façon de dire que nous ne faisons rien une façon de ne rien... [Lire la suite]
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14 juillet 2014

Jean – Pierre Siméon (1950 - ) : « Avant que d’avancer puissamment dans la nuit... »

Avant que d’avancer puissamment dans la nuit, avant que de risquer ses avalanches chaudes, Mesurez l’ampleur en vous d’un hiver précoce et le poids de lumière qu’il faudra lui opposer. Sachez que le poète n’a d’existence que dans le lieu sans privilège du doute passionné et de la ferveur menacée. Retournez-vous sept fois dans vos songes avant d’y bâtir un espace, fermez vos yeux sur la parole comme on mouche la bougie pour suivre l’ascension du jour. Vous élirez pour frontière un vent dissimulé, et ce... [Lire la suite]
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12 juillet 2014

Jacques Prévert (1900 - 1977) : la lessive

La Lessive Oh la terrible et surprenante odeur de viande qui meurt c’est l’été et pourtant les feuilles des arbres du jardin tombent et crèvent comme si c’était l’automne… cette odeur vient du pavillon où demeure monsieur Edmond chef de famille chef de bureau c’est le jour de la lessive et c’est l’odeur de la famille et le chef de famille chef de bureau dans son pavillon de chef-lieu de canton va et vient autour du baquet familial et répète sa formule favorite Il faut laver son linge sale en famille et toute la... [Lire la suite]
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