01 septembre 2021

Hervé Carn (1949 -) : Le bruit du galop (II)

  ------------------------------ Vive la brume dis-tu Dans l’après-midi uniforme A peine troué des cimes des arbres Car la brume est un linceul Amical délicat humide Des sueurs de l’amour Des travaux des champs Dans la présence de la caresse Et puis le temps abandonne Son pouvoir à l’atone embellie D’un vide protecteur Qui laisse les pleurs En suspens comme le rire On n’attend plus le soir Il est déjà là au coeur Du même enclos Des rêves et du trépas   Le vide muet appelle Une voix impossible Qui... [Lire la suite]
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31 août 2021

Dominique Sorrente (1953 -) : l’Apparent de lumière

  L’apparent de lumière   aux compagnons du temps de Bruges   I Ici tu viendras boire l’eau, ici la fontaine et sa pierre où les mots sont des soifs, noires et blanches lorsque tu parles.   Pierre du pélican. Une grâce y rougeoie, une plaine y descend et toi qui ne vois pas encore, oiseau enfant, oiseau malgré l’envol, tu fais une fronde pour que la mort se passe dans les mots.   Une ornière ici est la face de l’été   II Ne tends plus le bras, n’enferme plus la main, rassemble la... [Lire la suite]
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25 août 2021

Denis Rigal (1938 - 2021) : Fondus au noir

  Fondus au noir   paroles en avant du temps comme une sueur de l’être (si de l’être il y avait) semence paraboliquement jetée aux ronces aimant songe comme présent au monde qui se grise et dégrise, et pour l’arraisonner peut-être avec mes cris d’Orphée ?   (ce pain de basalte qui te regarde, quel désir t’en gardera ?   ils naissent tous dans la crèche tes fils, reçoivent les coups qui t’ont manqué, s’éprouveront à ta douleur, navrés de même.   rien n’est présent comme ce noir. ... [Lire la suite]
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24 août 2021

Ludovic Janvier (1934 – 2016) : Femmes qui passent

  Femmes qui passent   Femmes qui passent ne veut pas dire qu’elles passent au large de moi mais qu’elles passent à travers moi regards allures et parfums en y laissant de multiples traces aussitôt gonflées comme un plumage lequel tarde à se refermer.   La mer à boire Editions Gallimard,1987 Du même auteur : Levée de nous (16/07/2020)  
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23 août 2021

Jean de Sponde (1557 – 1595) : « Ha ! que j’en vois bien peu... »

  Ha ! que j’en vois bien peu songer à cette mort, Et si chacun la cherche aux dangers de la guerre, Tantôt dessus la Mer, tantôt dessus la Terre, Mais las ! dans son oubli tout le monde s’endort.   De la Mer, on s’attend à ressurgir au Port, Sur la Terre, aux effrois dont l’ennemi s’atterre : Bref chacun pense à vivre, et ce vaisseau de verre S’estime être un rocher bien solide, et bien fort.   Je vois ces vermisseaux bâtir dedans leurs plaines, Les monts de leurs desseins, dont les cimes humaines ... [Lire la suite]
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22 août 2021

Jean Antoine de Baïf (1532 – 1589) : Epitaphe

  Epitaphe     Pauvres corps où logeaient ces esprits turbulents, Naguère la terreur des Princes de la terre, Même contre le ciel osant faire la guerre, Déloyaux, obstinés, pervers et violents,   Aujourd'hui le repas des animaux volants Et rampants charogniers, et de ces vers qu'enserre La puante voirie, et du peuple qui erre Sous les fleuves profonds en la mer se coulant :   Pauvres corps, reposez, qui vos malheureux os, Nerfs et veines et chairs, sont dignes de repos, Qui ne purent... [Lire la suite]
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16 août 2021

Michel Manoll (1911 – 1984) : Si je ferme les yeux

    Si je ferme les yeux     Si je ferme les yeux, il faut bien que tu dormes, Puisque nous éteignons la même lampe humaine, Qui nous éclaire un peu au sortir de l’abîme Et nous rassemble autour de sa flamme incertaine ;   Chaque nuit nous délite et modèle nos traits Selon le galbe obscur des statues éternelles, Er c’est la même neige inconnue qui nous hèle Et le même silence en nos yeux appareille.   Ainsi ressemblons-nous aux vivants que nous fûmes, Se partageant toujours le pain... [Lire la suite]
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12 août 2021

Michel Butor (1926 – 2016) : Paysages planétaires (6 -10)

      Paysages planétaires (6 - 10)   6 (VIETNAMIBIE)      Répétant leurs injonctions    sur les vallées sinueuses    les éléphants et girafes    qui recherchent les points d’eau    parcourant les alentours    jusqu’aux portes du désert    demi-cachés par les sables    et les ombres des ancêtres      Voletant, voletant, se posant parmi les roseaux, se berçant sur le hamac d’une branche pleureuse,... [Lire la suite]
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09 août 2021

Joachim Du Bellay (1522 – 1560) : « Seigneur, je ne saurais regarder... »

  Seigneur, je ne saurais regarder d’un bon oeil Ces vieux Singes de Cour, qui ne savent rien faire, Sinon en leur marcher les Princes contrefaire, Et se vêtir, comme eux, d’un pompeux appareil.     Si leur maître se moque, ils feront le pareil, S’il ment, ce ne sont eux qui diront du contraire, Plutôt auront-ils vu, afin de lui complaire, La lune en plein midi, à minuit le soleil.     Si quelqu’un devant eux reçoit un bon visage, Ils le vont caresser, bien qu’ils crèvent de rage ; S’il... [Lire la suite]
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08 août 2021

Roger Gilbert-Lecomte (1907 – 1943) : Testament

Dessin de Maurice Henry. Musée d'Art moderne de Paris   Testament   Je viens de loin de beaucoup plus loin                Qu’on ne pourrait croire Et les confins de nuit des déserts de la faim                Savent seuls mon histoire Avec ses ongles avec ses dents celle qui est partout                M’a fait... [Lire la suite]
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