09 janvier 2020

Paol Keineg (1944 -) : Dahut

  Dahut        Parce qu’ils n’ont pas compris que la vie est ce lourd sac de cailloux à faire passer de l’autre côté de la montagne,      parce qu’ils n’ont pas compris que la vie est le combat du blaireau dans l’argile compacte,      parce qu’ils n’ont pas compris que la vie n’est pas l’économie des sens et des actes en pays tempéré,      ils gagnent à mourir. J’ouvrirai les vannes comme on s’ouvre les veines, ... [Lire la suite]
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08 janvier 2020

Jean-Paul Hameury (1933 – 2009) : « Sans doute y a-t-il encore ... »

  Sans doute y a-t-il encore aux bords où j’allais jadis terres et mers que j’ignore. Peut-être suffirait-il de s’en aller sans se retourner. Devant moi, alors d’autres espaces.   Mais j’ai déjà vu tout cela surgir demeurer un instant puis s’effacer avec les sillages. J’ai connu les aubes et les soirs, le sang et la paix, et l’amertume de toujours revoir ce que j’avais vu.   Quand la lumière de l’improbable se glisse sous la paupière du ciel je ne sais plus que fermer les yeux.   Ithaque et... [Lire la suite]
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03 janvier 2020

Louise Labé (1525 - 1565) : « Ô doux regards... »

    Ô doux regards, ô yeux pleins de beauté Petits jardins pleins de fleurs amoureuses Où sont d’Amour les flèches dangereuses, Tant à vous voir mon oeil s’est arrêté !   Ô coeur félon, ô rude cruauté, Tant tu me tiens de façons rigoureuses, Tant j’ai coulé de larmes langoureuses, Sentant l’ardeur de mon coeur tourmenté !   Donques, mes yeux, tant de plaisir avez, Tant de bons tours par ces yeux recevez ; Mais toi, mon coeur, plus les vois s’y complaire,   Plus tu languis, plus en as de... [Lire la suite]
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28 décembre 2019

Tristan Klingsor (1874 – 1966) : La taupe

  La Taupe   Quand vous m’aurez, Seigneur, à mon tour englouti Dans la rivière étincelante des ténèbres, Quand vous m’aurez à mon tour culbuté Dans ce gouffre peuplé de crabes étoilés, Ne me demandez pas de venir devant vous, Tremblant devant les yeux émeraudes de vos yeux, Tremblant devant l’étain lustré de votre barbe, Mais laissez-moi dernier dans la foule innombrable Aux milieux des oiseaux bleus et verts De votre paradis. Laissez-moi dans un coin rêvasseur solitaire, Laissez-moi d’un seul doigt doucement... [Lire la suite]
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27 décembre 2019

Louis Brauquier (1900 – 1976) : « Nous avons marché côte à côte ... »

    Nous avons marché côte à côte dans les rues de tant de villes Que parfois dans notre silence je m’éveille Et me demande, une seconde, où je suis.   Hélas ! Ce n’est pas la rue de la Douane, à Malmousque, Ni celle des Pharaons dans la blanche Alexandrie, Ni toutes celles des ports ou des villes dans les terres Que nous regrettons, bien sûr, puisqu’elles sont le passé.   Mais tu es là, près de moi, dans la foule étrangère, Où, seul, je me serais si facilement perdu ; Et je te tiens par le... [Lire la suite]
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26 décembre 2019

Claude Roy (1915 – 1997) : A la lisière du temps

    A la lisière du temps   Quand on marche le soir à la lisière du temps il monte soudain une bouffée d'enfance les cris d'hirondelles folles d'un préau d'école ou le silence de la barque sur la rivière à la tombée du jour quand le soleil rase l'eau qui moucheronne ou bien la sonnette (deux fois) de l'épicerie-mercerie où on achète après l'école les rouleaux de réglisse Zan, qui barbouillent de noir et font les doigts collants.   On tend l'oreille le long du voile de la brume. Quelqu'un parle à... [Lire la suite]
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22 décembre 2019

André de Richaud (1909 – 1968) : La chanson de mort

  La chanson de mort   Vous, les autres qui m’avaient tiré par les lèvres jusqu’à une seconde de votre peau et dont je me suis repoussé jusqu’à l’éternité parce que mon amour vous aurait      peut-être tué   Adieu les autres ce n’est pas le moment d’être hypocrite chacun de mes mouvements vous inonde de mort Allez-vous en Allez-vous en  que je vous voie longtemps ne plus penser à moi   Pourtant tout se déchire sous mon visage Pourtant mes gestes s’éloignent de moi je... [Lire la suite]
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17 décembre 2019

Adrien de Monluc, comte de Cramail (1588 – 1646) : Les fous

  Les fous (chanson)   De tous les fous qu’on voit en France, Et de ceux qui font les prudents, Il n’y a point de différence Que de barbe et d’habillements : Car tout le monde a sa folie Qui le possède et le manie.   Les uns désirent la richesse, D’autres désirent les hasards, Tel fait le vain de sa maîtresse Qui n’en a rien que des regards ; Et cependant la jalousie Trouble le plaisir de sa vie.   L’un aime les chants solitaires, L’autre se plaît dessus la mer, D’aucun dedans les... [Lire la suite]
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16 décembre 2019

Gaston Puel (1924 – 2013) : « Puisque le soleil décline... »

  Puisque le soleil décline je dirai la ronde bosse d’un dos d’homme Il s’éloigne et le soleil pénètre dans sa bouche illumine ses dents Il danse vers l’abîme          Des herbes l’accompagnent La poussière le suit dans l’ombre de ses jambes   Mais la prison Par ses portes de fer Ses dédales de bronze Ses vannes verrouillées Ses couloirs immergés Mais la prison Sera son lieu concis Et sa dense planète   Elle ira dans la nuit Emportant ses reclus Ses... [Lire la suite]
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15 décembre 2019

Jean – Philippe Salabreuil (1940 – 1969) : Un printemps

  Un printemps   (Et moi c’est un printemps Crochu par mes travers d’eau blanche Mes détours d’ombre mon plan De ciel fouetté de graves branches Un mur oblique où le soleil Jette ses bûches de sommeil Où tremble une petite rosée vieille Comme sueurs et larmes aux pointes d’un Noir fond d’herbe noire un œil un Velours incertain d’entre les tiens merveille Ancienne ou bien déjà nouvelle objet Plus clair obscur on ne sait de quel doigt de jais D’argent que l’astre à demi pris de neige Et de ténèbre en son... [Lire la suite]
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