05 novembre 2019

Paul Fort (1872 – 1960) : Chanson à l’aube

  Chanson à l’aube        - Où donc est ma peine ? Je n’ai plus de peine. Où donc est ma mie ? Je ne m’en soucie.    Sur la douce plage, à l’heure sereine, dans l’aube innocente, ô la mer lointaine !      - Où donc est ma peine ? Je n’ai plus de peine. Où donc est ma mie ? Je ne m’en soucie.    Tes flots de rubans, la brise marine, tes flots de rubans entre mes doigts blancs !      - Où donc est ma... [Lire la suite]
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05 novembre 2019

Alain Jouffroy (1928 – 2015) : Règles de stratégie

  Règles de stratégie     se lever tôt, voir le jour se lever, le suivre où il tourne,   avant que ne s’ouvre la porte du lycée           Victor Considérant sur la terrasse jonchée de feuilles –   devancer les autres (fierté de Paris) défier les futures boules de neige, ne pas craindre, volets grands ouverts           malgré le couvre-feu, la diffamation, les aigreurs –   écouter l’ennemi en le... [Lire la suite]
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04 novembre 2019

Benjamin Fondane (1898 – 1944) : « Je songe au passant qui... »

  Je songe au passant qui Traverse sans hâte la rue. Que de fois déjà il l’a vue ! Il ne la reverra plus.   Je pense à l’homme qui Etend dans ses draps une femme. La vieille chanson que la femme ! Mais c’est pour la dernière fois.   Je pense au poète vieilli. Voyez : il écrit un poème. En a-t-il écrit, des poèmes ! Mais celui-là c’est le dernier.   Je pense à l’homme qui Eteint sa lampe et se couche. Tant de fois il s’est endormi ! Mais cette fois c’est pour de bon. ... [Lire la suite]
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03 novembre 2019

Zéno Bianu (1950 -) : Fugue

  Fugue   Pour Denis Lavant   plus haut parlez plus haut les morts soufflez dans l’infini plus haut dans le secret de votre nuit   plus haut la semence des anges plus haut le ciel et les mains pleines plus haut l’immensité du noir     plus haut parlez plus haut les morts parlez pour prendre corps plus haut parler pour prendre cœur   plus haut le cortège des ombres plus haut les fables du naufrage plus haut la pulpe du désordre   plus haut parlez plus haut ... [Lire la suite]
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01 novembre 2019

Robert Rovini (1925 – 1968) : Nocturne

  Nocturne A Jean Ballard.     Ecoutez, il y a quelque part un oiseau qui chante, Un oiseau inconnu comme l’espoir dans ces régions, de pauvres plumes sans      nom D’où ruisselle une voix, un peu de sang quelque part Et un chant. Est-ce un arbre, cette ombre dans le coin ? Voyez-vous ces lumières là-bas, un peu plus loin, ces éclats D’un cristal écrasé, ou est-ce seulement vos yeux qui tremblent là, A cause de ce jour noir sans doute, De cette porte soudain fermée et dont on ne... [Lire la suite]
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29 octobre 2019

Paul de Rességuier (18 ? – ?) : « Fort / Belle.... »

    Sonnet                                  Epitaphe                                 ... [Lire la suite]
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29 octobre 2019

Jean-Paul de Dadelsen (1913 – 1957) : Sur le nom de Bach

  Sur le nom de Bach (1)     Dans la gamme couleur d’automne de si bémol mineur, descend Cette première marche jusqu’à la note sensible ! Le nom alors se hisse Jusqu’à do, le niveau de la réalité. Et, de nouveau, du même demi-ton                     Retombe Sur ce si dont la vibration suspendue appelle une nouvelle ascension. Le clavier est l’image du monde. Comme l’échelle de Jacob ... [Lire la suite]
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27 octobre 2019

Jean Joubert (1928 – 2015) : « Asseyez-vous, peuples de loups ... »

  Asseyez-vous, peuples de loups, sur les frontières et négociez la paix des roses, des ruisseaux, l'aurore partagée. Que les larmes, les armes s'égarent dans la rouille et la poussière. Que la haine crachée soit bue par le soleil. La terre ouvre sa robe de ténèbres, sa nudité enchante les oiseaux, le jour se fend comme fille amoureuse. Sous un ciel ébloui viennent alors après tant de saccage les épousailles de la terre et du feu, le temps des sources, des naissances. Après le sang, la traîtrise et... [Lire la suite]
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26 octobre 2019

Pierre Unik (1910 – 1945) : La société sans hommes

  La société sans hommes     Le matin coule sur les végétaux froissés comme une goutte de sueur sur les lignes de la main je rampe sur la terre bouche rugueuse et sévère le soleil se dilate dans les canaux des feuilles monstrueuses qui recouvrent les cimetières les ports les maisons de la même ardeur visqueuse et verte alors se présente à mon esprit avec une intensité bouleversante l’absurdité des groupements humains dans ces maisons pressées l’une contre l’autre comme les pores de la peau parmi le... [Lire la suite]
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21 octobre 2019

Albert Samain (1858 - 1900) : « Mon âme est une infante ... »

  Mon âme est une infante en robe de parade, Dont l'exil se reflète, éternel et royal, Aux grands miroirs déserts d'un vieil Escurial, Ainsi qu'une galère oubliée en la rade.   Aux pieds de son fauteuil, allongés noblement, Deux lévriers d'Écosse aux yeux mélancoliques Chassent, quand il lui plaît, les bêtes symboliques Dans la forêt du Rêve et de l'Enchantement.   Son page favori, qui s'appelle Naguère, Lui lit d'ensorcelants poèmes à mi-voix, Cependant qu'immobile, une tulipe aux doigts, Elle... [Lire la suite]
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