02 octobre 2022

Gilles Baudry (1948-) : L’Etranger

  L’Etranger        Tu te crois seul et puis quelqu’un se tient debout dans l’embrasure de l’aurore.      Il ne dit rien. Sa main éclose vers toi se tend, se ramifie à ton approche.      Qui oserait : si mince est la paroi de verre entre ce monde et l’autre.      Mais à ses yeux qui le débordent, tu sens qu’il voudrait tant se délivrer      de fraternelles confidences. Et comment soutenir le poids de ce... [Lire la suite]
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30 septembre 2022

Anne-José Lemonnier (1958-) : Les yeux de l’Aven (2)

  Les yeux de l’Aven (2)   .......................................................... Paysage de Bretagne   Il reste au paysage ce que la mer en sa violence laisse debout quelques chaumières bien tapies contre le sol toits immenses et pentus destinés aux pluies interminables avec deux cheminées pour naviguer l’hiver   Dans le rose aussi vieux que l’amitié du monde un piétinement dessine une présence Le ciel porte l’empreinte de trois nuages Sur ce hameau perdu sans nom ces toits voués au seul... [Lire la suite]
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29 septembre 2022

Jean -Pierre Claris de Florian (1755 – 1794) : Le perroquet

  Le perroquet   Un gros perroquet gris, échappé de sa cage,           Vint s'établir dans un bocage, Et là, prenant le ton de nos faux connaisseurs, Jugeant tout, blâmant tout, d'un air de suffisance, Au chant du rossignol il trouvait des longueurs,           Critiquait surtout sa cadence. Le linot, selon lui, ne savait pas chanter ; La fauvette aurait fait quelque chose peut-être, ... [Lire la suite]
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28 septembre 2022

Tristan Corbière (1845 – 1875) : « Mousse : il est donc marin, ton père ?… »

  Mousse : il est donc marin, ton père ?… – Pêcheur. Perdu depuis longtemps. En découchant d’avec ma mère, Il a couché dans les brisants…   Maman lui garde au cimetière Une tombe – et rien dedans. – C’est moi son mari sur la terre, Pour gagner du pain aux enfants.   Deux petits. – Alors, sur la plage, Rien n’est revenu du naufrage ?… – Son garde-pipe et son sabot…   La mère pleure, le dimanche, Pour repos… Moi : j’ai ma revanche Quand je serai grand – matelot ! –   ... [Lire la suite]
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18 septembre 2022

Gilles Ortlieb (1953 -) : Gare de l’Est

  Gare de l’Est   Et l’immense toile aux tons bleutés, irisée par le jour tombant du vitrail laïc des verrières, et la sonnerie aigrelette de la prochaine rame en partance qui ne parvient guère à hâter l’agitation paisible, disciplinée, des retours en banlieue une fois la journée faite. Des oiseaux alentour chutent gris comme pierres pour venir picorer, sur les tables de la buvette, des miettes qu’ils iront goûter plus loin, à l’écart, entre soi : on n’est jamais assez méfiant. Saluer donc, une fois de... [Lire la suite]
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17 septembre 2022

Jean Lavoué (1955 -) : Ca y est tu remontes les biefs

Juliette Pavy/hans lucas pour La Vie   Ca y est tu remontes les biefs Vers le pays où tout commence Parmi les joncs les graminées Compagnon des tourbières et des hérons cendrés.   Tu reviens à la ferveur des saules A la justesse des peupliers Qui ont tissé la toile de ton être L’ont tendue comme un carrelet.   Avec eux tu chemines Vers la nudité des grèves Compagnons des levées d’enfance Disposés à la joie autant qu’à l’abandon Aux confidences comme au silence Echevelés de ciel et de nuages Complices... [Lire la suite]
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15 septembre 2022

Franck Venaille (1936 -2018) : « Malade à en vomir des pierres... »

© Jacques Sassier   Malade à en vomir des pierres A en cracher de longs sanglots de sang Mais demeurer debout sans soutien de Quiconque Ah Désert de l’âme Cou- Rage la rage court & plus que cela A donner la nausée aux rats ceux-là Qui avaient tout prédit vous dis-je Dis-je jusqu’au moindre dé-Tail pas Ordinaire, anormal ce sang le long De la fissure Malade à en crier d’âme De corps à en être, d’émotion : Aimos Je pense à vous, mort sur les barricades porte-bonheur au tour de main     ... [Lire la suite]
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11 septembre 2022

Josée Lapeyrère (1944 – 2007) : Moments donnés ou Physiologie des Muses

  Moments donnés ou Physiologie des Muses (1969 -1970)   (alanguie   il n’est de proie que l’ombre   s’effaçant nos images   dans l’infinité des miroirs de rares fois   la transparence nous habille à nos couleurs nous nous voyons   entre deux bleus hivers ) à Juan-Pablo Iommi   fou mon amour voyant se creuse un golfe et plein de glaïeuls quand s’approche sans rien d’autre escarboucle   aimée   brassée le pain   la cendre à... [Lire la suite]
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08 septembre 2022

Hélène Cadou (1922 – 2014) : « Il faisait froid... »

Photographie de Michel Durigneux à Rochefort-sur-Loire Juilet 2010     Il faisait froid comme aujourd’hui Je te voyais à travers la vitre embuée Sur le trottoir d’une quelconque auberge De notre pays Tu étais bleu comme la fumée de ta cigarette Pâle comme le mort que tu es devenu Et moi Perdue au fond de ce vieil autocar Par ce temps froid de givre bleu d’étoile nue J’apercevais soudain pour la première fois Derrière la vitre Derrière le givre de ton image éternelle Toi tu rêvais dans la fumée bleue De ta... [Lire la suite]
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07 septembre 2022

Lorand Gaspar (1925 – 2019) : Sefar

  Sefar        Le massif du Sefar est un des hauts lieux, au Sahara central, de la civilisation dite bovidienne. Les chasseurs-éleveurs pasteurs qui vivaient en ces lieux - aujourd’hui déserts – entourés de paysages verdoyants et de rivières sont les auteurs des admirables peintures rupestres du Tassili.     Halte du soir, langue durcie –   et tu peux battre ta mémoire dans l’aire d’un si grand mutisme – fraîcheur d’un visage défait au théâtre nu de l’histoire pages... [Lire la suite]
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