27 février 2020

Clod’Aria (1916 – 2015) : Symbole

  Symbole   Je cherche un pin tordu, Un pin qui me ressemble, Un pin qu’auront battu Tous les vents de Novembre,   Un pin au tronc noueux, Crevassé, biscornu, Dont le cœur sera creux Et le creux vermoulu,   Un pin aux branches noires Tendues vers un ciel gris, Vers un ciel de déboires, Vers un ciel de mépris.   Je cherche un pin tordu, Un pin qui me ressemble, Un pin qu’auront mordu Tous les froids de Décembre,   Un pauvre pin cassé, Décharné, racorni, Par l’hiver tourmenté Et... [Lire la suite]
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25 février 2020

Marc Le Gros (1947 -) : Cigüeña

  Cigüeña   A chaque clocher sa fleur d’épine son grand bûcher de paille vive on s’y griffe les yeux en Avril les mains nous brûlent comme la neige là-haut sur GREDOS la saison dure ce qu’elle dure et si on croche dans sa lumière c’est qu’on a peur que l’oiseau qui se pose ce grand oiseau noir et blanc ne rejoigne la lenteur ancienne des pierres mais l’heure crépite comme un chant de fagot le temps ne pèse plus que de son pois de plumes   Avila    Avril 1991 Le Nouvel Ecriterres,... [Lire la suite]
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24 février 2020

Philippe Desportes (1546 – 1906) : « Icare est chu ici... »

  Icare est chu ici, le jeune audacieux, Qui pour voler au Ciel eut assez de courage : Ici tomba son corps dégarni de plumage, Laissant tous braves coeurs de sa chute envieux.   Ô bienheureux travail d'un esprit glorieux, Qui tire un si grand gain d'un si petit dommage ! Ô bienheureux malheur plein de tant d'avantage, Qu'il rende le vaincu des ans victorieux !   Un chemin si nouveau n'étonna sa jeunesse, Le pouvoir lui faillit mais non la hardiesse, Il eut pour le brûler des astres le plus beau. ... [Lire la suite]
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23 février 2020

Paul - Jean Toulet (1867 – 1920) : « Toute allégresse...

  Toute allégresse a son défaut           Et se brise elle-même Si vous voulez que je vous aime           Ne riez pas trop haut ;   C’est à voix basse qu’on enchante           Sous la cendre d’hiver Ce cœur pareil au feu couvert,           Qui se consume et chante.   Les Contrerimes Editions du Divan, 1921 Du même... [Lire la suite]
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21 février 2020

Alain Borer (1949 -) : La belle de Halley

  La belle de Halley (pendant son monologue, la comète effectue une rotation autour des deux captifs)        Le voyage est si long pour que je resplendisse      Au-delà des dernières planètes aux confins du système solaire      Dans l’obscurité pure et le froid absolu tourne autour du Soleil une invisible sphère      Idole informe et vague, Ô ma mère cruelle et glacée en coulisses !      Par milliards ses... [Lire la suite]
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18 février 2020

Théodore Agrippa d’Aubigné (1551 – 1630) : « Je sens bannir ma peur... »

  Je sens bannir ma peur et le mal que j'endure, Couché au doux abri d'un myrte et d'un cyprès, Qui de leurs verts rameaux s'accolant près à près Encourtinent(1) la fleur qui mon chevet azure !   Oyant virer au fil d'un musicien murmure Milles nymphes d'argent, qui de leurs flots secrets Bebrouillent(2) en riant les perles dans les prés, Et font les diamants rouler à l'aventure.   Ce bosquet de vert-brun qui cette onde obscurcit, D'échos harmonieux et de chants retentit. Ô séjour aimable ! ô repos... [Lire la suite]
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15 février 2020

Jean - Charles Le Toullec (1943 – 1977) : L’Office des morts

  L’office des morts   ... [Lire la suite]
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15 février 2020

Maurice Scève (1500 – 1563 ?) : « Tant je l’aimai... »

  XLIX   Tant je l’aimai qu’en elle encor je vis : Et tant la vis que, malgré moi, je l’aime. Le sens et l’âme y furent tant ravis, Que par l’œil faut que le cœur la désaime.           Est-il possible en ce degré suprême Que fermeté son oultrepas(*) révoque ?           Tant fut la flamme en nous deux réciproque Que mon feu luit, quand le sien clair m’appert, Mourant le sien, le mien tôt se suffoque, Et ainsi... [Lire la suite]
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14 février 2020

Serge Sautreau (1943 - 2010) : A l’intérieur on songe

  A l’intérieur on songe   « L’improbable poésie, son bégaiement, ses grèves »   La koésie est un dîner de gala chez les sans-papiers En partant elle emporte tout Même les montres   Elle a ses entrées dans les salles de contrôle Tous les écrans pour capter l’indicible Les cordages piègent le vent c’est de la buée de pauvres On en fera un ressac sur un catamaran L’absence de toute idée aura le dernier mot : formel D’autres disent formol mais ce sont des alouettes d’angle   La... [Lire la suite]
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05 février 2020

Heather Dohollau (1925 – 2013) : Le tertre blanc

  Le tertre blanc   après la route         le chemin dépassant la croix et les jardins aux maisons vides pour arriver au tertre où les branches de fenouil étoilent de tout près le ciel et la mer est en bas la distance est toujours temps les pas heurtent le rien entre ici et là       ces maisons plus loin informent autrement l’air et vu du dehors le jardin a perdu pied tout est plus bas           plus... [Lire la suite]
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