28 janvier 2020

Benjamin Péret (1899 – 1959) : « Le feu vêtu de deuil »

    Le feu vêtu de deuil jaillit par tous ses pores La poussière de sperme et de sang voile sa face tatouée de lave Son cri retentit dans la nuit comme l’annonce de la fin des temps Le frisson qui se hâte sur sa peau d’épines court depuis que le maïs se lisse      dans le vent Son geste de cœur brandi à bout de bras s’achève en cinquante-deux ans dans      un brasier d’allégresse Lorsqu’il parle la pluie d’orage excite les réflexes des lueurs enfouies sous la ... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 23:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

27 janvier 2020

Bernard Noël (1930 -) : Le bât de la bouche

  Le bât de la bouche Fragments A Jan Voss .   La vie un peu d’eau quelques mots sur la langue Il n’y a que le visible seulement il s’ampute de lui-même pour être le jour sans la nuit Les signes eux sont toujours noir sur blanc Le lisible est lié à l’obscur La mort écrit derrière les yeux mais les contraires de l’un à l’autre tendent une même lumière et c’est en nous l’excès de nuit qui nous fait la peau blanche   Je sens ma voix quand quelque chose cherche mes lèvres Chacun  a sa part de... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
24 janvier 2020

Antonin Artaud (1896 – 1948) : « Il y a dans la magie... »

    Il y a dans la magie l’immixion perpétuelle de dieu non comme un esprit ou comme un être mais comme un état plus carié                     du cœur Car qu’est-ce que c’est que le cœur ?                     Une carie une carie perforante de chair dont l’attendrissement a fait cet organisme de sang mou et battant ... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 23:57 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
23 janvier 2020

André Schmitz (1929 - 2016) : Prière grommelée

    Prière grommelée   Seigneur, aie pitié des âmes qui sont couchées comme des chiennes dans la niche insalubre des corps.   Entends le grommellement de leurs pensées tomber de leur gueule comme des prières révoltées ou des insultes suppliantes.   Jette-leur un os d’espérance à ronger en silence dans l’amitié déjà de la Nuit qui vient après la nuit.   Appelle sur elles et sur leurs souillures des fraîcheurs de rosées et vêts le serpent de leur échine du velours des sommeils enfantins.... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 23:46 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags :
23 janvier 2020

André Breton (1896 – 1966) : Le verbe être

  Le verbe être          Je connais le désespoir dans ses grandes lignes. Le désespoir n’a pas d’ailes, il ne se tient pas nécessairement à une table desservie sur une terrasse, le soir, au bord de la mer. C’est le désespoir et ce n’est pas le retour d’une quantité de petits faits comme des graines qui quittent à la nuit tombante un sillon pour un autre. Ce n’est pas la mousse sur une pierre ou le verre à boire. C’est un bateau criblé de neige, si vous voulez, comme les oiseaux qui... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:25 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
21 janvier 2020

Henri-Simon Faure (1923 – 2015) : un manoeuvre n’en fait qu’à sa forte tête ... (0 – 16)

  un manœuvre n’en fait                                                                                                   qu’à sa forte tête ... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:28 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

18 janvier 2020

René - Guy Cadou (1920 – 1951) : Cornet d’adieu

  Cornet d’adieu   Jésus a dit « Il n’y aura pas de printemps cette année Parce que Max(*) s’en est allé Emportant les chevaux les vergers et les ailes Parce que sur la croix le bon Saint Matorel A lâché les oiseaux vers un pays glacé » Et c’est vrai. Les bourgeons se taisent. Les poitrines Voient se faner leurs seins. Tout au fond des vitrines Une enfance à genoux se suicide et le ciel Epuise en un regard ses réserves de miel Il fait froid maintenant que tu n’es plus Beau masque de douleur ... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:25 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
17 janvier 2020

Jean de La Fontaine (1621 – 1695) : Le Savetier et le Financier

  Le Savetier et le Financier   Un Savetier chantait du matin jusqu'au soir :      C'était merveilles de le voir, Merveilles de l'ouïr ; il faisait des passages (*),        Plus content qu'aucun des sept sages. Son voisin au contraire, étant tout cousu d'or,      Chantait peu, dormait moins encor.      C'était un homme de finance. Si sur le point du jour parfois il sommeillait, Le Savetier alors en chantant l'éveillait, ... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:13 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
16 janvier 2020

Philippe Soupault (1897 – 1990) : Rien

  Rien          Plus rien même pas de la cendre même pas le souvenir    plus rien Plus rien sauf cette joie de l'oubli ce vent de l'oubli qui arrache tout détruit tout et saccage le reste Le moment est enfin venu de ne plus espérer de ne plus attendre de ne plus croire de ne plus s'imaginer de ne plus trembler savoir qu'on ne craint plus le vide que tout est consommé consumé désincarné que ce qui était n'est plus    plus rien même plus... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:13 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
14 janvier 2020

Yves Prié (1959 -) : « Que nous soient rendues... »

  Que nous soient rendues les tempêtes brisant le ciel dans la fente des forêts   Que ce pays s’émeuve de sa nudité après les moissons et les ensilages hâtifs   Qu’il connaisse les tailles à vif les engelures éclatées sous le gel et les labours   Qu’il s’observe impassible dans la dilatation des arbres morts et les cris des corbeaux   Nous affûterons le rêve d’un jour brûlant l’hiver sous la caresse des mimosas   Le miroir incertain Editions Rougerie, 87330 Mortemart, 1986 Du même... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:20 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags :