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Heather Dohollau à Plérin en 2005. Photo : Tanguy Dohollau

 

Les larmes de Carthage

 

LE PLAT DE LA MERE

A table devant la mer

Mangeant des yeux

Au bord des rêves

Sur l’étroit balcon

Où tourne un vertige

L’incertain miroir

D’un ciel sans reste

 

Assiette offrande

Nourrir du vide le jour

Avant le partage fleur

Du plat de la mère

Celle dont la vie

S’en va au loin du proche

Dans la chambre claire

 

MORNING-GLORY

Oliviers et figuiers de Barbarie

Sur une terre plate jusqu’au mur de la mer

Main levée de Dieu dans une soie de silence

Dieu de volubilis gloire du matin et du soir

Regards enlacés de retour vers le rivage aimé

Rires clairs et écume immortelle

 

CIMETIERE MARIN

Blancheur de mort

Pierres levées à la tête

Et aux pieds des femmes

Qui ont donné suite

Dans cette presqu’île

Où la porte de la mer

Est son entrée

Là où nous sommes

Parmi les chardons musiciens

Et les os de la lumière

Entourés de rochers porte-noms

 

PLACE DU CAIRE

Une petite place

A l’ombre des arbres

Qui tressent au ciel

Un toit murmurant

Pour les oiseaux prophètes

 

Sur un sol de silence

Le temps passe

Et les doigts discernent

A l’abri des mots

Une rondeur de l’instant

 

LA BARQUE DES OISEAUX

Jamais à l’ancre

Sous la falaise des mots

Entre montée et chute

Vers le bleu d’en bas

Et un ciel qui se penche

Par delà les arbres

 

Icare perpétuel

La tête dans l’eau

Et les pieds qui brûlent

D’une mémoire du soleil

 

Reste le filet sauveur

Du chant des oiseaux

La présence ailée

D’un souffle suspendu

 

Et les voiles levées de lumière

Pour maintenir le cap

Sur une étoile absente

 

LES LARMES DE CARTHAGE

Perles noires de feux éteints

- Le verre des bagues

Trouvées sur cette plage de longue mémoire

Et là où elles s’enroulent comme chat qui dort

- Noirceur qui porte bonheur

Tremblait une larme

 

LA ROSE DES VENTS

En anglais disait le guide : a wind flower

Et je voyais une frêle anémone des bois

Au lieu de ce tracé dans la pierre du sol

D’une rose des vents aux pétales aigus de distance

De flèches venant de loin vers la cible immobile

D’un rien vide de la poussière de tout

 

SIDI BOU SAÏD

Les ruelles d’un labyrinthe de clarté

Une prière blanche et bleue

Qui monte et descend

Pr les portes scellées

Les entrées en chicane

Comme la voix du muezzin

Vers le centre caché

Et partout des fleurs

En miroir d’une source

Sur les pentes de l’air

 

La terre âgée.

Editions Folle Avoine,35023Bédée 1996

De la même autrice :

  Matière de lumière les murs (20/01/2014) 

« Si pour vivre il suffit de toucher la terre… » (20/01/2015)

La terre âgée (20/01/2016)

L’après-midi à Bréhat (20/01/2017)

Mère bleue (05/02/2018)

L’Ombre au Soleil (05/02/2019)

Le tertre blanc (05/02/2020)

Paulina à Orta (05/02/2021)

Lieux (05/02/2022)

Fleurs (05/02/2023)