Miguel-DOrs[1]

 

Pluie

 

Pluie.

            Pluie qui vient

de très loin.

                     Son appel

obscur sur mes vitres,

insistant.

                Il pleut.

Dans les rues diffuses

et bruyantes je m’éloigne ;

je me perds en d’autres pluies

qui lentement tombent

sur mon passé : vieilles

rues de pierres et pluie,

classes d’histoire et pluie

volées de cloches de pluie

sur mon enfance... Il pleut

à ma fenêtre ; à celles-là,

à cette fenêtre-ci.

                              Il pleut,

pluie tiède qui du

tréfonds du temps

accompagne ma vie

en lui jouant cette musique

grise et lente...

                           Ce soir  

la pluie et moi nous écrivons

ces vers moitié-moitié.

26-X-85

 

Traduit de l’espagnol par Claude de Frayssinet

In, « Poésie espagnole,  Anthologie 1945 – 1990 »

Actes Sud / Editions Unesco, 1995

Du même auteur :

« Comment appeler l’oiseau... » (21/11/2019)

Il ne faut pas te leurrer  / No intentes engañarte (21/11/2020)

 

 

Lluvia.

 

Lluvia.

Lluvia que llega

de muy lejos.

Su oscura

llamada en mis cristales,

insistente.

Llueve.

Por las difusas calles

rumorosas me alejo;

me pierdo en otras lluvias

que lentamente caen

en mi pasado: viejas

rúas de piedra y lluvia,

clases de Historia y lluvia,

campanadas de lluvia

sobre mi infancia… Llueve

en mi ventana; aquélla,

esta ventana.

Lluvia,

tibia lluvia que por

el trasfondo del tiempo

acompaña mi vida

poniéndole esta música

gris y lenta…

Esta tarde

la lluvia y yo escribimos

a medias estos versos.

 

Curso superior de ignorancia

Universidad de Murcia, 1987

Poème précédent en espagnol :

Blas de Otero : Au commencement / En el principio (07/11/2022)