07 octobre 2022

Monica Mansour (1946 -) : « Je veux écrire des mots d’oiseaux... » / « quiero escribir palabras de ave... »

  Je veux écrire, mais c’est de l’écume qui sort. César Vallejo   Je veux écrire des mots d’oiseaux faire éclater le nid pour sortir hors du bois écrire des mots d’échardes fines sur l’asphalte qui attendent l’été pour émigrer écrire des mots rouges de bouches ouvertes sur le ventre de la ville écrire la rage avec toutes les pierres jusqu’à détruire la peur la réduire en miettes   mais c’est de l’écume qui sort furieusement moutonnée en oiseau rouge   écharde   rage de l’écume de... [Lire la suite]
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06 octobre 2022

Salvatore Quasimodo (1901 – 1968) : La pie noire rit sur les orangers / Ride la gazza, nera sugli aranci.

  La pie noire rit sur les orangers   C’est peut-être un signe avéré de la vie : autour de moi des enfants aux légères oscillations de tête dansent en un jeu de cadences et de voix le long du pré de l’église. Pitié du soir, ombres rallumées sur l’herbe si verte, sublimes dans le feu de la lune ! La mémoire vous accorde un bref sommeil ; maintenant, réveillez-vous. Le puits résonne de la première marée. C’est l’heure : non plus mienne, simulacres anciens et  brûlés. Et toi, vent du sud... [Lire la suite]
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05 octobre 2022

Cesare Pavese (1908 – 1950) : Manie de solitude / Mania di solitudine

Huile sur toile de Laura Oréni, 2011   Manie de solitude   Je dîne légèrement à la claire fenêtre. Il fait déjà noir dans la chambre et l’on voit dans le ciel. Dehors, les rues tranquilles mènent en pleine campagne au bout de peu de temps. Je mange et je regarde le ciel - qui sait combien de femmes sont en train de manger à cette heure – et mon corps est tranquille ; le travail étourdit chaque femme et mon corps.   Dehors, après le dîner, les étoiles viendront et toucheront la terre, sur la plaine sans... [Lire la suite]
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04 octobre 2022

Claudio Rodríguez (1934 -1999) : Comme le bruissement des feuilles du peuplier / « El dolor verdadero no hace ruido... »

  Comme le bruissement des feuilles du peuplier        La vraie douleur ne fait pas de bruit : elle laisse comme un bruissement de feuilles de peuplier agitées par le vent, une rumeur intime, d’une vibration si profonde, si sensible au moindre frôlement, qu’elle peut devenir solitude, discorde, injustice ou dépit. Je suis là à écouter ses murmures qui, loin de troubler, sont porteurs d’harmonie, si effilés et subtils, avec un tel son de spacieuse sérénité en cette fin d’après-midi, ... [Lire la suite]
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03 octobre 2022

Emile Verhaeren (1855 – 1916) : Le départ

  Le Départ Traînant leurs pas après leurs pas Le front pesant et le cœur las, S’en vont, le soir, par la grand’ route, Les gens d’ici, buveurs de pluie, Lécheurs de vent, fumeurs de brume.   Les gens d’ici n’ont rien de rien, Rien devant eux Que l’infini de la grand’ route.   Chacun porte au bout d’une gaule, Dans un mouchoir à carreaux bleus, Chacun porte dans un mouchoir, Changeant de main, changeant d’épaule, Chacun porte Le linge usé de son espoir.   Les gens s’en vont, les gens d’ici, ... [Lire la suite]
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02 octobre 2022

Gilles Baudry (1948-) : L’Etranger

  L’Etranger        Tu te crois seul et puis quelqu’un se tient debout dans l’embrasure de l’aurore.      Il ne dit rien. Sa main éclose vers toi se tend, se ramifie à ton approche.      Qui oserait : si mince est la paroi de verre entre ce monde et l’autre.      Mais à ses yeux qui le débordent, tu sens qu’il voudrait tant se délivrer      de fraternelles confidences. Et comment soutenir le poids de ce... [Lire la suite]
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01 octobre 2022

Vicente Huidobro (1893 – 1948) : Tour Eiffel

  Tour Eiffel A Max Jacob     Tour Eiffel Guitare du ciel   Ta télégraphie sans fil Attire les mots Comme un rosier les abeilles   Pendant la nuit La Seine ne coule plus   Tour Eiffel Ruche des mots Encrier de miel   Araignée aux pattes en fil de fer Qui fait sa toile de nuages   Mon petit garçon Pour monter à la Tour Eiffel On monte sur une chanson Do        ré              mi ... [Lire la suite]
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