21 octobre 2022

Paul Fort (1872 – 1960) : Philomèle

  Philomèle        Chante au cœur du silence, ô rossignol caché ! Tout le jardin de roses écoute  et s'est penché.      L'aile du clair de lune à peine glisse-t-elle. Pas un souffle en ces roses où chante Philomèle ?       Pas un souffle en ces roses dont le parfum s'accroît de ne pouvoir jeter leur  âme à cette voix !       Le chant du rossignol est, dans la nuit sereine, comme un appel aux dieux de ... [Lire la suite]
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20 octobre 2022

René Daumal (1908 – 1944) : Feu aux artifices

BM Reims   Feu aux artifices   Les manèges tournent avec leurs carrosses de plâtre doré, les sirènes aux cheveux jaunes soufflent de leurs grandes poitrines creuses, le malheur entre dans la ville, parmi les palais bâtis par des fous, le malheur entre dans les châteaux de cartes, dans les carcasses de plâtre des maisons, dans les manèges dorés.   Mettons le feu à la cité, les sirènes du manège flambent, les couleurs de leurs joues se rehaussent, le malheur, main de fer, demeure, parmi les rires de... [Lire la suite]
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19 octobre 2022

François Pétrarque / Francesco Petrarca (1304 - 1374) : « De mon visage il pleut larmes amères... » / « Piovonmi amare lagrime d

  XVII De mon visage il pleut larmes amères, Avec un vent tout d’angoisseux soupirs, Quand il advient que je tourne les yeux Vers vous, par qui m’est étranger le monde.   Doux et clément, il est vrai, le sourire Vient apaiser de mes désirs l’ardeur Et me soustraire au bûcher du martyre, Tant que je vous regarde sans bouger.   Mais mes esprits se glacent quand je vois, Lors du départ, vos mouvements suaves Qui loin de moi entraînent mes étoiles.   Puis par les clés de l’amour libérée, De mon cœur... [Lire la suite]
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18 octobre 2022

François Villon (1431 – 1463) : Ballade de la belle heaumière aux filles de joie

  Ballade de la belle heaumière aux filles de joie   " Or y pensez, belle Gautière Qui m’écolière souliez être, Et vous, Blanche la Savetière, Or il est temps de vous connaître, Prenez à dêtre ou à senêtre* ;                   * à droite et à gauche N'épargnez homme, je vous prie ; Car vieilles n'ont ne cours ne être*,         * ni cours ni valeur Ne que monnoie qu'on décrie.   ... [Lire la suite]
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17 octobre 2022

Jacques Lovichi (1937 – 2018) : Signoria

  Signoria   à Christiane Baroche qui sait, quelques plaisirs amers...   I Pluies. Sous son arche déshabitée le fleuve roule un limon jaune et dans les glaces opportunes un passé possible grimace.   II Un peu de patience encore un peu de cendre      sur la vitre engluée    de l’aube immédiate Un peu de sang au centre de la plaque une longue fêlure noire comme un grincement dans les moelles   Voici venir l’irrémédiable. pour Michel... [Lire la suite]
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16 octobre 2022

Georges Perros (1923 – 1978) : Huit poèmes

Début des années 1960. Georges Perros dans les bureaux du Télégramme © Collection Georges Perros   Huit poèmes   Quand j’étais p’tit j’comprenais rien asque disaient les grand’personnes   j’faisais semblant d’les écouter le doigt protégé par le nez le coeur tranquille l’œil en arrière   et maintenant que je suis grand j’comprends moins encore c’est vexant et les enfants qui me regardent c’est xactement quand je regardais mes parents .................................. Les hommes figures de... [Lire la suite]
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14 octobre 2022

André Velter (1945 -) : çà cavale (III)

  ...................................................... Salves blanches en plein midi, extases qui ne tuent, amours qui ne perpétuent, les dépeupleurs n’engendrent que des plaisirs gratuits, caresses sans preuves, passions sans traces, comme les migrateurs d’un exode intense s’orientent à l’aplomb de la lumière pour planer au plus près du versant brutal, aride, inhabité.   C’est violent dans le regard, brûlant sur la  nuque et les épaules, exaltant contre la poitrine, léger au bout des pieds, divin... [Lire la suite]
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14 octobre 2022

Pascal Commère (1951 -) : Campagne souffle perdu

  © M. M. (30/11/2015)     Campagne souffle perdu   à Serge et Annie Wellens     Campagne souffle perdu, un matin, les murs gris. Les bêtes cassées en deux pour se gratter, et qui se lèchent, ou se tètent les bêtes – mamelles, roses jumelles. Et les châtrons qui pissent froidement par le ventre. Ô blessante lumière blessée - un lièvre, son poil rouge comme une joie mouillée aux briquets des gratte-cul qui monte et qui naîtrait. Les routes qui aiguisent leurs lames dans les flaques... [Lire la suite]
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13 octobre 2022

Mellin de Saint-Gelais (1491 – 1558) : Les yeux qui me surent prendre

Gravure de Léonard Gaultier (Fin XVIème)   Les yeux qui me surent prendre Les yeux qui me surent prendre Sont si doux et rigoureux Que mon coeur n'ose entreprendre De s'en montrer langoureux. Il se sent mourir pour eux Et feint d'être sans douleur. Ô que celui est heureux Qui peut dire son malheur !   Le temps, qui tout mal apaise, Rend le mien plus vigoureux, Et fait que rien ne me plaise, Sinon d'être douloureux. Mon pleur large et plantureux Nourrit ma flamme et chaleur : Ô que celui est heureux A... [Lire la suite]
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08 octobre 2022

Leanne O’Sullivan (1983 -) : Moineau / Sparrow

  Moineau   Celui qui est venu taper à ma fenêtre, dans son costume marron, bien droit dans l’aube, mon père a dit que c’était son père revenu à tire d’aile pour l’été pour aider aux champs là où notre aide n’y suffirait pas, et s’est mis à faire des clins d’œil et à parler au vieil homme des changements survenus, de la nouvelle étable, des champs du haut réunis en un seul, sans perdre son sérieux, l’air presque grave.   Ce souvenir est revenu aujourd’hui, éveillé dans le sol printanier du bâtiment de... [Lire la suite]
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