Ory[1]

 

Il semble que l’homme souffre et comme

il n’existe pas de balance pèse-souffrance

on sait seulement que la douleur est plomb

et que malgré tout elle sent le souffre

 

IL n’existe pas de thermomètre pour dire

les degrés de la peine qui toujours vous pèse

On sait seulement que la douleur est la mie

d’un pain qui n’a jamais garni une table

 

Quand tu te sentiras mal cherche un recoin

Et installe-toi pour y manger la chair crue

qui, se trouve dans tes mains et dans tes pieds

 

Offre un banquet à ton cœur affamé

Et tu ne verras que les pleurs ne t’aident pas

Ils ne t’aident plus jadis pleurs et là rien

 

Madrid, le 11 juin 1970

 

Traduit de l’espagnol par Claude de Frayssinet

In, " Poésie espagnole, anthologie 1945 – 1990 "

Actes Sud / Edition Unesco,1995

Du même auteur : Machine de douleur / Máquina de dolor (24/09/2021)

 

Parece ser que el hombre sufre y como

No hay balanza que pese lo que sufre

Sólo se sabe que el dolor el plomo

Y sin embargo huele como azufre.

 

No hay tampoco termómetro que diga

Los grados del pesar que sólo pesa

Sólo se sabe que el dolor es miga

De un pan que nunca estuvo en la mesa.

 

Cuando te encuentres mal busca un rincón

Y ponte allí a comer tu carne cruda

Que está en tus manos como está en tus pies.

 

Date un banquete hambriento corazón

Y ya verás que el llanto no te ayuda

Ya no te ayuda fue llanto y no lo es.

 

Soneto vivo

Anthropos Editorial, Barcelona, 1988

Poème précédent en espagnol :

Alfonso Costafreda : Compagne d’aujourd’hui / Compañera de hoy (22/09/2022)